Dans le jargon footballistique, on appelle ça une "mauvaise séquence". Quand une équipe courbe l'échine sous l'accumulation de défaites, cartons, contre-perfs. Au passage, noter comme l'imaginaire footeux est devenu incontournable pour expliciter aux communs des mortels que nous sommes,les subtilités de la vie politique, et résumer nos plus hautes ambitions (l'honneur d'aller taper la balle en juin chez mandela, l'indépassable france black blanc beur, et l'exhortation du tous ensemble, dans ce qui nous rassemble, au-delâââ de nos différeeences). La vie moderne, c'est beau comme un match de foot mis en zique par goldman et chanté par johnny. Avec rama yade aux sous-titres et sarkozy sur le banc.
Mauvaise séquence, donc.
...Des ministres qui lâchent des blagounettes plus ou moins vaguement racistes sans penser au type équipé du nokia 8 méga pixels qui ne manquera pas de balancer la farce sur le net.
...Un héritier qui se verrait bien griller tous les concurrents pour s'installer direct sur la plus haute marche du trône local, sous les applaudissements nourris des courtisans, incapables même de prononcer ce simple mot: népotisme. Lequel eut évité un pataquès automnal d'autant plus inutile qu'au bout du compte l'héritier finirait par renoncer (sous les applaudissements nourris des courtisans déjà cités). J'en aurais des comme ça, je m'empresserais de ne plus écouter personne, mais bast, je ne suis pas dans les hautes sphères de ce monde, non plus.
...Une pandémie annoncée qui devait nous flinguer au bas mot 10% de la populace, sans distinction de races, sexes, âges, orientations sexuelles, en somme un vrai bonheur pour la Halde, mais une terreur annoncée pour les citoyens. Pis que 2012 au cinoche. Et au final, cette invitation, par moi reçue cette semaine, à me faire vacciner le jour même... où fermaient tous les centres de vaccination. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas les acheter, ces 23 milliards de masques et 90 millions de doses de vaccins. Je ne dis pas qu'il pourrait y avoir collusion entre tels de nos géniaux décideurs et les labos pharmaceutiques, qui n'apparaissent pas précisément comme les grands perdants de l'affaire. Je trouve juste qu'au niveau "timing" de "l'opé", ça fait un peu "lège", comme on dit dans les agences de marketing. J'aurais eu le temps de mourir dix fois, entre le passage au stade "pandémique" et la convocation à me "protéger efficacement" sous l'étendard de Sainte Roseline. Et je ne parle pas ici, vous l'aurez compris, de ce somptueux château de Provence où naissent des vins éponymes de toute beauté; mais de notre Générale en chef en charge des questions de santé.
... Un débat sur l'identité nationale qui, quel que soit la pertinence des questions à y poser éventuellement, a réussi le double exploit de faire une quasi unanimité contre lui, et d'être irrémédiablement associé au ministre détenteur de l'image publique la plus exécrable, traitre, félon, inique étant les qualificatifs les plus doux utilisés à l'encontre de l'ancien socialiste Eric B. (qui vous l'avez compris n'a rien à voir avec celui du duo de rappeurs US, jadis formé avec le dénommé Rakim).
... N'oublions pas cette hypothèse de loi sur la burqa qui sera inapplicable, donc vouée à l'échec; qui aura eu pour première vertu d'enfermer un peu plus les musulmans dans leur posture victimaire,; de légitimer un peu plus ces tenues rétrogrades comme nec plus ultra de la provoc anti establishement (tous les fournisseurs se disent en rupture de stock); et de rendre par comparaison plus acceptables ces voiles et tchadors qui naguère encore symbolisaient la soumission des femmes. Les voilà désormais tolérables, puisque modérés. Allant dans "le bon sens", en résumé. Ca promet.
... Un procès politique qui devait aboutir à la pendaison en place publique d'un ex-premier ministre félon, a finalement conduit à sa relaxe, juste avant que le parquet décide d'en remettre une couche, mais toujours dans la plus parfaite indépendance à l'égard du "pouvoir". Cela va sans dire.
... Déroute attendue aux Régionales à venir, remontée prévisible du front national, légitimation d'Aubry en opposante number ouane. A part quelques anicroches à venir entre Roses et Verts pour savoir qui assurera ici ou là le leadership, je crois que bon, comme dirait l'entraineur Laurent Blanc... Le bilan n'est pas tout à fait celui espéré.
C'est même à se demander s'ils ne le font pas exprès. Perdu pour perdu, autant prendre une vraie claque en 2010, manière de purger le mauvais sang, pour revenir fringants en 2012. Oui, je me demande s'ils ne le font pas exprès, en réalité.
Des stratèges!
J'arrive à la même conclusion...
Rédigé par : Valérie Pineau-Valencienne | 31/01/2010 à 14:56
Une fois encore (mais on ne s'en lasse pas) tu mets le doigt dessus : émergent ces temps-ci une myriade de tactiques consistant à faire passer pour modérés des gens, une religion, et par conséquent très acceptables et fréquentables, en s'appuyant sur les actes extrêmiste de certains de leurs semblables. Normalement, une bonne tactique ne devrait pas apparaître à l'oeil nu. Mais celle-ci est grosse comme un camion, on la voit venir, avec ses gros pneus. Faire passer le port du voile comme acceptable en condamnant celui, excessif, de la burqa ! La semaine écoulée, j'en ai vu poindre une autre, dans les médias, consistant à dire que le moment était venu de discuter en Afghanistan avec les... talibans modérés (preuve que cette guerre se saurait jamais être gagnée). Renseignement pris, un taliban modéré est un tueur sanguinaire qui a décidé de faire une pause, de prendre du recul, ou même sa retraite. Ayant tué méchamment et abondamment, lorsqu'il cesse il devient un modéré. Tuez, brûlez, violez.. quand vous cesserez vous deviendrez quelqu'un de préquentable, un modéré. Si vous ne faites jamais rien de tout cela, comment voulez-vous que l'on mesure votre degré de modération ? Vous serez un quidam insignifiant.
Rédigé par : Grincheux | 31/01/2010 à 19:02
La métaphore footballistique est intéressante car elle montre que nous avons finalement peu de récits à notre disposition pour interpréter les figures narratives proposées par le discours dominant. Il est significatif d'en être réduit à convoquer un sport de compétition où deux équipes s'opposent pour arriver à mettre un ballon dans le filet de l'équipe opposée. mais qui est l'équipe adverse ? Nous ?
Rédigé par : Pierre Blanc-Sahnoun | 01/02/2010 à 09:20