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39 posts from février 2010

27/02/2010

Un enfant de cinq ans dévore son rottweiller

L'autre jour, un commentateur me suggérait de continuer à tenir ici la chronique de la bêtise ambiante. Pour en rire ou en pleurer. Mais en n'oubliant pas que la bêtise rôde aussi par ici, en ce lieu, dans ma tête, entre les lignes, ne fût-ce qu'en mode subliminal.

Parenthèse: entendu dans une travée du Monoprix, deux ados... pour goûter, je me mettrais bien en mode nutella. Hier, un joueur du XV de France, commentant sur l'Equipe.fr la deuxième mi-temps laborieuse de son team: "on s'est mis en mode survie". A quand le slogan "viens donc te mettre en mode Resse"?

Bêtise ambiante, disions-nous. Sur le Post.fr, sur tout sujet un peu touchy, il faut sans coup férir s'enfiler la farandole sans fin des fièrement pour, et des férocement contre.

Un énième rottweiller défigure un gamin de cinq ans. Son "frère" en somme, puisque dans ces familles le clébard a généralement les mêmes droits que le petit dernier. J'attendrai encore un peu pour l'inverse, que suggère mon titre hélas plus racoleur que réel. Mais il faut bien faire un peu grimper l'audience, non?

En réalité, plus banal, c'est toujours ce bon vieux Rott qui a dévoré le moutard d'une famille que je peine à plaindre, eu égard au nombre sans fin de faits divers de la même eau, se terminant toujours par le déchiquetage en règle du mouflet.

Mais aussi, que diable allait-il faire dans la caisse du chien?

S'organise ensuite l'inévitable pugilat virtuel de ceux qui incriminent les parents, inconscients, presque assassins, et de ceux qui en face font front et flèche de tous arguments. Me fascine alors la meute des canophiles militants, "savants sur la question", dont le crâne doit être bourré jusqu'à la gueule par des journaux irresponsables, cautionnés par des vétérinaires âpres au gain qui leur assurent qu'il n'y a pas de chien dangereux, juste des maîtres incompétents. Nos brillants dresseurs vont donc assurés  et surs d'eux-mêmes, persuadés qu'ils maîtrisent le gros toutou jusqu'au jour où celui-là arrachera à son tour les bras, les jambes, et la tête, et la tête, au moutard qui passait par là. J'attends le jour bénit, qui ne saurait plus tarder, où c'est lui qu'on incriminera franchement.

La majorité des commentateurs, sur le Post. fr en est déjà à reprocher qu'on n'ait su assurer au domicile la coexistence pacifique de la bêêête et de l'enfant. Façon de les renvoyer dos à dos, et voyez par conséquent comme nous allons dans le bon sens. 

Le meilleur demeure toutefois la tendance dénonçant clairement le complot journalistique, avec cet argument nouveau : quand c'est un berger allemand qui mord un enfant, vous n'en parlez jamais... Il y aurait donc deux poids deux mesures. Une cabale anti rott, dont on ignore les raisons, mais qui n'en débouche pas moins, et là, spéciale dédicace à mon ami Grincheux, qui en goutera tout le sel, sur cette terrible sentence inédite:  "dans ces affaires, on stigmatise le rotweiller"...

Je jure que je l'ai lu, et sincèrement... je ne vois pas ce qu'on pourrait ajouter.

26/02/2010

Quand les poules auront des dents...

We are all traveling in the footsteps
Of those who've come before
But we'll all be reunited

On a new and sunlit shore


Oh when the saints go marching in
When the saints go marching in
Oh lord I want to be in that number
When the saints go marching in

And when the sun refuses to shine
And when the sun refuses to shine
Oh lord I want to be in that number
When the saints go marching in

When the moon turns red with blood
When the moon turns red with blood
Oh lord I want to be in that number
When the saints go marching in


Oh when the trumpet sounds the call
Oh when the trumpet sounds his call
Oh lord I want to be in that number
When the saints go marching in

Well, some say this world of trouble
Is the only world we'll ever see

But I'm waiting for that morning
When the new world is revealed

When the new world is revealed

When the new world is revealed

Oh lord I want to be in that number
When the saints go marching in

Comprend qui pourra :)

25/02/2010

Par suite d'une interruption de travail d'une partie de notre personnel

Nous sommes au regret de devoir stopper nos programmes. Nous vous prions de nous excuser. Les trois quatre jours qui viennent risquent d'être plutôt calmes, question production.

En même temps Coluche disait que le mois où on disait le moins de conneries était février, vu qu'il ne compte que 28 jours. Je m'appliquerai donc à faire un peu baisser le niveau, moi aussi.

Parce queue céé bon pour taaaaa planêêêêttt.

24/02/2010

Comment je n'ai pas chanté dans les Poppys, et donc... comment pour une fois je me suis pas fait niquer...

Certains étaient dans ma classe... D'autres, éparpillés dans les autres 5ème et 4ème du Lycée Auguste Renoir d'Asnières sur Seine.

Ils nous collaient un peu les boules, on les voyait à la télé, et rien que pour ça les filles du bahut les couvaient d'un oeil attendri. Par ailleurs ils étaient plutôt jolis mômes, tu penses qu'ils les choississaient "aussi" pour la bonne mine. Les autres partaient avec un méchant handicap. Ces enfoirés passaient aussi leurs week-ends, du moins le pensions-nous, à courir les télévisions des capitales européennes. Ils y croisaient probablement des vedettes, on dirait aujourd'hui des stars, et on les soupçonnait évidemment, d'avoir le melon. A l'époque on disait  "d'être un peu trop frimeurs".

Bref, j'ai croisé, quel honneur, la route des Poppys, et j'ai pas eu peur! Je me rappelle encore des noms de certains d'entre eux, qui vécurent une adolescence apparemment hors norme, mais en vérité, je n'ai jamais eu de réponse à la seule question qui comptât vraiment: est-ce que ça aidait  vraiment, pour attraper des gonzesses? Car pour le reste... les chansons, hein... Ca avait beau se vouloir "pop", c'était plutôt du pré nian nian préchi précha, plein de bons sentiments légèrement cuculs-bénis.

Par la suite, j'ai retrouvé un ou deux de ces gaillards, devenus jeunes adultes, avec qui j'ai fait quelques noubas pendables... Avant de les perdre de vue. La vie, quoi.

Devenus grands, mes amis Poppys se rendirent compte qu'on ne les avait jamais considérés comme des artistes interprètes. Universal ressortit, nostalgie oblige, leurs succès en cd. Mais ils 'ne touchèrent jamais la moindre thune, sur 6 millions d'albums vendus... Aujourd'hui, après quinze ans de dure lutte, mes congénères se sont une fois de plus fait débouter par le Tribunal. Désormais "seniors", leur  restent les bons souvenirs, et le plaisir incertain de se revoir, en pré-ados, sur YouTube ou Dailymotion.

40 ans plus tard, je crains, rien que pour cela, de n'avoir plus la moindre once de jalousie. Anyway. A l'époque je chantais de toute façon comme un morse. Et j'avais déjà rompu, dieu soit loué, avec la curetaille où se recrutaient (disait-on) les membres "du groupe". N'empêche... C'est un peu méprisant, cette façon dont le monde du disque les a traités.

Quant à savoir ce que sont devenus Harry T., Daniel D., et Christophe N, allez savoir.... Ils étaient sympas, ces trois-là...




Remember Forever! Laetitia Hubert aux JO d'Albertville, cruel et rigolo (mon côté mauvais français, 2)

On me dira que je suis cruel, méchant gratuitement, ignoble, et que pis, ne lésinons pas, je ne suis qu'un gros (très! trop!) con minable qui ferait mieux d'en faire un peu, du sport! Au lieu de moquer nos athlètes quand ils n'ont pas la réussite, alors qu'eux se défoncent (au sens figuré) sur les pistes et les glaces, donnent le meilleur d'eux-mêmes (et au féminin aussi! au féminin SURTOUT!!), l'exemple aux jeunes classes et des frissons au spectateur, ainsi que des occasions de voyager en première aux journalistes de France Télévision.

Si je glousse et rigole et me réjouis chaque fois qu'un patineur tricolore se vautre sur la glace, qu'une skieuse termine sur le cul la descente, c'est moins pour son échec personnel que pour le commentaire navré, affligé, désolé, contrit, du commentateur qui trois minutes plus tôt assurait haut et fort dans le mic qu'on allait voir ce qu'on allait voir, que toute la France était derrière Marion, Patrick, Jessica, que c'était LE MEILLEUR de sa catégorie, que tout le plateau tremblait au moment où il s'apprêtait à entrer en piste. Ce chauvinisme complice et ramenard poisse aux doigts, colle aux chaussures, navre le sens commun. Bien sûr, ils ne sont en réalité que des camelots, des bonimenteurs chargés de vous placer  des sports aussi palpitants que le 50 kilomètres en biathlon, à l'heure où sur les autres chaînes on flingue à tout va. Bien sûr, il faut justifier qu'ils sont une bonne quinzaine sur le terrain, avec cette armada de  consultants et tantes et plus qui frise un peu le bon plan pour pas cher, quinze jours tous frais payés à Vancouver aux frais de ta redevance. C'est le grand concours permanent du lèche-bottes éhonté.  Passages outranciers de pommade dans le dossard, alors dis-nous Maryvonne comment une grande championne telle que toi a pu tomber? (Remarquez qu'ils et elles ne sont même plus capables d'une tournure interrogative correctement troussée. Alors dis-nous Nicole comment une analphasotte telle que toi a pu décrocher un job de consultant tévé? 

Voilà pourquoi j'adore quand ils se vautrent, se rétament, se plantent, et plus encore aux jeux d'hiver, car je déteste la neige, les sports de glisse, les anoraks, le ski, les grosses chaussures qui font mal et le cul trempé jusqu'à la tombée du jour. C'est moins pour les sportifs eux-mêmes, car c'est vrai parfois ils se font mal, les tendons claquent, six mois d'hosto et rééducation  -je précise AVANT qu'on vienne me faire la morale-. C'est juste pour LE FUN.

Et tiens. Fera-t-on jamais mieux dans ce registre que ce bêtisier vivant? Laetitia Hubert 92, Albertville. Collector! A must see! La France au sommet! Enjoy!!!

23/02/2010

Moi aussi, j'ai mes côtés mauvais français (1)

Il m'arrive souvent de pester contre la "détestation de soi" dont s'appliquent à faire preuve certains de mes congénères, notamment ceux dits de gauche, lorsqu'ils en viennent à évoquer "ce pays" dont ils ont toutes les peines du monde à prononcer le nom. Ainsi, entend-on souvent des élus progressistes, lorsqu'ils évoquent la situation française, utiliser la périphrase "dans ce pays".

Olivier Besancenot (ou un autre): il serait temps que dans ce pays on ait enfin une politique d'accueil décente des réfugiés politiques.

Bernard Thibaud: si dans ce pays la nouvelle politique en matière de retraites consiste à déshabiller paul pour habiller pierre, nous, à la CGT, nous disons...

"Dans ce pays" en réalité désigne la France. Et je m'attends toujours à ce que glisse derrière un complément d'information, style, ... dans ce pays de merde... fasciste... à la solde du pouvoir américano-sioniste... de jean-foutres et de collabos... Comme on voudra. 

La détestation de soi est particulièrement notable dans le corps enseignant, (mise à jour, ou du moins dans la secte pédagogiste qui inspire les programmes). Depuis des années on clame les vertus "du vivre ensemble" et l'on s'applique dans le même temps à saper dans les programmes scolaires tout ce qui de près ou de loin pourrait l'enraciner dans une culture commune. Ainsi les programmes d'histoire s'ingénient-ils ces jours-ci à casser définitivement la connaissance de "l'histoire de France", assurément trop marquée par le passé chrétien, et à dénoncer également l'idée que l'histoire telle qu'on l'enseigne soit trop "européo-centrée". Cette négation de l'idée même de culture comme fondement de toute dynamique anthropologique, qui permet à l'inconscient collectif de se constituer un territoire symbolique et imaginaire communs, n'est sans doute pas pour rien dans la détérioration des rapports sociaux qu'on constate chaque jour davantage dans les établissements scolaires. Et dont les enseignants se plaignent d'autant plus que ce sont eux qui désormais prennent les tartes dans la hure, les menaces de mort, et les insultes à répétition y compris chez des enfants de classes primaires. Détérioration dont les enseignants s'exonèrent naturellement de toute responsabilité, entendu que seuls les augmentations de postes de pions suffiront à régler le problème. Ainsi pourront-ils continuer à casser les référents culturels communs sur lesquels se construisait hier encore chez les apprenants, le sens d'être "ici plutôt qu'ailleurs", une certaine idée de l'esthétique, lui-même terreau de l'esprit critique où pouvait ensuite éclore la citoyenneté. Laquelle permettait 1. ensuite 2. éventuellement et 3."en conscience", à l'adulte, de remettre en cause les critères et significations de son attachement à la culture commune. A quoi ne sauraient parvenir des adolescents en construction de leur personnalité. Personnalités par ailleurs déjà contrariées, souvent, par les conditions matérielles et symboliques d'existence...

Ainsi déclare-t-on aujourd'hui citoyens des mômes de huit ans, qui font ensuite des générations d'étudiants de 4ème et 5ème années d'une inculture crasse, dont l'étendue de leur ignorance fait passer Padirac pour un nid de poule de chemin de traverse.

L'indigence des programmes télévisés fait le reste, et l'on ne s'étonne plus que toute pétasse à qui l'on demande son avis n'ait plus d'autres moyens pour s'exprimer que quelques onomatopées répétées ad lib, façon perroquet en fait-hin, je voulais m'exprimer pour dire que bon, voilà, c'est pas cooooool parce qu'en fait-hiiiin, ça me parait juuuuust" trop bizarre j'veux dire.

Demain, nous évoquerons le bonheur incommensurable d'apprendre, fût-ce en différé, que Brian Joubert s'est vautré par trois fois dans le programme libre.

A Montpellier, l'art du canular peut conduire au parloir!

Le 13 février, le groupe de provocateurs canulardiers de Canal +, Action Discrète, semait la pagaille dans les rues de Montpellier, histoire d'en remettre une petite louche sur Frèche et sa si savoureuse liberté de parler. Le groupe était filmé dans les rues tandis qu'il déambulait, distribuant des tracts de soutien au sulfureux édile, en réalité apostrophant et invectivant tour à tour ...immigrés, jeunes, vieux, handicapés, toujours sur ce ton bien appuyé qu'affectionnent certains des supporteurs du Président de Région, tandis que d'autres s'en désolent.

Et l'on voyait effectivement certains passants acquiescer aux outrances du petit groupe, tandis que d'autres, gênés, marquaient leur désaccord. On peut voir toute la séquence sur le site Canal+ (émission du 13 février). Elle s'insère dans la bonne vieille tradition du happening flirtant avec les "limites". Action Discrète n'y allant pas de langue morte, on peut soit rire avec eux, soit s'en passer, selon la bonne vieille théorie des goûts et des couleurs, qui s'applique également à la finesse et à la subtilité.

Reste qu'il y a une "vraie" discussion de fond possible, à deux égards au moins.

Certains applaudissent aux propos "limites" d'un Frèche, par un ras-le-bol du fameux "politiquement correct". On craint que ceux-là confondent un peu "liberté de penser et de parler", et simple vulgarité de basse classe. Mais après tout, à chacun ses niveaux d'exigences. Pour ce qui est de faire avancer les consciences, ou l'intelligence, j'ai déjà dit que la beaufitude m'apparaissait un bien mauvais rempart contre la tyrannie des bien pensants.

D'autres, c'est plus insidieux, évoquent un rejet du "parisianisme". Traiter tout un chacun de con ou de bicot, serait en somme une attitude simplement anti-parisienne, défiante à l'égard "de l'élite". Très "sud de la France". Languedocienne en diable. Salutairement occitane...Le Populisme primaire, pour le coup, se porte bien.

Dans cette historiette, le savoureux est ailleurs: perdu dans ces arguties, on allait presque oublier que tout propos est désormais condamnable au nom du "très correct" droit universel à l'universel respect.  Et c'est ainsi que partis d'une contestation de la cible initiale, Frèche,  les "artistes" de Canal+, se sont à leur tour retrouvés accusés d'en avoir trop fait.  Et tandis qu'ils se réjouissaient qu'il fût encore possible de jouer la carte de la dérision, de l'outrance, certains... ont préféré d'emblée saisir le Tribunal!

C'est le cas des Associations gays locales, qui nous explique le Site Rue89, contestent la diffusion des images, une des séquences ayant emmené "la joyeuse bande" dans un bar lesbien où s'entendirent quelques saillies dignes d'après boire, genre "Mais ouais, Frèche les a toujours soutenues, les colleuses de timbres".

Les quelques minutes d'homophobie crasse et gratuite diffusées un samedi soir, en pleines vacances scolaires, à une heure de grande écoute et devant un public composé probablement de nombreux jeunes enfants, tombent sur le coup de la loi et viennent anéantir le travail de prévention et de sensibilisation contre l'homophobie que nous nous acharnons à réaliser, déclarent donc "Les Associations", qui n'ont pas goûté, en résumé, l'approche du problème Frèche par la face Dérision.

Également savoureuse, l'info de Rue89 indiquant que Frèche lui-même va se plaindre au CSA contre Canal+.

Ainsi la boucle se boucle sur le plus réjouissant de l'histoire. S'y raconte une fois de plus la soif inextinguible de nos contemporains: toujours plus de loi! plus de plainte! Plus de procès! Que l'histrion soit à la fois puni par celui qu'il raille, et par celui qu'il croyait, dans l'ironie, soutenir!

Voilà bien la savoureuse magie du temps présent! Qu'on en finisse avec le second degré! Qu'on en termine avec la satyre! Avec la caricature! La pochade! Et comme dans la chanson de mon enfance: le premier qui rira aura une tapette!

22/02/2010

Esprits libres en voie d'extinction...

Lu sur un forum où je baguenaudais, à la recherche de quelque invraisemblable nouvelle polémique dont on eut pu sourire, cette contribution d'un homme cultivé, au coeur d'un débat par ailleurs totalement faussé par le blogueur qui y incitait, mais je n'ai pas la force de démonter ce jour son imposture. Juste cette citation, donc, jetée comme un gant irrévérencieux, à la face du blogueur bien pensant:

« Il y a trente ans, avant que la vie des idées, en France, ne devienne hystérique, quand on ne partageait pas l’avis de son adversaire, on s’écriait “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites”. Désormais on lui répond qu’il n’a pas le droit de le dire. Si personne ne voit où est l’anomalie, c’est qu’elle est devenue irréversible. Il est encore permis d’espérer le contraire et de l’écrire, mais jusqu’à quand ? » écrivait Christian Combaz (L’Anomalie, avril 2000)

Je connais bien mal l'oeuvre de Christian Combaz. Mais ce résumé me va bien. Avant-hier, le Grincheux reprenait ma récente citation de Philippe Muray, pour regretter qu'on en sût pas davantage sur la vie de cet homme.

Peut-être serait-il temps de mieux nous transmettre les noms de ces hommes (et femmes, s'il en est), de plus en plus précieux parce que de plus en plus rares, qui persistent à penser et parler en respect de ce qu'on appelait naguère encore "libre parole", qui n'était jamais que le prolongement de "la libre pensée".

Il est en un par exemple, qui fut proprement massacré pour avoir écrit huit lignes, il y a bientôt dix ans, où il se demandait si telle émission de France-Culture, définie comme "généraliste", n'était pas en réalité "communautaire", puisque huit des neuf contributeurs qui s'y exprimaient étaient "membres de la communauté juive". Cet homme, Renaud Camus, dut subir la censure de ses propos, une cabale d'une rare violence qui le suit toujours des années après, et ce malgré quelques rares soutiens d'auteurs "membres de la même communauté (Finkielkraut, Elisabeth Lévy). Le plus étonnant étant que Renaud Camus se définit lui-même comme "très pro-israélien", et philosémite. Et qu'il doit toujours, dix ans après "l'affaire", se justifier chaque fois (c'est à dire plus que rarement) qu'il passe à la TV. Comme si cet auteur de plus d'une cinquantaine d'ouvrages devait désormais, jusqu'à sa mort, s'excuser pour huit lignes qui furent simplement mal interprétées.

Muray, donc. Combaz. Renaud Camus. Je dirais Marcel Gauchet. Jean-Claude Michéa...Qui d'autre????...

Qu'on me fasse le plaisir de m'épargner les auteurs révisionnistes, négationnistes, qui ne sont en rien des esprits libres, mais simplement des escrocs. Mais si vous avez des noms, d'hier, et d'aujourd'hui d'esprits authentiquement distants du pré-pensé obligatoire, faisons-les passer. Et qu'on se les transmette ici...

Une marianne enceinte un peu trop virginale...

Restons dans la Pub, (voir post précédent) pour se demander ce qui cloche dans la dernière campagne gouvernementale informant du "Grand Emprunt".

Capture marianne
Est-ce le fait que...?

- Marianne soit sapée comme une jeune mariée, tout en étant enceinte jusqu'aux yeux? Ce qui serait fichtrement provocant, à l'endroit des religions promotrices de la virginité comme valeur... Religions chez qui nous n'avons, qui ne le sait, que des amis...

- qu'elle aille pieds nus?.. Ce qui signifierait une France aux choix, pas bien dans ses baskets, ou à côté de ses pompes...

- que l'on ignore QUI est le père du futur enfant du national symbole? (Bis repetita...)

- que même son bonnet phrygien soit virginal, alors qu'il s'exhibait traditionnellement en rouge, évoquant au choix le sang des citoyens morts pour l'idéal républicain, ou celui des raccourcis du colback?

- que toute référence aux trois couleurs républicaines ont été gommées, remplacées par ce blanc, évoquant traditionnellement l'ordre royal (et même, "Royal", en subliminal souvenir de la campagne 2007...)

Bref, tout ceci n'apparait-il pas un poil trop révisionniste? A qui fait-on un enfant dans le dos?

21/02/2010

Est ce que fumer c'est sucer?

Sur le Blog d'Mry, Choses Vues, l'hôte pointe cette publicité d'une rare stupidité, qui prétend convaincre  les ados de ne pas fumer, projet auquel je souscris des deux mains, dès aujourd'hui même, et même depuis vingt ans, depuis que ma descendance a posé un pied sur cette planète. 

Mais nous sommes dans le royaume de l'image, coco! Faut trouver le truc choc! Entre A: un appel à l'intelligence des "cibles", et B: l'organisation par la supposée force évocatrice du visuel, d'une confusion des esprits, où pratique sexuelle, soumission à l'autorité, et addiction à un produit toxique se confondent pour aboutir à cette navrance néo puritaine, on pouvait faire confiance aux pubards pour privilégier l'option B.

On t'as dit une image choc, Vieux!

Aller plus loin dans la dérengeance!

Oser la provoquitude! 

Tu as répondu au brief? T'as franchi le saut créatif? T'as osé la disruption? T'as pensé trash? Ou Néo Trash?

J'ai.

Capture tabac