A l'Atelier, Fabrice Lucchini saluait Philippe Muray
C'était donc hier, vers 15 heures, sur la petite place Charles Dullin, entre Abbesses et Montmartre, un théâtre de poche, mais qu'on allait bientôt retrouver garni jusques aux cintres d'auditeurs attentifs, et pour l'essentiel déjà conquis. Il y avait là, peut-être, tous les admirateurs parisiens de Muray. Pas forcément les plus nombreux, mais bast. Pourquoi vouloir les distinguer de ceux qui manifestement pratiquent de longue date les séances de lectures de Fabrice Lucchini? On se retrouvait entre mauvaises graines, et c'était l'essentiel.
Pour moi, j'avais sérieusement regretté d'avoir manqué ses Fables de la Fontaine... Quelle vie, cette vie... On y rate tant de rendez-vous plausibles, pour constater ensuite qu'on n'en fait rien de vraiment abouti... N'importe, je n'allais pas louper cette lecture de Muray, tout de même! Et justement... si! J'ai bien failli... sans le message d'un lecteur (qu'il faudra penser à bénir, et sa descendance, pour trois générations AU MOINS), j'allais passer à côté de l'affaire, tout à fait inconscient que l'idée même eût pu jaillir dans le cerveau du comédien... Et à vrai dire, lui-même se déclara surpris qu'elle ait su rassembler un public "si nombreux, un samedi après midi, veille d'élection..."
Il aura lu cinq ou six longs textes, si j'ai bonne mémoire. Dont le cruellissime "sourire de Ségolène", écrit en 2004, prophétique, comme chaque fois. Mettez vous bien cela dans la tête, Muray est un génie prophétique. Il annonce TOUT ce qui sera notre quotidien avec chaque fois cinq à dix années d'avance. Ce "sourire qui n'a jamais ri", fait encore plus froid dans le dos, après. Et d'autant plus qu'on songe à toutes "celles zé ceux" qu'il aura bernés, en 2007. Ce sourire de Madone promettant l'Apocalypse du Bien Totalitaire aux foules envapées de Charletty... Voilà en bref extrait, ce qu'en disait Muray, trois ans auparavant... (c'est moi qui graisse, les temps les plus drolatiques ou violents)
Le sourire de la Maldonne c'était la promesse d'un miroir aux alouettes pour des foules qui attendaient d'être éblouies par l'illumination de ses dents de star blanchies aux spots des médias. C'est la société qui a fabriqué Ségolène. Miroir, miroir dis-moi que je suis belle. Malheureusemnt dans la réalité quand on se regarde en face on rit souvent jaune.
Rédigé par : lôtre | 14/03/2010 à 13:48
Dire que j'avais mes deux places depuis trois semaines, réservées et même payées, et que j'ai eu la flemme, hier, de bouger de ma Normandie...
Faut-il être con, tout de même, hein ?
Rédigé par : Didier Goux | 14/03/2010 à 15:21
Malgré, ou à cause de, Festivus Festivus, "j'ai bien peur que la fin du monde soit bien triste ..." (Georges B.)
Rédigé par : Dominique | 14/03/2010 à 16:23
"Cette indifférenciation, désir de fond de la « nouvelle humanité », se manifeste par l’infantilisation, la féminisation et la « réanimalisation » de l’espèce et de la société. "
Et pour toutes ces raisons-là, ne suis-je plus que la passagère clandestine de ma propre époque....
Love Resse !
Rédigé par : Cath | 14/03/2010 à 18:11
Merde de merde de merde, j'ai manqué ça ! Est-ce que ce théâtre a une touche Replay, une fonction Catch-up ? Ou Mossieur Resse peut-il avoir l'amabilité de nous le rejouer un soir dans un bistrot chaleureux à l'ancienne... je paierais ma tournée générale le soir de la générale (pourvu que le bistrot soit petit). Promis.
Rédigé par : Grincheux | 14/03/2010 à 18:23
Je viens de tenter de réserver au Théâtre de l'Atelier : tout est vendu jusqu'à la fin (29 mars).
Rédigé par : Grincheux | 14/03/2010 à 18:33
Merci de me prévenir du jour et de l'endroit !...
Rédigé par : Dominique | 14/03/2010 à 18:50
J'ai souvenir d'un passage de Lucchini à Bouillon de Culture avec Madeleine de Romilly. Et notre magicien de se lancer dans une grande tirade pour venter les mérites du latin et du grec face au rap, démontrant justement que c'était ce dernier qui était un vecteur d'aliénation et d'asservissement psychologique, tandis que nos langues mortes favorisaient la culture générale, donc l'épanouissement intellectuel et étaient donc une garantie de liberté individuelle ...
Celà déclamé dans un style "djeun" et slam, c'était grandiose !
Rédigé par : Dominique | 14/03/2010 à 18:57
Fonce sur
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Rédigé par : Caritate | 14/03/2010 à 19:02
Merci Mossieur ! Superbe ....
Rédigé par : pontoppidan | 14/03/2010 à 19:18
Dominique : Jacqueline de Romilly ?
Rédigé par : Didier Goux | 14/03/2010 à 19:45
Certes, toutes mes excuses ...
Rédigé par : Dominique | 14/03/2010 à 20:21
"passagère clandestine de ma propre époque", très beau ...
Rédigé par : Dominique | 14/03/2010 à 20:22