21 posts categorized "Cinéma"

12/01/2010

2010: Crise de couple en vue chez Philippe et Mathilde??

Tout lecteur "historique" de ce blog connait ma passion pour la "saga Leclerc", où l'on suit jour après jour les heurs et malheurs de cette famille de consommateurs modèle et sympathiques, quoi qu'assez étroits dans l'énoncé de leurs visées métaphysiques - Philippe! T'es passé chez Leclerc??? (didascalie: ton inquiet)-.

Le dit Philippe est un bon père qui bosse comme un damné et calcule tout au centime près, raison pour laquelle il nous fait une vague fixette sur les promos, les réductions immédiates en caisse, la carte fidélité et tout ça VALABLE SUR DE NOMBREUX PRODUITS (didascalie: ton insistant). La mère, dont on ne sait pas trop ce qu'elle glande dans la vie, en tous cas ne semble pas la première au rayon partage des tâches. Son style ce serait plutôt le genre un chouïa speedée (on va y revenir), consumériste névrosée qui aurait lu tous les livres d'Isabelle Alonso, voyez le genre? Mathilde joue volontiers les gendarmes, surveille le cabas que l'autre benêt a déjà eu le mérite de remplir après son taf' . Extrait

- Philippe, tu as pris SIX boites de Kro?? (didascalie : grave inquiet)

- Réponse de Philippe: 50% de remise immédiate en caisse! (didascalie: méga triomphant)

Ils ont deux mômes. L'aînée me semble avoir appris à compter en refaisant les tickets de caisse, le soir à la veillée, sur les genoux de papa. Le deuxième doit être un peu autiste, on n'en entend jamais parler. Autour d'eux gravitent une belle-mère trois quart neuneu, qui passe son temps à fouiller dans le frigo pour voir ce qu'il y aurait à grignoter, un collègue de bureau crétin (mais suffisamment malin pour jouer les pique assiettes plus souvent qu'à son tour).

Ces derniers temps, j'ai senti comme une évolution sensible chez Philippe. Comme s'il avait un peu perdu de sa bonne humeur naturelle. S'entendent dans ses répliques un fiel inédit jusqu'alors. Comme s'il était le SEUL A SE BATTRE, à passer chez LECLERC, à faire des calculs, et que PERSONNE d'autre ne s'en rendait compte: ni les mômes toujours à se baffrer devant la dernière play station. Ni la belle-doche uniquement préoccupée par le pillage des minibabybel pourtant bien planqués dans le bac du bas. Ni la Mathilde, toujours plus exigeante (elle veut DES MARQUES! des GRANDES marques! Mais TOUJOURS à prix Leclerc!), et nettement moins frivole qu'aux débuts de leur lovestory.

Bref, les deux, l'air de rien, me semblent rattrapés par la crise. La routine de vie de couple! qui sabote, insidieuse! Pourtant Leclerc leur fait des promos y compris sur des dvd BLUE-RAY! Mais probable qu'ils n'ont pas encore ouvert de rayon sex toys, ni de librairie "spécialisée",  chez Leclerc. je sens qu'il bat  un chouïa de l'aile, ce couple. On est déjà entré dans la zone dépressionnaire.

Vous savez ce qui me laisse augurer du pire? Depuis le début de l'année, Philippe et Mathilde ont pris une babysitteur. Une Montréalaise, Tabarnac! Elle garde les mômes, commente leur habileté à la playstation, et l'aut'Philippe se croit obligé de préciser qu'il a acheté le jeu ...où ça, dis moi?  Or et voilà  le noeud de l'affaire, tout droit débarquant de son Québec,  la gourdasse, forcément, connait rien, je veux dire RIEN, aux fameuses réductions immédiates en caisse! Du coup Philippe m'apparait bien parti pour lui jouer le grand numéro de Pygmalion. L'initiateur. Le gars "arrivé", qui connait "les vraies valeurs", et qui pourrait assez vite, si vous voulez mon avis, entrainer la petite québécoise dans une folie tourbillonnante, entre rayon DVD et promos coquines sur toutes les culottes Princesse TamTam.

Le coup de la baby sitteuse, c'est la louve dans la bergerie! Je serais que Mathilde, je ferais gaffe à mes arrières... Et dans moins d'un mois, c'est la Saint Valentin, je vous le rappelle. Bon sang, j'e rêve désormais d'une adaptation cinéma. Qu'est ce qu'il fait, ces prochains mois, Eric Rohmer?

02/09/2009

Les RTT de Mossieur Resse (2): Baptiste Debureau

Le Mercredi, ici, c'est le jour des mes RTT. Mon bol d'air. Mes petites icônes, mes jardins secrets, mes petits bonheurs à moi. A partager avec les amis fidèles...

Un jour par semaine, un jour seulement,regarder la vie du bon côté... sans toutefois en abuser.

Cette semaine, Jean-Louis Barrault, au début des Enfants du Paradis. Fraicheur et poésie.

26/08/2009

Les RTT de Mossieur Resse (1) : Hotel du Nord

Un jour par semaine, mais un jour seulement, s'offrir un petit bol d'Air, regarder la vie du bon côté... sans toutefois en abuser.

En moins de trois minutes, c'est un bonheur pour la journée... Verbatim:

"ils ne peuvent pas me sentir et ils ne ratent pas une occasion de me faire sentir qu'ils ne peuvent pas me sentir..."

... pis d'abord t'aime pas les gââteaux! - Cui-là, je l'aurais aimé!

... "Ma vie n'est pas une existence... " Si tu crois que mon existence c'est une vie!!!

04/09/2005

Du sucré très très salé

Sweet_movie Elue Miss Monde 1984, une jeune vierge, (Carole Laure) livrée en pature à un milliardaire américain, s'enfuit et gagne Paris. Parallèlement, le capitaine Anna (Anna Prucnal) sillonne les fleuves sur son bateau révolutionnaire rempli de sucreries; Ces destins croisés, visages du capitalisme et du communisme, servent de fil conducteur à ce film culte des années 70, interdit aux moins de 18 ans à sa sortie, qui brasse sexe, idéaux, nourriture et excréments en une parabole décadente de la société.  (pris sur le site "Forum des Images".)

Je parle rarement de cinéma, ici, vous avez remarqué. Non que ça me laisse froid, mais d'autres le font tellement bien. Sauf que là, il faut quand même que j'attire l'attention des plus jeunes d'entre vous. Qui n'a pas connu les excès du cinéma indépendant des seventies a l'occasion de se rattraper!

Passe ce mois ci, (Canal Satellite, CinéCinéma, Auteur) à des heures fort tardives, ce que je comprends aisément, le sulfureux, l'étonnant, le totalement barré, le quasi inconcevable Sweet Movie, film de 1974 du cinéaste yougoslave Dusan Makavejev, habilement résumé dans les quelques lignes qui précèdent... encore que...

Je l'avais vu un an après sa sortie, j'avais dix sept ans. Un choc dont j'eus bien du mal à me remettre. Je l'ai revu il y a six ou sept ans à la faveur d'une diffusion confidentielle sur Canal Jimmy. J'étais certain de le trouver ridicule, mais je voulais comprendre ce qui avait pu me déranger à ce point. Et bien je crois l'avoir encore plus été la deuxième fois, car en contrepoint de l'outrance outrancière omniprésente dans le film, répond cette évidence: il est effroyablement annonciateur des mondes à venir qui sont nôtres. Un lien trouvé sur le net l'évoque précisément.

Outrancier, dégoutant, poisseux. OUI. MILLE FOIS OUI. Si vous n'aimez pas les images qui dérangent, n'y allez pas! Mais aussi visionnaire. Torturé, jusqu'au boutiste, écoeurant. Mais aussi audacieux, en plus de révéler les tourments agitant la société post soixante huit (le film fut sélectionné pour Cannes!!!)

Clementi2A côté, la Grande Bouffe est une bleuette. Toujours louvoyant entre surréalisme, grotesque pathétique, hyperréalisme gerbeux, le film narre la double descente aux enfers du Sucre, de deux êtres sans défense, tout en balançant à certains moments des documents d'archives quasi insoutenables sur les massacres des bolcheviks, qui interviennent dans l'histoire comme un pavé dans ta tronche. Il y a l'extraordinaire Pierre Clémenti, acteur culte du cinéma indépendant, qui fit une carrière cahotique et décéda trop tôt d'un cancer. Une gueule sublime, qu'on croisait toujours dans les histoires les plus dangereuses. Sa bio dit bien l'homme limite qu'il était...

Laurochocolat Et l'éblouissante Carole Laure, alors débutante, qui raconte dans le lien suivant l'invraisemblable aventure de ce tournage traumatisant, qui faillit la faire renoncer au métier d'actrice! juste un extrait: A l’époque, il fallait absolument choquer, et lui (Makavejev) n’avait aucune limite. D’ailleurs, la plupart des scènes outrancières qu’il a filmées ne sont pas dans le montage final. Il m’a fait, par exemple, plonger nue dans une piscine pleine de chocolat liquide, mais ça n’est rien à côté de ce que certains ont dû subir, notamment se rouler dans des excréments. Sur le plateau, c’était l’apocalypse. Et chaque jour ça empirait, jusqu’à ce qu’il fasse venir un mouton vivant. Il m’a mis un couteau dans la main et m’a ordonné de l’égorger. J’étais incapable de faire une chose pareille ! Le clou final, c’est quand ce réalisateur azimuté m’a dit qu’il en avait marre de moi, qu’il allait me punir en me faisant porter, pour tout costume, une ceinture de chasteté munie d’un cadenas... jusqu’à la fin du film!

Prucnal Et puis, troublante et inquiétante comme jamais, Anna Prucnal, comédienne et chanteuse polonaise, qui fut à cause de sa participation au film interdite de séjour pendant quinze ans dans son pays!!!

En fait Sweet Movie annonce en les amplifiant toutes les dérives à venir du Spectacle, de la Télé, du capitalisme cynique et du communisme assassin (l'inverse marche aussi). La surenchère, la perversion omniprésente (une scène évoque sans rien montrer la tentation pédophile, totalement impensable aujourd'hui). Une autre scène nous balance dans une communauté Reichienne, et fait vivre au spectateur la régression des membres de la communauté, et notamment d'un adulte repartant jusqu'au stade du nouveau né... après une séquence dantesque proprement innénarrable.

Bref, c'est du hard, du zarbi pure sucre, c'est bien le cas de le dire. Métaphore de l'horreur moderne, où la folie n'épargne personne. Certains crieront à l'escroquerie, au ridicule, à l'ignoble surenchère gratuite. Les plus attentifs y verront peut-être autre chose que simple complaisance... Encore leur faudra-t-il aller jusqu'au bout... A vous de voir...

10/05/2005

Light

Avez-vous un ami qui sache lire en vous comme dans un livre? Gardez le comme un cadeau inestimable.

J'ai cette chance rare d'en avoir deux à mes côtés.

L'un m'écoute, me donne conseil, affectueusement cherche à me mettre à l'abri. Il sait comme je peux me détruire moralement. Il a sur moi le privilège de l'âge et son expérience m'est souvent précieuse.

L'autre me devine. Sans rien savoir, décrit tout de mon attitude, craintes, faiblesse, anxiété, et pointe les dangers qu'elles génèrent. S'il est mon cadet de quelques années, sa sagesse est bien plus grande que la mienne, ce que je vis sans aucune amertume. J'accepte au contraire comme un bienfait ses conclusions, un regard, un sens psychologique juste et précis.

L'un et l'autre m'invitent en somme à plus de légèreté. A contrôler en moi cette gravité, ce trop plein toujours prêt à déborder, qui peut sans mal devenir lourdeur excessive.

Plus tard, je déjeune avec un troisième homme. Autre "sage". Un garçon posé, calme. J'apprendrai le soir venu, à travers son dernier post, que Christophe G. se ressource dans les airs. Légèreté, encore.

Je verrai mieux qu'un hasard à cette confidence bloguesque: un sens profond à méditer, capter un savoir être auquel je n'ai pas été entrainé.

Bon, tout de même. De là à fredonner cette scie épouvantable, qu'"il est libre max, y en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler"?... y a tout de même une marge, non? N'y comptez pas.

24/04/2005

A pantin, pantin et demi?

Rupertpupkin La valse des Pantins, de Martin Scorcese, est un des films les plus terrifiants que je connaisse, surtout dans sa première partie. Pour resituer l'histoire, un tocard mythomane, Rupert Pupkin (De Niro) est littéralement obsédé par l'idée de passer dans un show télé pour y raconter ses sketches. A cette fin il relance sans relache, téléphoniquement puis physiquement, les bureaux d'un fameux présentateur de show (Jerry Lewis); tente, sans jamais désesperer, de franchir les barrages que lui  opposent standardistes, assistantes, producteurs, dont aucun n'est capable de retenir exactement son nom; vire carrément au harceleur, avant d'être bientôt jeté comme un malpropre par les services de sécurité. Incapable de renoncer pour autant à sa lubie, d'entendre les paroles aimables, puis fermes, puis de plus en plus sèches qui lui sont opposées, le barjeot emploiera des moyens plus expéditifs. Inutile de narrer la suite.

Ce qui me fait peur, est la description finalement terriblement exacte de ces rapports sociaux, où l'un est en position de demandeur, et où l'autre dispose d'un pouvoir. Quiconque n'a jamais tenté d'obtenir un rendez-vous avec un client potentiel, voire un employeur, avec un type supposé décider de l'intérêt d'un de vos projets, ne peut savoir l'inconfort et l'incertitude, où conduisent les sempiternels:

- il est en rendez vous.

- redonnez-moi vos coordonnées, il ne manquera pas de vous rappeller.

- je suis sa plus proche collaboratrice. expliquez moi le but de votre appel.

- Pouvez-vous rappeler mercredi? (et mercredi: vendredi?... et vendredi: dans quinze jours?...)

Au delà du temps perdu, de l'énergie dépensée, de l'humiliation, parfois, vous gardez sang froid et politesse quand la seule phrase qui vous viendrait spontanément à l'idée ressemblerait à dis moi bougre de fille de pute, est ce que tu vas me faire perdre longtemps mon temps, comme ça? Ca t'excite vraiment, de te payer ma fiole et de me faire rappeler pour que dalle, jusqu'à l'épuisement?

Tous les foutus bouquins de relance commerciale vous encouragent à ne jamais "laisser tomber". On est des winners, oui ou shit? Rappelle. Lache pas l'affaire. Tu finiras par le décrocher ton putain de rendez-vous. Moi, désolé, au bout de trois ou quatre portes reçues pleine poire, je ne rappelle pas. Car le fantôme de Rupert Pupkin, quelque part, me hante. Cette crainte de me comporter exactement comme lui. Un tocard. Un timbré? Qui rappelle sans entendre ce qu'on lui a fait comprendre en understatement: laissez tomber, vieux, il ne vous rappellera pas, ni demain, ni jamais, il a d'autres chats à fouetter, et franchement ton projet, il s'en bat même les testicules à un point que tu n'imagines pas.

Rupert Pupkin me hante plus profondément encore. Quand je réponds à un email où je laisse un peu de moi-même, et parfois un peu plus, l'idée que je pourrais être pris pour un type un peu... enfin, vous voyez, pot de colle, un gars limite, me parcourt l'échine et me fait craindre le pire, car toute sincérité met plus ou moins en danger, non? Et surtout dans ce monde de hyènes: regard de l'autre, moqueur, condescendant, ou pire apitoyé. Le jugement qui claque. Mais qu'on n'entend pas.

Là réside le génie de De Niro. Jouant sur un registre tragicomique un barré complet, ce fumier me glisse subrepticement à l'oreille que moi aussi, si ça se trouve, je ne suis peut-être pas tout à fait net... Fais bien de m'en parler, au moment précis où la question revenait me tarauder!

10/04/2005

Chérie passe moi le programme, 2

L'autre jour, j'ironisais ici sur le lancement de la TNT, cette formidable révolution télévisuelle dont l'étendard est le retour en grâce de l'émission taratata.

Je reçois ce matin la contribution bienveillante et pleine d'humour de Corsaire, à laquelle je réponds ensuite.

Ce qu'il y a de surprenant dans tout ce verbiage, c'est votre capacité à critiquer un activité que personne ne vous oblige à pratiquer.

Rien ne vous impose d'acheter une télévision (j'en connais plus d'un qui n'en possède pas). L'achat du décodeur TNT sera également une démarche volontaire devotre part. Enfin c'est bien votre petit doigt qui appuie sur les boutons marche/arrêt de ces deux appareils.

En bref je reconnais bien dans vos propos le côté franchouillard de mes compatriotes. Assumez vos choix. Si la télévision telle qu'elle vous est proposée ne vous plait pas passez votre chemin. Critiquer est tellement facile : qu'avez vous construit, fait ou inventer pour vous permettre des attitudes aussi arrogantes ?

Lisez et peut être serez vous un peu plus toléraant. Autre avantage : vous ne contribuerez pas à augmenter l'audience decertaines chaines que vous dénoncez : c'est encore là le meilleur moyen depression.

En clair mettez en adéquation actions et opinions.

Cher Corsaire, ce n'est pas en tentant vilement de me flatter (verbiage, franchouillard, arrogant) que vous me ferez changer d'avis. Cela dit:
1. en effet, je vous rassure, je n'ai nulle envie de m'abonner à ce machin, (où donc avais -je laisser supposer que j'en avais l'intention?)
2. Il se trouve que je suis aussi citoyen d'un pays où demeure encore un peu de liberté d'expression, certes de plus en plus encadrée mais, ne fut-ce que pour dire des conneries qui vous agacent, j'ai l'intention de m'en servir encore un petit peu.
3. D'autant que je suis également un contribuable assujetti à la redevance, ce qui me laisse quelque possibilité de commenter, ne vous en déplaise, l'usage fait des deniers que modestement j'apporte  dans l'escarcelle commune. Et pour m'en affliger, le cas échéant, du moins tant qu'on n'a pas réouvert les camps de rééducation.
4. Je fais ce que je veux de mes petits doigts.

5. j'ai aussi le droit de regarder des programmes qui ne me plaisent pas, pour constater l'état des lieux, ce qui me donne un instant l'illusion de n'être pas un crétin mais un sociologue avisé de notre modernité. On a les faiblesses qu'on peut, soyez vous aussi un peu indulgent.

6. Pour les regarder, et MEME, pour les critiquer dans la mesure où ils contribuent à l'ahurissement des masses que par ailleurs je constate tous les jours dans mon quotidien. (oui je sais ça fait un peu pléonasme, mais je parle le médiatique à mes heures...)

Il n'y a dans tous vos propos qu'une phrase un peu moins brillante que toutes les autres: qu'avez vous construit, fait ou inventer pour vous permettre des attitudes aussi arrogantes ? Je vous laisse la méditer: dans votre monde idéal, seul l'écrivain pourra juger de la beauté d'un livre, le footballeur de la qualité d'un match, celui qui ne sait pas écrire n'aura pas le droit de vote, et qui donc "pourra se permettre des attitudes arrogantes"? un quelconque conducator, duce, caudillo? L'élite de ceux qui comme vous dîtes auront "construit, fait ou, inventé" (sans infinitif)? Aux autres, à tous les autres, la seule contemplation béate et admirative?

En bref, entre le moutonisme silencieux et le repli tout aussi silencieux de l'anachorète, qui me rappelle cette expression, "mange et tais-toi", que vous transformez en "mange OU tais-toi", il reste encore d'autres possibilités, même si cela vous déplaît. Dont celle du blog, où chacun vient s'il le veut (oui je sais c'est assez vain comme argument, mais guère plus que votre injonction à ce que j'éteigne mon poste), et où l'on écrit ce qu'on veut (oui je sais c'est franchouillard. J'aime bien).

Mais effectivement, "les braves gens n'aiment pas que, l'on suive une autre route qu'eux".

Enfin,  comme disait l'autre "la tolérance y a des maisons pour ça". Il est vrai qu'aujourd'hui il n'y en a plus, officiellement. Est-ce pour ça que tant de vos congénères regardent la télévision?

05/04/2005

Un film. mais quel film!

Affiche_armee_des_ombres Je sais. Si vous venez ici c'est pour m'écouter raler et étaler ma mauvaise foi. Pourtant, derrière l'imprécateur à la petite semaine, savez vous qu'il y a un coeur qui bat? (*)

Envie de vous faire partager mon enthousiasme. J'ai déjà eu l'occasion de vous parler ici d'un de mes films "cultes", l'Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville. Le voici qui sort (enfin) en DVD, remasterisé par Studio Canal Vidéo. Je l'ai acheté le jour même, et revu aussitôt.

Cet hommage rendu aux héros inconnus de la Résistance a pris depuis sa sortie en 1969 la dimension d'un chef d'oeuvre. D'une rare densité, imposant ce rythme pesant, tendu à l'extrême; lent, sans doute, si l'on considère les critères d'aujourd'hui où aucun plan ne saurait faire plus de 1"24.  Mais le sujet exige cette pesanteur et ce qui deviendrait pénible dans le Cercle Rouge (du même Melville, un polar particulièrement mal vielli), reste ici un procédé esthétique et narratif hors du temps et des modes.

Retrouver des acteurs formidables dirigés de main de maître par Melville. Diabolique, il mit Lino Ventura dans un état de pression permanente, refusant de lui adresser la parole, allant jusqu'à l'humilier publiquement, pour le pousser dans ses retranchements et judqu'à une tension maximale permanente. Le résultat justifie à posteriori cette manipulation. Lino est génial.  A ses côtés, Simone Signoret  à la fois humble et poignante, Paul Meurisse parfait en intellectuel chef de réseau, le jeune Jean-Pierre Cassel touchant, le moindre second rôle juste et pertinent. Casting étonnant, pour des scènes d'une force rare provoquant une émotion parfois proche de l'insoutenable.

Les teintes bleues, blafardes, renforcent l'impression de malaise, comme les superbes musiques d'Eric Demarsan, tenant ici un rôle essentiel, jusqu'à ce climax,  qu'est le célébrissime thème qui plus tard deviendrait le générique des Dossiers de l'Ecran. Pour en savoir plus, lire ici une critique tout à fait pertinente.

(*) véridique. (plaisanterie récurrente pour les initiés)

02/04/2005

Faîtes vos jeux...

Bon, puisque le pire est à craindre, mais que le show must go on,

ne reculant devant aucun sacrifice, en avant première,  et sans augmentation de tarif,

toujours sur le coup pour ses lecteurs, Resse vous présente le prochain:

Dionigi Tettamanzi, 70 ans,
TettamanziArchevêque de Milan, Considéré comme un réformiste prudent, il est aussi un médiateur-né.

Angelo Scola,

Scola 63 ans, patriarche de Venise, diocèse qui a souvent été l'antichambre de la papauté. Proche de Communion et Libération, il peut bénéficier des réseaux de ce mouvement conservateur et très militant.

Oscar A. Rodriguez Maradiaga

Maradiaga 62 ans, Archevêque de Tegucigalpa (Honduras), il est le grand favori parmi les non italiens. il dispose du soutien des cardinaux latino-américain centristes et progressistes.

Josef Ratzinger, 78 ans,

Ratzinger En d'autres temps, il eût été Grand Inquisiteur. Il a traqué sans état âme les théologiens de la libération et autres suspects de déviation marxiste. Son pontificat s'inscrirait dans une totale continuité, et son grand âge garantirait un règne court.

Donc, résumons-nous, c'est l'heure du grand choix,

Pour Josef, faites le 0810 900 901, 0,34cts€/minute, pour Oscar, 902, pour  Angelo, tapez 903, et 904 pour Dionigi.

(avec l'aide de libé de ce jour)

21/02/2005

Prévert et Carné au Paradis

Enfants_du_paradisRevu hier, pour la dix ou douzième fois peut-être, mais pour la première fois avec ma fille, le sublimissime "Enfants du Paradis" de Carné.

3 heures de finesse, et d'indémodable poésie dans ce monde de sauvages, qui est  mon lot quotidien. Se laisser emporter par les dialogues magiciens de Prévert, un temps vomis par la Nouvelle Vague, mais qui a le moins vieilli?

Comme par exemple, d'entendre Marcel Herrand/ Lacenaire:

- "Ils me laissaient seul avec moi-même, et ils me défendaient les mauvaises fréquentations..."
- Je n'ai jamais été humilié. Mais ils ont essayé. Et c'est déjà trop pour un homme comme moi/

ou Arlettey/ Garance:
- Je voudrais partir visiter les Indes.
- Pourquoi Les Indes?
- Parce que c'est loin...

Et P. Brasseur/ F. Lemaitre
- Je veux bien jouer votre pièce. A condition qu'elle se laisse faire!
- J'aurai plaisir à être envoyé par vous dans l'autre monde, moi qui ne suis pas du vôtre...

Désormais, ce petit bout de patrimoine hérité de mon père et ma mère, est transmis à ma fille, qui en fera ce qu'elle en pourra ou voudra...