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Je me suis toujours persuadé qu'il était inutile de céder, ne fût ce qu'une fois, à l'acquisition d'un numéro du mensuel Technikart. Par avance convaincu d'y trouver un hybride d'inrockuptibles mordus de TIC, et de télérama dédié aux rejetons de lilis versant dans l'alternatif urbain, je ne voyais nulle raison d'y sacrifier trois pièces.
L'existence d'internet a ceci-dit cet avantage, on vous y donne à voir ce qui dans la vraie vie se vend. Je m'y suis donc rendu, sur le site technikart. Pour une décuverte tragiquement conforme à ce que j'en attendais. Ce ne sont que prosternations onctueuses devant la nouveauté érigée comme valeur en soi, impudeurs vugaires à utiliser les mots clés convenus de la rebellitude petite bourgeoise (dissidence, résistance, etc), le tout pondu à la va vite et au marteau pilon par quelques étudiants d'hypokagne pistonnés par leurs papas, avec une absence de finesse qu'aucun blogguer digne de ce nom ne saurait désormais tolérer.
Reste la séquence sexe. Car chez Technikart, on est pas bégueules. Il faut lire la chronique d'une hardeuse nommée Dolly pour comprendre à quel point telle pornographie conviviale est la plus haineuse ennemie, et du sexe, et de l'humour, et de la liberté, et des relations humaines en général. Comment elle participe au même titre que les puritaines féminisantes, à la détestation, à l'écoeurement, pour tout ce qui de près ou de loin évoquerait les folies de l'enlacement des corps.
Il faut peut-être avoir passé la quarantaine pour détecter dans ce brulôt fadasse et soit disant subversif, la profonde arnaque qui n'est qu'en somme la face cachée de la médaille tévé, une même entreprise de décérébration de la jeunesse. Quand la Starac' s'y emploie par la face "divertissement", Technikart passe par la face dite "culturelle", et vend sa bouillie rebelle aux bébés bobos lobotomisés.




