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23/12/2009

Quoi de neuf au Courrier? Fin du monde, Fin des blogs, Fin damnée.

Ca sent le sapin. Pas nécessairement celui de Noël et ses guirlandes à la con. Tu restes 3 jours sans publier une note, et tu vois tes stats fondre au soleil méchant, çui qui défraie l'actualité et n'arrête pas de perturber la fine couche d'ozone de ta pauvre planète agonisante. Il en va de ce blog comme de la fin de l'année, comme de la fin du monde. Tout barre en cacahuètes. Tout court et concourt à la grosse catastrophe. Vive l'entropie dévastatrice.

Mais même quand tout annonce le chaos terminal (voir pour s'échauffer le bousculant 2012 de Roland Emmerich, nullissime côté psychologique, mais assez réjouissant versant fracas d'immeubles et tectonique des plaques en furie sur fond de tsunamis himalayesques), on ne peut se résoudre à ce que tout se termine POUR DE BON. Il faut que s'en sortent quelques veinards sauvés des eaux, avec deuxième chance de repartir "du bon pied", sur le seul continent épargné par l'apocalyptique bordel. Et c'est naturellement l'inévitable "Afrique", berceau déjà de la toute première humanité, et source depuis de bien des conflits; mais continent demeurant curieusement nimbé d'une étrange aura de pureté originelle, quand bien même tu te chopes là-bas les pires virus du catalogue mondialisé, sans parler d'un cagnard assez peu bienveillant. Je le sais, j'ai lu le Crabe aux Pinces d'Or quand j'étais petit.

Couv998

Courrier International a le bon goût de sortir, en pleine semaine de solstice d'hiver (qui est je vous le rappelle le symbole du RENOUVEAU, Phénix renaissant de ses cendres, sur fond de cycle éternel des saisons) un numéro spécial "Apocalypses et Fins du Monde". Je trouve le décalage assez joyeux. Rien ne me ferait en réalité plus plaisir que de voir s'effondrer pour de vrai l'édifice. Ce ne sont pas les occasions qui manquent. Planète en dérive qui vient te percuter la Californie par l'arrière, virus déchainé qui te met sur les genoux la race humaine entière, avec pour conséquences la reprise en main du business par les rats affamés, les vautours sans foi ni loi, les hyènes de garde prêtes à mettre un peu d'ordre dans ce chaos.

Le numéro de Courrier International est passionnant, documenté, on jubile à recenser toutes les merdes qui s'apprêtent à nous tomber sur le dossard dans les années à venir, et l'on note sur son agenda électronique : 21/12/2012 rester chez soi au balcon, avec un verre de rhum à la main.

Malheureusement, la grande majorité des articles est pour l'heure inaccessible en ligne. Achetez-le, vous ne le regretterez pas! 

01/11/2009

Quoi de neuf au courrier? des artistes contre la torture musicale

Imaginez l'horreur. Enfermé dans un lieu tenu secret, vous vous retrouvez contraint d'écouter vingt jours de suite et sans discontinuer, LA MEME chanson de mettons... CALI (je dis celui-là,  j'aurais tout aussi bien pu dire Yannick NOAH). Ni trêve, ni repos. A 3 minutes la chanson, cela nous mène à 20 fois par heure. 480 par jour. En 20 jours, 9600 fois.

Voici le genre de torture mentale qu'enduraient les prisonniers de Guantanamo, nous révèle Courrier International cette semaine, dans un article qui fait froid dans les Trompes d'Eustache.

Cour991 
Certes, j'ai un peu trop appuyé sur la craie. Grossi le trait. Exagéré l'horreur, pour les vertus de la démonstration. Dans le vrai monde, dans les vraies geoles où croupissaient de vrais gens, remplacez juste Cali par Eminem, ou Noah par Nine Inch Nails. Cela n'en demeure pas moins assez terrifiant.

Imaginer que la chanson, la musique, puissent être utilisées comme éléments de torture mentale, un peu comme sur NRJ mais en pire, nous démontre s'il en était besoin que l'homme est bien un loup pour l'homme. Même Jack Bauer, en 7 saisons de lutte contre les pires méchants de la planète, n'avait eu l'idée, ni poussé aussi loin la détermination pour faire avouer leurs méfaits aux terroristes. Et réciproquement, soyons juste, aucun d'eux n'avait poussé l'ignominie jusqu'à infliger au peuple américain le même tube de Linda Lemay, passé en boucle ad libitum par la voie des airs, ou le piratage des ondes. Ou bien les scénaristes de séries manqueraient-ils d'audace?

La réalité dépasse toujours la fiction...

"A un certain volume, le son engendre une saturation sensorielle, il détruit la subjectivité et peut [induire] une régression vers un comportement infantile", explique dans l'article Suzanne G. Cusick, professeur de musique à l'université de New York, et (tenez vous bien) spécialiste de l'usage de la musique comme instrument de torture dans les guerres actuelles.

Face à cette découverte, un paquet d'artistes se mobilisent pour dénoncer l'horreur. Leurs mobiles peuvent être variés. Rosanne Cash, fille de Johnny, en appelle au plus élémentaire humanisme. Mais on peut imaginer que certains protestent juste parce qu'on a utilisé LEUR chanson! On doit admettre que c'est  assez vexant. Mon rap, une torture? Il te plait pas mon rap? D'autres, va savoir, n'auront peut-être pas été PREVENUS avant, comme il sied lorsqu'on s'apprête à utiliser un refrain pour une pub, un générique, une B.O.? D'autres peut-être contestent le non versement de droits d'auteur, l'utilisation à des fins de produits dérivés non prévus au contrat d'édition initial? A 9600 fois les vingt jours, tu mesures le manque à gagner?

S'en trouvera-t-il pour déplorer qu'on N'AIT PAS utilisé leurs morceaux? Il vous plait pas, mon rap?

Je sais. Je salis tout. J'ironise à vil prix à l'encontre d'une authentique indignation humaine, je dénigre une prise de conscience collective, oubliant que jadis, ce furent ces mêmes artistes pop (que j'adulais) qui se levèrent pour dénoncer la boucherie du Viet-Nam. Que ce furent aussi les artistes qui désignèrent le scandale Sun City, au coeur du système de l'apartheid; et qui soutinrent Mandela, et ne furent peut-être pas pour rien dans sa libération finale.

Je ne devrais pas ironiser.

D'autant que tout de même! s'avaler 9600 fois en vingt jours "We are the champions" de Queen!!! Même sur TF1 les soirs de Champions' League, ils n'osent pas aller aussi loin dans l'horreur. Encore que... Si on se qualifie contre l'Eire, va savoir s'ils ne seraient pas foutus d'y penser.

... Un loup pour l'homme, je vous dis.


23/10/2009

Quoi de neuf au Courrier? Népotisme, renoncement,tartes à la crème...

Ainsi donc, Monsieur Jean, dit le Dauphin de La Défense, MiniMinistre mais qui faisait déjà son maximum (maxi môme?), a renoncé à Epad-er la galerie en en prenant fort tôt la Présidence. L'affichage de la Une de Courrier International, ce jeudi, aura-t-elle pesé dans cette décision de retrait?

Couv990
Il se dit en effet que de la Chine au Zimbabwe, de l'Argentine à la Padanie, tous exemplaires du point de vue de l'égalité des chances et de la transparence démocratique, nos moeurs ont ces derniers temps bien amusé les éditorialistes. Quels que soient les mérites du Petit Jeannot, qui seraient bien réels d'après le Daily Télégraph, repris par Courrierinternational.com où se lit l'ensemble du dossier à charge contre nos actuels gouvernants, la coupe commence il est vrai à déborder... Préférences familiales érigées en loi commune. Moeurs dynastiques au mépris des pudeurs les plus élémentaires. Scission effarante entre le monde des élites et le peuple ahuri de tant d'insolences (dans une autre saynette, remember Mitterrand le Neveu, passant comme par magie d'un statut de mis en cause à celui de victime harcelée).

Pis encore, à mon goût: ce casting des courtisans courbés, confits en dévotion devant les puissants desquels dépend leur survie, et prompts à couvrir les héritiers d'éloges superlatifs: Jean est plus brillant encore que l'était son père à son âge. Ce que j'ai entendu de mieux dans le genre, il fallait tout le talent d'un Balkany pour l'oser. Ces dernières semaines, la droite française avait des allures de cour de Louis XV, on se croyait dans le film de Patrice Lecomte. Son nom, déjà?

Ridicule.

Il faut lire, toujours dans Courrier International.com, cette judicieuse analyse du journaliste colombien Dario Viana confirmant cet aveuglement des droites européennes, désormais saoulées de toute puissance (en gros, depuis la chute du Mur, et la fin de l'hypothèse communiste).

Quant aux gauches socio démocrates, c'est peu dire qu'elles peinent à réagir. Je les vois désespérément corsetées, coincées, cadenassées, entre les contingences économiques, les bréviaires compassés de morales astringentes qu'elles se sont inventées comme bibles, et les rivalités assassines pour les places, qui laissent finalement le champ libre aux marquis.

Jean Sarkozy a finalement renoncé "à cette Présidence". L'a-t-il été sur ordre du Roi, ou de son propre chef, c'est leur affaire à tous deux. Sage décision, mais qui eut pu l'être bien avant que monte à ce point la Jacquerie, lancée sur internet par Christophe Grébert, le putéolien frondeur dont je salue décidément, le courage, l'inventivité, la ténacité, et dont j'admire la constance... peut-être aussi l'inconscience. Ce Christophe-ci est l'honneur du Modem, si vous voyez ce que je veux dire.

Restent en épilogue, les commentaires des dits courtisans: Jean a fait preuve de maturité, lâche Frédéric Lefebvre, estimant donc qu'il a bien fait de renoncer... comme hier il faisait  bien de se présenter. Et comme il fera bien, demain, de tenter autre chose. Au-delà du point final à l'épique épisode Epad, aucun doute, donc: la farce continue. Demain, d'autres tartes à la crème voleront.

PS: Le vent de la révolte contre le népotisme en cour, fut levé via le net. "Cette pire saloperie jamais inventée par les hommes", d'après Jacques Séguéla qui met de mieux en mieux en pratique l'adage: si après 70 ans un people ne peut pas pipeauter une ânerie chaque fois qu'on lui tend un micro, c'est qu'il a raté sa vie. Dans un remake à venir de "Ridicule", ce courtisan-là tiendra un rôle de choix...

25/09/2009

Quoi de neuf au Courrier (5) : le harcèlement religieux comme nouvel universalisme?

Chaque vendredi, je critique ou commente à ma façon un article paru dans Courrier International dont je suis blog partenaire...

Ce n'est pas un article, qui retient cette semaine mon attention, mais une série de titres dont la répétition fait forcément sens (et je vous invite à revenir ici à partir de 13 heures pour le deuxième article du jour... illustration du premier, en version française).

Page 22... Albanie, "la religion, dernière illusion de la jeunesse. De plus en plus de jeunes recommencent à fréquenter assidument la mosquée ou l'église, précise le chapô.

Page 32... Israël, Un pays étouffé par le judaïsme orthodoxe. Les fondamentalistes excluent les autres courants du judaïsme, mettant ainsi en question la liberté de culte.

Page 33... Arabie Saoudite: Quand le rigorisme religieux fait fuir la jeunesse. Dans le royaume qui prône la vertu comme système de vie, la violence, l'intolérance, et la déliquescence des moeurs ne cessent d'augmenter.

Page 46... Le Nigéria coupé en deux: Au nom de Jésus ou de Mahomet, les églises se livrent à une compétition acharnée avec l'islam...

C'est partout, en somme, que la prédiction jadis prêté à Malraux (le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas, qu'il n'aurait d'ailleurs jamais énoncée) s'impose. C'est partout qu'elle débouche non pas sur le respect accru des individus, mais sur l'opposition des "communautés", imposant partout le recul de la liberté individuelle, imposant aux mécréants dogme, intolérance, pratiques rétrogrades, croyances infantiles... au nom de la tolérance même due à tous les croyants.

Partout où la foi, parfaitement acceptable dès lors qu'elle se pratique dans la sphère privée, prétend s'inviter dans la sphère publique et organiser tout ou partie de la vie collective, partout la liberté recule, au nom de la liberté. Partout où les pouvoirs publics, les politiques, refusent d'admettre cette évidence, partout progresse l'obscurantisme.

Au temps où je portais la petite main "touche pas à mon pote", j'avais une autre idée (et je continue de l'avoir, entendons-nous bien) des vertus des sociétés "multipolaires". On verra tout à l'heure qu'elles n'évoluent pas toujours vers le meilleur.

Pour info, la une de Courrier International de ce jeudi...

Couv courrier int

18/09/2009

Quoi de neuf au Courrier ? (4): La France, un certain nanar de vivre

Chaque vendredi, dans le cadre de mon partenariat avec Courrier International, je commente en toute liberté tel article du magazine.

Cette semaine, mon hebdo préféré titre "Oh! Là, là!" en tricolore, pour nous raconter "La France et son art de vivre vus d’ailleurs". Car il semble que nous demeurons, n'en déplaise au Monsieur d'El Bulli, "le" paradis de la croque et du pichtogorne, de la Belle Provence où ce qu'il fait si bon vivre, heureux comme Dieu en France, disait jadis un proverbe...

Il parait que la France "est à la mode". Le temps où notre opposition à la guerre en Irak nous rendait infréquentables serait passé. Aux US, un film intitulé Julie & Julia vante  les qualités de la "cuisine française traditionnelle 100% pur beurre", et fait un carton... Las, tempère un autre article, le vin français a moins la cote Les Anglais ne juraient que par lui, mais ne le regardent plus que de très loin, leur préférant "les vins du nouveau monde", dénomination si vague qu'elle en devient idiote, tant qu'on ne définit pas mieux l'origine des précieux flacons.  A côté d'excellents vins chiliens ou argentins existent aussi les misérables pisses d'ânes australiennes, où l'on fait tourner le rendement à fond de caisse, 200 hl à l'hectare. 

Dans un autre article de ce volumineux dossier consacré à la French Touch, on évoque "les escargots et le cassoulet" qui seraient nos marques de fabrique, et l'on n'oublie pas de rappeler que nous sommes "des mangeurs de grenouille" - quand bien même je serais curieux de connaitre le ratio de mes compatriotes y ayant goûté ne fut-ce qu''une fois dans leur vie- . Tout en oubliant de rappeler que la Commission Européenne s'acharne à flinguer le Camembert au Lait cru, rêve d'interdire toute production de foie gras, après avoir tyrannisé les chasseurs de palombes depuis des lustres. Les USA mettent autant de barrières douanières que possible autour des meules de roquefort. La French Touch ça va, mais dans le respect des bonnes odeurs, quand même.

Couv985 En réalité, ce dossier du Courrier me flanque le bourdon. J'ai de plus en plus l'impression que ces patrimoines qu'on nous accole si volontiers, ne sont plus que des images d'Epinal à mille miles de la "vraie" vie. La photo de Une, d'un kitsch absolu, dit bien l'irréalité de ce portrait. Cette France qui plait à nos amis d'outre ceci et d'outre cela n'est qu'un parc d'attractions pour vacanciers friqués, où les bonnes tables pullulent comme les restos de cow-boys chez Disney, tandis que notre bon peuple bouffe pizzas surgelées et saloperies siglées Old El Paso, vous savez, ces nachos qui tellement savent donner "un air de fête" à nos tables à la con. La vraie vie française n'a qu'un très lointain rapport avec ces fantaisies vantées par les journalistes étrangers en postes dans l'hexagone. Elles donnent sans doute l'eau à la bouche aux lecteurs du bout du monde, mais ce condensé de "franchouillardise" culinaire n'est qu'un masque, une mascarade. Car tout bon français qui se respecte n'a désormais qu'une idée en tête: témoigner qu'il n'EST PAS, n'a JAMAIS ETE, ne SERA JAMAIS, franchouillard, ni de près ni de loin.

On me dira que j'exagère, et qu'on peut évidemment, manger, ici ou là, des andouillettes AAAAA, des pieds de cochons grillés sauce choron, des choucroutes roboratives. Mais tout cela vous a désormais un petit côté village d'Astérix, pathétique en diable. Arrière cuisines où se mijotent des combats d'arrière garde. Car la vraie saveur de ce pays, c'est le harcèlement publicitaire vous intimant de "manger cinq fruits et légumes par jour", "ni salé, ni sucré, ni gras", de ne consommer le jaja qu'avec MO-DE-RA-TION, et "pour ta santé bouge plus!"

Cet "Art de Vivre à la Française", dégraisse les plats, décolore son pinard, et pis que tout, surveille son langage et celui du voisin. Chacun y est un flic pour son prochain, doublé d'un prof de maintien, d'un confesseur et d'un diététicien.

Quand donc Courrier International se décidera-t-il à faire un numéro spécial sur l'Art de la Tyrannie Douce à la Française?

11/09/2009

Quoi de neuf au Courrier? (3). 11 septembre, encore et encore

Chaque vendredi, ce blog s'ouvre a l'actu d'ailleurs, avec et grâce à Courrier International.

Chaque année, le mois de Septembre me colle un épouvantable bourdon. Septembre succède à août, et je n'ai jamais aimé "la rentrée", les nouvelles classes, le retour du train-train, la liste des profs, et remettre sur le métier l'ouvrage.

C'est aussi en septembre, anniversaire dans quelques jours, que j'ai enterré ma mother. Certes le temps a passé et j'ai bien fait tout comme on a dit, le bon vieux "travail de deuil" que nous disent les journaleux et les psys à trois ronds sans imagination.

Septembre c'est aussi ce mythe moderne rebaptisé "9.11", avec tout ce qui va avec... Les 2 tours du WTC, l'avion sur le Pentagone et le bouquin du vilain Meyssan qui dit qu'on s'est payé notre fiole, le mystérieux avion blanc qui survola Washington (espace interdit), et l'héroïque vol 93 dont les occupants préférerent se sacrifier qu'atteindre l'objectif (White House? Capitol?). Et toutes les rumeurs qui vont avec... les théories du complot, les documentaires sulfureux, les délires antisémites, les vraies questions qui restent posées (pourquoi l'avion de la 2eme Tour montre-t-il des caractéristiques d'un avion militaire et pas d'un avion de ligne traditionnel?)

Ce 11 septembre 2001 marqua mon entrée dans une phase dépressive assez profonde, que je tentai de refermer l'an dernier en allant sur le site dit de "Ground Zéro", visite que j'évoquais ainsi). C'était un mardi et je garde une mémoire intacte de toute cette journée et des semaines qui suivirent.

Courrier International de cette semaine choisit d'évoquer la reconstruction, bien hasardeuse, semble-t-il, de ce lieu hautement symbolique, à la fois de la folie des hommes, mais aussi, bien avant les attentats, du capitalisme mondial dénué de tout scrupule.Il nous conduit à découvrir les à côtés d'une reconstruction chaotique, sur fond de crise financière et de tractations politiques au coeur de l'Etat de New York.

J'aurais préféré qu'on ne reconstruise rien sur le site. Juste un jardin, et des arbres. La route passe à quelques mètres. Mais en marchant deux minutes, on se retrouve le long de l'Hudson, et l'on s'avance alors Battery Park.

On aurait du laisser tout cela vide. Une façon d'évoquer selon la formule de Dante, "le principe qui manque".

28/08/2009

Fais pipi dans la baignoire, c'est bon pour ta planète! (1)

C'est le très sérieux Courrier International qui l'affirme dans son numéro de cette semaine, avec ce type d'accroche qui me fait tellement rire que j'en ai fait ma "base line" pour la saison: "Sauvez la planète! faites pipi sous la douche!

D'après l'ONG brésilienne SOS MATA ATLANTICA, uriner en se lavant (de façon systématique, pas une fois, comme ça, en passant, faut être sérieux) permettrait d'économiser 4300 litres d'eau par personne et par an, ce qui me parait faire un peu lourd du tirage de chasse d'eau, mais je ne suis pas écologiste. Une publicité vidéo pour inciter les brésiliens à développer "ce geste citoyen" cartonne parait il à la télé, et nul doute que si les acteurs et trices du spot y vont de leur petit pissou juste avant l'heure du foochebol,  cela crée effectivement un joli vent de nouveauté sur les chaînes.

Je pense toutefois qu'on peut aller plus loin. Qu'il ne faut pas s'arrêter au milieu du gué. Qu'il faut plus d'audace et d'innovation. D'une part parce que le pipi sous la douche ne résoud pas la question des autres mictions quotidiennes, et que d'autre part tout le monde, si j'en crois mes derniers vagabondages dans le métro parisien, ne passe pas tous les jours sous la douche.

Je ne demanderai pas de se retenir jusqu'au lendemain. Ce serait miction impossible.Mais on pourrait encourager des randonnées salvatrices de pipi dans les bois, avec sa communauté, ou dans la rue, où vont déjà nos gentils toutous qui eux n'aggravent pas, je vous le fais remarquer, le déficit en eau potable. Ainsi on pourrait lancer des groupes facebook comme "Rejoins les geeks qui font pipi sur l'Esplanade des Invalides", ou celui des Fans du PSG -Pipi Sur Gazon.

Allons aussi nous soulager dans les parkings parisiens: à trois euros de l'heure la place, on doit pouvoir se permettre, non? Je propose alors "vite, va vider ta vessie chez Vinci", qui pourra se décliner en version fille (Vite, Valérie!...) ou garçon (Vite, Vinvin! va...) Vinvin étant au choix un dimunitif de Vincent ou de Wenceslas, comme on voudra.

On pourrait aussi ne plus se laver du tout. Ou mettons une fois par semaine, comme je crois que c'est déjà le cas chez nombre de nos contemporains. Mais tout ceux qui ont oublié l'usage du déodorant donnent en réalité l'exemple. Ils ont  un temps d'avance, même deux:  réduisent le trou de la couche d'ozone; et leurs odeurs intempestives de transpiration sont largement compensées par les gains en eau potable. Osons alors le slogan "Pue plus, Pupuce! c'est bien plus mieux pour ta planete". Il faut aussi, évidemment, développer les "toilettes sèches", avec sciure de bois et sceau à vider dans le tas de compost, même s'il est vrai que ce ne sera guère évident EN VILLES. Voilà donc un dossier à ouvrir pour les Verts Parisiens! A côté de chaque parking à vélibs, on pourrait installer de grands bacs pour collecter nos besoins, après tout ce n'est jamais qu'un pas de plus dans la logique de tri sélectif. Avec un slogan tout trouvé, "cette fois, on met le paquet!"

A l'évidence la question des bonnes pratiques environnementales permet de merveilleuses innovations. Nul doute que j'en aurai dans les semaines qui viennent à vous proposer. Oui, décidément, comme ne l'a pas encore dit Evelyne Delhiat, mais ça ne saurait tarder: Resse, c'est BON pour TA PLANETE!

Quoi de neuf au Courrier? (1) : Obama, de l'Etat de Grace à l'état de Panne

Chaque vendredi, ce blog s'ouvre a l'actu d'ailleurs, avec et grâce à Courrier International.

Couv982 Dieu sait s'il convient, depuis novembre dernier, de glousser à l'unisson sur la formidable révolution qu'a constitué l'élection de Barack "H'. Obama à la White House.

Personnellement je fus plutôt heureux, moi aussi, de le voir élu. Parce qu'il me semblait clairement, si j'ose dire, le meilleur des deux candidats, et qu'on en avait c'est vrai soupé, et largement, de tous ces neo-cons républicains va-t-en guerre; et puis, Springsteen avait appelé à voter "pour" et quand le Boss cause, j'applaudis. Plus sérieusement, je ne pouvais pas non plus ignorer "la dimension symbolique" de l'élection d'un métis, même si pour l'occasion recolorisé "noir", ou "black"; ni le sens qu'elle pouvait prendre pour un type engagé de longue date dans la lutte pour les droits civiques, et l'émotion sincère qu'il pouvait ressentir.

Pour autant, l'Obamania tourna vite à l'indigestion.Tous ces gens qui semblaient croire, ou "faisaient comme si" l'arrivée d'un homme, fût-ce à la tête de la première nation du monde, suffisait à changer la vie de millions d'autres?.. Tous ces blacks de Paris/Banlieues en tirant l'idiote conclusion que "la France était décidément en retard"... Tous ces discours entonnés sur l'air de la revanche..;  "Enfin nous voilà reconnus"... "Enfin notre tour est venu"... Ton tour de QUOI?

Bref, on eut tous les clichés attendus... dont on pouvait se douter qu'ils seraient, aussi vite, remisés aux armoires à souvenir. Si heureux qu'on était de voir Bush débarrasser le plancher, porter ainsi Barack aux nues, penser que d'un seul coup d'un seul, ce génie, ce stratège, ou plutôt lâchons-le mot, ce MESSIE, ce SAUVEUR, allait tout changer, par la simple magie d'un slogan digne des meilleures méthodes Coué... tournait à l'hallucination collective et mondiale.

Yes We can...

... Can WHAT?

Six mois après, Courrier International titre "Obama, la Panne". C'te blague. Sa cote de popularité s'étiole. Son sens aigu de l'hypercommunication (de gauche, est-ce pour ça qu'il s'entend si mal avec le nôtre, hypercommuniquant de droite, ou parce qu'ils sont trop "pareils"?) fatigue... Ses gaffes ou maladresses désarçonnent ses fans. "Malgré son charisme, explique l'hebdomadaire, Obama a bien du mal à mobiliser son propre camp". Et l'on ne peut alors s'empêcher de parier que la même désillusion eut sans doute saisi les Démocrates, et aussi rapidement, s'ils avaient choisi l'alternative Hilary (une femme à la  White House, enfin notre tour est venu, et voilà qui prouve bien que la France est en retard, etc.)

Que le même désappointement eut fini par saisir, après 2007, "nos" électeurs de gauche s'ils avaient vu triompher Dame Royal: passée l'euphorie de "la dimension symbolique", il eut bien fallu que le pseudo réel succède, à un moment, à l'Etat de Grâce cher à Mitterrand.

L'Etat de Grâce, cela relève d'une vision politique coloriée par Walt Disney, racontée par Spielberg, avec Armstrong chantant délicieusement What a Wonderful World, tandis qu'Oussama exprimerait ses regrets pour le terrible malentendu du 11 septembre, et tous les frères de couleur dans les ghettos arrêtant de se massacrer à l'uzi pour se mettre à bosser et donner le meilleur d'eux mêmes pour La Vraie Amérique enfin de Retour.

L'Etat de grâce, "ça fait plaisir". Mais ça n'existe que dans tes rêves.

Le temps d'un dossier passionnant, C.I. démontre que même dans notre monde lassé du réel, l'irréel ne dure pas aussi longtemps que les contributions. Aucun rêve ne dure au-delà du réveil. Le moment est venu.

Good morning, America!

12/06/2009

Courrier International évoque "The Human Factor"

Elections, pièges à ronron, serait-on tenté d'avancer, mi-chat mi-rat, après trois semaines de campagne européenne, et tandis que Courrier International fait sa Une de jeudi sur le scrutin iranien du prochain week-end. Car franchement, si c'est pour m'annoncer la réelection triomphale du négationniste en place... autant zapper vers toute autre chose, non? Et ce, même si je m'interroge: à quoi ça peut bien ressembler, du côté de Téhéran, un candidat modéré? Ca raconte quoi, un islamiste de progrès?.. Autant adhérer à une association fascisme et dialogue, non? Il y a vraiment des jours où la marche du monde vous collerait la méchante déprime... Mais ne désespérons pas: il parait que Kim Jong-Il prépare sa succession. C'est pas rassurant, ça? Que celle de Bongo se précise également. Sa fille, son fils, sa belle-soeur, le fils ainé de sa concierge, envisagent tous de prolonger son oeuvre. Bingo!

Regardons plutôt du côté lumineux. Le temps d'une spéciale dédicace à mon dear old Vinvin, fan du Clint comme le sait chaque lecteur de blogs. Et d'une dédicace jumelle à mon autre ami Frédéric H., blogueur fan absolu du ballon ovale, vintage de préférence, mais pas exclusivement.

Courrier International nous apprend qu'Eastwood tourne en Afrique du Sud son prochain film, intitulé The Human Factor, qu'il consacre aux années Mandela et notamment à l'influence symbolique de la Coupe du Monde de Rugby de 1995, gagnée par les Springbocks quelques années à peine après la fin de l'apartheid. Il y aura Matt Damon dans le film, et Morgan Freeman dans le rôle de Madiba [surnom de Mandela]...

 

CaptureCOURRIER1206

"Le film traite surtout de Nelson Mandela et de la perspicacité dont il a fait preuve en employant la Coupe du monde comme outil de réunification du pays - toute l'équipe du film cherche à s'assurer qu'il décrit bien cet aspect..." explique l'article .

Mandela raconté par Eastwood et interprété par Freeman, ça vaudrait presque un film sur François Bayrou joué par François Morel et tourné par Dany Boon, non? Allez, il y a des fois où on a plus intérêt à regarder ailleurs, si l'on veut se trouver une raison de vibrer ici. The Human Factor sortira en 2010, et cette fois ce sera la Coupe du Monde de Foot qui sera accueillie par l'Afrique du Sud. Je me fous comme d'une guigne que la France y soit, il serait même préférable qu'elle reste chez elle, le ridicule a ses limites. Mais fasse le Ciel (s'il y peut quelque chose) que Nelson soit en pleine forme pour en profiter. Des hommes qui comme lui captent la lumière, et comme lui vous donnent ce sentiment de la bien transmettre... il n'y en a pas tant que ça. Eastwood, dans un autre genre, y arrive bien, aussi...

05/06/2009

"L'Europe, et pourtant on l'aime"... Ah bon...

Ce qui m'interpelle, ce vendredi, dans Courrier International sorti hier, et disponible en ligne, c'est évidemment la couverture...

Capturecourrier

L'Europe, nous dit l'affiche, laisse les électeurs indifférents, renforce les scepticismes, développe la bureaucratie, n'entraîne aucune passion. Mais pourtant, y est-il affirmé, "l'Europe, on l'aime". Resterait, déjà, à savoir qui est ce "on".  Je rappellerai l'adage, certes un peu rapide en l'espèce, mais efficace: "on est un con". Quand je pratiquais jadis des stages d'analyse transactionnelle, il n'était pas rare qu'on y entende rappelé ce principe de base: "quand tu dis on, ose plutôt dire je".

A l'évidence, si c'est de guerres qu'il est question, on ne peut que préférer l'Europe aux massacres anciens avec nos voisins Teutons. Mieux vaut comme disait Brassens, "faire l'amour ensemble et l'Europe de demain", que rêver de bouffer du boche en vengance des boucheries précédentes, et dans la perspective de la suivante. De même vaut-il mieux prendre 3-0 à Old Trafford que se bigorner avec la Perfide Albion du côté de Bouvines. S'il est effectivement une bonne raison d'aimer l'Europe, c'est d'avoir mis fin aux tranchées, bombinettes sur le coin de la hure, troupes d'occupations, gestapistes et milices en sus.

Il n'empêche, l'Europe qu'on nous serine est devenu le nouveau dogme indépassable, la référence ultime et indiscutable, à laquelle on ne saurait être réfractaire sans déchoir. Il  est inimaginable de ne pas être "pro européen". Au pire, on peut vouloir "changer l'Europe", on peut se déclarer partisan "d'une autre Europe", on peut la vouloir "sociale", "des Régions", "fédéraliste", "des Nations". Mais ne pas l'aimer parait tout bonnement impensable, sauf à se voir aussitôt catalogué "passéiste", "ringard", "nostalgique", "patriotard", "rétrograde", "souverainiste"... comprenez: moisi, nationaliste, crypto lepéniste, villiériste attardé, franchouillard xénophobe et plus si affinités. Une fois pour toutes, a été décidé le camp du Bien et du Progrès dans lequel il FAUT se trouver à l'aise, celle d'une Europe des 27 dont je défie quiconque de me citer sans erreur la liste de ceux qui en sont, et de ceux qui font la queue pour y entrer. Il y a ce camp du Bien et du Progrès, mais dans chaque pièce du puzzle ainsi composé fleurissent les mouvements de rejets qu'on nomme ici "protestataires", ailleurs "populismes", "néo nationalismes". Car c'est une Europe où l'on n'admet la notion "d'identité" que si elle cesse d'être "nationale" pour devenir "européenne"... sans qu'on réfléchisse jamais à ce qu'est supposé recouvrer, en réalité, le dit concept "d'identité".

C'est une Europe qu'on envisage sans rire intégrant le Maroc ou l'Ukraine, pourquoi pas le Chili ou la Mongolie Extérieure, sans que cette même identité s'en trouvât modifiée le moins du monde. C'est un grand tout béant, sorte de Tour de Babel accueillante dont on jure qu'elle ne s'écroulera pas, macrocosme où le balte peut décider des dates de pêche en baie du Morbihan, où tel groupe de pression britannique a vocation à interdire le foie gras de canard et le lait cru dans le camembert, (je prends volontairement des exemples triviaux, franchouillardise oblige)... où le puritanisme nordique impose peu à peu sa loi paritaire en surface, [mais la Suède est le pays qui compte le plus de femmes battues, comme c'est étrange]... où le concept de laïcité français se délite tranquillement, pour que puissent partout s'imposer les lois des clercs de toutes chapelles synagogues et mosquées. C'est une Europe qui prétend respecter et glorifier les différences et les diversités, mais impose partout son diktat "supra-national" et normalisateur, au nom de morales imposées qui n'auront été débattues nulle part, sinon dans les salons où pérore Dany Cohn Bendit, souriant donneur de leçons depuis plus de quarante ans.

Ai-je le droit de dire que, non, je n'aime pas cette Europe-là? Ou, pour le dire autrement: si j'aime l'Utopie d'Europe, ai-je le droit d'exprimer que j'exècre sa réalité? Et ce, même si la 9ème, -surtout par Furtwangler- me colle un éternel frisson?

Il n'y a pas plus pacifique que moi (je n'ai pas dit pacifiste), et pour autant je ne me sens pas nécessairement d'atomes crochus avec les Estoniens, les Suédois, les Hongrois, les Turcs; ce qui ne signifie pas que j'aie le moins du monde envie de leur chercher querelle. J'ai comme une vague idée qu'être obligé d'aimer tout le monde, signifie au fond n'aimer personne. Serai-je pour cela banni, couvert d'opprobe, pour oser dire que ce concept de Grand Tout qui n'est Rien, me parait porteur pour l'avenir de mille désillusions? Que je ne crois pas à ce concept de Grand Territoire d'Amour, qui voit en parallèles se nourrir dans chaque quartier, chaque région, des terreaux de haines communautaires et de replis pour le coup sacrément identitaires, au plus mauvais sens du terme? Que je ne vois pas d'intérêt à bâtir ce "grand territoire pacifié", si c'est pour y multiplier "des zones tribales" de haine de l'autre, sur un mode étrangement balkanique?..

Je ne suis pas certain que Courrier International appréciera le papier que m'inspire sa couverture. J'en prends le risque. Lire quoi qu'il en soit cet article, où l'on prévoit que l'abstention atteindra des sommets. Peut-être que je ne suis pas tout seul, au fond, à penser ce que je pense?