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09/01/2010

Au bal, aux balles perdues ohé ohé...

Il n'y a évidemment aucune raison de se réjouir, après la mort de ces joueurs togolais et de leur entraîneur, tirés comme des lapins à la frontière angolaise (et pas ougandaise comme écrit par erreur) alors qu'ils se déplaçaient en autocar, à quelques heures du début de la "Coupe d'Afrique des Nations" de football.

Il y a quelques semaines, c'était le match Egypte-Algérie qui se réglait, aux abords du stade, à grands coups de caillasses. La grande unité du peuple africain est décidément plus facile à chanter avec Bob Marley, qu'à réaliser dans le vrai monde. Il n'y aurait là rien de "spécifique", l'homme étant partout un loup pour l'homme, si l'on ne nous servait par ailleurs la permanente grand-messe de "correction globale et mondiale" dédiée à l'Africanophilie gratuite et obligatoire pour tous.

Chacun sachant qu'elle culminera cet été, avec "la-grande-fête-de la première-coupe-du-monde-de -foot -africaine", la fusillade de cette semaine pourrait aux cyniques apparaitre une assez épatante répétition générale, de ce que peut offrir "l'Afrique à son meilleur". D'autant que curieusement, tous les thuriféraires faux-culs si prompts à nous la vanter, se font  assez discrets. Comme s'ils étaient saisis d'un sérieux coup de froid, à l'heure de refourguer les poncifs obligés.

Sauf qu'il ne faut pas "vexer", "humilier", "vilipender", "stigmatiser", les Africains de France. "Chez qui nous n'avons que des amis". Il faut donc continuer d'inventer des fariboles bien pensantes et des contes à dormir debout. Comme d'affirmer que "le football africain est formidable"; alors que ce qui y est en réalité formidable, c'est la traite organisée d'enfants surexploités, avec filières locales de ventes et reventes, incluant trafic de faux papiers et corruption forcenée à tous les étages. Ou de faire croire qu'il "rivalise désormais avec les meilleurs", alors qu'on n'a jamais vu une équipe africaine en position de lutter sérieusement avec les grosses équipes européennes, sud-américaines, ou même asiatiques. Les Africains ont des "joueurs". Jamais d'équipe complète, capable d'aller "au bout". Aucun entraineur ou stratège de premier niveau. Au mieux, leurs équipes nationales sont entraînées par des troisièmes couteaux dont on n'a pas voulu ailleurs. Mais cela ne saurait être dit. Oubliant que tout flatteur vit au dépens de celui qui l'écoute, les Africains préfèrent-ils les mensonges au gout de miel, aux vérités acides?

Préfèrent-ils entendre loués leur goût de la fête et leur sens aigu de la fraternité? quand bien même les ethnies se haïssent les unes les autres, sont promptes à se massacrer en choeur? Oubliés, les résultats du dernier match Hutus-Tutsis?

Par chez nous, on préfère de beaucoup stigmatiser l'Europe où séviraient "les pires nationalismes" et "les haines de l'autre", quand l'Afrique serait le formidable berceau d'une humanité meilleure pour demain. Mais c'est en Ouganda, nous rappelle cette semaine Courrier International, que l'homosexualité est un crime passible de la prison à perpétuité. Et qu'on y parle même de la punir de peine de mort. Curieusement, on n'entend alors personne dans "les communautés gay" de chez nous, dénoncer cette homophobie-là, bien réelle, et assez terrifiante... Tandis qu'il se trouvera toujours cent zozos prêts à clouer au pilori le gros Nicollin, pour tel propos foireux (mais sans danger aucun) servi dans l'euphorie d'après match... Etrange échelle de valeur.

De même trouve-t-on judicieux de  s'acharner sur Tintin au Congo, image obsolète, et en réalité bien plus naïve qu'assassine, de la vieille colonisation. Mais on fermera les yeux sur mille exactions d'aujourd'hui, portées par des juntes sans foi ni loi. "Le sanglot de l'homme blanc", pour reprendre la célèbre expression de Bruckner dénonçant le rapport hypocrite de l'Européen à l'Afrique, n'a pas fini de produire sa langue de bois d'ébène: celle d'un continent qui serait (comme par magie? ) vertueux en soi, paradis seulement corrompu par la vilaine civilisation occidentale. Ce rousseauisme matiné d'angélisme et de diabolisation, m'apparait la nouvelle mamelle du néocolonialisme démagogique, servi chaud et  bouche en coeur par tous ces amoureux de culture africaine...

Avec le mondial, vont se trouver chaque jour maintes occasions d'agiter poncifs, colifichets bien pensants, préchi précha diversitaires. D'autant que nous avons chez nous l'extravagante Rama Yade,  VRP idéale pour la revente de symboles à l'emporte-pièce; parions qu'elle ne laissera passer aucune occasion de rappeler l'honneur pour les Français de jouer contre le pays de Mandela, quand bien même l'honneur n'a fichtrement rien à voir la-dedans.

Mais faisons-lui confiance pour bien tout mélanger. Du salmigondis, elle est  une experte. Donnez-lui deux images: Une? "Jesse Owens, quatre fois médaillé aux JO d'Hitler en 36". Deux? "Mexico 68. Tommie Smith et Carlos lèvent le poing ganté en hommage aux Black panthers." Elle seule saura vous remixer les deux, pour évoquer dès son discours de prise de fonction au Secrétariat aux Sports, "cette image forte [par elle gardée en mémoire], de "l'Afro-américain Jesse Owens brandissant son poing rebelle face aux nazis"...

Avec une conteuse pareille, nul doute que 2010 sera l'année de l'African Dream. Au moins pour ceux qui sauront échapper aux balles perdues.

08/12/2009

Ca patine dans la semoule chez les moustachophobes

Il y a quelques années, un sociologue militant de la cause homosexuelle avait évoqué, sans rire (mais de toutes façons on ne saurait rire avec ces choses-là), le concept d'injure potentielle, "celle qui n'a même pas besoin d'être exprimée pour faire mal". Percé jusques au fond du coeur par un sous-entendu. Il faut tout de même être un peu "fragile", mais partant du principe que les mots méchants peuvent tuer (Spinoza, lui, aimait à dire que "le mot chien ne mord pas". Mais Spinoza n'est pas de ce monde d'aujourd'hui, non plus), pourquoi les mots demeurés non dits ne pourraient-ils pas toucher, eux aussi, et toucher fort? De sorte que l'on pourrait, -qu'il faudrait-, les traquer, et ajouter à la longue liste des flics de la pensée, une escouade de flics du non dit mais pensé si fort que ce serait pareil.

Exemple en a été donné ce week-end. L'entraineur de football de Monaco, le dénommé Guy Lacombe,  fustige la défaite de ces joueurs en conférence de presse. Laissons la parole au journal 20 minutes, qui résume ainsi le propos devenu incident :  l’homme aux bacantes avait trouvé que certains de ses joueurs «faisaient du patinage ce soir.» Et de préciser dans un lourd sous-entendu: «A votre avis, c’est un sport de quoi?»

Petite phrase énervée d'un coach "venu prendre les trois points", mais "reparti les mains vides"? Que non point! Polémique! Dérapage! Agitation médiatique! Reprise en boucle sur toutes les radios! Car il y a ce "lourd sous entendu": un sport de quoi?

... Un sport de patineurs? Un sport d'amateurs? Un sport de déménageurs? Un sport de bonimenteurs? Un sport de simulateurs?

On ne sait pas. On ne peut pas dire, vu qu'il n'a pas précisé. On ne peut même pas "affirmer" qu'il y ait eu dérapage, puisque précisément, rien n'a été vraiment dit. De fait, l'expression "lourd sous-entendu" relève en elle même d'un "lourd sous-entendu".

Moi qui aime bien mettre des points sur des "i",  je ne parviens pas tout à fait à me décider tout à fait : a-t-on EN REALITE compris, entendu, quelque chose comme  "sport de gonzesses"? Ce qui serait odieusement sexiste? Ou PIRE! "Sport de tarlouzes", qui relèverait alors du tribunal anti homophobique? Qu'ont-ils bien pu entendre, tous les journalistes émus de ce dérapage lacombien? On ne sait pas. Aucun ne s'est risqué aux hypothèses que, du bout des pincettes, j'OSE ici évoquer. Mais on sait que ce n'était sans doute "pas bien", ce sous-entendu qu'il gardait pour lui, le Lacombe.

Ce qui ne relève pas, en revanche, du sous entendu, c'est ce "l'homme aux bacantes" (avec un seul c, et sans "h", mais nous sommes dans le journalisme, pas à l'Académie), repris également dans le titre de l'article "moi les moustachus monégasques ils me font rire" par un patineur énervé de la saillie.

Voilà une double attaque qui me parait relever clairement d'un "délit de sale gueule", moustachophobe, qui de surcroit pourrait blesser tous les fans "butchy" de Freddy Mercury, qui sont nombreux par exemple dans le quartier du Marais. Que fait la police? va-t-elle enfin prendre les bons patins?

20/11/2009

Repentance? Hypocrisie? Cynisme mercantile? Loi de la jungle?

Dans "l'affaire d'Etat" qui déchaine une polémique plutôt vaine, - toute décision d'arbitre ayant valeur de loi-, une des questions posées serait notre propension "à la repentance", ici mise en évidence.

L'excellent Darkplanneur, notamment, ouvre ses colonnes à un philosophe défendant l'idée que, culpabilité judéo-chrétienne oblige, nous serions "60 millions d'adhérents à la Fédération Française de Repentance".

Je comprends la posture, consistant à prendre un peu (normal, on est dans le foot) le contrepied de l'idée dominante. Je m'y prête parfois. L'exceptionnel Vinvin y sacrifie aussi, avec cette perfidie dans l'oeil qui désarçonne toute velléité de contestation.

Toutefois le mot me parait mal choisi. Dans le cas qui nous occupe, nous sommes dans des réactions "à chaud", sur un fait d'actualité. Si le débat demeure, il est porté à la plus extrême confusion par les médias (comme d'hab'), pour qui l'occasion est trop belle de vendre du papier, nourrir les ondes de prises de paroles, pour, ou contre. Alors, des tas de gens qui ne connaissent pas grand chose au football et à ses règles (écrites), à ses lois (économiques) imaginent naïvement qu'on pourrait "demander pardon, voire "rejouer le match", ce qui n'a plus de chance d'arriver que d'applaudir à une reformation des Beatles, je le crains.

Je n'ai évidemment jamais imaginé cela possible, et je ne l'ai pas souhaité l'espace d'une seconde. Si je continue de trouver cette qualification déplaisante et scandaleuse, c'est à titre purement esthétique, au regard de la beauté du jeu, n'ayant jamais été un "chauvin". Lorsque vous n'êtes pas joueur, mais spectateur, ne préférez vous pas "un beau match perdu" à un "triste match gagné"? Moi, si! je préfère perdre avec Platini, (France Allemagne Séville 82, référence ultime) que gagner les matches de Domenech.

Personnellement il n'y a rien de moins "repentant" que votre serviteur. Je fus juste écoeuré (et je le demeure, mais je vous rassure, j'ai dormi depuis) pour l'irlande. Pour de simples raisons de mérite sportif: cette équipe de brêles qui est la nôtre ne méritait pas son billet. 

Mais la "repentance", c'est autre chose. Un retour souvent justifié par la bonne conscience à un fait d'histoire, généralement ancienne. Une réaction "à froid". En revanche, on peut nous désigner, oui, comme des champions de l'hypocrisie : quand Thierry Henry dit "qu'il faudrait rejouer le match" sachant fort bien que ça n'a aucune chance d'arriver, il ajoute le foutage de gueule et le cynisme hypocrite à sa manip.

Il est par ailleurs amusant de noter que des tas de gens se félicitant que dans cette affaire le réalisme l'emporte sur la morale, l'essentiel étant qu'on soit qualifiés, sont les mêmes qui peuvent en faire des tonnes quand l'affaire les interpelle. La repentance, serait-ce la bonne conscience des autres?

Commentaire sur la comparaison avec Maradona: on a aussi évoqué son célèbre but intitulé "la main de Dieu" dans le match contre l'Angleterre de 86. Ne pas oublier trois choses. 1. Diego marque ensuite le plus extraordinaire but technique jamais marqué par un joueur. 2. Ce but de la main n'était pas celui de la qualification.  3. Par ailleurs il avait "aussi" une valeur de rébellion, 2 ou 3 ans après la guerre des Malouines: parler de "main de Dieu" c'était une façon d'envoyer se faire foutre les nationalistes angliches. Une provoc, un doigt d'honneur, après la main.

Dans le cas d'Henry, nul panache. Juste une manoeuvre explicable dans le feu de l'action, mais dont certaines conséquences sont assez énervantes. Comme d'apprendre que Raymond l'Abscience va palper 862.000 euros dans l'affaire.

Et ça, ça m'énerve presque encore plus que la mimine à Thierry.


19/11/2009

Bleu de honte

Voyez... vous pouvez me trouvez ridicule, gamin, naïf, candide, stupide; mais cette élimination injuste de l'Irlande, je ne la digère pas. Bien sûr, on me dira qu'il est normal que les joueurs français soient contents de leur qualification. "Si l'arbitre siffle la main de la France, alors il doit siffler la faute sur un autre français qui mérite pénalty" s'est de toutes façons dédouané le sélectionneur.

Pour qu'on me comprenne, j'ai des copains qui sont heureux que la France soit qualifiée, et qui regarderont avec plaisir les matches du mondial 2010. J'admets totalement leur position, et pas une seconde je n'ai envie de la critiquer.

Ce sera sans moi. Ce n'est un secret pour personne qui me lit ici ,je n'aime guère cette équipe et son patron. J'avais dit que je souhaitais leur élimination comme une chance de redonner meilleure mine à mon sport favori. Mais s'il y a une chose que du plus profond de moi je déteste, qui m'insupporte, me rend malade, me révolte, me révulse, c'est l'injustice. C'est con, mais toute une vie de couleuvres avalées peut alors remonter et me bloquer la glotte.

Oui, je sais, je mélange tout. Mais je suis comme ça. Entier et excessif. Je me lève ce matin avec un ballon de foot coincé dans la gorge. Pour moi, c'est fini. Je ne regarderai plus JAMAIS un match de cette équipe-là. Elle peut gagner, perdre, jouer bien, "faire rêver les foules","donner du bonheur" ,"aller au bout de l'aventure", comme disent ces pseudos journalistes vrais camelots dealers de chloroforme. On les entendrait, si la main avait permis un but dans l'autre sens! Ils vous tartineraient des pages entières sur l'injustice, la vidéo qui à ce niveau devrait quand même permettre d'éviter des fautes pareilles.

Là, l'essentiel est sauf, ils vont tous palper leur billet pour Johannesburg, et faire les beaux pendant un mois. Soulagés.

Qu'ils aillent! mais ne comptent plus sur moi pour faire la claque. J'avais boycotté dans mon coin (tout seul comme un con, oui. Mais droit dans mes pantoufles, du moins) les J.O.de Pékin.

Je ferai de même au mois de juin, et n'oblige personne à faire de même.

On a les fiertés qu'on peut.

18/11/2009

Le jour de gloire est tard, Yvette

Je ne commenterai probablement pas pendant deux jours. Lorsque je sacrifie aux missions de former mes contemporains à quelque segment de la communication orale, écrite, inter-relationnelle, je fais comme m'a dit mon bon Président, "je fais partie de la France qui se lève tôt et rentre tard".

Et j'y retourne le lendemain.

Vous connaissez mon rêve pour le match de ce soir. Je sais qu'il ne se réalisera pas. Le braqueur audacieux Tony s'est rendu. La distribution de biftons samedi n'a pas eu lieu. Et pour le match Egypte-Algérie, on prévoit du sang sur les carreaux à Khartoum. Et sans doute à Marseille aussi, c'est cela la grande fraternité du sport en marche.

Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de Danemark, qu'il disait l'autre truffe aux accents de Shakespeare.

Y a pas qu'au Danemark, remarque.

17/10/2009

Bebel - PF Gay, acte 3: le foot est l'avenir de l'homme

Il y a ce club de football qui s'appelle Paris Football Gay. Qui dit compter en ses rangs des footballeurs amateurs homos, ET AUSSI des hétéros. En somme, exactement pareil que des tas "d'autres" clubs de foot amateurs, qui ne jugent pas pour autant nécessaires de préciser que tous les goûts sont dans la nature de leurs effectifs.

C'est que tout le monde n'a pas le même allant pour faire reculer au delà des neuf mètres quinze le mur intolérable des préjugés. Ceux-là préfèrent taper dans le ballon sous l'étendard arc-en-ciel. C'est bien leur droit, et vaut toujours mieux que taper son voisin à coup de batte de baseball. En même temps, si le club revendiquait de ne compter dans ses rangs QUE des homos, on irait l'accuser de discrimination, les gens d'aujourd'hui sont méchants. Ou bien se trouveraient-ils des zozos dans mon genre pour s'interroger sur la nature de l'examen d'entrée permettant de valider moralité et motivation des impétrants.

Je sais! L'existence de ce club marque en réalité le désir de lutter contre "l'homophobie" qui règne un peu trop dans les stades, hooo-hiiiissse enkchuuuulé, chaque fois que le gardien adverse dégage au pied. Pour tout dire je ne suis pas certain que le résultat soit à la hauteur des intentions,. Mieux vaudrait coller directement des amendes au club hôte chaque fois que son public lâcherait son méchant brame, ça occuperait le quatrième arbitre et pousserait les dirigeants de clubs à morigéner leurs clubs de supporteurs, par ailleurs tant loués par Rama Yade comme "symboles de diversité." On les inviterait à faire preuve de plus de créativité dans l'art de déstabiliser l'adversaire. Grand Corps Malade ouvrirait des ateliers d'écriture pour que tous les Winners, Ultras, Devils et autres Warriors apprennent à vilipender l'adversaire "sans l'insulter", sans s'en prendre au physique, aux origines, aux préférences sexuelles, politiques et religieuses. Bien dans l'esprit des recommandations de Bruxelles.

Il y a cet autre club de foot amateur qui s'appelle Créteil Bebel et ne recrute, lui, que chez les musulmans. Il y a comme ça des tas de clubs communautaires, dans le sport amateur. Des Maccabi d'ici ou là, des Lusitaniens de Triffouilly les Gauffrettes, des Arméniens de Saint Tartempion Le Pont. Tout ce beau monde se retrouve le dimanche matin dans un respect naturel "des différences", mais dans " sa fierté d'appartenance". Dans mon club d'enfance, du côté de Gennevilliers, des blondinets prenaient la douche avec des noirs et des arabes. J'espère qu'il en va toujours de même. En région parisienne, le fils d'un ami s'est fait casser la jambe par un partenaire du club où il évoluait, parce qu'il n'avait pas "la couleur souhaitée" et qu'on voulait le dégager. Un accident rarissime, n'en doutons pas...

Dans un premier temps Bebel Créteil a refusé de jouer contre Paris Football Gay, non pas par homophobie, pensez donc (c'est un délit, sont pas cons) mais parce que la dénomination du club heurtait leurs convictions "non communautaristes". Subtilité, nuance. Dénoncés par la vox médiatique, le club accepta dans un deuxième temps la perspective de jouer le match, ce qui calma les esprits. Finalement, sont revenus à leur décision initiale, nous précise aujourd'hui le journal l'Equipe. Le "club des gays mais pas seulement les autres sont bienvenus aussi", avait imaginé porter l'affaire au pénal (c'est vrai qu'en France les Tribunaux ne sont pas du tout surchargés), avant de renoncer , pour prendre l'affaire par le mépris. Ce qui me semble aussi bien.

POURQUOI ne puis-je m'empêcher de trouver cette histoire Bebel versus Gay affligeante, pitoyable, mesquine, méprisable, vulgaire, anti républicaine... par quelque bout qu'on la prenne? Pourquoi aurais je dans l'idée de les renvoyer dos à dos, comme deux pauvres avatars du monde à la con qu'est devenu le nôtre? C'est l'âge qui me rend borné, ou bien?

J'attends la prochaine étape, la création d'un Paris Football Musulman Gay, qui comprendrait des uns et des autres, mais pas seulement, prétendrait faire reculer ensemble homophobie et islamophobie, avec des pompom girls en niqab dansant à la mi temps sur des tubes de VillagePeople, mais refuserait  tout de même de jouer contre le Maccabi de Saint Colombin les Encaustiques, afin de protester contre le sionisme du Conseil Régional.

Le foot est l'avenir de l'homme.

22/09/2009

Un monde de Jean Footres (5) : les declarations de Manman Yade, ou comment parler pour ne pas dire grand-chose...

Je viens de me trouver une nouvelle icône dans le milieu médiatoc ambiant. Vous savez, là où pullulent les Jean Footres ici célébrés le mardi. Un lecteur me le confirmait l'autre jour, j'ai peut-être mis le doigt sur un point marquant: la très élégante Rama Yade serait une déclinaison "à droite" (et adroite, aussi) du positionnement cher à Ségolène R. . L'affirmation non pas de la "femme politique", mais de "la mère en politique", élément tout à fait différent dans la manière d'être au monde, et de lui parler. Ce syndrome moderne fut identifié par le psychanalyste Michel Schneider dans un livre intitulé "Big Mother", qu'il sous -titrait "psychopathologie de la vie politique", manière d'indiquer que ce nouvel avatar de nos mœurs n'est pas tout à fait "sain", au fond. (Je n'ai pas écrit "seins", mais on y viendrait presque).

Désigner la place "de la mère politique", n'est pas moins pertinent que d'avoir dans le passé dénoncé "le paternalisme", dont ont fait preuve quantité de dirigeants mâles. Et ça ne rend pas plus souhaitable son envolée à l'avant-scène, étant entendu que nous n'avons aucun besoin de parents symboliques, mais plutôt de politiques performants aptes à s'attaquer aux problèmes pour tenter de les résoudre, non de sermonneuses bavassant pour ne rien dire, à tous propos, enfonçant des portes béantes en fronçant les sourcils pour impressionner les vilains pas beaux.

Rama Yade m'a tout l'air de se tailler une place de choix dans ce registre maman fouettarde. On suppose que sa jeunesse, sa beauté, son aisance verbale indéniable, la rendraient par essence inattaquable, quoi qu'elle dise. Et je ne dirai rien de "ses origines diversitaires", sans doute argument de poids, encore que l'on a bien vu que ça n'a pas toujours aidé Rachida Dati. Mais c'est une autre affaire.

Yade, donc, cultive le don de gronder. En moins de trois jours, voilà deux fois que je la prends sur le fait, dans ce registre de "c'est pas bien, faut pas recommencer; je ne suis pas contente et je vais vous expliquer pourquoi, les enfants". La semaine passée, c'était sa réaction à la fausse polémique Dassier/Diouf, où elle vint nous servir un sermon oecu-cuménique assez plat, devant des médias aux ordres et mouillant de bonheur. Plus la tyrannie progresse, plus pèse la responsabilité des journalistes.

Dimanche, elle réagissait, - avec deux métros de retard-, à l'agression dont avait été victime un supporter de Toulouse le jeudi à Belgrade, en marge d'une rencontre de Coupe d'Europe. Et c'était pour un laïus long comme un match sans but, où les platitudes attendues le disputaient aux admonestations dans le vide. Même s'il est possible de s'abriter derrière la vieille maxime "quand ça va sans dire, ça va encore mieux en le disant", on peut aussi penser qu'en dehors de l'intérêt d'occuper le terrain pour pas cher, dire ce qui suit ou rien, c'est kif kif la même chose mon frère.

«Je suis très vivement choquée par l'agression inadmissible et d'une violence extrême dont a fait l'objet un groupe de supporters français (...) par une vingtaine de hooligans. La sauvagerie de cet acte barbare et gratuit, commis à l'aide de battes de base-ball et de chaînes de vélo, est totalement inacceptable», dit Mme Yade dans un communiqué. «La violence aveugle et brutale (au passage, si on peut m'expliquer une "violence" pas "brutale"?..) à l'occasion de manifestations sportives est une véritable gangrène. Elle n'a pas sa place dans le jeu et ceux qui la pratiquent doivent être chassés des stades et du monde sportif», poursuit-elle, appelant de ses voeux «une réflexion au niveau européen entre les clubs, les associations de supporters et les pouvoirs publics». La secrétaire d'Etat affirme se tenir informée de l'état de santé des victimes, précise le quotidien l'Equipe, et avoir joint à Belgrade les parents du supporteur grièvement blessé, «pour leur dire mon soutien et leur transmettre mes encouragements dans cette épreuve».
Avant de conclure (enfin) : «toute la lumière doit être faite sur ce drame et ses auteurs sévèrement punis», et : «Je serai très attentive aux suites données et dois m'entretenir avec les autorités serbes concernées

Ok pour cette ultime phrase, la seule qui vaille, puisqu'elle nous apprend qu'elle va un peu bosser. Mais pour le reste?

Imaginons qu'elle ait choisi de dire l'inverse... 

«Je me suis franchement poilée en apprenant l'agression tant attendue, et d'une violence top-cool dont a fait l'objet un groupe de supporters français (...) par une vingtaine de hooligans. La sauvagerie de cet acte barbare et trop fun, commis à l'aide de battes de base-ball et de chaînes de vélo, est totalement bienvenue», dit Mme Yade dans un communiqué.

«La violence lucide et brutale (je garde. Un bon pléonasme ça fait toujours du bien) à l'occasion de manifestations sportives est une véritable chance à saisir. Elle a tout à fait sa place dans le jeu et ceux qui la pratiquent doivent être applaudis dans les stades et dans le monde sportif», poursuit-elle, en appelant de ses vœux «que surtout on ne fasse rien à tous les niveaux ( européen entre les clubs, les associations de supporters et les pouvoirs publics)». La secrétaire d'Etat affirme n'avoir rien à cirer de l'état de santé des victimes, et avoir joint le supporteur grièvement blessé, «pour dire comme elle s'en tape, et lui confirmer son absence totale de compassion dans cette épreuve».

«Aucune lumière n'est à espérer sur ce drame et ses auteurs ne seront évidemment jamais punis», a-t-elle conclu.

Sérieusement, les quatre cinquième de ce communiqué ne sont que blabla moralisateur sans intérêt, La dernière phrase est intéressante, on aimerait découvrir des propositions novatrices, qui rendraient effectivement les matches moins dangereux. Mais ça, c'est plus difficile que de causer dans le mic, ou d'envoyer à la presse des préchi-préchas convenus.

19/09/2009

Le Jour du Saigneur (4) : Rama Yade, ma nouvelle prof de maintien

J'aurais pu appeler cette note "une femme, deux hommes, trois cartons jaunes"...

Encore une polémique sur le poids des mots, dans le milieu du sport cette fois. Jean-Claude Dassier, nouveau Président de l'OM, envoie une pique à son prédécesseur, le sénégalais Pape Diouf, (je précise pour les ignares en chose footeuse, ça aura son importance pour la suite). Il explique qu'il ne sera pas, lui, "un Président à l'Africaine".

Ici, il faut une précision. "A l'Africaine", je sais ce que ça veut dire en cuisine: beaucoup de piments et des brulures au fondement quand tu passes à la caisse, le lendemain. En management, j'ignore totalement ce que signifie diriger à l'Africaine. Dassier lui, sait, apparemment. Mais pas son entourage, qui aussitôt se déclare "ému" et le somme de préciser sa pensée: C'est, explique alors l'ancien patron de LCI, organiser des réunions où ne se prennent aucune décision, où l'on est très sympa en apparence...  pour mieux régler ensuite les problèmes (et les comptes?) dans la coulisse.

Dassier

J'ignore si cette méthode est Africaine ou pas. Mais je comprends que Dassier a ainsi voulu envoyer des messages clairs à tous ceux qui grenouillent dans l'entourage du club. Il pose ses marques, et laisse entendre qu'on ne le conduira pas par le bout du nez. Qu'il n'est pas là "pour faire plaisir". On n'imagine pas le nombre de gens qui gravitent pour tout un tas de raisons et tout un tas d'intérêts, autour des clubs de foot en général. Et de celui-ci en particulier.

Le carton jaune, ce n'est pas tant pour le fond de son propos, mais pour deux erreurs de communication, assez étonnantes de la part d'un vieux routier comme lui! 1. il amalgame un mot et une idée, et pense pouvoir être compris sans donner d'explication. 2. en ne tenant aucun compte du contexte actuel, où chacun veut d'abord donner à l'autre des leçons de correction verbale. Il DEVAIT prévoir que ce mot "d'"Africain", employé sans plus de précision, lui vaudrait droit à polémique à la con.

Pape-diouf

Effectivement, Pape Diouf fait mine de s'émouvoir. Laisse entendre qu'il pourrait y avoir, derrière ce "Président à l'Africaine", une pointe de racisme. Et du coup, au lieu de répondre sur le fond du sujet , "ai-je bien su gérer l'environnement de mon club?", il se limite aux protestations prévisibles. Carton jaune pour simulation! D'autant qu'il ne manque pas d'aplomb, Diouf : il y a quelques temps, il trouvait navrant d'être "le seul Président africain d'un grand club de foot européen", et y voyait une marque d'arriération de nos moeurs diversitaires. Outre qu'on pourrait tout aussi bien lui demander combien "d'Européens dirigent des grands clubs de foot africains", je note qu'il faut un sens aiguisé de la nuance pour causer le correct en ces temps bénis: Président Africain? c'est bien. Président à l'Africaine? pas bien.

La polémique s'enlise. Elle contraint Dassier, qui n'a pas l'air de vouloir foncer bille en tête, ni d'en dire beaucoup plus sur les méthodes de son prédécesseur, à protester un peu, (moi? raciste?) puis à botter en touche, ce qui n'a rien à voir avec le football, mais au point où nous en sommes... Reprenant la technique Hortefeux, il déclare: j'ai dit "africain", j'aurais pu dire "sud-américain". Les Argentins apprécieront. Mais on s'en fout, il y en a moins par chez nous que de Sénégalais, du moins à ce qu'on dit.

Pour que la fête soit complète, arrive Rama Yade.  Dont je crains qu'elle s'y connaisse autant en football que moi en danse classique, mais ça ne se dit pas, puisqu'elle est Secrétaire d'Etat au Sport,. Depuis sa nomination elle épate d'ailleurs (amuse, distrait) tous les journalistes par sa capacité à débiter des scores, des records, (apprendre des fiches) comme une qui lirait l'Equipe depuis l'âge de cinq ans.Si vous voulez la grille parfaite du prochain loto sportif, appelez Rama Yade. Elle tient TOUT sur TOUS les sujets.

Rama_yade

Vient-elle alors dans cette polémique pour en venir, enfin, au fond? Ce serait son rôle, le recul, la hauteur de vue, tout ça....Vient-elle nous dire ce qu'elle pense de la gestion des clubs de foot et de leur environnement, sujet sur lequel il y a sans nul doute à dire et redire... mais sur lequel elle n'a peut-être pas encore commandé de dossier? Non. Elle vient nous servir la très prévisible leçon de morale qui va bien, ainsi retranscrite par le quotidien du sport: ... ne comprend pas les propos de Jean-Claude Dassier : On ne s'attend pas à ça de la part d'un dirigeant qui arrive dans un club, une ville, qui incarne la diversité, le rassemblement. Où des joueurs de toutes origines brillent et où des Noirs, des Arabes animent les clubs de supporteurs, où toutes les communautés se retrouvent au stade».

Elle aussi prend le mot pour une idée, décide d'emblée que tout usage du mot "africain" accolé à une critique vaut "racisme". D'autre part, sa ficelle se voit comme une corde à nœud sur un portique en salle de gym : la "gaffe" de Dassier lui permet, à bien peu de frais, de rectifier l'image correcte gouvernementale, mise à mal par la récente sortie du Ministre de l'Intérieur (arabes, auvergnats, même combat).

Elle permet aussi à la jeune femme de se positionner un peu plus sur le terrain de la sentence, qu'elle semble affectionner depuis son passage aux Droits de l'Homme. Osera-t-on tout de même rappeler à cette représentante de la République que 1. ce n'est pas en exaltant à l'envi l'existence des communautés qu'on bâtit ici le "vivre ensemble". On n'est pas en Grande Bretagne. 2. Qu'aucune ville n'est chargée "d'incarner la diversité", pas plus que d'autres n'ont pour mission "d'incarner l'uniformité". 3. Que s'il y a des noirs et des arabes qui animent les clubs de supporteurs, c'est aussi là qu'on retrouve tous les crétins chauvins hurlant chaque soir de match leurs insanités débiles aux adversaires du jour... Tant d'éloge de la diversité débouchant sur une telle uniformité de la connerie, il n'y a guère de quoi se vanter.

Suggérons lui, plutôt que de nous déverser ces leçons de morale sans fin qui commencent sérieusement à chauffer les oreilles d'un nombre croissant de citoyens, d'en revenir à l'essentiel: redonner sa juste place à l'instruction civique, là où précisément elle a lieu de s'exprimer, au collège et au lycée. Territoires par ailleurs de plus en plus perdus de la République...Sans doute y serait-elle plus utile qu'en nous jouant sa partition de Ségolène de droite. En un mot, qu'elle choisisse d'être "femme politique", et non "mère en politique". Nous ne sommes pas les enfants dont elle a charge d'éduquer les consciences. Pour calmer cette nouvelle dame patronnesse, carton jaune, donc,. Et fin de partie.

Enfin... jusqu'à la prochaine.

12/09/2009

Le Jour du Saigneur (3): Raymond Domenech, l'homme qu'on adore haïr, ou qu'on déteste apprécier?

Ce type est une sorte de génie. Dès qu'il l'ouvre, sitôt qu'il propose un commentaire, le nombre d'individus rêvant de le voir badigeonné de goudron et de plumes atteint des quantités inversement proportionnelles au nombre de buts marqués par l'équipe dont il a la charge.

Son équipe de France joue comme un pied, quand il conviendrait qu'ils en mettent à 22 à l'ouvrage. Certes son schéma tactique est aussi indigent que prévisible, aussi erratique qu'attendu, excitant comme un strip-tease d'Arlette Chabot.

Tout le monde sait qu'on aurait du le virer en 2008. Je suis de ceux qui pensent qu'on aurait déjà du s'en séparer en 2005, AVANT la Coupe du Monde allemande, où il se targua, toute honte bue, d'avoir emmené ses joueurs en FINALE... alors qu'ils n'y arrivèrent que CONTRE ses principes, non GRACE à eux.

Certes il est soutenu par Aimé Jacquet, qui rappelle avoir été aussi malmené, vilipendé, par les supporters et les journalistes avant sa victoire en Coupe du Monde de 98. Qui oserait d'ailleurs à ce sujet, affirmer qu'à l'exception d'un match (France Brésilà et d'une mi temps (France Croatie 2eme) la France jouait sous sa direction un football ennuyeux, sans panache aucun, besogneux? Encore était il efficace, à défaut de spectaculaire. Quand le jeu selon Domenech n'est ni l'un ni l'autre.

On me dira que le match contre les Serbes de mercredi fut HE-RO-IQUE! Qu'une équipe est NEE a BELGRADE. Mouééé. D'ailleurs Raymond l'Abscience nous jura qu'il en fut tout époustouflé, et je me souviens qu'avec lui on ne marque jamais plus d'un but par match, même contre la Lituanie! Quand les Iles Feroe ont réussi à leur en passer DEUX!

Mais l'essentiel était ailleurs de toutes façons, pour Domenech t'Amer: il lui fallait glisser quand même, un remerciement presque éploré aux 200 textos de soutien reçus le jour du match... façon de tout ramener à lui, victime, harcelé, méprisé.

Raymond Domenech a presque tous les défauts que j'abomine! Il est d'une mauvaise foi crasse, d'un entêtement plus qu'insolent, sait tout mieux que tout le monde, fait passer TOUS les autres pour des cons (sauf ceux qui disent qu'il est formidable, ceux-là, il se contente probablement de les mépriser en silence). Son arrogance se double d'une totale imperméabilité aux remarques intelligentes d'autres que lui.

Domenech

Je me souviens encore d'un match de l'Equipe de France, avec mon vieux père, au Parc des Princes, où ce moustachu terrifiant, sur son aile droite, terrorisait les attaquants pour demeurer fidèle à son surnom, "le Boucher".

On sait que depuis il s'est mis au théâtre. Il a probablement mille revanches à prendre contre lui-même et contre les autres. Pourquoi pas? Mais faut-il pour cela prendre "le sport national en otage"? Hmmm?

Domenech est bien de ces types qu'on adore hair. Sauf qu'il a parfois des propos qui me ravissent, me réjouissent, me le rendraient d'un coup presque sympathique, ce con! Ainsi son mépris cinglant de la presse. Il faudrait paraphraser WC Fields: Un type qui déteste les journalistes ne saurait être totalement mauvais.

Et puis, alors qu'on lui oppose les critiques des joueurs de la génération 98, les Champions du Monde pour l'Eternité qui c'est vrai commencent eux aussi à nous les briser un peu, (en dehors de Laurent Blanc, classe absolue), il a cette phrase, je dois dire assez magnifique!

"Ancien joueur critique: c'est un nouveau métier. Bien sûr ils ont la crédibilité de leur passé, mais un ancien joueur peut dire autant de conneries qu'un journaliste (!) parce qu'il n'a jamais géré 25 mecs et parce que toute sa carrière, il n'a géré que son nombril..."

Bon c'est vrai, je rêve vraiment que la France se fasse bananer, sinon par les Iles Feroe le mois prochain à Guingamp, du moins lors des barrages, mettons contre l'Ukraine (match par -10 à Kiev! défaite 1-0, et nul 1 partout au SdF!) Ainsi Raymond Et merveilles pourra-t-il rendre ENFIN son tablier de sélectionneur qui lui va, disait ma mère, comme un tablier de maçon à une vache.

Il deviendrait alors langue de pute à plein temps. Il a des dispositions. Et je pense même que je pourrai devenir fan!

08/09/2009

Monde de Jean Footres (3) : apprends à parler le footballeur en une leçon... plus une de rattrapage... et un démenti...

 Le mardi, c'est ici chronique de la niaiserie ambiante. n a beau s'essayer à ne pas gober n'importe quoi, j'ai plus que jamais l'impression qu'il est  impossible d'échapper au harcèlement médiatique des Jean Footres.

Évidemment, nul n'a jamais interviewé un sportif en espérant lui faire cracher quoi que ce soit sur le sens de la vie ou la remontée des taux d'indexation à court terme. De là à se contenter de tels services minimum! Dans l'insolence autosatisfaite, il y en a qui en remontreraient aux plus obtus de la CGT!

1. Avant le match.

Oui, c'est sûr, ce sera un match djiffiiiciiile, même si on respecte cette Equipe de Roumâââânie, on doit avoir confiance dans nos quâââlités, alors on va jouer not'jeueueu, essayer de trouver des espaaaces, et surtout prend' les trois points.

2. Juste APRES.

Oui c'est sûûrrr, on est déééçuuus, ça été un match djjiffiiiicile, on était venus pour jouer not'jeueueu, mais on est tombés sur une bonne équipe de Roumââânie, et même si on a dominé, on a pas suuuu les mettre au fond... ce qui fait qu'on a pas pris les trois points.

(Avec leurs trois points, c'est à se demander si ces footeux ne seraient pas un peu francs-maçons. Quelqu'un pourrait-il  leur suggérer qu'on peut aussi "gagner le match", "emporter la victoire", "signer un succès", "battre notre adversaire", à moins que ce soit trop ardu à apprendre, entre deux entrainements. On ne peut pas non plus demander l'impossible.

3. Mais voilà qu'arrive déjà, demain mercredi, le prochain match, dit "match du rachat".

Oui c'est suuuuur, la vérité d'un mââtch n'est pas celle du suivant (il l'a lu dans les Mémoires de Jean-Michel Larqué). sur quatre vingt djjix minutes on peut battre n'importche qui, Contre la Serbie, on aura à coeur de se rââch'ter, on ira confiants dans nos possibiliiités, et surtout pour prend' les trois points (voir plus haut).

4. Demandons alors à ce joueur son point de vue sur les carences d'une équipe pourtant composée de "stars", si l'on en croit les spécialistes et leurs feuilles de paye, mais le plus souvent incapables de produire un jeu agréable à regarder. Est-ce que le dénommé Domenech (désigné par les journaux Roumains comme un "incapable" doublé "d'un incompétent") ne serait pas réellement inapte à motiver ses garçons?

Nous on est là pour appliquer les consignes du côatchhh. A partir de là, c'est à nous de respecter le schéma tââctikk, personnellement je joue où on m'dit, je suis au service de l'équiiipe et du cooollectiffff. En tous cas même si on respecte cette équipe de Serbie on ira là-bas confiants dans nos quâââlités...

... Et pour empocher les trois points?

J'avais écrit cette note dimanche... Pour découvrir lundi matin, dans le Parisien, des propos de Thierry Henry rompant fort heureusement avec ces platitudes. Extrait d'une altercation qui l'oppose, "en interne", au "Coach", après une tentative de réprimande de celui-ci:

« Coach, nous aussi on a quelque chose à vous dire. Là, je parle au nom du groupe. Nous aussi, on reste sur notre faim. On s’ennuie pendant vos entraînements. Cela fait douze ans que je suis en équipe de France, jamais je n’ai été dans cette situation. On ne sait pas comment jouer, où se  situer, comment s’organiser. On ne sait pas quoi faire. On n’a aucun style, aucune idée directrice, aucune identité. Ça ne va pas ».

Capture_henry

Toute la chaleur du monde: une poignée de mains les yeux dans les yeux (document l'équipe)...

Le journal relève également, ce qui m'avait échappé, que DEVANT LA PRESSE, le capitaine des Bleus déclarait déjà, la veille du mâââtch contreu la Roumââânie, que « Depuis que le coach est en place, on a toujours eu des difficultés… »

Comme quoi, il ne faut jamais désespérer! Même d'un footballeur. Dire les choses, et sans langue de cuir, c'est quand même un excellent moyen d'avancer.

Hélas, mise au point lundi soir sur TF1! naaan, j'ai pô dit ces mots-là, y a une supeeer ambiance dans l'ekchipe, et je n'ai pas remis en cause le cotchhhh.

Le capitaine de l'Equipe qui se retrouve au JT de 20 heures pour devoir démentir ses propos. C'est sûr, tout va bien...