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19/09/2009

Le Jour du Saigneur (4) : Rama Yade, ma nouvelle prof de maintien

J'aurais pu appeler cette note "une femme, deux hommes, trois cartons jaunes"...

Encore une polémique sur le poids des mots, dans le milieu du sport cette fois. Jean-Claude Dassier, nouveau Président de l'OM, envoie une pique à son prédécesseur, le sénégalais Pape Diouf, (je précise pour les ignares en chose footeuse, ça aura son importance pour la suite). Il explique qu'il ne sera pas, lui, "un Président à l'Africaine".

Ici, il faut une précision. "A l'Africaine", je sais ce que ça veut dire en cuisine: beaucoup de piments et des brulures au fondement quand tu passes à la caisse, le lendemain. En management, j'ignore totalement ce que signifie diriger à l'Africaine. Dassier lui, sait, apparemment. Mais pas son entourage, qui aussitôt se déclare "ému" et le somme de préciser sa pensée: C'est, explique alors l'ancien patron de LCI, organiser des réunions où ne se prennent aucune décision, où l'on est très sympa en apparence...  pour mieux régler ensuite les problèmes (et les comptes?) dans la coulisse.

Dassier

J'ignore si cette méthode est Africaine ou pas. Mais je comprends que Dassier a ainsi voulu envoyer des messages clairs à tous ceux qui grenouillent dans l'entourage du club. Il pose ses marques, et laisse entendre qu'on ne le conduira pas par le bout du nez. Qu'il n'est pas là "pour faire plaisir". On n'imagine pas le nombre de gens qui gravitent pour tout un tas de raisons et tout un tas d'intérêts, autour des clubs de foot en général. Et de celui-ci en particulier.

Le carton jaune, ce n'est pas tant pour le fond de son propos, mais pour deux erreurs de communication, assez étonnantes de la part d'un vieux routier comme lui! 1. il amalgame un mot et une idée, et pense pouvoir être compris sans donner d'explication. 2. en ne tenant aucun compte du contexte actuel, où chacun veut d'abord donner à l'autre des leçons de correction verbale. Il DEVAIT prévoir que ce mot "d'"Africain", employé sans plus de précision, lui vaudrait droit à polémique à la con.

Pape-diouf

Effectivement, Pape Diouf fait mine de s'émouvoir. Laisse entendre qu'il pourrait y avoir, derrière ce "Président à l'Africaine", une pointe de racisme. Et du coup, au lieu de répondre sur le fond du sujet , "ai-je bien su gérer l'environnement de mon club?", il se limite aux protestations prévisibles. Carton jaune pour simulation! D'autant qu'il ne manque pas d'aplomb, Diouf : il y a quelques temps, il trouvait navrant d'être "le seul Président africain d'un grand club de foot européen", et y voyait une marque d'arriération de nos moeurs diversitaires. Outre qu'on pourrait tout aussi bien lui demander combien "d'Européens dirigent des grands clubs de foot africains", je note qu'il faut un sens aiguisé de la nuance pour causer le correct en ces temps bénis: Président Africain? c'est bien. Président à l'Africaine? pas bien.

La polémique s'enlise. Elle contraint Dassier, qui n'a pas l'air de vouloir foncer bille en tête, ni d'en dire beaucoup plus sur les méthodes de son prédécesseur, à protester un peu, (moi? raciste?) puis à botter en touche, ce qui n'a rien à voir avec le football, mais au point où nous en sommes... Reprenant la technique Hortefeux, il déclare: j'ai dit "africain", j'aurais pu dire "sud-américain". Les Argentins apprécieront. Mais on s'en fout, il y en a moins par chez nous que de Sénégalais, du moins à ce qu'on dit.

Pour que la fête soit complète, arrive Rama Yade.  Dont je crains qu'elle s'y connaisse autant en football que moi en danse classique, mais ça ne se dit pas, puisqu'elle est Secrétaire d'Etat au Sport,. Depuis sa nomination elle épate d'ailleurs (amuse, distrait) tous les journalistes par sa capacité à débiter des scores, des records, (apprendre des fiches) comme une qui lirait l'Equipe depuis l'âge de cinq ans.Si vous voulez la grille parfaite du prochain loto sportif, appelez Rama Yade. Elle tient TOUT sur TOUS les sujets.

Rama_yade

Vient-elle alors dans cette polémique pour en venir, enfin, au fond? Ce serait son rôle, le recul, la hauteur de vue, tout ça....Vient-elle nous dire ce qu'elle pense de la gestion des clubs de foot et de leur environnement, sujet sur lequel il y a sans nul doute à dire et redire... mais sur lequel elle n'a peut-être pas encore commandé de dossier? Non. Elle vient nous servir la très prévisible leçon de morale qui va bien, ainsi retranscrite par le quotidien du sport: ... ne comprend pas les propos de Jean-Claude Dassier : On ne s'attend pas à ça de la part d'un dirigeant qui arrive dans un club, une ville, qui incarne la diversité, le rassemblement. Où des joueurs de toutes origines brillent et où des Noirs, des Arabes animent les clubs de supporteurs, où toutes les communautés se retrouvent au stade».

Elle aussi prend le mot pour une idée, décide d'emblée que tout usage du mot "africain" accolé à une critique vaut "racisme". D'autre part, sa ficelle se voit comme une corde à nœud sur un portique en salle de gym : la "gaffe" de Dassier lui permet, à bien peu de frais, de rectifier l'image correcte gouvernementale, mise à mal par la récente sortie du Ministre de l'Intérieur (arabes, auvergnats, même combat).

Elle permet aussi à la jeune femme de se positionner un peu plus sur le terrain de la sentence, qu'elle semble affectionner depuis son passage aux Droits de l'Homme. Osera-t-on tout de même rappeler à cette représentante de la République que 1. ce n'est pas en exaltant à l'envi l'existence des communautés qu'on bâtit ici le "vivre ensemble". On n'est pas en Grande Bretagne. 2. Qu'aucune ville n'est chargée "d'incarner la diversité", pas plus que d'autres n'ont pour mission "d'incarner l'uniformité". 3. Que s'il y a des noirs et des arabes qui animent les clubs de supporteurs, c'est aussi là qu'on retrouve tous les crétins chauvins hurlant chaque soir de match leurs insanités débiles aux adversaires du jour... Tant d'éloge de la diversité débouchant sur une telle uniformité de la connerie, il n'y a guère de quoi se vanter.

Suggérons lui, plutôt que de nous déverser ces leçons de morale sans fin qui commencent sérieusement à chauffer les oreilles d'un nombre croissant de citoyens, d'en revenir à l'essentiel: redonner sa juste place à l'instruction civique, là où précisément elle a lieu de s'exprimer, au collège et au lycée. Territoires par ailleurs de plus en plus perdus de la République...Sans doute y serait-elle plus utile qu'en nous jouant sa partition de Ségolène de droite. En un mot, qu'elle choisisse d'être "femme politique", et non "mère en politique". Nous ne sommes pas les enfants dont elle a charge d'éduquer les consciences. Pour calmer cette nouvelle dame patronnesse, carton jaune, donc,. Et fin de partie.

Enfin... jusqu'à la prochaine.

12/09/2009

Le Jour du Saigneur (3): Raymond Domenech, l'homme qu'on adore haïr, ou qu'on déteste apprécier?

Ce type est une sorte de génie. Dès qu'il l'ouvre, sitôt qu'il propose un commentaire, le nombre d'individus rêvant de le voir badigeonné de goudron et de plumes atteint des quantités inversement proportionnelles au nombre de buts marqués par l'équipe dont il a la charge.

Son équipe de France joue comme un pied, quand il conviendrait qu'ils en mettent à 22 à l'ouvrage. Certes son schéma tactique est aussi indigent que prévisible, aussi erratique qu'attendu, excitant comme un strip-tease d'Arlette Chabot.

Tout le monde sait qu'on aurait du le virer en 2008. Je suis de ceux qui pensent qu'on aurait déjà du s'en séparer en 2005, AVANT la Coupe du Monde allemande, où il se targua, toute honte bue, d'avoir emmené ses joueurs en FINALE... alors qu'ils n'y arrivèrent que CONTRE ses principes, non GRACE à eux.

Certes il est soutenu par Aimé Jacquet, qui rappelle avoir été aussi malmené, vilipendé, par les supporters et les journalistes avant sa victoire en Coupe du Monde de 98. Qui oserait d'ailleurs à ce sujet, affirmer qu'à l'exception d'un match (France Brésilà et d'une mi temps (France Croatie 2eme) la France jouait sous sa direction un football ennuyeux, sans panache aucun, besogneux? Encore était il efficace, à défaut de spectaculaire. Quand le jeu selon Domenech n'est ni l'un ni l'autre.

On me dira que le match contre les Serbes de mercredi fut HE-RO-IQUE! Qu'une équipe est NEE a BELGRADE. Mouééé. D'ailleurs Raymond l'Abscience nous jura qu'il en fut tout époustouflé, et je me souviens qu'avec lui on ne marque jamais plus d'un but par match, même contre la Lituanie! Quand les Iles Feroe ont réussi à leur en passer DEUX!

Mais l'essentiel était ailleurs de toutes façons, pour Domenech t'Amer: il lui fallait glisser quand même, un remerciement presque éploré aux 200 textos de soutien reçus le jour du match... façon de tout ramener à lui, victime, harcelé, méprisé.

Raymond Domenech a presque tous les défauts que j'abomine! Il est d'une mauvaise foi crasse, d'un entêtement plus qu'insolent, sait tout mieux que tout le monde, fait passer TOUS les autres pour des cons (sauf ceux qui disent qu'il est formidable, ceux-là, il se contente probablement de les mépriser en silence). Son arrogance se double d'une totale imperméabilité aux remarques intelligentes d'autres que lui.

Domenech

Je me souviens encore d'un match de l'Equipe de France, avec mon vieux père, au Parc des Princes, où ce moustachu terrifiant, sur son aile droite, terrorisait les attaquants pour demeurer fidèle à son surnom, "le Boucher".

On sait que depuis il s'est mis au théâtre. Il a probablement mille revanches à prendre contre lui-même et contre les autres. Pourquoi pas? Mais faut-il pour cela prendre "le sport national en otage"? Hmmm?

Domenech est bien de ces types qu'on adore hair. Sauf qu'il a parfois des propos qui me ravissent, me réjouissent, me le rendraient d'un coup presque sympathique, ce con! Ainsi son mépris cinglant de la presse. Il faudrait paraphraser WC Fields: Un type qui déteste les journalistes ne saurait être totalement mauvais.

Et puis, alors qu'on lui oppose les critiques des joueurs de la génération 98, les Champions du Monde pour l'Eternité qui c'est vrai commencent eux aussi à nous les briser un peu, (en dehors de Laurent Blanc, classe absolue), il a cette phrase, je dois dire assez magnifique!

"Ancien joueur critique: c'est un nouveau métier. Bien sûr ils ont la crédibilité de leur passé, mais un ancien joueur peut dire autant de conneries qu'un journaliste (!) parce qu'il n'a jamais géré 25 mecs et parce que toute sa carrière, il n'a géré que son nombril..."

Bon c'est vrai, je rêve vraiment que la France se fasse bananer, sinon par les Iles Feroe le mois prochain à Guingamp, du moins lors des barrages, mettons contre l'Ukraine (match par -10 à Kiev! défaite 1-0, et nul 1 partout au SdF!) Ainsi Raymond Et merveilles pourra-t-il rendre ENFIN son tablier de sélectionneur qui lui va, disait ma mère, comme un tablier de maçon à une vache.

Il deviendrait alors langue de pute à plein temps. Il a des dispositions. Et je pense même que je pourrai devenir fan!

05/09/2009

Le Jour du Saigneur (2) : Quand on installera une taxe sur les cons, Daniel Cohn Bendit bénificiera-t-il d'un bouclier?

Samedi je me prends à ceux qui, moralement ou réellement, m'ont pourri la semaine...

Vous allez me dire, et vous n'aurez pas forcément tort, que je ne suis qu'un gros con moi-même, tombé à droite probablement et de surcroit, toute personne doutant qu'il soit forcément juste et pertinent de recourir à "plus de taxes" ou à "une taxe en plus", étant nécessairement un infâme réac, au moins aux yeux de Daniel Cohn Bénit pour qui l'augmentation de la pression fiscale semble tenir lieu de crédo indépassable. Surtout, suprême bonheur, si la pression peut être heureusement rebaptisée "écologique".

Ainsi l'entendis-je entendu en début de semaine tancer d'importance la Môme Royal, aqui n'a pas l'air de goûter vraiment le principe de la future taxe carbone, et jouer les effarés qu'on pût "se prétendre de gauche", et faire la fine bouche devant pareil coup de génie. Qu'il le fît avec ce bagoût et cette gouaille de je sais tout à qui jamais on ne fait remarquer qu'il n'aura jamais RIEN FAIT d'autre que donner des leçons, sans même être prof, et que même quand il parle foot il dit des âneries. D'autant que parlons en , de ce coup de génie! pondu par deux de nos meilleures grosses tronches produites par l'ENA, -mince d'innovation!- Et qui ont ce point commun d'avoir été deux premiers ministres franchement désavoués par leur propre camp autant que par leurs adversaires, quoique furieusement intelligents les deux. Et je me demande s'il n'y aurait pas comme un lien de causalité. N'empêche que les deux, là, Roppé et Jucard, me semblent l'âge venant, un peu à court de créativité même s'il est bon de prétendre oeuvrer contre le réchauffement climatique. Et l'ami Dany, arguant auprès de Royal que celle-ci ferait mieux de concentrer ses attaques contre l'odieux bouclier fiscal, me parait aussi prendre un petit coup de vieux.

Est-ce à dire que je serais "pour" le dit bouclier? Non point. Toute insolence a ses limites. Mais il me semble que pour le plaisir de voir quelques zouaves supplémentaires rejoindre le camp des taxés avec la suppression du dit bouclier, ce sont des pacsons de classes moyennes qu'on alignera un peu plus, sachant que par chez nous la pression fiscale fabrique des exonérés par le bas, et des exemptés par le haut. Du coup, l'essentiel de la pression se concentre évidemment sur le bon con ni trop riche ni trop pauvre, qui n'est jamais à l'abri d'aucune innovation et contribue à toutes, sans discussion possible aucune. On s'étonne ensuie que l'abstention y progresse.

Faudrait juste expliquer à ce grand cerveau moderniste de Dany que s'il veut ramener de braves cons d'électeurs dans le giron de la gauche, il devrait peut être "revoir un peu" son logiciel, et trouver d'autres arguments que vote pour moi je vais t'en mettre plein la musette, mais fais un sourire c'est BON POUR TA PLANETE!!

29/08/2009

Le jour du Saigneur (1) : qu'on éradique le parisien à deux et quatre roues

Voilà deux semaines que je suis de retour à Paris et que je supporte l'irrascibilité de ces autres moi-mêmes que sont les conducteurs d'automobile de la capitale. S'il est évident que j'exècre les vélocipédistes bobos qui font mine de se croire à Amsterdam et vont sur les spads noirs, raides comme la justice, avec cette odieuse satisfaction de pédaler pour le juste et le bien (pour ta planète); si j'abomine plus encore les zouaves à vélib, qui renchérissent sur les précédents par une absence totale de conscience d'être dans la rue, je supporte de moins en moins mes contemporains en bagnole, et pas davantage mes temporaines, notamment cellezéceux qui se mettent en tête de vous faire la morale par gestes ou klaxons interposés, au nom de je ne sais quelle éthique de comportement dont ils seraient les dépositaires, entendu qu'ils sont eux mêmes les premiers à s'affranchir des lois élémentaires du code de la route, qui à ma connaissance constitue la seule éthique qui vaille.

Encore ceux là sont-ils à mille miles des charlots à scooters (et là, je vais me fâcher avec tous mes potes des blogs qui s'y adonnent... salut vinvin, dubuc, vincent, mry, et les autres :)) ...), qui eux réinventent chaque jour des lois n'existant que dans leur fantasmes, telle cette loi de la file de gauche du périf, qu'ils s'imaginent un no man's land pour eux réservé, et sur lequel ils peuvent foncer, poignée dans le coin et le coeur léger, entre les deux rangées de 4 roues qui n'auraient plus qu'à leur dresser une haie d'honneur.

A deux ou quatre roues, qu'ils pédalent ou pilotent, les parisiens en transports sont une plaie de l'humanité. L'infâme Contassot avait promis qu'avec les Verts à Paris, ce serait l'enfer pour l'automobiliste. Il a tenu parole, comme tout bon politique s'y applique dès lors qu'il s'agit d'aller vers le pire (pour améliorer les choses, c'est autre chose). Essayez de trouver une place pour garer la putain d'auto, lorsque vous enlevez celles réservées: aux taxis (vides, le plus souvent); aux livraisons; aux véhicules de police; aux z'handicapés; aux transports de fonds; aux vélibs; et lorsque vous éliminez les rues entières où sont installés les putains de poteaux métalliques érigés comme autant de phallus turgescents propres à faire saliver les gourmands... vous reste deux solutions: tourner et tourner encore jusqu'à ce que libère enfin une placarde, ce qui est autant de gagné pour la pollution urbaine. Ou céder au racket des parkings payants qui sont encore bien gentils de facturer 3 euros de l'heure, je serais qu'eux, je passerais à 5, pourquoi se priver, et hop, une dîme en liquide aux z'élus parisiens.

Je rêve de me retirer pour aller enfin mourir en Bretagne. Mais il parait que je n'ai pas encore mon comptant de trimestres. Alors... Tais toi et roule.