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16/05/2005

Mes Peaux Rouges

Bull_1

Dans mon bureau trône ce grand portrait de Sitting Bull, chef Sioux, en combattant.

Et un autre de lui avec Buffalo Bill, prise à la fin de sa vie, lorsque le gBullbuffalouerrier vaincu en était réduit à faire des tournées en Europe dans une sorte de cirque qui exhibait ces sauvages à peau rouge. Il mourrait pourtant assassiné à son retour aux US, par la police, quelques jours avant le massacre de Wounded Knee.

J'ai aussi un portrait de Chief Joseph et du "vrai" Little Big Man.

De toutes ces photos sépias se dégage l'étonnante sérénité des perdants magnifiques, port de tête fier malgré l'humiliation. Pourquoi vous dire ceci? Pour rien, comme ça. Sans doute que j'aime les perdants magnifiques?

14/03/2005

Communiqué du Comité Laïcité République

Paris, le 21 mars 2005.
DELIT DE BLASPHEME

Le Comité Laïcité République proteste contre le jugement inique prononcé par le tribunal de grande instance de Paris, jeudi 11 mars à l'encontre des créateurs de mode Marithé et François Girbaud.

Le tribunal de grande instance de Paris a interdit l'affichage d'une publicité qui figurait une « Cène », libre interprétation du tableau de Léonard de Vinci. Les évêques de France avaient saisi le tribunal, pour injure visant un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion déterminée, estimant qu'elle portait atteinte à la foi des catholiques.
Contre l'avis du parquet, le tribunal a estimé que l'affichage de cette publicité constituait « un acte d'intrusion agressive et gratuite dans le tréfonds des croyances intimes », ajoutant que « l'injure ainsi faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché ».  Le tribunal a estimé que les femmes parodiaient les attitudes et les gestes peints par Léonard de Vinci et que « la présence, dans une position non dénuée d'ambiguïté, d'un homme dos nu, introduit un motif de dérision inutilement  provocateur ».

L'Eglise et les associations catholiques qui opèrent en son nom, n'ont visiblement rien appris. Faut-il rappeler que c'est une campagne du même type contre le film de Martin Scorsese, La dernière tentation du Christ, qui avait déchaîné les violences des intégristes et conduit aux incendies criminels de cinémas ? Face à l'indignation de l'opinion publique, L'Eglise a eu beau jeu de se désolidariser des intégristes ; elle n'en avait pas moins provoqué la catastrophe.

Le Comité Laïcité République rappelle que la liberté d'expression et la liberté de création sont des libertés fondamentales de notre République et qu'il ne saurait y avoir de délit de blasphème en France. Un acte de censure aussi réactionnaire que cette condamnation autorise toutes les intrusions dogmatiques et cléricalistes dans le champ de l'expression publique. Sans insister sur le fait que les oeuvres de Léonard de Vinci ne sont pas la propriété privée de l'Eglise Catholique, le Comité Laïcité République relève l'insulte faite aux femmes par les Evêques de France qui jugent insupportable qu'elles puissent  incarner le Christ et les Apôtres.

Le Comité Laïcité République dénonce ce jugement et apporte son soutien aux créateurs qui font appel du jugement. Il appelle les citoyens soucieux du respect des libertés publiques et de la laïcité de nos institutions à protester contre cet acte de censure digne de l'ancien régime. Il demande que le tribunal en appel prononce un jugement plus conforme au sage avis du parquet et aux libertés républicaines.

Le Bureau National

01/02/2005

Remise en forme

Seven o'clock et quelques broquilles. Le nez dans le thé au lait tiède, tartines de pain mou, une chouette journée commence.

Pervers comme vous me connaissez, vous ne serez pas surpris que je m'obstine à écouter les nouvelles du jour sur les radios commerciales EXCLUSIVEMENT, alors que PRECISEMENT je n'aborre rien tant que les publicités qui vous y entrecoupent chaque mauvaise nouvelle d'une rafale de spots débiles pour des promotions de merde dans des zipaires que rien que l'idée de m'y rendre me file la nausée et l'envie de me recoucher.

Toutefois, il est bon chaque jour de grimper sans gémir son petit calvaire quotidien.

Prenez ce matin: ça démarre par l'évocation de vos travaux d'appartement qui n'en finissent pas, malgré les devis signés, une escroquerie sans nom... mais aussi: que n'aviez vous fait appel à de vrais professionnels, LES AVOCATS?

A la perspective à peine voilée de transformer l'acquisition d'un bien immobilier (aux tarifs actuels? vous me prenez pour Edouard de R?) en une ribambelle d'injonctions, procès, appels, cassations, aussitôt succède cet énième invite à m'ouvrir ENFIN un PERP, qui rendrait ma minable retraite un tantisoit moins miséreuse. Manière de me rappeler que si moi, je ne me vois pas vieillir, un orteil déjà dans la tombe, il en est d'autres à qui cette réalité n'échappe point.

Concluons ces mâtines avec la maif, qui mollement m'évoque une mère malade, hospitalisée, incapable même de nourrir le marmot et de l'emmener à l'école.... Alors que si elle avait eu la maif, cette conne, on lui aurait envoyé une aide à domicile et le chiarre n'aurait pas PAR DESSUS LE MARCHE, pris la voie prévisible d'un inévitable redoublement.

Je pose la question à mon ami jean pierre, de Chasseneuil dans le Poitou. je me la trouve ou t'est-ce que, ta positive attitude?

Oui, je sais. Sur France-Inter.

J'y arrive pas.

12/01/2005

Bienvenue à l'école laique

J'ai une fille de 15 ans. Qui suit chaque jour les cours d'un lycée public de banlieue parisienne. Pas un de ces lycées dits à problème. Un de ceux où les élèves tiennent encore la porte au prof, trainant leur nonchalante adolescence de futurs bobos dans de gros sacs à dos, avec des jeans dix fois trop longs. Tout cela est très sympathique, même si on se demande ce qu'ils trouvent à Nirvana.

Comme tous ses congénères, ma fille ignore à peu près tout de l'histoire de France. Elle hésite toujours au moment du choix: Napoléon était-il le fils ou le père de Louis XIV? Voltaire, c'est bien une station de métro, mais à part ça il jouait dans quelle équipe?... Elle demeure je crois convaincue que la Révolution de 89 s'est déroulée dans le département de l'Yonne, d'où son nom (ma femme m'assure que je me trompe, elle n'en sait pas davantage en géographie). Ce n'est pas sa faute, aussi. Ni celle des profs d'histoire, qui ne font disent-ils "qu'appliquer les programmes". Et c'est bien là que ça coince. Depuis le collège, ceux ci n'évoquent l'histoire de France qu'à travers des "thématiques". On pioche ça et là, comme au self. Un peu de royauté, un chouïa de Shoah, un zest d'histoire européenne, puis retour à la préhistoire. Terminer l'année par les Pharaons, et passer le relais au prof suivant qui vous racontera le mariage réussi de Ravaillac et Louise Michel.

En revanche, c'est la troisième fois depuis l'entrée en sixième qu'on leur sert et ressert, et là en détails, la Bible, l'origine du Judaïsme, le coran, le christianisme et tutti quanti. Moi je dis "un prèche ça va, trois prèches bonjour les gagas." Le prof d'histoire ouvre son parapluie en précisant "qu'il n'aborde les religions que sous la perspective historique". On le croit. Bon, après tout, cela fait "aussi" partie de la culture. Moyennant quoi, la classe de ma fille a passé une bonne demi heure sur ce fait historique bien connu de nos services, la descente de l'Esprit Saint sur les Apotres. Puis, devoir sur table (noté) avec commentaire... d'un extrait de l'évangile.

Je finis par penser que si j'avais mis ma progéniture chez les Dominicaines, peut-être  aurait elle entendu au moins une fois, parler de Diderot, du Chevalier de La Barre, de la Révolution Française, d'un truc qui s'appelle la République (et n'est pas qu'une station de métro)...

L'école n'est plus un lieu d'instruction, d'accès à la culture, mais un lieu de vie, de pseudo épanouissement pédagogique. On y apprend à lire des modes d'emploi d'ordinateurs, à préparer le code de la route, à entendre les prèches de tel lobby moralisateur. L'objectif de cette désinstruction est à mon avis des plus clairs: éradiquer peu à peu toute connaissance de leur passé chez nos futurs citoyens, les couper de toute racine culturelle et historique de leur nation d'origine. Qu'ils se contentent d'un vague vernis d'histoire européaniste, ce sera bien suffisant pour approuver les référendums à venir.

Chaque matin, je me dis que j'ai fait dans ma vie de nombreuses aneries. Une des plus belles reste quand même d'avoir naïvement voté "oui" à Maastricht.

11/12/2004

Paie pour le pape, papa!

Jp2_1Lisez le texte ci dessous

La Fédération Humaniste Européenne porte à notre connaissance que la
Commission du budget du Parlement (Cobu), prévoit un montant de 1.500 000 EUR pour contribuer au financement du Jour international de la jeunesse 2005.

En réalité, ce montant vise à financer la XXème Journée Mondiale de la Jeunesse (JMJ) qui se déroulera à Cologne en août prochain et la visite du Pape dans ce cadre.

Le chef de l'Eglise catholique a d'ailleurs adressé aux jeunes du monde un Message dans lequel il développe le thème de la JMJ de Cologne,
/«Nous sommes venus l'adorer»/, qui /«permet aux jeunes de tous les
continents de refaire spirituellement l'itinéraire des Mages, dont les
reliques, selon une pieuse tradition, sont précisément vénérées dans
cette ville, et comme eux, de rencontrer le Messie de toutes les nations»/.

Il s'agit donc bien là d'un projet religieux, dont le financement par l'Union européenne constitue une violation du principe d'impartialité des institutions européennes et une discrimination flagrante envers les
autres communautés confessionnelles et les communautés non confessionnelles.

C'est pourquoi nous demandons aux parlementaires européens de s'opposer
à ce financement lors du vote du budget général 2005, prévu à l'ordre du
jour de la prochaine session plénière du Parlement européen.

Bruxelles, le 9 décembre 2004

Il est permis de réagir en utilisant la procédure de pétition du
PE à l'adresse

http://www.europarl.eu.int/petition/petition_fr.htm

26/11/2004

Un petit mot à DSK

Sur son blog, Dominique Strauss Kahn souhaite rassurer les défenseurs de la laïcité à la française, en arguant que l'article II 70 qui "reconnaît le droit à chacun, individuellement ou collectivement, de manifester, par ses pratiques, sa conviction religieuse en public comme en privé", ne remet pas pour autant en cause nos propres lois. Les explications du præsidium précisant que "le droit garanti par cet article a le même sens et la même portée que celui garanti par l'article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales".

Ce cher Kahn est donc un ardent partisan du oui, ce qui est bien son droit. Pour autant, je crois qu'il fait preuve d'un optimisme excessif, même si je ne suis pas juriste (faut-il l'être pour émettre un avis, ou une crainte?).

Voilà doncle commentaire que m'a inspiré son post dont l'intégralité peut être lue ici.

Monsieur, je crains de ne pas être aussi rassuré que vous. Combien de réclamations à la cour européenne des droits de l'homme aurons nous à essuyer à l'avenir quand des avocats bien affutés viendront contester la compatibilité de nos principes avec le traité européen, en excipant de cet article II 70 que vous évoquez? et si un adversaire de la laicité arrive demain au pouvoir en France (suivez mon regard, il a le vent en poupe et va diriger dans quelques jours le deuxième parti de France), ne pourra t-il s'appuyer sur cet article européen pour revenir comme il le souhaite manifestement sur ces principes laïques? Et même, dans votre camp, et sans vouloir vous offenser, n'y a t-il que des défenseurs des nos principes républicains? Certains n'ont ils pas quelque responsabilité dans des renoncements ou atermoiements qui ont remis en cause ces valeurs républicaines? Pour moi, rien que cet article, ainsi que le 53 (ex 51) qui régit les relations entre états et églises, m'inviteront à voter non. Car à mon modeste niveau de citoyen, je ne transigerai pas avec ce principe, et n'accepterai pas qu'au nom d'une construction européenne à marche forcée, on renie les valeurs qui sont au coeur de notre culture; pas plus que je n'accepte de les voir remises en causes par nos élus (ou futurs), pour soi disant faciliter l'intégration d'une communauté, quelle qu'elle soit, et si respectable soit-elle par ailleurs. Bien à vous

19/11/2004

Lapidation, made in France

Je reprends ici l'intégrale d'une dépêche trouvée sur 20minutes.fr consacrée à Ghofrane Haddaoui, dont le nom ne vous dit sans doute rien, mais qui à son corps défendant, c'est bien le cas de le dire, vient d'entrer dans l'histoire de la triste barbarie quotidienne retrouvée...

"Le meurtrier présumé d’une jeune Tunisienne de 23 ans, dont le corps lapidé avait été découvert le 20 octobre, a été placé en garde à vue. Le suspect, 18 ans, interpellé dimanche à son domicile, est une ancienne relation de la victime. Il sera présenté au juge d’instruction aujourd’hui. Le corps de Ghofrane Haddaoui avait été retrouvé sur un terrain vague près d’un centre commercial, dans les quartiers nord de Marseille.

Voilà. Comme dirait Jérôme Bonaldi, c'est nouveau, ça vient de sortir. Lapidation. France. Le clash de ces deux mots s'entrechoque, et je préfère ne me livrer là à aucun commentaire, je craindrais trop que ma parole dépasse ma pensée, au-delà du raisonnable. Je n'ai que le silence pour exprimer dignement l'émotion et la colère qui ce matin m'étreignent.

15/11/2004

Sarko prend une veste

Une partie de la droite française ne renie pas ses traditions radicales, et c'est tant mieux. Ainsi le sémillant Nicolas S. n'a-t-il pas été suivi dans sa proposition de détruire la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat. N'ouvrons pas la boite de Pandore, ont tour à tour affirmé en substance De Villepin, Chirac, Raffarin, Borloo, Bayrou. Cela pourra rassurer à court terme ceux qui ne veulent pas voir la France s'enfoncer plus avant dans la dérive communautariste. Pour autant, même si la presse a suggéré qu'il avait commis là son premier vrai faux-pas médiatique, Supersarko sera dans une semaine ou deux nommé Président de l'UMP.

Parions en conséquence, (car l'homme n'est probablement pas de ceux qui renoncent facilement, et le pactole des 5 millions de voix musulmanes peuvent stratégiquement constituer pour 2007 un apport consistant dans son plan de conquête du pouvoir), parions dis-je que le débat reviendra, tôt ou tard sur le tapis (de prière). Et vue la tendance naturelle des militants de droite à chausser quand on le leur demande les bons vieux "godillots" , - notamment l'aile gaulliste ou néo-gaulliste-, je crains fort que l'ambitieux Président du Conseil Général des Hauts de Seine emporte un jour l'adhésion populaire dans un débat qui fonde pourtant notre modèle de vie républicain. C'est pourquoi la laïcité sera plus que jamais une question centrale et des plus modernes, dans le débat des années qui s'avancent.

07/11/2004

Villepin rectifie

Interrogé par les journalistes d'Europe 1, le ministre de l'intérieur Devillepin Dominique de Villepin a contredit clairement, ce dimanche, les propos de son prédecesseur Nicolas Sarkozy, proposant de remettre en cause la loi de 1905 dite de séparation des Eglises et de l'Etat. Ne pas remettre en cause les piliers qui fondent notre histoire, tel a été son message, sur la forme on ne peut plus clair. Maintenant, connaissant la capacité de double langage des politiques notamment lorsqu'ils sont diplomates, n'y a t-il pas précisément lieu de s'inquiéter? Quand ils tiennent le langage de la raison, c'est souvent là qu'ils me font le plus peur... Souhaitons que pour cette fois, la voix entendue sur les ondes soit bien celle de la sincérité.

31/10/2004

Saint Nicolas arrive trop tôt

Le sémillant Nicolas Sarkozy pense à la vitesse de son ombre. Il a des point de vue sur tout. Comme il a été Ministre des Cultes, on lui doit le conseil musulman qui a doté quelques associations fondamentalistes d'une légitimité inespérée. Mais ayant quitté le poste, le petit Nicolas voit plus loin que la ligne d'horizon, et chacun sait à quoi il pense lorsqu'il se rase... Les laïcs seront heureux de savoir que s'il accède un jour au poste de Président de la République, ce qui a toutes chances d'arriver, la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 aura du plomb dans l'aile: "On trouve naturel que l'Etat finance un terrain de football, une bibliothèque, un théâtre, une crèche ; mais à partir du moment où les besoins sont cultuels, l'Etat ne devrait plus engager un centime !", proteste M. Sarkozy dans son opuscule "La République, les religions, l'espérance".
Expliquons à Monsieur Sarkozy que les terrains de football, les théatres, les crèches, sont des équipements qui concernent potentiellement tous les citoyens, ou l'intérêt général. Alors que les lieux de culte ne concernent que ceux qui croient. C'est bien là la différence entre libertés publiques et libertés privées.

Plus loin, le ministre futur président de l'UMP affirme: "Le droit de vivre sa religion est aussi important que le droit d'association, la liberté d'expression ou le droit à la présomption d'innocence. Finalement, c'est la reconnaissance d'un droit universel à l'espérance." Certes, et d'ailleurs, nul ne se voit interdire ce droit en notre république. En revanche, Monsieur Sarkozy ne dit rien de ceux qui ne croient en rien, et ne veulent pas se voir imposer y compris au niveau de leurs impôts quelque financement que ce soit aux sectes de tous poils, y compris celles qui ont réussi. Cela aussi relève de la fameuse "espérance", auquel je ne donnerai assurément pas le même sens que lui. Espérance d'une société où les religions renonceront à encadrer la vie quotidienne et les moeurs, et se contenteront ce qui n'est déjà pas si mal, de s'adresser à leurs ouailles.

Favorable à "l'enseignement de l'histoire des religions" à l'école, M. Sarkozy effleure la question du rétablissement du catéchisme, soulignant son utilité sociale et estimant que cette éducation "a doté des générations entières de citoyens d'un sens moral assez aiguisé". Là encore, quelle liberté serait donnée aux familles qui pour toutes les raisons qui les regardent, souhaiteraient maintenir leurs enfants à l'abri des religions, y compris dans leur dimension la plus obscurantiste? Ou se trouve ici "l"espérance' chère à monsieur Sarkozy?

"Je suis de culture catholique, de tradition catholique, de confession catholique",affirme-t-il, sans se définir comme "un pratiquant régulier". Cela est son droit le plus strict. Mais il importera tout de même le temps venu de rappeler à ce garçon, eu égard à son destin national, que la France a depuis longtemps cessé d'être "la fille ainée de l'église". Que des millions de citoyens de ce pays n'ont en aucune façon l'envie de voir ce passé révolu reprendre force et vigueur, ni de financer les édifices religieux de toutes natures, ni d'instaurer le denier DES cultes obligatoire...

Dernier extrait, particulièrement corsé, celui là!
« Les religions constituent un enjeu majeur pour notre société car elles sont le support d'une espérance. Le fait religieux est un élément primordial en ce qu'il inscrit "la vie" dans un processus qui ne s'arrête pas avec la mort. […] La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale.
» Mais je veux préciser que ce n'est pas une place à l'extérieur de la République ; ce n'est pas une place concurrente de la République. C'est une place "dans" la République. […]
» Je crois donc en une laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité qui garantit le droit de vivre sa religion comme un droit fondamental de la personne. »

Redire à ce saint homme qu'on ne l'a pas attendu s'agissant du "droit de vivre sa religion", mais que pour ce qui est de l'espérance, de la vie et de la mort, qu'il se mèle de ce qui le regarde, qu'il laisse à chacun le droit de décider du sens et de la valeur qu'il souhaite y mettre, et qu'il renonce à imposer au monde sa vision privée. Ce pays ne l'a pas attendu pour construire ses propres valeurs, issues de son histoire, de ses philosophes et de ses grands hommes. Dans sa fougue à vouloir se méler de tout et de n'importe quoi, monsieur Sarkozy passe franchement les bornes.