4 posts categorized "Lundi, en Pire"

21/09/2009

Comme un lundi en pire (5) : Bonne semaine chez les incucultes

Rappel: lundi, ici, le but du jeu est de commencer la semaine en se flinguant le moral avec des idées noires sur l'évolution du monde et la mesquinerie des temps présents!

- Comment ça va? -

- Bof... COMME UN LUNDI!... EN PIRE!!!

Vendredi, remember, on s'amusait des pataquès d'un texte signé Ségolène Royal, où les lourdeurs de style le disputaient aux fautes d'orthographe. Ce niveau d'exigence ne laisse guère d'étonner si l'on songe au passé de cette politicienne ambitieuse (ENA, plusieurs postes ministériels, une présence au second tour de l'élection majeure), à son présent (Présidente de Région), ou à ses visées manifestes (devenir en 2012 la taulière de la 6ème puissance mondiale).

Evidemment, je ne suis pas assez sot pour imaginer que Pinauchette tape elle-même ses notes, comme votre serviteur. Elle doit les dicter à l'une de ses nombreuses assistantes, aussi dévouées et admiratives qu'incucultes apparemment. J'imagine la nunuche en charge, toute émoustillée "de travailler pour Ségolènhan", reproduisant in extenso son message au monde, sans y changer une virgule, (d'où le style à la fois amphigourique et confus), et avec les moyens dont elle dispose (d'où les fautes). Le résultat parle de lui-même.

Je sais que la défense de l'orthographe a chez nous ses détracteurs. On dit parfois qu'elle est la science des ânes. Je sais aussi que nos compatriotes songent sérieusement à s'écarter de ses lois, dès lors qu'ils les jugent un peu trop complexes, et que toute pente est plus facile à descendre qu'à monter.

Voilà encore une bonne raison, en somme, de m'avouer "réac". Non que je prétende sur ce sujet, être irréprochable. Il m'arrive comme à tous de faire des fautes. Moins souvent qu'à mon tour mais ça arrive, par étourderie, précipitation, ou insuffisance. Mais il y a cette évidence: un pays qui renonce à l'exigence de défendre sa langue, sa culture, ses règles, part en capilotade. Si nos dirigeants (ou candidats à le devenir) devaient au moins s'imposer une exigence, ce serait la rigueur intellectuelle minimale qui consiste à ne pas prendre ses lecteurs et interlocuteurs pour de la fiente. De ce point de vue "l'actuel locataire de L'Elysée" n'en remontre pas à son prédécesseur, qui lui même n'arrivait pas à la cheville du vieux Tonton, dont on dira ce qu'on veut, mais qui avait au moins la délicatesse de confier ses discours à une plume indiscutable (Erik Orsenna).

Ségolène doit préférer confier ces missions à de vagues étudiantes de comm sur qui elle peut assouvir toute sa pulsion de commandement. Pour quel résultat...

Mon excellent ami Guy Birenbaum, sur le Post.fr, a pointé un autre texte de Désirs d'Avenir où la Madone s'en donne à coeur joie. Il y relève ce trait assez surprenant, qui devrait (normalement) en inquiéter plus d'un:

"Le mouvement dérange, surtout quand c’est pour avoir un temps d’avance

C'est vrai, le mouvement qui s'applique à avoir "un temps de retard" est moins perturbant. Mais il faut en venir à la phrase suivante, dont la solennité bêtasse débouche sur du pur n'importe quoi:

J’appelle toutes celles et ceux que les méthodes dénigrent, à venir rejoindre Désirs d’Avenir, lieu paisible et fraternel".

On rirait volontiers, une fois de plus. Mais lundi c'est ici jour du courroux... Qui nait moins de cette évocation totalement débile "lieu paisible et fraternel", d'un bisounours land de gauche virtuel et paritaire où seule manman aurait le droit de jouer les méchantes, comme lorsque elle cassait une militante PS qui n'avait pas eu le bon goût de la trouver indiscutable... que des réactions à ce post de Guy B. . Comme celui-ci possède une toute autre audience que ce modeste blog, et qu'on vient lui porter la contradiction bien plus souvent qu'ici., même si ça troll à donf', cela donne des remarques stupéfiantes, du genre de celles-ci:

C´est insupportable de voir les gens compter des petits poix , de critiquer, de se marrer, au lieu de donner un coup de main à ceux, qui essaient de faire les choses autrement. Le message du texte est parfaitement compréhensible. Mais bien sur, Ségolène n´est pas Carla!

Mr BIRENBAUM est au service des puissants et certainement pas au service des Francais.... Ca mission est tres clair depuis le debut, il doit par tous les moyens aider et participer a la destruction mediatique de Segolene ROYAL... Cette personnes est Trop Dangereuse pour les intérêts financiers de certaines personnes ...

Ici, en dehors du style et du contenu, j'aurais aimé que le commentateur précisât un peu sa pensée... "intérêts financiers", "au service des puissants mais pas des Français"... Tu serais pas un peu "Apatride", dis, Birenbaum?? 

Sur segolene royal je le repete vous essayer d'enterrer MME R avec votre post raccoleur mais vous n'y arriverais pa Apparemment celui-là a appris l'orthographe chez son héroïne...

lachez la un peu Sego ! Toutes les occasions sont bonnes pour l'accabler ( le site on s'en fout et les fautes de Français avec ). C'est l'hallali en ce moment.

"Le style on s'en fout". C'est bien ce que je vous reproche, Dugland!

Se moquer des nouvelles règles d'orthographes prescrites par Ségolène est la preuve que vous êtes de droite. Peut-être celle-là est-elle un trait d'humour, après tout. Espérons.

Voilà, j'ai ressenti un profond sentiment de solitude à la lecture de ces messages et des autres. Si vous êtes comme moi, faites-moi signe, parfois je m'interroge. Et si c'était moi qui sombrait dans la délectation morose??

Tout de même... quel pays, grands dieux...

07/09/2009

Comme un lundi en pire (3) : prends-toi dans les dents le temps qui passe

Rappel sur la nouvelle grille de Resse? Pire Encore! Chaque lundi, l'idée maitResse est de bien se pourrir le début de semaine en ruminant des idées sombres. Une façon comme une autre de se faire du bien en se faisant du mal. Ou l'inverse, comme vous voudrez.

Mes amis trentenaires ont ces jours-ci le blues de la rentrée des classes... Je les comprends, c'est que ça marque singulièrement la vie des parents, n'est-ce-pas, se souvenir de la toute première entrée en "Maternelle", (que les féministes voudraient voir rebaptisée "pré-élémentaire"), tous ces vacarmes, pleurs et cris d'enfants, craintes de se sentir abandonné, et les mamans à la grille faisant bêtement des signes désespérants, des adieux de la main qui n'en finissent pas... au lieu de se tirer vite fait, qui serait la meilleure façon de "couper le cordon", sauf que... c'est tellement rassurant de vérifier que son môme pleure, s'il pleure c'est qu'il craint mon absence, c'est donc qu'il m'aime...

Viennent ensuite l'entrée à l'école primaire, l'angoisse parentale de "l'apprentissage de la lecture", les premières injonctions à réussir... Puis, le collège... adolescence, autonomie, crises de croissance... Et le lycée... Objectif Bac...

Et chaque fois ces putains d'années qui passent, vertigineuse accélération de ce temps qu'on ne parviendra décidément jamais à contrôler. Et pire que la sensation elle-même, il ya l'insolente, écrasante banalité de tout cela. Plus ça nous échappe, et plus c'est normal, plus c'est en réalité douloureux. On ne peut pas être et avoir été.

Et voilà que cette fois, ça y est, j'appartiens désormais à cette génération de parents pour qui "tout ça" c'est derrière. Une autre étape, aujourd'hui, commence: chez Resse, l'oiseau s'est envolée du nid. La rentrée prend des allures de sortie. La môme a investi cette piaule d'étudiante où elle va continuer les études... à 200 bornes de "chez nous". Son "premier" studio. Celui qu'elle n'oubliera jamais. Elle va devoir se prendre en charge "non stop", sans ses parents, qui du coup se sentent un peu cons, chambre vide, envies sournoises de multiplier les sms, "juste pour voir si tout va bien", mais volonté aussi de passer "dignement" ce rite de passage-là, comme on a assumé auparavant les autres... Sauf qu'il est un poil plus difficile, car définitif ou presque... Alors... résister à l'envie d'appeler trop souvent, lui laisser l'opportunité de jouir de cette autonomie nouvelle... Cette fois ça y est, la môme est adulte. Elle va se débrouiller. On lui a transmis "les bons codes, "les bons réflexes", en tous cas on a fait ce qu'on a pu, et du, autant qu'on pouvait. On espère que ça suffira? On y croit. Avec quand même cette petite boule dans la gorge.

Elle est adulte et c'est bien.

Et ça n'est pourtant pas si facile de le prendre avec le sourire.

31/08/2009

Comme un lundi, en pire (2) : A la recherche de Tetrazepam, Omeprazole et leurs amis...

Rappel sur la nouvelle grille de Resse? Pire Encore! Chaque lundi, l'idée maitResse est de bien se pourrir le début de semaine en ruminant des idées sombres. Une façon comme une autre de se faire du bien en se faisant du mal, ou l'inverse, comme vous voulez.

Il semble que Dimanche soit fait pour s'appuyer tous les pensums que tu n'as pas eu le temps de te taper la semaine.  Comme ça, tu attaques lundi avec une frite d'enfer. Par exemple, tonton Resse t'offre cette idée formidable : au lieu d'aller t'éclater avec tous tes amis à Rock en Seine, pourquoi ne pas faire un peu de ménage dans la pharmacie familiale, que tu rebaptiseras Rock Tranxene, ce qui dans le meilleur des cas fera sourire petits et grands?

Déjà tu notes qu'avec le Temps, oui "tout s'en va", mais qu'en plus ton stock personnel qui à 30 ans tenait dans une boite à chaussures, à 50 exige au bas mot l'armoire de quatre étages.

Par ailleurs, depuis qu'ils ont eu cette géniale idée de vendre "des génériques qui coutent moins cher", tu stockes en réalité deux fois plus de médocs qu'auparavant, tout le monde n'étant pas tenu de se rappeler que l'Oméprazole est l'équivalent du Mopral qui se prescrivait jadis. De même ne te souviens-tu pas forcément, au moment ou le bib te propose de reprendre deux boites de clamoxyl pour la route, que tu en as déjà en stock celles d'amoxiciline qui vont bien. Alors te voilà à faire le tri, à regrouper des doublons, pour constater que tu as dix boites d'avance de Topalgic sous divers noms d'emprunts, de quoi assurer les 512 lombalgies à venir, pourvu qu'elles veulent bien survenir avant novembre 2011, date de péremption des dernières boites.

Ayant reçu la confirmation de ta dépendance accrue aux pharmacopées diverses et variées, dont les noms barbares sont déjà en soi un appel à la consommation d'anti-dépresseurs, tu peux aussi noter que tu n'es qu'un citoyen de merde, incapable de participer à la résorption du déficit de la sécu dont le trou n'a rien à envier à celui de la couche d'ozone, qui rime avec diprosone, pommade corticoïde idéale pour les exczémas récalcitrants.

Consolation comme une autre, avec des crétins de ton acabit, les multinationales de la pharmacie se gaveront sans complexe jusqu'à la fin des temps, et ce n'est pas demain la veille qu'elles distribueront des petits papiers t'expliquant que lexomil et bromazépam, c'est kif kif pareil mon frère.

Je sais, vous me direz, va sur le site doctissimo, toutes ces informations y sont parfaitement expliquées.

Merci. C'est ce que j'ai fait DIMANCHE.

Et l'on s'étonne ensuite que lundi ce soit pire... Vers 11 heures, conversation prévue avec le centre des impôts. C'est dire si celle ci commence bien! Je vous souhaite bien la même.

24/08/2009

Comme un lundi, en pire (1) : Atchoum, précaution, complot, rillettes...

Bienvenue sur la nouvelle grille de Resse? Pire Encore! 5eme saison! Roulez petits bolides, c'est reparti.

Chaque lundi, l'idée maitResse est de bien se pourrir le début de semaine en ruminant des idées sombres. Allons y fort en ce jour de rentrée.

Plus fort que Resse, il y a l'Express, qui décide de frapper fort en cette fin d'août quasi caniculaire, et nous annonce un automne crépusculaire sur fond d'éternuements méchamment mortels. C'est vrai que la question mérite d'être posée: le châtiment est-il proche? L'apocalypse porcine aura-t-elle raison d'une civilisation qui de Voltaire à Demis Roussos aura porté au plus haut les valeurs fondamentales de l'occident laïc et chrétien, mais se  précipite dans la décadence et la punition divine du simple fait que nous n'avons pas tenu compte des recommandations du Prophète, et continué de nous goberger de rillettes, siflard et pieds de cochons panés?

D'un autre côté, imagine-t-on sérieusement plausible de confier la protection de la santé publique de la 6ème puissance de la planète à Roselyne Bachelot?

"On doit être préparé au pire", déclare "la" ministre, sans préciser si c'est à elle qu'elle fait allusion. Si la catastrophe était à ce point imminente, un gouvernement Resseponsable s'en remettrait-il vraiment à Tailleur Rose pour protéger les femmes z'et les enfants qui sont l'avenir de ce pays d'abord? Le même gouvernement aurait-il vraiment choisi le quasi bizuth Luc Chatel pour driver "la première entreprise de la Nation" à l'aube d'une pareille crise? N'aurait-elle pas plutôt fait confiance à un homme de trempe et d'expérience au plus haut niveau, et non je ne pensais pas nécessairement à Bernard Laporte, qu'est-ce-qui vous fait croire ça?

Je ne voudrais pas faire flipper leur race à tous mes lecteurs salariés qui vers neuf heures trente vont se retrouver ce lundi à la machine à caoua pour commenter les quatre semaines de trêve et oui il a fait beau mais ça a passé trop vite mais bon on prendra quatre jours à la Toussaint, Philippe a des RTT en rab enfin si on est encore là t'as lu l'Express? Je ne voudrais pas non plus (quoi que...) reprendre à mon compte les classiques théories du complot, et laisser accroire qu'on nous prend un peu pour des benêts, remember la grippe aviaire d'il y a quatre ans, où nous déplorâmes la disparition de deux canards de Challans et d'un corbeau malingre alors qu'on nous prédisait déjà l'Apocalypse.

C'est qu'il faut s'en remettre au principe de précaution. Il est vrai qu'en 2003, les 15.000 morts de la canicule firent un peu désordre dans le paysage. Et comme les savants calculs des Diafoirus actuels envisagent "une létalité de 20.000 individus", on peut comprendre l'empressement de nos dirigeants à stocker par millions les doses de Tamiflu, les masques rigolos comme au Japon, et les 16 millions de doses de vaccin commandés à Novartis, au moins qui ne connait pas la crise.

En somme, soit le pire est devant nous, fermetures d'écoles, chute de l'activité économique, report sine die de la 6ème journée du Championnat de France (et même peut-être des suivantes...), et nous pourrons faire entrer Roselyne de son vivant au Panthéon, soit ceci n'est qu'un gigantesque coup de parano pour amuser la galerie en attendant le prochaine épisode de Martine et Ségolène font du catch.

Dans les deux cas, c'est sûr, ça donne envie...