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10/04/2005

Chérie passe moi le programme, 2

L'autre jour, j'ironisais ici sur le lancement de la TNT, cette formidable révolution télévisuelle dont l'étendard est le retour en grâce de l'émission taratata.

Je reçois ce matin la contribution bienveillante et pleine d'humour de Corsaire, à laquelle je réponds ensuite.

Ce qu'il y a de surprenant dans tout ce verbiage, c'est votre capacité à critiquer un activité que personne ne vous oblige à pratiquer.

Rien ne vous impose d'acheter une télévision (j'en connais plus d'un qui n'en possède pas). L'achat du décodeur TNT sera également une démarche volontaire devotre part. Enfin c'est bien votre petit doigt qui appuie sur les boutons marche/arrêt de ces deux appareils.

En bref je reconnais bien dans vos propos le côté franchouillard de mes compatriotes. Assumez vos choix. Si la télévision telle qu'elle vous est proposée ne vous plait pas passez votre chemin. Critiquer est tellement facile : qu'avez vous construit, fait ou inventer pour vous permettre des attitudes aussi arrogantes ?

Lisez et peut être serez vous un peu plus toléraant. Autre avantage : vous ne contribuerez pas à augmenter l'audience decertaines chaines que vous dénoncez : c'est encore là le meilleur moyen depression.

En clair mettez en adéquation actions et opinions.

Cher Corsaire, ce n'est pas en tentant vilement de me flatter (verbiage, franchouillard, arrogant) que vous me ferez changer d'avis. Cela dit:
1. en effet, je vous rassure, je n'ai nulle envie de m'abonner à ce machin, (où donc avais -je laisser supposer que j'en avais l'intention?)
2. Il se trouve que je suis aussi citoyen d'un pays où demeure encore un peu de liberté d'expression, certes de plus en plus encadrée mais, ne fut-ce que pour dire des conneries qui vous agacent, j'ai l'intention de m'en servir encore un petit peu.
3. D'autant que je suis également un contribuable assujetti à la redevance, ce qui me laisse quelque possibilité de commenter, ne vous en déplaise, l'usage fait des deniers que modestement j'apporte  dans l'escarcelle commune. Et pour m'en affliger, le cas échéant, du moins tant qu'on n'a pas réouvert les camps de rééducation.
4. Je fais ce que je veux de mes petits doigts.

5. j'ai aussi le droit de regarder des programmes qui ne me plaisent pas, pour constater l'état des lieux, ce qui me donne un instant l'illusion de n'être pas un crétin mais un sociologue avisé de notre modernité. On a les faiblesses qu'on peut, soyez vous aussi un peu indulgent.

6. Pour les regarder, et MEME, pour les critiquer dans la mesure où ils contribuent à l'ahurissement des masses que par ailleurs je constate tous les jours dans mon quotidien. (oui je sais ça fait un peu pléonasme, mais je parle le médiatique à mes heures...)

Il n'y a dans tous vos propos qu'une phrase un peu moins brillante que toutes les autres: qu'avez vous construit, fait ou inventer pour vous permettre des attitudes aussi arrogantes ? Je vous laisse la méditer: dans votre monde idéal, seul l'écrivain pourra juger de la beauté d'un livre, le footballeur de la qualité d'un match, celui qui ne sait pas écrire n'aura pas le droit de vote, et qui donc "pourra se permettre des attitudes arrogantes"? un quelconque conducator, duce, caudillo? L'élite de ceux qui comme vous dîtes auront "construit, fait ou, inventé" (sans infinitif)? Aux autres, à tous les autres, la seule contemplation béate et admirative?

En bref, entre le moutonisme silencieux et le repli tout aussi silencieux de l'anachorète, qui me rappelle cette expression, "mange et tais-toi", que vous transformez en "mange OU tais-toi", il reste encore d'autres possibilités, même si cela vous déplaît. Dont celle du blog, où chacun vient s'il le veut (oui je sais c'est assez vain comme argument, mais guère plus que votre injonction à ce que j'éteigne mon poste), et où l'on écrit ce qu'on veut (oui je sais c'est franchouillard. J'aime bien).

Mais effectivement, "les braves gens n'aiment pas que, l'on suive une autre route qu'eux".

Enfin,  comme disait l'autre "la tolérance y a des maisons pour ça". Il est vrai qu'aujourd'hui il n'y en a plus, officiellement. Est-ce pour ça que tant de vos congénères regardent la télévision?

05/04/2005

N'arrêtons pas le progrès

C'est génial les nouvelles chaînes télés. Sans même avoir la TNT, depuis Samedi, je capte Télé Vatican et EN FRANCAIS en plus. Bon, évidemment, les émissions sont toujours un peu les mêmes, mais gratuitement... c'est toujours ça de pris. En plus je me suis débarassé de France 2.

D'une Place Saint Pierre deux coups, en quelque sorte.

05/03/2005

... qui tu hais (2)

CE SOIR.

Jadis je n'écoutais que d'un oeil, maugréant dans mon divan comme un parfait vieux con. Mais je tenais le coup, au milieu du fatras de nunuches et bellâtres convenus, viendrait peut-être un Bashung, un Fersen, un Kent. Quant à y découvrir ne fût-ce qu'un seul nouveau talent, porteur d'un regard inattendu sur le monde ou les gens, il ne fallait pas trop y compter.

Mes temps de patience sont révolus. J'ai eu plus que ma dose.

Je suis gavé jusqu'à la luette du mythe cacochyme braillant comme si le devenir de sa prostate en dépendait, à quel point la vie est mieux en wok nwoll. Je ne veux plus cet alcoolique aux valises sous les yeux comme des cabas de ménagère, imposant à la foule génée ses trembements hépathéthiques. Ni la horde gigotante des rappeurs anémiés du bulbe, ahanant leur consternante poésie surburbaine avec la satisfaction du marmot posant l'étron matinal, tandis que les animateurs en smok opinent du chef avec une feinte admiration, devant cette époustouflante prise de parole des banlieues, où jamais ils ne mettront un pied.
Je vous laisse la féminine aux pieds nus (c'est sa touche arty) qui n'a jamais entendu causer de Sandy Shaw sinon dans les encyclopédies où elle a pompé l'idée. Et le défilé des stars aphones par vocation, tous les mal coiffés les débraillés les tatoués, les plats de nouille aux poses de dandys, les topmodèles reconverties, les beuglantes québecoises et les comédies musicales aussi rafinées qu'un sandwich aux merguez, les pitoyables révélations de l'année, les récompenses démagogiques aux sous produits branchouillos. Sans parler du faux-gentil-revenant nonagénaire, assènant en avalanche ses rires mécaniques, éternelle marque de fabrique qui ne semble épuiser personne, que le voilà parti pour nous la faire à la Compay Segundo, son sauveur - à qui il eut mieux fait d'emprunter le chapeau, et le cigare, qui lui eut bouché la boite à ragout-. On n'est pas sortis.
Je vous abandonne les grandes asperges du twist, à la longue promues icônes de la chanson à texte, et les rockers altermondialistes donneurs de leçons du haut de leur ISF. La world music à trois dhirams, les remerciements bavards, les blagues écrites tombant plat dans le Zénith glacé, où les gens du métier applaudissent mollement en attendant leur tour, je vous les donne en rab. Sans oublier l'inévitable vanne à l'endroit du ministre de la culture, on est rebelle ou on l'est pas, lequel encaisse sans mot dire, sourire jaune, bien coincé entre les accoudoirs, car il sait qu'il lui faudra ensuite supporter l'indécent quart d'heure corporatiste, offert sur un plateau (c'est le moment de le dire) aux soi-disant martyrisés du systême, qui, on cause ou on coupe tout, ont depuis lurette mis en coupe réglée toutes ces cérémonies auto congratulatoires, ce qui fait d'une punition de deux coups. Je serais que lui, je te les laisserais quimper, politique du fauteuil vide, que pour le coup qui c'est qui aurait l'air d'un con?
Tant pis pour Jeanne Cherhal ou Sanseverino, je leur offre bien volontiers 364 jours d'écoute attentive et bienveillante. Pour le reste, je ne vois pour ce soir qu'une musique possible: le silence.

04/03/2005

les rois du prayme

Vous le savez, pour nourrir ce blog de quelques considérations perfido douteuses, je ne renonce jamais  à écouter Europe 1 entre 10h30 et midi. Car c'est là que mes contemporains viennent commenter l'actualité téloche, que je ne vais tout de même pas m'avaler en long large et travers pour vos beaux  yeux; n'y COMP-TEZ pas.

Il y a là le Morandini, en anchorman de la culture télé 7 jours, oui, le même qui jadis inventa en france la télé poubelle comme quoi on a toujours une seconde chance. Champion de l'auto congratulation, il ne passe à l'antenne que les lustreurs de weston encensant son émission "formidable". Faut dire que ce sont les mêmes qui regardent les émissions  dont il fait la promo quotidienne. Ca ne peut pas nuire.

Entendre chaque jour ces cherzauditeurs commenter  l'actualité du -comme ils disent- "Prailleme", ou "pra-yme" de la veille, est un plaisir de fin gourmet.  "dans ce prayme", s'entend surtout la jouissance de parler le même langage que les pros. D'être par conséquent  en connivence avec eux et d'avoir un point de vue de téléspectateur avisé sur la seule actu qui vaille, celle du bachelor, de la nouvelle star, de la première compagnie, en attendant la grande partouze finale dans la ferme à venir.

Et ainsi, tandis que je me réjouis et me désole, m'amuse et me consterne, cette ultime interrogation me taraude. Faut-il vraiment laisser le droit de vote à des gens qui prennent la peine de téléphoner pour exprimer leur désarroi face à la crise de nerfs à Douchka, commenter les poils sous les bras de super nanny, avouer à quel point ils ont pleuré quand Cyril Liniac a foiré sa mayonnaise? 

03/03/2005

No video

On nous dit qu'il y aurait polémique: fallait-il ou non diffuser la vidéo de la malheureuse Aubenas, suppliant Julia de la tirer des  geoles où elle croupit depuis quelques deux mois?

La plupart des chaînes ont comme chaque fois refusé de passer ces images, jugées scandaleuses et manipulatoires. Canal+ seul décidant de les montrer.

En ce débat prétendu "éthique", des journalistes dialoguent avec leurs confrères, pour savooir comment protéger la dignité d'autres journalistes séquestrés.

Le spectateur, destinataire -tout de même- de l'information, ne sera convié qu'en bout de piste, pour dire "librement" s'il est "pour" ou "contre" une telle décision, mais a posteriori, étant entendu que son avis n'y changera rigoureusement rien. Exactement comme dans  " vote 1 ou 2 pour garder Douchka ou éliminer le gros Castaldi", son point de vue n'est qu'accessoire de production, dans une "démocratie du cause toujours" qui fait beaucoup pour le désintérêt des masses face aux problèmes du monde.

Rompus à toutes les techniques de l'info spectacle, nos déontologues inventent ici la version spectacle par omission, décidant de ce qu'il est bon ou pas de NOUS montrer, en vertu d'une morale en peau de lapin sortant du chapeau. Nous sommes, en somme, les enfants trop jeunes pour savoir; ils sont les adultes en charge du choix éducatif, décidant de ce que nous pourrons recevoir ou non de l'information de service public, (y compris les chaînes privées qui ont en cette matière un cahier des charges extrêmement précis et exigeant)

On vous en parle, mais on ne vous montre rien, on préfère. Vous pourriez ne pas comprendre. Telle est bien la posture de  PPDA, choisissant de commenter le contenu de la séquence, en y plaquant délibérément ses propres supputations: "sans doute parle-t-elle sous la menace d'une arme", dit-il. Qu'en sait-il, au juste? L'a-t-il vue dans le champ de la caméra? Evidemment, non. Mais s'étant placé en situation de celui qui SAIT, et qui nous EXPLIQUE, il dit bien ce qu'il veut.

L'idée que les citoyens de ce pays seraient assez responsables pour tirer leurs propres conclusions d'une diffusion ne le traverse pas, non plus que sa consoeur Madame Chabot. 

Par quoi il y a bel et bien confiscation de l'information brute, dénaturée en évocation / interprétation de la dite information; le journaliste télé, outrepassant le pouvoir qui ne lui est que délégué, s'impose en véritable directeur de conscience collective, bien loin des missions qui sont originellement les siennes.

23/02/2005

J'ai reçu ça.

Sur mon email:
Vous avez beau écrire partout pour dénigrer Dieudonné, cela vous regarde et surtout ça ne nous impressionne pas.  Nous admirons plutôt son courage et nous sommes tous derrière lui car en effet il revèle tout haut l'injustice, la discrimination, l'hypocrisie, l'impartialité qui règne dans votre monde de merde N'y a t-il pas eu un crime contre les noirs?

Voici ma réponse:
Merci de votre réaction:

Je ne veux impressionner personne, et je réagis à des propos qui ont été tenus. S'ils ne l'avaient pas été, je n'aurais pas réagi. Je n'écris pas "partout pour dénigrer Dieudonné". Je m'exprime sur un blog.

Ce monde n'est pas "le mien". C'est le nôtre.

L'impartialité est plutôt une qualité qu'un défaut, mais vous vouliez peut être dire un autre mot? Sur le fond, croyez bien que ce n'est pas en dressant les uns contre les autres qu'on fera avancer l'histoire, et le respect des différences.

Enfin, lorsque vous parlez de crime contre les noirs, je comprends que vous pensez à l'esclavage. En France, cela a été reconnu en 1999 comme crime contre l'humanité par une loi proposée par Christine Taubira. Qui le conteste?

Mais l'honneteté oblige à dire que l'esclavage n'aurait pu se développer pendant tant de siècles, sans la participation active d'africains à cet ignoble commerce, ce que tout historien sérieux reconnaît.

Pour info, je descends de noirs moi-même, et d'indiens. Ce qui d'ailleurs ne donne ni plus ni moins de poids à mes idées, qui sont issues de mon cerveau, et non pas de mon sang.

18/02/2005

Tout fait ventre, et tout fait vendre

Ce qu'il y a de génial avec la pub, c'est qu'elle sait recycler n'importe quoi. Tout. Et le reste aussi. Le sommet c'est parvenir à faire du fric avec ce qui naguère voulait signifier dégoût du fric. Chanter la surconsommation sur l'air de ce qui vomissait la surconsommation. Détourner Jimi Hendrix pour lui faire venter du cif amoniacal, un papier toilette, une bagnole de merdre.

Tout fait ventre, disait ma mère.

Et tout fait vendre, ricane Leclerc, dont les petits protégés, Philippe et Mathilde, continuent d'étaler sans pudeur leur vie médiocre de tarés compulsifs sur toute radio périféérique digne de ce nom. Jusqu'à crever, continueront d'acheter tout et n'importe quoi par paquet de 50, du moment qu'y a d'la promo dans l'air.

Ces joyeux ravis l'ignoraient encore jusqu'à ce matin. Les voici désormais adoubés enfants de 68!

La vraie révolution c'est donc d'aller chaque samedi, gaver son panier roulant jusqu'au ras de la gueule. Ce n'est qu'un début, continuons le cabas!

20050210leclercgd Cliquez sur la photo pour voir les différents visuels...

17/02/2005

4400: La réponse est oui, quelle était la question?

440004Vous avez vu,  hein? Je n'ai pas mis ma menace à exécution.Sympa.  J'ai rien dit, rien balancé rien suggéré. Pourtant je savais TOUT. Sauf qu'en voyant hier au soir les 2 derniers épisodes des 4400, je me suis rendu compte que je ne m'y retrouvais plus trop! Car enfin:
- comment une femme de QI standard, américaine de surcroît, SAIT-ELLE que l'anémie foetale trucmuchmachinchose touche particulièrement les noirs, alors que moi même n'en savais rien?
- quel est ce pays où on retrouve instantanément ta ouature sur l'autoroute à partir d'un minable pc portable Dell Inspiron qui annonce même pas 1giga de ram au compteur? CA FAIT PEUR!!
- et l'héroïne, pouvait pas s'affubler d'un autre prénom que Dana, qu'à chaque fois je me mélange dans mes repères et je crains de voir apparaitre l'Homme à la Cigarette?
- que fait ce fichu môme à 11 heures du soir à oilpé sous les jets de l'arroseur  de jardin familial?  Monte dans ta chambre, et enfile un t-shirt!  Je vous le dis, on arrivera à rien avec cette génération.
- Et c'est quoi, ces gribouillages sur les cartes routières? Peut pas faire taggueur, comme tous ceux de son âge?
- Le pire pour la fin: qui m'a fichu ces arbres qui se penchent dévotement devant la voiture de la dame qui va accoucher? Que veulent-ils nous dire? Que c'est le nouveau Messie qui arrive? Mais alors le barbichu milliardaire, c'est Dieu, Satan, Judas,  le Roi Hérode? On m'avait pas dit qu'il fallait réviser la Bible pour comprendre les subtilités de l'affaire...

Bref avec leurs âneries, c'est tout juste si j'ai fermé l''oeil. Trop d'histoires dans l'histoire. Je m'y perds.

Cette série devrait être sponsorisée par Doliprane.

Mais bon  c'est 'achm'ent bien quand même.

11/02/2005

Les 4400 : l'explication

4400bis J'ai toujours été COMME CA. Lire D'ABORD le dernier chapitre du bouquin, savoir comment se termine l'histoire avant d'avoir lu le pavé. Fouiller dans le placard pour savoir QUELS JOUETS j'allais me récupérer.

Je peux pas m'en empécher. J'ai donc surfé sur le net jusqu'à ce que je trouve un site révélant TOUTE L'AFFAIRE des 4400. Pas foutu d'attendre mercredi prochain.

Donc, je peux TOUT vous révéler. Ah ah!

Alors, si vous ne voulez pas que je balance toute l'affaire, que je vous plombe la surprise, que je vous pourrisse le week-end et la délicieuse attente qui allait culminer jusqu'à mercredi soir 20h50... va falloir être gentils, je dis TRES gentils avec Mr Resse. Aha ah. Sinon j'envoie des emails à tous ceux qui j'en suis sur, se posent toutes sortes de questions comme d'où viennent-ils, pourquoi, par qui ont ils été enlevés, ceci, cela? Et de qui la fille est elle enceinte? Et le milliardaire est-il vraiment sincère, et tutti quanti...

Donc: TRES GENTILS!!!

sinon ?

JE DIS TOUT!!!!

Aha ah

Jeter le coaching avec l'eau du bain

Les journalistes d'aujourd'hui sont extraordinaires. Pendant des mois, ils se gargarisent d'une tendance nouvelle, et vous la donnent à lire, entendre, regarder jusqu'à loucher. Pour attirer le chaland, le lecteur, la cible disponible, les plumitifs adoptent toujours la même approche: identifier l'angle pertinent, attractif, sociétal, qui conviendra à l'air du temps et au public visé, puis nous le repasser en boucle selon la bonne vieille technique du marronnier, ne renonçant jamais à travestir et parfois de manière aberrante, la complexité de sujets qui souvent, pour dire le vrai, dépassent leurs compétences.

Puis, lorsque ILS ont décidé qu'il est temps de passer à autre chose, à la tendance nouvelle n+1, ils vous sortent le papier qui flingue, le négatif parfait de ceux-là mêmes qu'ils écrivaient six mois plus tôt. Brulent ce qu'ils ont adoré, jusqu'à l'absurde, vouent aux gémonies ceux là mêmes qu'ils encensaient, dénoncent les excès qu'eux mêmes ont contribué à répandre. Ce qui ne change pas, c'est cette formidable posture du je-sais-tout, qui les place en observateur sociologique d'une supposée réalité qu'ils ont précisément contribuer à faire naître.

D'un seul sujet voilà chaque fois deux dossiers de vendus, et là n'est pas le moins intéressant.

Ainsi du coaching. Que n'aura-t-on montré, sur TF1, chez Delarue, que n'aura-t-on écrit sur la vogue des coaches! Il en fallait pour tout. Pour apprendre à se maquiller, s'habiller, se coiffer, vivre, travailler, se resourcer, se remettre en question, faire l'amour, jouir correctement, chanter, jouer au foot, au poker, à la roulette russe. On nous ventait (vendait) des coaches pour maigrir, grossir, prendre confiance en soi, larguer son conjoint en douceur, apprendre les secrets du tango, du tamoul, du tamouré, du taboulé.

Une telle frénésie ne pouvait qu'encourager les charlatans, les formations soi disant professionnelles fantaisistes ou burlesques. Et le monde allant comme il va, tous les gogos, les mal dans leur peau, les largués, les déprimés, les obèses, les frustrés, les maladroits, les malmenés, les malheureux, les malhabiles, les licenciés sans indemnités, crurent bientôt que le coaching allait leur sauver la vie, les remettre dans le droit chemin, leur donner les 6 bons numéros du 2ème tirage de samedi.

Moyennant quoi, Marianne de la semaine passée, Elle de cette semaine, nous pondent à présent des articles vengeurs, lapidaires, incendiaires, qui pour faire court définissent le coaching comme LA fumisterie absolue, l'arnaque avec un grand "A". Le tout, l'air du temps faisant bien les choses, sur fond de "positive attitude" raffarienne.

A aucun moment ces mêmes journaleux n'auraient songé à entrer sérieusement dans le fond de la problématique, à enquêter pour écrire ensuite de véritables articles moins glamour, moins "sujets de société", mais plus rigoureux, plus précis, sur l'usage pertinent de techniques permettant à l'individu de s'approprier sa propre stratégie à travers un questionnement productif. Moins fun, sans doute, mais

Aux deux extrémités du problème, il s'agit bien de désinformation caractérisée. Rien d'étonnant. Aujourd'hui la vocation première du journalisme grand public n'est plus d'informer, mais de se positionner en vendeur de tendances, en camelot fourguant sans barguigner le dernier arrivage d'idées préconçues et de consensus idéologique. Quitte à affirmer demain le contraire de ce qu'on disait la veille, et dans les deux cas, de taper à côté de la plaque...