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07/03/2010

Définitivement trop vieux pour ta musique

Que je vous fasse une confidence. J'ai passé la journée d'hier, la soirée, puis la nuit, au fond de mon trou, au fond de mon lit, malade, la tête dans le seau, je ne suis plus assez souple pour l'avoir dans le cul, passant du sommeil à la somnolence et de l'épuisement à la catalepsie. Aujourd'hui ça va mieux merci.

Que je vous en fasse une autre. Je ne regarde JAMAIS, ou alors en zapping, les prétendues "victoires de la musique", qui pour moi sonnent chaque année le glas du peu d'appétit qui me reste pour la chanson française. Je me contente généralement de vérifier le palmarès pour constater que tous ceux auxquels j'accorde un peu de talent, ou plus si affinités, sont désespérément absents du lot, que les tocards de l'année sont plus navrants que ceux de la précédente, et plus nombreux aussi. Qui se ressemble s'assemble. Chaque année l'armée des clones de clowns revient sur le lieu de ses crimes.

A découvrir les noms des gagnants, j'y ressens toujours un rien de solitude. Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre musicothèque... Mes critères sont marqués des sceaux de l'infamie et de l'obsolescence. Chaque fois que j'allume une radio, je me désole et me navre de ce que j'y entends. Mélodies d'une pauvreté de comptines maternelles. Paroles charabia qu'on rebaptise poésie urbaine pour dauber le chaland qui de toutes façons a des oreilles de chien de Pavlov, et applaudit là où on lui dit de faire. Vacuité du fond, platitude du style, navrance de la forme, qui donc réveillera Jacques Canetti ?

Je sais ce que vous allez me dire... pauvre ami, mon pauvre vieux, relis ce que tu écris, on dirait un sénile bavant, c'était mieux avant...

Non.

C'était, tout simplement.

Et ce Rien qui a remplacé la création (bonne nouvelle, Diam's fera bientôt le printemps de Bourges, allez y couvert(e)s!), ce Rien je vous le laisse, et sans regret aucun, ni l'ombre d'une hésitation! Foutez-vous en jusque là, si vous pouvez.

Moi, je peux pas.

PS: j'en connais deux, au moins, qui sauront dans ces lignes, s'ils les lisent, repérer mes clins d'oeil à L.

L'un est à Montpellier. Souffle dans ton saxo, mon frère mon camarade, et laisse voler ton énergie jusqu'aux mânes de Coltrane... L'autre est à Saint-Denis, fais briller cette poésie que tu as dans le cœur, et prépare ton spectacle, au bercail d'Aubervilliers, où viendront tous ces artistes que tu connais, qui continuent de chanter à l'écart du commerce.

Pour le reste... Le silence!

01/11/2009

Quoi de neuf au courrier? des artistes contre la torture musicale

Imaginez l'horreur. Enfermé dans un lieu tenu secret, vous vous retrouvez contraint d'écouter vingt jours de suite et sans discontinuer, LA MEME chanson de mettons... CALI (je dis celui-là,  j'aurais tout aussi bien pu dire Yannick NOAH). Ni trêve, ni repos. A 3 minutes la chanson, cela nous mène à 20 fois par heure. 480 par jour. En 20 jours, 9600 fois.

Voici le genre de torture mentale qu'enduraient les prisonniers de Guantanamo, nous révèle Courrier International cette semaine, dans un article qui fait froid dans les Trompes d'Eustache.

Cour991 
Certes, j'ai un peu trop appuyé sur la craie. Grossi le trait. Exagéré l'horreur, pour les vertus de la démonstration. Dans le vrai monde, dans les vraies geoles où croupissaient de vrais gens, remplacez juste Cali par Eminem, ou Noah par Nine Inch Nails. Cela n'en demeure pas moins assez terrifiant.

Imaginer que la chanson, la musique, puissent être utilisées comme éléments de torture mentale, un peu comme sur NRJ mais en pire, nous démontre s'il en était besoin que l'homme est bien un loup pour l'homme. Même Jack Bauer, en 7 saisons de lutte contre les pires méchants de la planète, n'avait eu l'idée, ni poussé aussi loin la détermination pour faire avouer leurs méfaits aux terroristes. Et réciproquement, soyons juste, aucun d'eux n'avait poussé l'ignominie jusqu'à infliger au peuple américain le même tube de Linda Lemay, passé en boucle ad libitum par la voie des airs, ou le piratage des ondes. Ou bien les scénaristes de séries manqueraient-ils d'audace?

La réalité dépasse toujours la fiction...

"A un certain volume, le son engendre une saturation sensorielle, il détruit la subjectivité et peut [induire] une régression vers un comportement infantile", explique dans l'article Suzanne G. Cusick, professeur de musique à l'université de New York, et (tenez vous bien) spécialiste de l'usage de la musique comme instrument de torture dans les guerres actuelles.

Face à cette découverte, un paquet d'artistes se mobilisent pour dénoncer l'horreur. Leurs mobiles peuvent être variés. Rosanne Cash, fille de Johnny, en appelle au plus élémentaire humanisme. Mais on peut imaginer que certains protestent juste parce qu'on a utilisé LEUR chanson! On doit admettre que c'est  assez vexant. Mon rap, une torture? Il te plait pas mon rap? D'autres, va savoir, n'auront peut-être pas été PREVENUS avant, comme il sied lorsqu'on s'apprête à utiliser un refrain pour une pub, un générique, une B.O.? D'autres peut-être contestent le non versement de droits d'auteur, l'utilisation à des fins de produits dérivés non prévus au contrat d'édition initial? A 9600 fois les vingt jours, tu mesures le manque à gagner?

S'en trouvera-t-il pour déplorer qu'on N'AIT PAS utilisé leurs morceaux? Il vous plait pas, mon rap?

Je sais. Je salis tout. J'ironise à vil prix à l'encontre d'une authentique indignation humaine, je dénigre une prise de conscience collective, oubliant que jadis, ce furent ces mêmes artistes pop (que j'adulais) qui se levèrent pour dénoncer la boucherie du Viet-Nam. Que ce furent aussi les artistes qui désignèrent le scandale Sun City, au coeur du système de l'apartheid; et qui soutinrent Mandela, et ne furent peut-être pas pour rien dans sa libération finale.

Je ne devrais pas ironiser.

D'autant que tout de même! s'avaler 9600 fois en vingt jours "We are the champions" de Queen!!! Même sur TF1 les soirs de Champions' League, ils n'osent pas aller aussi loin dans l'horreur. Encore que... Si on se qualifie contre l'Eire, va savoir s'ils ne seraient pas foutus d'y penser.

... Un loup pour l'homme, je vous dis.


20/09/2009

Resse, Pire to Peer (4) : Ray Ventura et ses Collégiens

En ce week-end de nouvel an juif, ça me fait fête de rendre hommage à l'extraordinaire Ray Ventura, le temps d'une chanson à l'ancienne, d'une époque où il n'était pas "mal vu" de faire sourire "avec les accents".

Aujourd'hui l'HACHEB serait probablement conviée à verbaliser pour offense! Mais coup de bol, l'HACHEB respecte la prière du vendredi, le shabat, et le jour du Seigneur!

En prime, je vous mets aussi celle-là, des mêmes, mais d'avant guerre, qui restera toujours ma préférée! Bon dimanche!

09/09/2009

Les RTT de Mossieur Resse (3 bis): Beatles'day, today!

Retour en cette journée Beatles avec trois titres  moins connus, mais qui me procurent toujours le même plaisir à l'écoute. Oeuvres mineures? Faut voir!!

I don't want to spoil the party... Une chanson sans prétention, mais dont j'adore la mélodie, et la reprise de la partie vocale par Paul...
  Eight days a week... Beaucoup plus connue, un peu "molle", au niveau du rythme. Les Wings de McCartney en faisaient une version beaucoup plus enlevée. Mais j'aime "trop" le break du milieu! Hey Bulldog...Là encore, chanson mineure, mais la complicité guitare piano est totalement ebourrifante. Et le riff de George me donne l'envie d'y retourner. Où? Comment ça, "où"?

Les RTT de Mossieur Resse (3): Beatles'day, today!

Le Mercredi, ici, c'est le jour des mes RTT. Mon bol d'air. Mes petites icônes, mes jardins secrets, mes petits bonheurs à moi. A partager avec les amis fidèles...

Un jour par semaine, un jour seulement,regarder la vie du bon côté... sans toutefois en abuser.

9-9-09... Aujourd'hui le monde entier est Beatles. Après cinq ans de travail, les bandes des albums ont été remasterisées, les 2 survivants ont donné leur accord et les héritiers des 2 disparus aussi. Je les ai tous en vinyles, je les ai tous en CD, j'ai les VHS et les DVD de l'anthologie, des bouquins par dizaines (le dictionnaire anglais français des Beatles, notamment, où figurent tous les mots présents dans les chansons). Je sais que sur certains blogs je passe pour un vieux con réac parce que je continue de penser qu'il s'agit du plus grand groupe jamais réuni. Que ces blogueurs se rassurent: JE suis EFFECTIVEMENT un vieux con réac!!

Ce matin, 3 de mes chansons favorites du groupe, parmi les "incontournables".

Help est une perfection. La voix de John, les choeurs, la force entraînante de la mélodie...

La vidéo d'All you need is love est un souvenir inoubliable de mes 10 ans, l'entrée dans le Summer of Love, un monde nouveau paraissait s'ouvrir...

Et puis le final de Sergeant Pepper's.  "LE" disque, pour tant de personnes de ma génération, et les paroles au dos de la pochette, si souvent chantées avec application pendant que tournait l'album sur la première "chaîne stéréo".

Et retour cet après midi, pour trois beaucoup moins connues, mais que j'adore également...

06/09/2009

Ressepire to peer (2): Mary, fais ta fière...

Constat 1: Il y a des chansons qui vous accompagnent tout votre vie.
Celle là... Mes potes et moi, on aimait la jouer dans la cave où on passait nos dimanches.
Il y a une éternité... Mais précision: sans les chemises à carreaux...
 
 
Constat 2: il y a des "reprises" qui vous balayent sans rire la version originale, si bonne soit elle.
Celle de Ike & Tina est du nombre. On a beau savoir que Ike la cognait comme un damné fils de pute, jamais Tina n'aura chanté aussi bien que lorsqu'elle était sous sa férule. Et cette version est la meilleure que je connaisse. Monstrueuse.
On croit que c'est fini, et il  y en a encore un peu...
 

30/08/2009

Ressepire to Peer (1) : Les Etrangers

Spécial Dédicace à mon ami Vincent.

Le Dimanche, c'est juste une musique. une chanson. Un disque.

Cette semaine, une version des Etrangers, avec Ivry Gitlis, encore plus belle que celle du disque, s'il est possible, enregistrée pour le Grand Echiquier.

19/05/2009

Nanar et Léo

J'ai appris la sortie d'un DVD de Bernard Lavilliers en hommage à Léo Ferré qui était, nous confie le chanteur vivant, un ami proche du chanteur et poète disparu. Cela ne m'a guère surpris. Lavilliers avait déjà repris le texte sublime de "Préface" lors d'un album dédié aux poètes. Et avait chanté Est-ce ainsi que les hommes vivent?, mis en musique par Léo.

Ferré n'était pas avare semble-t-il de son amitié. Je me souviens des baisers qu'il envoyait à Francis Lalanne alors que celui-ci venait d'exécuter Avec le Temps sur la scène des Francofolies. Des hommages comme celui-là, pourtant, avaient de quoi vous coller le blues pour une décennie, ou vous rappeler l'aphorisme de Cioran " il est surprenant que la perspective d'avoir un biographe n'ait dissuadé personne d'avoir une vie". Remplacer biographe par admirateur transi, vie par oeuvre... vous aviez Ferré à la Rochelle écoutant Lalanne.

Un peu plus tard, à son décès, ce week end du 14 juillet 93 où je ruminais ma peine seul à Paris, j'entendis sur France Info, la nuit (j'étais sorti faire le tour de Paris en bagnole, tenter d'égarer ma tristesse) qu'il était aussi un ami proche de Didier Barbelivien, et franchement, ça ne m'avait pas consolé. Sacré Léo. D'un autre côté, je trouve cela magnifique, l'idée d'une amitié qui transcende les "clivages". Peut-être que c'était vrai, qu'il l'aprréciait vraiment, et qu'il était sincère. Pourquoi ne pas imaginer qu'on peut être ami "vraiment" avec Barbelivien?

Il n'empêche, ça colle mieux avec Lavilliers. Tout comme je reconnais plus aisément  LeForestier en héritier de Brassens, plutôt que Cabrel. Totale subjectivité.

J'ai entendu quelques extraits de ce spectacle, et mon ami Raymond Roule Y Dort, dont j'ai déjà vanté ici plusieurs fois les mérites, grand connaisseur de la chanson française en général, et de Léo en particulier, m'a confié qu'il appréciait l'hommage.

Allez... je me l'offrirai bientôt.

PS: j'ai trouvé un clip vidéo promo sur le net... mais il ne s'affiche pas. Ils sont doués, chez Universal...

25/10/2005

Royaume de Narcisse

Je lis en ce moment "Le règne de Narcisse" du psychiatre, psychanalyste et prêtre Tony Anatrella. Il y fustige la pensée dominante ultra individualiste aujourd'hui triomphante, où la réalisation et "l'accomplissement" de tous ses désirs constitue le seul et unique projet acceptable de l'individu, que la société est sommée de valider en tous points, au nom du respect des "droits" et d'une vision discutable de "l'égalité"; dont l'aboutissement sera la reconnaissance du mariage des personnes de même sexe, et la validation par l'Etat de l'homoparentalité comme principe acceptable, affirmé comme progrès en soi, ce que conteste l'auteur à travers maints arguments.

Autant le dire, l'ouvrage, assez peu médiatiquement correct, ne bénéficiera pas d'une promotion démente par la presse et la télévision, même si je dois reconnaitre que j'en ai eu connaissance à travers une émission de radio diffusée la semaine passée.

Il était au reste amusant d'entendre la journaliste préciser toutes les cinq minutes qu'inviter l'auteur ne signifiait en aucune manière qu'elle partageât ses thèses le moins du monde. Quelques auditeurs vinrent réagir aux propos du psy. Certains pour l'approuver. D'autres ne partageaient pas loin s'en faut son analyse. Ils ne purent alors s'empêcher d'exprimer leur indignation, leur froide colère qu'on pût ainsi développer une thèse opposée à la leur. Ce qui est pourtant la vertu même du débat. On put même entendre qu'inviter un tel homme était proprement indigne. Comme si le seul fait de contester cette évolution possible de la société relevait de l'infamie. Le mot d'homophobie fut alors prononcé (et rappelons qu'il s'agit aujourd'hui d'un délit). Dès lors l'auteur ne put davantager étayer sa thèse, mais fut contraint de démontrer que son opposition de principe s'entendait au plan d'une vision de la société et de son évolution, ne révélant en revanche aucun mépris pour les personnes et leurs inclinations sexuelles.

Je ne souhaite pas ouvrir ici le débat sur ces questions. Juste souligner comme est étonnante cette société de liberté où l'on ne peut plus réfléchir, penser, commenter telle ou telle évolution possible du corps social, dès lors qu'une frange de la population a réussi à placer le thème sur le terrain a priori intouchable du droit à l'égalité, l'échange d'arguments contradictoires n'étant plus possible que sur celui de la culpabilisation.

Voulez-vous que je vous dise? Une société comme celle-là se prépare avec le populisme, avec les votes protestataires (remember 2002? 2005?), avec le puritanisme et les retours de bâtons, des lendemains de fortes fièvres... Et ne croyez surtout pas que cela, me réjouisse un seul instant.

30/09/2005

Aviss à la populazione

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