12/03/2010

Mini journal de mes états d'âme, dieu merci c'est vendredi

Si on m'avait dit qu'un jour j'achèterais un disque de Joan Baez... Fût-ce sur i-tunaz... fût-ce la compilation"sings Dylan"...

Je viens de finir le 3eme tome du journal (2002-2005) de Maurice G. Dantec, "American Black Box". On me dira que j'ai décidément de bien mauvaises fréquentations littéraires, ces temps-ci. Qu'il s'agit d'un paranoïaque égaré dans les méandres d'un mysticisme chrétien mal digéré, doublé  d'un psychopathographe voyant partout des djihadistes gauchisants. Restent des fulgurances, une audace, le rejet de la médiocrité culturelle environnante, cette seule pandémie contre laquelle nos agents d'ambiance n'organisent, curieusement, aucune mesure de prévention sanitaire, ne se sentent obligés par aucun devoir de précaution. J'oserais dire que depuis l'Armaguédonpocalypse annoncée par Dantec, à la lumière des événements de la période 2002/2005, nous avons beaucoup progressé

Je me bats contre les papiers. L'envahissement paperassier est une des dix plaies d'Egypte du travailleur indépendant. Evidemment, mon comptable me réclame, pour clôturer le bilan, LE document URSSAF sur lequel je ne remets pas la main. Celui-là, précisément, dont je suis sur de l'avoir annexé aux dix kilos d'autres papiers nécessaires à justifier de mon activité "professionnelle". Encore n'ai-je pas d'employés.

Il faudrait que j'aille faire le point avec "la caisse de retraite", voir si sont bien comptabilisés les quelques années fastes qui ne compteront pas pour rien à l'heure où je solderai mon compte , pour entrer en vrai dans la dernière ligne droite. Je songe à ce cousin qui bossa comme un damné toute sa vie, mais jurait que lorsqu'il aurait "soixante ans sonnés", il profiterait alors "pleinement" de sa retraite. Il mourut à soixante ans et deux mois...

Demain, et merci mille fois au lecteur qui m'a signalé l'initiative, j'irai écouter Lucchini dans une lecture d'extraits de Philippe Muray, dont j'ai si souvent parlé ici, pour le désigner comme l'homme qui a changé ma façon de voir le monde (et sans doute certains de mes amis penseraient que "je pensais mieux, avant". Muray lui aussi, est mort, autour de la soixantaine, d'un cancer du fumeur, peu après avoir publié un pamphlet condamnant le harcèlement des hygiénistes. Ca s'appelait "je fume, pourquoi pas vous?". Amusant, non?

... Je vais mourir, pourquoi pas vous?

Si on m'avait dit qu'un jour j'écouterais tout un disque de Joan Baez... fût-ce la compilation"sings Dylan"...

Et avant de rire, écoutez donc celle-là.

http://www.deezer.com/listen-3507618

11/03/2010

Et pourquoi moi j'ai pas réussi dans le slam?

Ma région je l'aime un peu plus humaine. Dit le slam du modem voir post précédent.

Je l'aime et humaine. Ca RIME MEME PAS! Or si'il y a un truc qui est clair dans le slam, m'dam, c'est que ça rime, et même pour ça on trime, alors sincèrement, le slam du modem qui fait rimer "je l'aime avec humaine", c'est porte nawak! Une honte, une daube! d'autant qu'on pouvait dire odieux, bien des choses en somme!

Ma région je l'aime, alors vote modem,

ou alain dolium va finir au valium

ma région je l'aime, dans mon hlm

avec alain dolium dans un sanatorium

ma région je l'aime, de pâques à carême

avec alain d'holium on s'fait confiance en somme

ma région je l'aime, et sur mon totem

j'ai tatoué dolium, c'est tatoué un homme!

je kif le modem, c'est mon théorème

et ma vie de bohéme, je la vis comme une flemme

je roule pas en BM, mon zguegue c'est pas un nem,

je suis même TBM et j'ai pa d'problèmes

ma région je l'aime c'est la région SM!

Le beau slam du modem pour attirer les jeeuuuunes jusqu'aux zurnes

Dans la série comment faire de la comm' pour nous ridiculiser un peu plus que de raison à deux jours de l'élection, nous avions goûté le lip-dub des écolos bovésiens, navrant, puis celui de l'ump, pathétique. Cette fois-ci, savourons le slam anorexique du modeeeem, "ma région je l'aiiiime", qui du moins aura  eu le bon goût (souhaitons-le) de ne pas coûter trop cher, pondu qu'il a été, probablement, dans un atelier d'écriture pour autistes débutants (population chez qui je m'empresse de préciser que nous ne comptons, naturellement, que des amis).

C'est pas du slam c'est un drame,

dont la trame anémique aussitôt lue rend l'âme,

un slam qui rame, en métro comme en tram', oué, non mais, délire! M'sieurs Dames!

Un slam aussi clair que la prose à VanDamme,

slam étonnerait pas que tout le monde en réclame,

sur facebook ou twitter pour faire marrer les quidams!!

Rappelons-nous aussi, lorsque nous lirons ce texte aux accents céliniens (puissant comme du céline dion), que le ci-devant Bayrou, patron du Modem, est agrégé de lettres.

Comptons alors les fautes d'orthograff de cette po-eazy urbenne, pour constater que depuis son passage à l'Education naze'ionale, le niveau n'a pas autant monté que sur les bords de l'atlantique par gros temps.

Si tu ne veux pas voter, tu voteras quand même.

J'entends ce matin que le taux d'abstention aux Régionales de dimanche pourrait atteindre des niveaux rarement vus. Comment ne pas en être surpris, n'est-ce-pas? La crédibilité de nos hommes et femmes politiques ne constitue-t-elle pas un levier suffisant pour nourrir sereinement la motivation de l'électeur? La richesse du débat n'est elle pas de nature à lever les derniers doutes polluant l'esprit des possibles abstentionnistes? La diversité des  approches ne vous suffit-elle donc pas? Que vous faut-il, sacrebleu, pour retrouver le chemin des zurnes?

Navrés des scores minables qui s'annoncent, certains analystes relancent l'idée d'un vote "obligatoire", et leur premier argument est souvent de rappeler que "c'est déjà le cas en Belgique et au Danemark".  La République singeant la Royauté, en somme. On avance. Le deuxième consiste à rappeler "que des hommes sont morts ou se battent pour obtenir le droit de vote", ce qui est pure vérité, mais n'entraîne pas pour autant une quelconque obligation à rejoindre la file indienne des électeurs asservis, sinon vu d'une morale à cent balles, du genre "finis ton gras de jambon il y a des enfants qui meurent de faim et seraient contents de l'avoir dans leur assiette".

C'est aussi oublier que la contestation même du principe démocratique est un droit démocratique. Les anarchistes, les royalistes ultras ont tout à fait le droit de ne pas se reconnaitre dans le système dominant.

Comme dans mon billet d'hier, revient, lancinante, cette idée que tout le monde doive penser, agir, s'indigner, s'émouvoir, et réagir d'une seule tête et d'une seule voix, dans un monde formaté où tout ce qui ne sera pas rigoureusement interdit sera fondamentalement obligatoire.

Dimanche, je reste dans mon lit douillet. Faut vous le dire comment? En rap, en slam, en vers, en prose, en verlan, en wolof, en dialectal, en breton, en gallo, en basque, en béarnais? L'Ile de France décidera ce qu'elle veut, ce sera sans moi. De toutes façons, qui qu'elle choisisse et quoi qu'elle fasse, tout continuera dans la même logique. Et si cela devient obligatoire, n'hésitez pas à m'envoyer la note de l'amende. Comme pour le racket automobile, je suis grand seigneur, j'ai l'habitude de payer cash.

10/03/2010

Pour aller au fond du fond de ma pensée. Mossieur Resse voit des fachos partout.

Je vais être brutal. Je pense que nous sommes entrés en France, dans une phase avancée de fascisme insidieux. On a quitté depuis belle lurette le stade du "politiquement correct", ce concept fumeux à géométrie variable qui consistait pour l'essentiel en une réécriture maquillée du réel, pour entrer de plein pied dans le despotisme de la pensée, et la tyrannie culpabilisatrice des néo puritains.

Mais là où la doxa désignerait volontiers le pouvoir en place (les flics et les juges, sous contrôles de la funeste troïka Besson-MAM-Hortefeux) comme seul ordonnateur de ce terrorisme mou, je vois s'agiter quantité d'autres procureurs, en réalité bien plus dangereux, puisqu'ils avancent grimés, masqués,  et prêts à jurer qu'ils n'agissent que pour le bien commun et le respect universel. Ce sont en réalité des vautours. Prêts à vous déchiqueter dès lors que vous ne partagez pas leur dogme, n'acquiescez pas à leur diktat, n'applaudissez pas à leur réécriture de l'histoire, et n'approuvez pas sans réserve le monde absolument merdique qu'ils nous proposent comme avenir radieux.

Plus ils vous parlent des vertus de la différence, plus ils s'acharnent à imposer leur pensée unique et à promouvoir leur empire du Bien, du Mieux, du Parfait. Plus ils vantent les mérites de la diversité, plus ils bâtissent des zones d'habitations étanches dont ils s'empressent de faire fuir les anciens habitants, pour mieux protester ensuite qu'on n'y trouve plus aucune mixité. Et ils baptisent alors "communautarisme blanc" ce qui reste de monde à l'ancienne, c'est-à-dire du monde ayant eu l'audace d'exister avant eux. Il y aurait de même, à dénoncer d'urgence, du communautarisme breton  de Quimper à Paimpol... Plus ils vantent "la France des droits de l'homme", plus ils bafouent les principes républicains sur lesquels cette France s'est historiquement construite. Plus ils célèbrent "les lumières", plus ils déroulent le tapis rouge à l'obscurité, l'ignorance, le fanatisme, et l'inculture. Chaque fois qu'ils appellent à la tolérance, soyez certains que c'est pour mieux promouvoir le droit inaliénable des nouveaux intolérants à s'imposer en maîtres.

On me dira que j'exagère, que je déforme, que j'amplifie, que je dramatise. Je préfère encore passer pour un imbécile que d'être un de ces "idiots utiles", qui par candeur, naïveté, aveuglement, ont toujours fait, aujourd'hui, au nom de ce qui leur semblait le bien en marche, le lit des tyrans de demain.

09/03/2010

Statistiques ethniques, qui n'existent pas, mais existent quand meme un peu parfois

Dans le débat qui s'amorçait hier après l'émission où Zemmour s'est fait flasher par la patrouille en flagrant délit de propos inadmissible, ("plus de (entendez "+ de", délinquants chez les arabes et les noirs", affirme-t-il, ceci expliquant le plus grand nombre de contrôles dont sont victimes, "du coup", tous les noirs et arabes, gentils et honnêtes inclus), le premier argument, imparable, qu'on a opposé à ce trublion est que les statistiques ethniques n'existent pas dans notre pays. Ce qui revient à dire que toute généralisation, sur quelque sujet que ce soit où interviendrait la question de l'origine est chez nous impossible. Ainsi Zemmour aurait-il mieux fait, sur le sujet, de tourner 7 fois sa langue d'aspic dans sa gueule de vilaine fouine audiovisuellement intempestive, avant de risquer pareil argument.

Ce sujet même (statistique) a interpelé plusieurs des lecteurs d'ici, pour des raisons que je ne partage pas forcément, d'ailleurs. Mais le débat est intéressant pour ce qu'il révèle à mes yeux.

D'un côté nous savons qu'il est d'ardents défenseurs "des minorités" qui verraient d'un très bon oeil l'apparition de telles méthodes. Ainsi le patron du CRAN, ou Yazid Sabeg. Fervents promoteurs de la "discrimination positive", (principe qui je le rappelle m'apparait éminemment anti républicain. Et qui a donc, à ce titre, toutes les chances de voir bientôt le jour) ils assurent que si de tels outils existaient, ils permettraient de pointer beaucoup mieux qu'on le fait aujourd'hui, l'étendue des injustices dont sont victimes, pour faire court, les immigrés venus d'Afrique et leurs enfants (fussent-ils eux-mêmes français).

A quoi il leur est rétorqué que le principe même d'une statistique ethnique vous a un arrière-goût de pastille de Vichy, assez peu agréable en bouche. Imaginez l'usage qu'en feraient de vilaines mains, réfléchissez aux conséquences détestables, voire franchement liberticides, et rangez s'il vous plait l'idée dans son carton. En somme, l'essentiel n'est pas de sortir un chiffre de son chapeau, mais de savoir à quelles fins on se reconnait le droit de le sortir, et pour défendre quelle thèse. En même temps, tout dépend aussi de la rigueur méthodologique présidant aux recherches.

Si je déclare que tous les 500 zambiens à ma gauche sont français, et que je fais une statistique sur les zambiens résidant en France, ceux situés à ma gauche ne seront plus comptabilisés. Tous zambiens qu'ils soient en réalité.

Parcourant aujourd'hui, tout à fait par hasard, la newsletter Novéthic à laquelle je suis abonné davantage pour raisons professionnelles que par conviction profonde, je découvre une interview du Président de la Halde, Louis Schweitzer, (il quitte sa fonction, on dit que Malek Boutih pourrait le remplacer, encore un qui va se faire débaucher du PS, vivement qu'ils retrouvent le pouvoir qu'on puisse enfin récompenser des hommes de droite!). Celui ci affirme qu'il n'est « Nul besoin de statistiques ethniques pour mesurer », les descriminations. Il s’est précise le journaliste, toujours prononcé contre cet outil de mesure. « Nos statistiques et enquêtes suffisent à démontrer qu’un Africain a 4 fois moins de chances d’obtenir  un emploi à compétences égales avec un Européen, et qu’une personne d’origine africaine ou maghrébine a 9 fois moins de chances de louer un appartement sur le marché privé ».

Il n'y a donc pas de statistiques ethniques, mais il y a des statistiques qui permettent de "discriminer" (au sens scientifique, en l'occurrence: insérer une variable discriminante, c'est permettre de faire un calcul qui l'intègre) tel type de personne à partir de son origine.

On pourrait donc très bien imaginer que si des statistiques non ethniques existent permettant de faire quand même des calculs indiquant l'origine et qui ne choquent pas les gens de la Halde, de telles statistiques pourraient "aussi" exister pour répondre à tout un tas de question sociologiques, incluant, résultats scolaires, réussites aux examens, nombre d'enfants par foyers, taux d'emploi et de non emploi, délinquance, contribution à la réussite sportive du pays, etc. Mais on pourrait de même, comptabiliser la part des bourguignons, des alsaciens, des myopes, et des allergiques à la farine de lin. Il y a des questions qu'on peut poser, qui n'ont aucun sens. Il y en a d'autres qui en ont réellement: QUI, je veux dire QUI? est habilité aujourd'hui à en décider???

En vérité, je ne suis pas loin de penser que ces statistiques dont on nous dit qu'elles n'existent pas, existent quand même un petit peu... au moins pour nourrir la réflexion de la Halde etdes partisans de la discrimination positive, dont je ne peux un instant penser qu'ils bâtissent leurs argumentations sur des données fantaisistes ou de la simple pifométrie farfelue. Mais la crainte qu'elles soient instrumentalisées par de mauvais esprits est telle qu'on n'osera jamais porter leurs éventuels résultats à la connaissance du public, toute théorie du complot mise à part.

Il y a quelques années, une association dont j'étais un dirigeant, participait aux travaux de commissions de la CNCDL (Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme). J'y avais vu passer une statistique qui pour n'être pas ethnique, n'en était pas moins dérangeante. Elle émanait de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, sous la direction de Farhad Khosrokhavar, qui y est directeur d'études depuis des années, et s'intéresse à l'Islam en Europe. Ces statistiques "non ethniques" permettaient de préciser la proportion de musulmans dans la population carcérale française.

Les résultats n'ont jamais été contestés par personne, n'ont donné lieu à aucune polémique ou attaque de la part des organisations antiracistes.  

Notons enfin, et remercions pour cet envoi La blogueuse ZeYesla contribution d'Alain Bauer interrogé sur Canal +. Ce criminologue bien connu, par ailleurs ancien Grand Maitre du Grand Orient de France, rappelle qu'il y a effectivement plus de chances de trouver des trafiquants de drogues parmi les jeunes individus de sexe masculin plutôt que dans la sous population des vieilles dames, (n'importe leur couleur de peau) et que par définition, la recherche d'individus étrangers en situation irrégulière aboutit nécessairement à une sur-représentation des étrangers parmi les délinquants, arrêtés, les autres ne pouvant faire partie du lot. C'est subtil, les stats, parfois...

J'y note aussi le quasi-réflexe pavlovien s'étonnant que Zemmour ait pu tenir son propos (qui juste ou pas, n'appelait ni à la haine ni au dénigrement de quiconque "pour ce qu'il est".  A quoi Bauer répondit, tranquille, que l'essentiel n'est pas les questions que l'on pose, mais les réponses que l'on apporte, et qu'il est par nature enclin à préférer la liberté d'expression à la censure.

Sauf qu'il y a quand même, en ce pays, une maladie contagieuse qui  ne réagit plus que par restriction a priori de la liberté d'expression, pour quiconque ose penser et parler en dehors des clous.

Ces "Maitres Censeurs" dont parlait Elisabeth Lévy, sont curieusement, et de plus en plus souvent je le remarque des journalistes...

08/03/2010

La polémique Diallo-Zemmour chez Ardisson, et deux remarques pour l'apprécier

Vous allez le voir circuler en boucle sur le web. C'est un extrait d'émission dite de "débat", entre une jeune femme franco-africaine nommée Rokaya Diallo, qui sévit parfois dans l'émission de RTL, "on refait le monde", en fin de journée; et le franco-nostalgique Eric Zemmour, qui sévit sur la même radio, mais plutôt tôt le matin. Au moins ne se croiseront-ils pas dans l'ascenseur.

Les deux se prenaient donc de bec, samedi, dans le talk-show ardissonnien. Le maître des lieux ne demandait guère mieux, un bon buzz, sur fond de débat segmentant; et tiens... au hasard... l'identité nationale.

Je n'ai pas trouvé le moyen d'insérer sur ce blog l'extrait qui fait jaser. Mais vous pouvez le visionner . Sans même s'attacher aux idées défendues par les deux protagonistes, il y a deux manières de l'approcher:

1. Venir avec son idée qu'a priori, Zemmour est un réactionnaire assumé, tendance maso probablement, qui ne se sent jamais plus à son affaire que seul contre tous. Et là, vous verrez, il est servi. Zemmour a tout du type que vous adorerez haïr, gueule de fouine, prétention à défendre la culture classique, collaborations au Figaro. Sa propension très incorrecte à affirmer des horreurs très à contre courant (dans cet extrait: "il y a plus de délinquants chez les blacks et les arabes") vous donneront immanquablement envie de prendre fait et cause pour son accusatrice.

2. Se rappeler les conditions et contexte de fabrication des émissions d'Ardisson. Elles sont enregistrées, dans un temps plutôt TRES long, mais montées ensuite de telle façon qu'on a l'impression d'une discussion vive et conduite à bâtons rompus. N'y sont conservés que les extraits qui conviennent "au maître des lieux". Se souvenir alors que Madame Diallo travaille "aussi" pour Canal +.

Constater le nombre de fois où elle coupe la parole, pour mieux pointer ensuite que son adversaire "s'énerve". Il faut bien admettre qu'il ne peut en  placer une. Noter lensuite e nombre de fois où les propos de Zemmour sont, de même, détournés de leur intention initiale (et j'insiste: je reste sur la forme, pour pointer ce qu'elle a ici de manipulatrice, le fond restant du point de vue de l'opinion individuelle). Elle use à merveille (consciemment ou non) de la bonne vieille méthode permettant d'installer  un conflit: déformation des propos, amplification et généralisation, puis filtrage des arguments gênants de l'adversaire, pour n'avoir pas à y répondre.

Mon sentiment: Zemmour (qui à l'évidence, adore ça) se retrouve dans ce genre de trompe-l'oeil audiovisuel qui, sous les apparences d'un débat équilibré, relève d'un guet-apens.  MAJ: le premier intéressé précise aujourd'hui sur le Post qu'il ne l'a pas ressenti comme ça... qu'il est venu promouvoir son livre, et maintient ses propos. Il regrette donc le titre "Zemmour dérape". Je maintiens pour ma part l'attention manipulatrice du producteur, car elle ne concerne pas que la victime, mais aussi tous les spectateurs qui le cas échéant, ne la voient pas mise en œuvre.

J'ai repensé à Renaud Camus, expliquant récemment au magazine Médias comment, sortant de la même émission convaincu de la qualité de sa contribution, où il lui avait semblé défendre sereinement ses positions, il s'était découvert "un autre" à l'antenne: totalement sur la défensive, perdu, diminué, presque laminé.

Là, Zemmour reste fidèle à lui-même. C'est à dire, selon qu'on l'apprécie ou le déteste, courageux ou détestable. Mais le montage à l'évidence est totalement construit pour le placer en position d'accusé, pour valoriser son interlocutrice "dans le rôle de la gentille", alors qu'elle est en réalité, DURANT L'ECHANGE, dix fois plus intolérante et manipulatrice que lui. Mais elle est jeune, femme et de couleurs, quand le premier communautarisme serait aujourd'hui "masculin et blanc", selon ses termes. Cela excuse probablement ceci.

Et décidément on peut faire confiance à Ardisson pour produire des échanges de qualité, pas du tout formatés, et en rien manipulateurs...

Buzzometre spéciale femme chez Mry... et Mossieur R. en guest star

Il ne vous aura pas échappé que nous sommes le 8 mars, journée internationale des femmes.

Pour fêter ça, le très séducteur Mry, animateur sur le net du "Buzzometre", s'est fendu d'une spéciale "femmes dans les agences de comm".

Pour ceux qui l'ignorent encore, le principe tourne autour d'un débat d'un petit quart d'heure, à l'issue duquel un "contreur" vient dire ce qu'il a pensé, en bien ou mal, des propos entendus...

Croyez le ou non, le contreur dans ce spécial femmes... Contre les femmes, tout contre... Enfin, quand j'arrive à m'asseoir!!

Buzzometre #7 : De la place des femmes dans les agences... from mry on Vimeo.

07/03/2010

JoeyStarr et la Burqa

Vaut tellement mieux entendre ça que l'autre gourde...

"C'est arriéré... je comprends que pour beaucoup de gens ce soit inadmissible"...Dans un pays où les gens se sont battus pour leurs droits... 

Ok, Joey, merci pour ça. Si ça fait que trois quatre mômes aux franc-moisins y réfléchissent, tu n'auras pas causé en vain...

Joey Starr : "la burqa, c'est arriéré !"

Certains viendront me rappeler qu'il a souvent eu la main leste, lui-même... Autant que les autres, il a le droit de s'amender, et puis comme dit l'autre, "il a payééé sa deeeette à la sô-cié-téé".

Définitivement trop vieux pour ta musique

Que je vous fasse une confidence. J'ai passé la journée d'hier, la soirée, puis la nuit, au fond de mon trou, au fond de mon lit, malade, la tête dans le seau, je ne suis plus assez souple pour l'avoir dans le cul, passant du sommeil à la somnolence et de l'épuisement à la catalepsie. Aujourd'hui ça va mieux merci.

Que je vous en fasse une autre. Je ne regarde JAMAIS, ou alors en zapping, les prétendues "victoires de la musique", qui pour moi sonnent chaque année le glas du peu d'appétit qui me reste pour la chanson française. Je me contente généralement de vérifier le palmarès pour constater que tous ceux auxquels j'accorde un peu de talent, ou plus si affinités, sont désespérément absents du lot, que les tocards de l'année sont plus navrants que ceux de la précédente, et plus nombreux aussi. Qui se ressemble s'assemble. Chaque année l'armée des clones de clowns revient sur le lieu de ses crimes.

A découvrir les noms des gagnants, j'y ressens toujours un rien de solitude. Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre musicothèque... Mes critères sont marqués des sceaux de l'infamie et de l'obsolescence. Chaque fois que j'allume une radio, je me désole et me navre de ce que j'y entends. Mélodies d'une pauvreté de comptines maternelles. Paroles charabia qu'on rebaptise poésie urbaine pour dauber le chaland qui de toutes façons a des oreilles de chien de Pavlov, et applaudit là où on lui dit de faire. Vacuité du fond, platitude du style, navrance de la forme, qui donc réveillera Jacques Canetti ?

Je sais ce que vous allez me dire... pauvre ami, mon pauvre vieux, relis ce que tu écris, on dirait un sénile bavant, c'était mieux avant...

Non.

C'était, tout simplement.

Et ce Rien qui a remplacé la création (bonne nouvelle, Diam's fera bientôt le printemps de Bourges, allez y couvert(e)s!), ce Rien je vous le laisse, et sans regret aucun, ni l'ombre d'une hésitation! Foutez-vous en jusque là, si vous pouvez.

Moi, je peux pas.

PS: j'en connais deux, au moins, qui sauront dans ces lignes, s'ils les lisent, repérer mes clins d'oeil à L.

L'un est à Montpellier. Souffle dans ton saxo, mon frère mon camarade, et laisse voler ton énergie jusqu'aux mânes de Coltrane... L'autre est à Saint-Denis, fais briller cette poésie que tu as dans le cœur, et prépare ton spectacle, au bercail d'Aubervilliers, où viendront tous ces artistes que tu connais, qui continuent de chanter à l'écart du commerce.

Pour le reste... Le silence!