64 posts categorized "Ras le bols"

31/08/2009

Pas drole tous les jours, le satut d'esclave...

Déclaré intransférable par son club (le Betis Séville, D2 espagnole) le Camerounais Achille Emana (qui n'est pas, je vous rassure, blessé au talon) ne l'entend pas de cette oreille: «Pourquoi je resterai (ah... ici belle faute de grammaire du journal l'Equipe, mais le jeu continue...) alors que Ricardo Oliveira ou Mark Gonzalez ont eu le droit de partir ? (...) Stuttgart, Bolton et le CSKA ont proposé neuf millions pour moi et ils refusent ? Je ne suis pas un esclave, je ne reviendrai pas après le match que je vais jouer avec le Cameroun», décrète alors notre rebelle.

Ce n'est pas la première fois qu'un joueur "de couleur" s'assimile à un esclave dès lors que le club qui le rémunère n'accède pas à l'intégralité de ses exigences (revalorisations, statut de titulaire comme à la Sécu, possibilité de rompre son contrat sine die). Le guyanais Malouda s'y était essayé avant lui. D'autres joueurs, d'autres origines, vont souvent "au clash" pour les mêmes raisons, mais sans pour autant sortir cet argument de "l'esclave". Comme s'il y avait en somme une automaticité de la comparaison. Comme si elle allait de soi. Comme si ce qui ressortait normalement de relations contractuelles entre employeur et employé, devenait illico entâché de mépris et d'atteinte à la dignité humaine (implicite dès lors qu'on évoque le mot d'esclave, qui n'est pas rien).

Mais naturellement, je me trompe. Il n'y a là rien d'abusif dans le recours systématique à cet argument, venant de travailleurs sous contrats qui sont traîtés mieux que pachas, avec villa et voiture mises à disposition, salaires versés nets d'impôts, sans parler d'autres avantages comme des rétributions en "droits à l'image" très avantageux au plan fiscal. Des esclaves comme ça me donnent assez peu envie de pleurer. D'autant que, nul ne l'ignore, le véritable esclavage moderne existe bel et bien, sans être d'ailleurs un "privilège" reservé aux seuls malheureux venus d'Afrique ou des Antilles. Sauf que la dialectique victimaire en vogue rend indiscutable ce type d'argument que les Jean Footres relaieront volontiers, sans en pointer jamais le caractère proprement indécent.

Car pendant ce temps, les salariés lambda courbent l'échine, se serrent la vis en raison de la crise, assument l'augmentation du chômage partiel, avant d'aller parfois, le week-end venu, sacrifier quelques billets pour applaudir aux esclaves s'agitant sur le pré.

20/06/2009

Concurrence des clercs

Parce que j'ai pondu deux papiers consécutifs sur un sujet d'actualité, un lecteur attentif suggère que je serais sur la question la proie d'une obsession. C'est-à-dire, en somme, malade. Atteint.

C'est une façon assez classique de décrédibiliser l'argument de quelqu'un, vieille comme l'union soviétique et le militantisme aveugle. On n'attaque pas sur le fond de ce qui est dit, on laisse simplement entendre que le sujet rumine l'objet de son obsession; donc qu'il n'a plus, en réalité "toute sa tête" comme on dit. L'usage du mot "phobe" est aussi de ce registre. La phobie est un rejet de type pathologique. Etre je-ne-sais-quoi-phobe, ce n'est pas seulement rejeter ce je-ne-sais-quoi ou je-ne-sais-qui. C'est en avoir une répulsion anormale, au plan psychique. C'est à ce genre d'arguments qu'on voit comme l'intelligence en ce monde progresse. Ose-t-on s'opposer à des idées, à un développement insidieux ou frontal de faits sociaux, qu'on est suspect de déréglement mental.

J'ai reçu aujourd'hui ce courrier par une de ces chaînes dont internet a le secret. Est-ce un hoax? Je ne le crois pas. Pour information, un membre éminent de cette Association, Nawal El Saadawi, psychiatre, chercheuse et écrivain féministe, a reçu en 2004 Le Prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe. Voici ce qu'écrit l'antenne française de cette association au Président de la République. Et qui aura, évidemment, nourri mon obsession.

ARAB WOMENSOLIDARITY ASSOCIATION France
A.W.S.A. France
Siège : 26, rue des Rigoles 75020 PARIS
tel : 06 31 XX XX XX

Mr Nicolas SARKOSY
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
PALAIS DE L'ELYSEE
75008 PARIS


Monsieur le Président,
Notre inquiétude est légitime.
Elle est celle de nombreuses femmes dont le destin vient de basculer dans le non droit et le renvoi à l'obscurantisme suite à une simple annonce dans le Journal Officiel de la République.
En effet, que signifie désormais pour les femmes issues des pays musulmans qui luttent contre le fondamentalisme et les violences issues d'une doctrine religieuse dont elles sont les premières victimes, le Décret du 16 avril dernier publiant l'accord signé avec le Vatican et reconnaissant les diplômes de l'enseignement supérieur catholique en France ?
Ni plus ni moins que la reconnaissance juridique de la charia en France.
Interrogés par des Parlementaires tout aussi inquiets d'un sujet dont ils ont été privés de débats, les ministres concernés ont répondu que cette reconnaissance s'inscrivait dans le cadre du processus de Bologne.
Vous n'ignorez pas que ledit processus, qui n'a, par ailleurs, aucune force obligatoire, englobe des Etats signataires non membres de l'Union Européenne comme la Turquie par exemple.
Or, par application du principe de non discrimination à raison de la religion, reconnaître les diplômes catholiques ouvrira la voie à la reconnaissance obligée de diplômes d'autres religions, dont des diplômes musulmans.

Si l'enseignement de la Charia se trouve ainsi reconnu par la République, les fondamentalistes musulmans pourront en conséquence revendiquer l'application d'un statut personnel aux femmes issues de pays musulmans et surtout justifier les violences autorisées par cette religion à l'encontre des femmes.
Nous aimerions rappeler que la fondatrice d'AWSA-International, Mme le Dr Nawal El Saadawi est l'une de ces victimes du fondamentalisme égyptien et qu'à ce jour, elle est toujours exilée aux Etats-Unis, après avoir reçu en France, comme à travers le monde, le soutien de tous ceux qui luttent contre de telles violences.
Notre Association est la branche française de ce mouvement et a choisi la France pour s'implanter récemment en Europe pour la laïcité de sa Constitution qui institue aussi l'égalité entre hommes et femmes, et de nature à offrir à nos membres une meilleure protection de la part des autorités concernées.
En effet, la République française est laïque. Elle ne reconnaît aucun culte aux termes de ses lois.
Vous avez toute compétence pour abroger un Décret qui est susceptible de préjudicier ainsi à de nombreuses femmes.
Notre Association, qui prône la solidarité entre les femmes arabes et toutes les femmes quelles que soient leurs nationalités s'est jointe au Collectif de la Promotion de la Laïcité et en appelle au soutien et à la solidarité de
toutes les femmes en France pour empêcher qu'on sacrifie ainsi des femmes et leurs droits sur l'autel d'une religion.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos meilleures salutations républicaines.

19/06/2009

Burqa tant de haine?

Après l'appel des députés dont je parlais hier, concernant niqab et burqa, l'actuel président du CMCM à déclaré qu'"Engager le Parlement à travailler sur un sujet extrêmement marginal nous choque", soulignant que le port de la burqa ou du voile intégral "n'est pas une prescription religieuse" et qu'il s'agit d'une "tradition rare" chez les musulmans.
"Evoquer le sujet de cette façon, par le biais d'une commission parlementaire, revient à stigmatiser l'islam et les musulmans de France", a encore déclaré le président du CFCM.

En somme au lieu de comprendre et d'admettre ce que cette pratique, fût-elle rare, (et chacun voit qu'elle n'est pas tant que ça, et même qu'elle se développe), a d'antinomique avec notre conception de la dignité humaine, ce représentant choisit illico la stratégie de tension, usant du traditonnel argument victimaire dit de la stigmatisation, en y amalgamant l'ensemble des croyants de sa religion. Notons comme sa dernière remarque est tout à fait contradictoire avec son argument: s'il s'agit d'une "tradition rare", son interdiction ne saurait viser TOUS les croyants. Sauf à considérer que TOUS en défendent de le principe ou le reconnaissent légitime.

On peut là défendre l'une ou l'autre des deux positions. Mais en aucun cas les deux à la fois.

Rappelons par ailleurs que Les stigmates sont les traces des plaies qui furent infligées à Jésus-Christ au cours de sa crucifixion... Mais le mot est tellement utilisé à toutes sauces par les pleurnichards, les incultes, les minoritaires en quête d'émotions, qu'on n'en est plus à une fois près...

Reste la question de "l'interdiction" de ces pratiques, qui encore une fois ne sont pas des vêtements d'un genre particulier, mais bien un signe d'aliénation visible (fut-il par ailleurs consenti). C'est la manie de ce pays de légiférer sur tout, et je ne crois pas que ce soit ici la solution.

En revanche, il y aurait un vrai courage politique à porter sur la place publique la dénonciation républicaine de telles pratiques. A dépenser, même, un peu d'argent pour valoriser les principes de laïcité, à imaginer des campagnes osant prendre position; et ) oser, quelle audace! des cours d'histoire qui cesseraient d'être un catalogue démagogique supposé satisfaire toutes les origines, avec pour mission première de ne jamais froisser personne.

On en fait sur tout, des campagnes! L'école apprend aux enfants comment enfiler les capotes, qu'il faut être gentil avec ton camarade de classe homosexuel, et qu'il faut traverser dans les clous, et ne pas copier des mp3... On ne pourrait pas dépenser un peu les sous de l'Etat pour promouvoir un peu ce qui nous rassemble, pour changer? Sans parler qu'au lieu de chanter comme le fait la clique à Bébéar, la légitimité du port de signes ostentatoires, et l'affirmation des pratiques religieuses, dans cet espace public qu'est l'entreprise, on ferait mieux de prendre le chemin précisément inverse, et d'autoriser dans les réglements intérieurs l'interdiction des signes distinctifs ostentatoires. Cela n'aurait rien de discriminatoire, mais rappellerait tout simplement à l'employé(e) qu'il est là pour remplir un travail, pour lequel il est payé, et pas pour imposer ses pratiques personnelles à ses collègues. Je ne sais pas par quel tour de passe-passe l'entreprise échappe à cette disposition constitutionnelle qu'est la laïcité. Au nom de la liberté de croyance? Et MA liberté de ne pas croire, en tant que chef d'entreprise? Pourquoi devrais-je accepter que mes employés m'imposent leurs patenotres et génuflexions? Ces dispositions m'apparaissent insupportables. Si je vais passer mes vacances au Koweit, je ne crois pas que j'arriverai à imposer qu'on me serve à table un petit salé aux lentilles, que je me tape deux whiskys secs pendant que ma femme ira tête nue et maquillée faire du gringue au serveur.

Evidemment, tout ceci n'a rigoureusement aucune chance de voir le jour. Mais l'évoquer, par temps chaud, y a pas... ça soulage.

18/06/2009

Mais n'te promene donc pas tout'nue sous ta burqa

Ce midi j'entends aux informations qu'un collectif de 58 députés veut lancer une commission de réflexion sur la burqa et le niqab. Aussitôt, et avant même d'en savoir davantage, je m'énerve et peste dans ma bagnole, persuadé que ces élus zélés vont vouloir assouplir la position du Conseil d'Etat, qui avait l'an dernier refusé la nationalité française à une marocaine qui vit ainsi cloitrée sous ses montagnes de tissus, soumise à une clique de fanatiques masculins. J'avais à l'époque été heureux qu'on pose ainsi une limite à l'acceptable. Mais, habitué à ce que les députés "de gauche" dilapident allègrement les principes laïques pour céder à la démagogie dite "multiculturelle", je craignais le pire... avant de comprendre qu'il s'agissait exactement... de la démarche inverse. Comme quoi faut pas toujours s'énerver sans savoir...

Evidemment, les bonnes âmes diront que chacun chacune doit pouvoir s'habiller comme il veut. A quoi je réponds qu'une burqa n'est pas, ne saurait être un vêtement! mais qu'il s'agit d'un carcan de tissu, d'"une prison ambulante",  pour reprendre le propos judicieux du député communiste André Gérin dans Libération d'hier. Je ne dis pas qu'il faille là-dessus "légiférer". Il y a de fait trop de lois dans ce foutu pays. Mais qu'il faille exprimer, clairement, que cela est INCOMPATIBLE avec notre culture, nos conceptions laïques, notre vision de l'égalité entre les sexes, me semble en revanche une évidente nécessité. Et je me réjouis de lire dans la bouche de cet élu: Un député se mêle de la République, non ? Ne pas mélanger l’espace public et la religion, c’est cela la laïcité. On ne peut pas se contenter de tenir de beaux discours sur la liberté et les droits de l’Homme en Iran ou en Afghanistan. Je crois qu’il faut aussi balayer devant sa porte.

Incidemment, j'entends ensuite à la radio la réaction de Sihem HABCHI, Présidente de Ni Putes Ni Soumises. Cette femme française, - d'origine algérienne tient-elle à préciser, et musulmane de culture de surcroit-, renchérit pour dénoncer l'insupportable pratique, incompatible avec les valeurs de la République. Evidemment, je m'en réjouis. J'aimerais aussi que ce puisse être dit par des français hommes, pas forcément d'origines immigrées, non musulmans, sans qu'aussitôt cela soit passé au crible minutieux de "racisme ou non racisme", avec quitus ou admonestation à la clé. A l'évidence, je ne sais pas si le fantôme passant devant moi avec sa burqa est africaine, suédoise, ou vietnamienne. Elle est peut-être de La Bourboule depuis quatre générations. Je m'en contrefous. Je dis juste que je trouve insupportable cette présence, et qu'elle m'agresse visuellement. Je ne parviens pas à m'y faire... Et pour tout dire, je ne le souhaite pas.

Je félicite évidemment Ni Putes Ni Soumises pour ce combat. Même si, comme le dit la sociologue franco argentine Marcela Iacoub, on ne voit pas en quoi le mot "putes" devrait être  à prendre avec des pincettes. Une femme un peu pute, si elle l'est par gout et par envie, c'est bien aussi, non?

Enfin, j'aimerais donc que cesse ENFIN ce laxisme dramatique, qui au nom d'une tolérance mal comprise laisse se développer ces pratiques plus que moyen-âgeuses, qui me révulsent. Sur le site d'une Association nommée "les Indivisibles", des militants sans doute bien intentionnés, mais ayant ce satané réflexe de vouloir donner à tout le monde des leçons sur ce qu'il convient ou non de penser (ils distribuent des prix "Ya bon du racisme"; ils n'ont pas songé à en donner un à dieudonné, par exemple...) précisent que: Créée en janvier 2007, l'association Les Indivisibles rassemble une centaine de militants qui déconstruisent, grâce à l’humour et à la dérision, les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française de certains citoyens en raison de leur faciès, de leur nom ou de leur pratique religieuse. (...) l'occasion de rappeler qu'il n'existe pas de hiérarchie dans la citoyenneté, la France étant aujourd'hui un pays aux couleurs, aux religions et aux influences culturelles plurielles.

Outre que leur site n'a rien de drôle, que l'humour et la dérision y brillent autant qu'il y a de soleil à minuit, il y a dans ce "déconstruisent", un je ne sais quoi qui sent sa prétention d'intello de bazars, n'ayant probablement jamais lu Derrida, mais trouvant chic de prétendre à la déconstruction comme on tripote des légos. Pour faire mumuse. Rappeler qu'il n'existe pas de "hiérarchie dans la citoyenneté" est certes pertinent. En revanche, poser comme un postulait que la France étant aujourd'hui un pays aux couleurs, religions et influences curturelles plurielles, il n'y aurait plus qu'à tout accepter, tout trouver normal, et ne plus rien discuter, ou disputer, est une ânerie sans nom; elle fait d'ailleurs insulte à l'histoire du pays qu'on prétend chérir, ou l'on a toujours discuté de tout. 

De plus on n'a pas attendu les arrivants africains pour que la france soit de "couleurs, religions et influences plurielles". C'est comme ça depuis Clovis; les Antilles sont françaises depuis trois siècles, soit bien avant Nice et La Savoie!

Le truc est que chacune de ces couleurs, religions, influences, s'est fondue -avec plus ou moins de bonheur- dans un macrocosme qui depuis plus de cent cinquante ans a nom République, qui s'affirme LAIQUE et sociale. A cet égard, il n'est pas plus tolérable de voir fleurir les burqas, qu'est acceptable d'envisager l'excision, d'admettre la polygamie, d'imaginer applicable la charia, de s'en réferer sur notre sol aux fatwas. Et il n'est pas davantage acceptable d'envisager de réécrire l'histoire de France pour en édulcorer les éléments susceptibles de chagriner telles ou telles minorités, comme certains le souhaitent. France multiethnique, soit. Multiculturelle? pas si c'est pour faire coexister comme sur un patchwork des arriérations manifestes.

Ces indivisibles, sont prompts sur leur site à dénoncer les atteintes ou critiques dont peuvent être victimes les minorités africaines. Leur Présidente Madame Diallo s'est par exemple offusquée des propos de Manuel Valls. Ils feraient sans doute mieux de prendre exemple sur l'attitude de Ni Putes Ni Soumises. Tout le monde y gagnerait. On a déjà assez de flics de la pensée, qu'on nous préserve de ceux qui prétendent à présent déconstruire, pour mieux nous formater...

04/06/2009

Frances et Navrances

Il parait qu'Obama veut faire la paix avec le monde musulman. Espérons que l'inverse fût vrai, aussi... Les ultras religieux d'Israel manifestent alors toute leur hostilité à ces tentatives de rapprochement... Partout, les extrémistes haïssent l'idée de paix, la perspective de paix, le dialogue qui peut éventuellement conduire à la paix.

Ici, à trois jours du scrutin européen qui n'intéresse personne, un candidat occupe le terrain de la haine et sur Dailymotion se plaît "dans un sketch humourisitique" (sic) à traiter un adversaire de "youpin sioniste", et lui propose "d'aller se faire enculer" (de mémoire, je n'ai pas regardé deux fois). Extrêmement digne d'un possible futur représentant du peuple aux instances européennes. A côté, les saillies passées d'un LePen atteignent des sommets voltairiens. Tout le sel consiste ensuite à lire les commentaires, où le niveau d'expression le dispute au néant de l'argument. On s'y vomit, on y insulte, on s'y barbouille de merde, au nom de la liberté d'expression et du droit à la gaudriole. Ca ne me dérange pas. Je voudrais au contraire qu'on puisse apprécier pleinement où conduit l'exaltation des différences "communautaires" et la compétition des victimes. Ca ne me dérange pas, mais c'est consternant d'imbécillité, (qui s'écrit désormais aussi avec un "l"), terrifiant de bassesse, on se sent sale à les lire, ces commentaires, surtout qu'on n'aille pas les effacer. Il faut que le niveau s'expose.

Hier, un lecteur associait à un candidat le mot "d'antisémite". J'ai du retirer le propos. Editeur de ce blog, je ne peux prendre le risque de laisser des commentaires, si pertinents soient-ils, qui pourraient être qualifiés de "diffamation". Et il semble aussi que ce mot puisse être qualifié d'injure.Je ne sais plus trop que penser de ce pays, ou des gens qui y vivent, à certains moments.

Lors du récent match de football perdu par la France contre le Nigéria, des joueurs lyonnais ont été sifflés par le public de Saint Etienne, selon le bon principe qu'on ne se hait jamais si fort que géographiquement proches. Les imbéciles n'ont pas besoin de deux "l" pour planer. Le sélectionneur Domenech, jamais en retard d'une bienpensance, a cru devoir qualifier ces sifflets de "racisme", comme si l'appartenance d'un joueur au club d'une ville avait à voir avec cela. Mais comment pourrait-il en être autrement? Que pourrait-il dire d'autre, quand tout le sport qu'il représente ne vise en réalité qu'à glorifier ce chauvinisme borné des "crétins en bleu et des salauds en vert"? Y aura-t-il demain des sifflets à Lyon? Pas pour les joueurs stéphanois, c'est déjà ça de pris. Domenech n'en a pas sélectionné, et nul doute que certains pensent qu'il s'agit, là aussi, de "racisme". Sifflets des Turcs contre la Marseillaise, pour protester contre les réticences à voir "ce grand pays d'Orient intégrer l'Europe"? Sera-ce alors du racisme, aussi? Ou l'expression compréhensible d'une frustration minoraitaire?

Je ne sais plus trop que penser de ce pays et des gens qui y vivent, en ce moment. Ah bon, je l'ai déjà dit plus haut?

20/05/2009

Je te vois

On peut donc être condamnable (pas condamné, encore, mais ça pourrait venir, début juillet) pour avoir crié à l'occasion d'un contrôle d'identité, et pour mettre les rieurs de son côté: "Sarkozy, je te vois!". Pour tapage diurne. Et pour injure à la fonction présidentielle.

L'histoire est absurde, qui permet à Libération de rappeler que Pétain avait en son temps (42, good old days...) fait condamner un passant pour insulte. C'est toujours ça de pris, cette comparaison...

...Même si, en l'occurence, Vilain Sarko n'est rigoureusement pour rien dans le procès fait à ce prof de philo marseillais, supposé coupable de l'interpellation infâmante. On ne voit pas bien en quoi elle l'était, mais "ils" ont l'air d'être sûrs. C'est qu'il se trouve désormais un peu partout de petits magistrats, d'obscurs ronds-de-cuir, de pointilleux censeurs, prompts à museler la liberté d'expression sans que les "Grands de Ce Monde" eux-mêmes aient besoin de lever le petit doigt.

Et c'est bien là l'horreur, à mes yeux, du néo-totalitarisme post moderne. Je la dénonce dès que je peux, et même si ça ne sert à rien, ça défoule. Il n'est ni de gauche ni de droite, mais de partout à la fois. Il est mis en oeuvre, au quotidien, par les vétilleux vigiles du parler propre, par les kapôs de l'universel respect, qui sont au choix ou tout à la fois, juges, avocats, flics, associatifs guette au trou, personnes physiques harceleuses et procédurières, ligues de pression, représentants auto-proclamés de toutes "les différences" érigées en vertus, ou, comme en cette affaire, zélés protecteurs des puissants.

Jadis, le totalitarisme était mis en oeuvre par les Rois de Droit Divin, puis des régimes autocrates. Ce que n'avaient prévu ni Kafka, ni Orwell, c'est que nos Big Brothers sont aussi (ou surtout) nos voisins de paliers, nos semblables; désormais, c'est l'homme qui est flic pour l'homme. On lance un quolibet sur la place publique, pour se retrouver dix-huit mois plus tard au Tribunal. Est-ce en l'occurrence plus ridicule que terrifiant? Ce n'est pas certain. L'apparence de liberté est sauve, blogs, forums et posts internautiques fleurissent.

18/05/2009

Diversité religieuse en entreprise, un nouveau diktat

Marianne en ligne diffusait la semaine passée cette information, le "capitaine d'industrie" Bébéar vante dans un ouvrage commis avec d'autres managers de haut rang, la diversité religieuse en entreprise, se félicitant entre autres, que les « principes de laïcité et de neutralité ne s'appliquent pas dans le cadre de l'entreprise privée ».

Y compris donc, pour les chefs d'entreprise qui souhaiteraient l'inverse.

D'ailleurs, le principe de laicité figure mot pour mot dans la constitution républicaine... mais ne s'appliquerait pas dans le cadre de l'entreprise? C'est quoi, ce mic-mac??

On sait que grâce à la Halde, il est déjà quasiment impossible de "sélectionner le ou la candidat ou candidate à un poste", sans être aussitôt suspect d'infâmie, entendez de "discrimination". Il faudra donc faire gaffe, désormais, à ne point organiser de réunion, meeting, durant tel jeun ou carême, prendre soin de connaitre sur le bout des doigts les calendriers de fêtes israélites, islamiQUEs, cathos, protestantes, bouddhistes. Ce n'est plus au salarié de s'adapter à un planning commun, c'est au planificateur d'organiser le plus petit dénominateur. Vous me direz qu'on le fait déjà pour les fêtes catholiques! C'est évidemment là que ça coince. Il faudrait, être à la fois laïc, c'est à dire ne pas admettre cette évidence que la religion catholique, même si elle ne s'impose à personne, dispose d'une sorte de "priorité à l'ancienneté" qui fait que "ses fêtes à elles" sont inscrites dans la culture commune; et diversitaire pour désormais satisfaire tout le monde.

Quitte à passer ici pour réac, ou fasciste si le mot vous va davantange, je trouve aberrant qu'une entrepreneur ne puisse décider qui est habilité ou pas à représenter correctement ou non ses valeurs, son éthique, et jusqu'à sa communication. Ainsi, s'il va de soi qu'on doit accepter que chacun chacune soit libre de faire de sa vie privée ce qu'il ou elle veut, je persiste à penser que les opinions religieuses sont de nature privées; et qu'elles n'ont aucun droit à s'inviter, que dis-je, s'imposer dans l'espace public qu'est le travail. Et je trouve scandaleux que l'entrepreneur ne puisse avoir le droit, dans ce cas, d'y mettre fin. On me dira que se faisant, je fais preuve de "racisme" à l'endroit des minorités qu'on prétend par ces lois imbéciles, protéger. Non. car je viserais tout autant l'intégriste catholique, à supposer qu'il représentât "la majorité", qui tel Tartuffe viendrait se mortifier, serrant sa haire avec sa discipline, ou s'adonner à des pratiques intrusives telles que port de croix dans l'ascenseur le vendredi saint pour revivre au bureau les 14 stations du Golgotha, ou multiplication symbolique des pains, fût-ce autour de la machine à café.

 Le plus extravagant, c'est que les discriminations les plus pratiquées sont celles sur lesquelles la Halde se bat le moins. Ce sont celles reposant sur l'âge, qui frappent à la fois les sortants d'écoles et les quinquadras, et qui sont les plus imbéciles économiquement parlant, puisqu'elles impactent directement la question des retraites... Mais dans ce monde de bons samaritains, mieux vaut donner l'impression qu'on protège les préférences, les différences, jusqu'à les sanctifier, quitte à obliger bientôt un employeur à garder des personnes en burqa, dont ils ne verront même plus le visage, ruinant tout espoir d'installer au bureau la  plus élémentaire des communications, celle reposant sur l'échange des regards. On me dira que j'envoie trop loin le bouchon. Dès lors qu'il est interdit de refuser le port de l'hijab, je ne vois pas à quel titre on pourra demain refuser celui de la burqa.

Entre deux visions diamétralement opposées de l'image des femmes, les bons apôtres de la discrimination religieuse positive ont donc choisi, et ils ont aussi décidé d'imposer ce choix à ceux des employeurs qui philosophiquement, ne le partageraient pas. D'une apparente tolérance, ce diktat est donc en réalité l'exact contraire, une atteinte délibérée à la liberté de pensée. Une de plus, venant de cette police politique moderne qu'est devenue la Halde.

PS: sur ce sujet brulant, je précise que les commentaires tendancieux, racistes, insultants, seront forcément censurés, moins de mon propre fait, que parce qu'éditeur de ce blog, je suis responsable des propos qu'on y tient. J'exprime ici mon aversion pour une dérive, cela ne signifie aucunement que je partage les dérives inverses, portées par des blogs délibérément intolérants et racistes.

05/05/2009

Comment fabriquer de toutes pièces d'ineffables victimes...

Il parait que Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, réfléchit sérieusement à l'hypothèse d'interdire la (ou les) liste(s) conduite(s) par Dieudonné M'Bala-M'Bala, qu'il baptise "listes anti-sionistes", probablement qu'antisémite ferait un peu brutal, un peu trop direct, et de surcroît contraire aux lois en vigueur, dans ce pays où l'on ne peut même plus torturer à mort un jeune juif sans risquer les foudres des Assises, on se demande vraiment où va le monde, non?

Rien que cette appellation terriblement hypocrite (antisioniste vs antisémite) dit où nous en sommes. En effet, l'impact du soutien d'une minorité agissante à la politique israélienne (quoi qu'on pense par ailleurs de la dite politique) dans la marche quotidienne des affaires de notre pays par gros temps, demeure des plus limitées. En tous cas ne saurait à soi seul justifier un positionnement politique majeur. Sauf si l'on est par nature sensible à la lecture du protocole des sages de sion, aux théories du complot, aux menaces constituées par le cosmopolitisme apatride et la pieuvre bolcho-judéo-maçonnique, tout ce folklore fleurant bon Maurras ou Léon Daudet.

En revanche, il est probable qu'on puisse trouver ici ou là, dans les médias, le show biz, la politique, des personnes d'obédiences sépharade ou askhénaze dont l'influence est connue. Auquel cas, ce n'est pas leur soutien (qui pourrait tout aussi bien être une opposition) à Israel qui gênerait, mais bien leur existence même, en tant que juifs connus. Donc ce qualificatif d'antisioniste n'est qu'un faux-nez, et personne ne me fera revenir là dessus. CQFD.

Autre chose est d'en déduire qu'il faut interdire ces listes. Je l'ai déjà dit ici, une des lois les plus catastrophiques (à mes yeux) votée dans ce pays ces vingt dernières années, est la funeste loi Gayssot, particulièrement bien intentionnée sans doute, mais qui n'a non seulement jamais empêché la progression des idées qu'elle prétendait combattre, et encore moins freiné l'essor d'Arturo-Jean-Mar'Ui, culminant certain 21 avril 2002 au grand dam des bonnes âmes antiracistes. Je demeure convaincu que le terreau victimaire paranoïde qui pousse certains délirants à voir partout la main (crochue, n'en doutons pas) des juifs sur les autres "communautés minoritaires", se nourrit en partie du ressentiment lié à un sentiment d'injustice intrinsèque nourri par cette loi (fut-ce à tort). Les juifs auraient tous les droits, disposeraient de toutes les protections; les autres (noirs à jamais humiliés par le souvenir de l'esclavage, musulmans insultés par la loi dite "sur le voile", "indigènes de la république" autoparqués à résidence identitaire dans l'attente de la grande repentance post-coloniale) les autres, dis-je, n'ayant eux qu'un droit, celui de se taire.

C'est évidemment un non-sens. Mais il est partagé; et beaucoup plus qu'on ne croit. Je suis assez effaré de voir sur le net, se retrouver fachos traditionnels, gauchistes pro palestiniens et membres des minorités victimes par nature, dans ce brouhaha. La pire des choses serait alors qu'on interdise les listes pro européennes de M'Bala-M'Bala et ses comparses... alors qu'on ne sait même pas s'ils ont les forces et moyens d'aller au bout de leur démarche; qu'on leur offrirait ainsi sur un plateau ce statut de victimes auxquels ils s'accrocheront, là résidant précisément leur seul espoir de légitimation aux yeux des gogos; que les interdire serait aussitôt décrit comme la preuve par 9 de l'influence du lobby qu'ils dénoncent. D'ailleurs c'est déjà fait...

S'il faut aujourd'hui dénoncer le poids démesuré d'une influence, c'est à mon avis celui du Droit et de "la morale" sur le politique, qui renforce chaque jour davantage les antagonismes qu'il prétend combattre.

23/04/2009

Cigarettes, Légumes, & Nursery totalitaire

Comme raconté avant-hier, j'ai l'honneur d'avoir une fille qui se lève tôt et passe un concours "d'élite", pas pour le réussir, mais pour "s'évaluer" et continuer son parcours estudiantin, en espérant qu'elle réussira un peu mieux dans la vie que son paternel, mais ceci est une autre histoire. L'avantage de se lever tôt pour l'accompagner au métro, c'est qu'on écoute les infos à la radio, et les réactions de certains observateurs aux niaiseries de l'info.

Ainsi apprends-je aujourd'hui qu'après le maquillage révisionniste de la photo de Jacques Tati, la régie pub de la RATP, décidément en verve, refuse les affiches du film consacré à Coco Chanel, parce qu'on y voit l'actrice qui tient le rôle, tenir surtout une cibiche allumée entre les doigts. On se demande évidemment si l'affaire n'a pas été délibérément orchestrée par les cerveaux des marketeurs du film, aux seules fins qu'on en parle. D'ailleurs, sans cette nouvelle manifestation totalitaire, en aurais-je causé? Je me contrefiche de Coco Chanel autant que de ma première communion, et Audrey Tautou m'apparait l'actrice la plus insupportable des temps modernes, quand Emma De Caunes est en vacances. 

Pour commenter cette nouvelle absurdité, dénoncée même par l'apprenti sorcier Claude Evin (auteur de la loi imbécile dont on salue ces temps ci les excès d'interprétation) était invité un certain Mathieu Laine, auteur de La Grande Nurserie, essai dénonçant "l'infantilisation des français", ce "totalitarisme soft" qui nous conduit peu à peu vers une société liberticide. Je ne peux évidemment qu'acquiescer. J'aurais aimé que lorsque le dit Laine évoqua l'emprise d'un "Empire du Bien", il rendit à Philippe Muray sa formule, et osa saluer ce précurseur comme il convenait. Mais Muray est mort. ... D'un cancer au poumon, préciseraient les censeurs comme pour justifier leur ignominie. Laine ne précisa point. Mais dénonça dans les deux minutes qu'on lui allouait, la volonté des politiques de contrôler tous nos actes et nos intentions, dans un délire de précaution qui désormais n'a plus de fin.

Le journaliste intervieweur acquiesca, renchérit, approuva: "c'est vrai qu'on ne peut plus faire et dire grand chose, aujourd'hui!".

Puis il envoya la pub... Pour votre santé bougez plus. Pour votre santé mangez cinq fruits et légumes par jour. Pour votre santé ni trop gras ni trop salé ni trop sucré. Consommez avec modération...

La boucle était alors bouclée. Le terrorisme est bien celui des politiques qui nous dirigent. La pub et les médias, publics et privés, sont ses deux alliés objectifs.

L'opposition? Elle est sur ce point la première à ne pas s'opposer, vu que la plupart des lois liberticides ont été instaurées par la gauche: Evin? Socialiste. Gayssot? Communiste. Taubira? Radicale de gauche. Royal? Socialiste. Hormis la loi contre les propos homophobes, votée par la droite, merci Raffarin, les conservateurs n'ont même plus à réfléchir pour en inventer de nouvelles. La gauche a déjà fait le boulot.

Résumons-nous: la droite réprime grâce à ses flics, la gauche grâce à ses juges, et vive la république.

 

20/04/2009

La pipe à Tati, et patati et patata...

 Ce matin j'étais en voiture vers 7 h 10. Faut que je vous confie un pan de ma vie intime: cette semaine j'emmènerai chaque matin la chair de mon sang jusqu'à la plus proche station de métro, afin qu'elle traverse Paris pour se rendre à certaine série d'épreuves d'un concours prestigieux qu'organise la République. Je n'en suis pas plus fier pour autant, mais bon... fier quand même, et fin de la parenthèse.

J'en reviens à 7h10, où chaque matin l'époustouflant braillard Saccomano lâche une caisse en direct sur RTL. Saccomano, je vous en ai déjà dit deux mots. Un type cultivé, du moins le laisse-t-il entendre, fit une carrière honorable et relativement anonyme dans le commentaire footeux dans l'ombre de Sa Sainteté Thierry Roland, jusqu'au jour où il s'avisa que glapir comme une hyène en furie chaque fois qu'un ballon faisait trembler un filet, lui donnait ce qu'on appelle "une manière de style". Etrangement, ses hullulements hallucinés, qu'à la va vite on eut qualifié de grotesques ou navrants, l'ont rendu populaire, et même adulé par des foules de supporteures (qu'en réalité il méprise infiniment, et ça s'entend comme il respire: fort). Mais cela prouve qu'il ne faut pas désespérer du grand âge, et que Dieu protège au moins certains de nos seniors, à qui Il Lui plait d'accorder une gloire tardive. Ainsi, à l'âge où l'on n'a d'ordinaire plus qu'une envie, pêcher à la ligne et regarder pousser les feuilles, "Sacco" continue de hurler pour tout et rien chaque fois que s'organise un match ici ou là, c'est à dire chaque jour de la sainte semaine, et je crains juste qu'à la longue, la fatigue aidant, ses trous de mémoire de plus en plus fréquents prennent des dimensions padiraquiennes.

Les gloires tardives sont comme les vendanges du même nom. Elles donnent souvent à ceux qui les goûtent l'irrépressible envie d'en jouir tant et plus; de s'en fourrer jusque là. Ainsi Juliette Gréco, depuis qu'on l'a rebaptisée rappeuse, goûte-t-elle une énième jeunesse et sort ces jours ci un nouvel album. Ainsi, Saccomano ne se contente-t-il plus de "refaire le match", ni de les commenter avec sa façon toute personnelle, qui souvent fait craindre qu'il ait un testicule coincé dans la portière. Désormais, il commente AUSSI l'actualité, sous forme d'une "Pensée d'Eugène" qui invente chaque matin "sur la radio la plus écoutée de France", le concept de "politiquement incorrect correct", hurlant avec les brebis sur tel sujet qu'on a partout ressassé avant lui. Ainsi ce matin, revenait-il, comme les carabiniers, mais il est vrai que notre pamphlétaire a des origines italiennes, sur le navrant épisode dit de "La Pipe à Tati". On sait que l'affiche (voir colonne de droite, bien que floue) d'une rétrospective consacré à l'immortel auteur de Mon Oncle et des Vacances de Monsieur Hulot (plus long à écrire que TATI, mais évite les répétitions) a été bidouillée par les pubards de la RATP pour qu'on ne voit plus la pipe bien turgescente coincée entre les dents de l'acteur-réalisateur. Même Claude Evin, dont le nom restera à tout jamais attaché à la Loi sanctionnant les encouragements aux vices tabagiques et alcooliques, s'est déclaré consterné d'un tel empressement à maquiller une image du passé n'ayant aucun caractère d'encouragement à la consommation honnie.

Beuglant après la bagarre, Sacco proposait donc, ce matin, qu'on "pende le responsable haut et court jusqu'à ce que mort s'ensuive", ce qui n'est pas plus idiot ou intelligent qu'autre chose mais qui, proféré d'un ton sentencieux de procureur d'arrière salle de troquet, vous occupe toujours 8 à 10 secondes, dans une chronique radiophonique d'une minute par ailleurs totalement dénuée d'invention, d'ironie, d'humour, de pertinence nouvelle, encore moins d'insolence; de sorte que même Stéphane Guillon peut retourner tranquille à sa sieste.

Monté sur ses grands chevaux, notre impertinent s'est inquiété: n'allait-on pas bientôt couper son cigare à Churchill, à De Gaulle sa cibiche, et sa pipe au Commissaire Maigret? Il a les références de son âge, mais faudrait juste qu'il se réveille, Eugène! Voilà plus de vingt ans qu'on a dans le clapet de Lucky Luke remplacé la cibiche par un brin d'herbe; que l'adaptation des aventures de Tintin en dessins animés a rendu Haddock plus sobre qu'un imam; et que le portrait de Malraux utilisé pour un timbre a sagement gommé la cigarette figurant sur le modèle original.

Malraux avec

 

Malraux sans

On pourrait aussi citer Sartre, et tant d'autres, ou remarquer que les rééditions de disques de Brassens privilégient souvent les photos où il a la pipe bien enfoncée dans la poche du pantalon. Inutile donc d'en appeler au spectre de Staline! Il y a bien longtemps que le rouleau compresseur korekt écrase - et bien plus qu'il ne fait mine de le découvrir-, les supposées déviances du Temps. Et d'ailleurs c'est assez souvent qu'il le conduit, le rouleau, Sacco! Entendez le glapir chaque fois qu'un parisien évoque la "province", à l'antenne de son émission! REGION!!! Il FAUT DIRE REGION !!! l'entend-on aussitôt s'exciter!

Bas le masque. Tout individu qui prétend intimer à tel autre comment il convient de parler, quels mots il convient d'employer à la place de tels autres, fut-il adversaire du jacobinisme sournois, est aussi malfaisant que le pubard de la Retap' à qui notre Eugène suant prétendait ce matin régler son compte.

Le pendre haut et court? OK! Mais avec les tripes d'un vieux journaliste, alors...