87 posts categorized "Ratiocinations"

17/01/2010

Nouveau: Découvre tes stars préférées avec leurs animaux de compagnie

Ma Tatie Danielle à moi adorait les animaux. Dans son parc où elle ne recevait personne, s'ébattaient chiens et chats assez peu soignés, et leur odeur sur elle était assez reconnaissable. On comptait moins de convives à sa table. Un des proverbes préférés des amoureux de nos amis les bêtes, affirme que "qui n'aime pas les bêtes, n'aime pas les gens". A quoi je rétorque volontiers que "qui les aime trop, souvent n'aime pas les gens non plus", voir notre grande humaniste Brigitte B., dont je n'ai jamais oublié qu'évoquant dans un livre la naissance de son propre fils, elle avait précisé "j'aurais nettement préféré accoucher d'un chien". Cette confidence me laissait rêveur quant aux moyens d'éventuellement y parvenir, tout en nous en disant suffisamment sur ses sentiments maternels.

Ma Tatie Danielle à moi n'aura pas vécu assez longtemps pour feuilleter "Doggy Célébrités", nouveau journal people qui propose tout simplement des reportages sur nos amis les stars qui aiment leurs amies les bêtes. Laure Manaudou et son teckel, Mathilde Seigner et son canasson, Adriana Karembeu et son bichon maltais. C'est parrainé par Brigitte B. et son grand ami Alain D. . Malgré tous mes efforts je n'ai pas trouvé de reportage sur JoeyStarr et son pit, mais nous n'en sommes qu'au numéro 2.

Pas plus n'ai-je trouvé ces pages conseils pratiques sur comment éloigner le foutu bébé du parc à jouer de votre rotweiller préféré, parce qu'ensuite ils s'approchent trop près, les toutous prennent peur, forcément ils se défendent et montrent un peu les quenottes, ensuite c'est l'enchainement bête, le fichu moutard hurle et se débat, ses cris paniquent l'animal qui je vous assure n'est en réalité pas plus dangereux qu'un autre (*) simplement faut pas l'faire chier dans son espace et il a juste le tort d'avoir des mâchoires un peu trop musclées, d'où l'accident bête, un bras arraché, les crocs plantés dans la tête, l'enfant décède lors de son transfert à l'hôpital, mais que font les parents, ils ne peuvent pas SURVEILLER LEURS MÔMES?

(*) Je suis fasciné, chaque fois qu'un enfant agresse un rotweiller et que celui-ci décède lors de son transfert à l'hôpital (**), par cet argument du vétérinaire appelé en expert au micro des radios, nous assénant cette réalité statistique, sans doute rigoureuse au plan du chiffre, mais fort peu pédagogique pour nos amis proprios de toutous irascibles; étant acquis qu'on entend rarement qu'un enfant de deux ans a succombé suite à une attaque en meute de chihuahuas ou bichons maltais, pourrait-on un jour triturer les statistiques dans un sens alternatif? Par exemple : combien de familles d'ahuris possèdent en France des animaux dont ils sont incapables de s'occuper de façon responsable, généralement aussi teigneux qu'eux mêmes sont ignorants des dispositions élémentaires de sécurité et salubrité publiques, qui termineront à la rubrique faits divers, demeurant envers et contre tout exonérés de leurs responsabilités premières par une cohorte de défenseurs d'animaux à tous crins, généralement plus soucieux du bien-être de leurs "amis" que de leurs "semblables".

j'ai eu l'idée de proposer cette belle enquête à Doggy Célébrités. Et je ne sais pas pourquoi, je me suis ravisé, estimant finalement que ce n'était pas trop leur ligne éditoriale... je me trompe?

(**) oui, je sais. L'inverse.

08/09/2009

Prends tes clients pour des crétins, c'est bon pour ta planète!

Je reçois ce courrier de la Société Générale. On m'y explique que désormais, je ne recevrai plus qu'un relevé de comptes par mois au lieu d'une fois tous les quinze jours. Je les comprends. Les gars de la banque, avec tous les soucis qu'ils ont dû assumer, ces derniers temps... Kerviel ... Madoff! Vous croyez que l'argent de l'Etat peut suffire à combler les pertes? Tu sais combien ça demande, dis, une armée de traders à remotiver, même et surtout en fin d'année damnée? 

Moi je dis qu'au prix de l'enveloppe à fenêtre, il n'y a pas de petites éconocroques. D'autant qu'avec la consultation des comptes sur le net, chipotons pas, un relevé mensuel peut - c'est vrai - suffire.

Et d'ailleurs, je pourrais, en en faisant la demande expresse, exiger le maintien de mes anciennes conditions.

Mais je serais alors bien pis qu'un mauvais client. Un mauvais citoyen. Inattentif à l'avenir du monde, et on se tue à vous expliquer "qu'il n'y a pas de petits gestes". Car si la banque aux coups de pouce a choisi de revoir sa politique d'envois, ce n'est pas DU TOUT pour réaliser des économies de gestion, c'est pur dévouement! C'est, ouvrez bien les guillemets que passe la tarte à la crème, que "résolument engagée en matière de développement durable, la Société Générale a adopté un ensemble de mesures éco-citoyennes parmi lesquelles une diminution sensible de son utilisation de papier."

Et mon cul, c'est du poulet bio?

Comprenez moi bien. Je ne dis pas que c'est MAL, cette initiative. Je ne dis pas qu' IL NE FAUT PAS LE FAIRE. Je dis que nous sommes dorénavant pris en otages dans la grand-messe-non-stop qui ne s'arrêtera plus. Toute mesure, bonne ou mauvaise, pertinente ou délirante, devient indiscutable pour peu que le service comm arrive à lui coller l'alibi "éco citoyen" au cul.

Ca s'appelle en réalité du green washing. Et c'est ce que j'ai fait, y a pas de raison, en repeignant mon blog en vert. Resse, je crois que vous commencez à le savoir, c'est BON pour TA planète (aussi).

La grosse société d'assurances qui administre l'immeuble où je suis locataire (oui je sais, même pas proprio à mon âge! un homme qui à 50 ans n'a pas de rolex et un appart, a raté sa vie. OK. Et je vous emmerde...), nous envoie depuis quelques mois les quittances de loyer sous enveloppes" GPV Green 100% recyclées. Pour nous refuser en revanche la pose de doubles-vitrages qui auraient un impact réel sur la consommation d'énergie fossile"... mais couterait un peu trop, côté investissement...

Mieux vaut se concentrer sur les enveloppes. On a les ambitions qu'on peut, même quand on s'appelle Swiss Life. Et puis on vous l'a dit: "il n'y a pas de petit geste". Pourquoi donc s'enquiquiner à en faire de gros?

15/06/2009

Manuel Valls... a mis le temps?

Manuel Valls a-t-il eu raison de "se lâcher ainsi", sur Direct 8? Est-ce un parler "vrai"? Ou ce qu'il convient d'appeler "un odieux dérapage"? Faut-il y voir, en parfait fainéant, une "salutaire rupture avec le politiquement correct", concept à la noix qui ne signifie plus rien, et tout, et son contraire...?

Le CRAN - conseil représentatif (en tous cas autoproclamé comme tel) des associations noires- a-t-il raison, comme on l'écrit sur le point.fr de "s'inquièter de la signification de ces propos et de vouloir rencontrer Martine Aubry et Manuel Valls", de se dire "inquiet" du silence de la direction du Parti socialiste sur cet incident", alors qu'il déclare dans le même temps "partager les craintes exprimées par de nombreux sociologues, responsables d'associations et de partis politiques sur la ghettoïsation de certains quartiers, en particulier en banlieue parisienne"...

S'il partage, le CRAN, ces craintes... pourquoi évoque-t-il alors un incident dans les propos de Manuel Valls? Ne s'agit-il pas là un double discours, pour le coup marqué du sceau "du correct"?

Valls est également renvoyé dans ses cordes par son camarade Faouzi Lamdaoui, qui qualifie, lui ,de "dérapage scandaleux" cette sortie, toujours selon le site lepoint.fr: "La confusion, volontaire ou non, entre la mixité sociale et l'origine des habitants de la ville ne l'honore pas". Puis: "Je rappelle à Manuel Valls, lui-même issu de l'immigration (espagnole, ndlr), que la problématique des ghettos est de nature économique et sociale et n'a donc rien à voir avec la couleur de peau de leurs habitants", ajoute le responsable PS qui demande à la première secrétaire de "dénoncer ce genre de dérapages qui bafouent les valeurs" qu'ils défendent.

Peut-on sérieusement se satisfaire de l'admonestation outrée du camarade ancien secrétaire national à l'égalité du PS? Dans la ghettoisation, n'y a t il pas "autre chose" que la simple "nature économique et sociale"? N'y a-t-il pas, toutes ensembles posées, des questions de "culture", de vivre ensemble, de coutumes éventuellement solubles dans les principes républicains, mais pas toujours? Des dérives communautaires ou communautaristes, des vécus institutionnalisés par la force des choses, contraires à "nos valeurs", comme il dit? N'y a-t-il pas dans la dynamique de ghettoisation, des risques de voir de plus en plus d'écoles devenir "des territoires perdus de la République", ou la langue, les codes, les rites, les mythes, les tabous, tout ce qui fonde une culture commune, seront mises en pièce? N'y a t il pas à terme, et si ce n'est déjà fait, des risques de fractures non plus sociales, mais ethnicistes, s'apparentant comme le dit Valls à de véritables appartheids, à ne pas vouloir sortir de ces situations? Est-il normal que dans des villes de banlieues (mettons Evry, Poissy, Mantes la Jolie), le soutien scolaire soit exclusivement contrôlé par des associations cultuelles, dont on peut à tout le moins s'interroger sur la maîtrise des méthodes et contenus pédagogiques?

Parce qu'il oppose des gens de même bord, ce débat pourrait devenir un vrai symbole des choix qui nous sont proposés;  "nous obliger à aller un peu au fond des choses", ou balayer d'un revers de main "les questions qui fâchent, pour dire que tout continue d'aller bien dans le meilleur des mondes possibles".

Et à votre avis, c'est quelle tendance qui va l'emporter, hmmmm?

13/06/2009

Les aventures d'amandine et jade

Amandine & Jade, pour reprendre le jeu de mots d'un de mes lecteurs préférés, (merci de me permettre cet emprunt?) est donc réélu avec plus de 60% des voix, au premier tour. C'est rassurant! Tous ceux qui nous ont dit cette semaine qu'il y avait "un printemps iranien", que la "jeunesse" s'y rebellait, vont-ils maintenant nous expliquer que le scrutin n'a peut-être pas été tout à fait super fair play?

Ou quelqu'un osera-t-il (enfin) avancer qu'il n'y a pas, qu'il ne peut y avoir "d'islamisme modéré", dès lors qu'y est rejeté le principe même de sécularisation, qui est distinction entre sphères publique et privée. Dès lors qu'une religion prétend organiser le monde et la société selon ses préceptes dès lors qu'elle impose sa loi à tous, y compris "mécréants" (rien que l'usage de ce mot devrait donner à réfléchir... non?), qu'elle interdit toute attitude non conforme (essayez si vous êtes une femme ne pas porter le voile à téhéran), elle porte en elle tous les présupposés d'une dictature.

Mais voilà qui sans doute ne peut plus être dit, puisque au pays de Voltaire, toute critique des régimes totalitaires est dorénavant supposée porter offense à la "sensibilité des croyants". De sorte qu'on assiste aujourd'hui à l'effarante réelection d'un négationniste acharné sans qu'on puisse s'interroger sur ce qui occupe la tête de ceux et celles (!) qui ont voté pour lui. Et sans qu'on puisse même poser cette question de la réalité d'un fascisme religieux, et des influences qu'il peut avoir sur certains de nos concitoyens.

09/06/2009

Fin du monde en 2012?

D'après le calendrier Maya, la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012, soir du solstice d'hiver.

Mille et un sites nous annoncent à grands renforts de vidéos terrifiques un méga tsunami à côté duquel celui de 2004 n'était qu'un gargarisme. Le grand spécialiste des films catastrophe, Roland Emmerich, planche actuellement sur les effets spéciaux du film éponyme. Ca donne ça, et mieux vaudra venir avec ses palmes, les amis.


 
Dans la foulée, les délires conspirationnistes se déchaînent. Il parait que les Illuminati, les dirigeants occultes du monde (dont les noms se terminent souvent en "Berg", en "Man", suivez leur regard), savent tout ça depuis des lustes, d'autant qu'ils sont informés par les extraterrestres qui les rencardent depuis 1947 (voir Roswell).
 
Pourquoi je vous raconte tout ça? Je pense à tous nos concitoyens fourbissant leurs armes pour se faire élire en juin 2012, et découvrant six mois plus tard que la fête est finie. Avouez que ce serait rageant.
 
Apocalypse Pour en rester au rayon Apocalypse, j'apprends la sortie du nouveau tome (le cinquième) des Aventures du Commissaire Marcas, de Giacometti et Ravenne. Marcas est un flic qui passe ses soirées, non pas au bistrot ou chez les filles de joie, mais au Grand Orient de France, rue Cadet, dont il est un adhérent. Du coup, ses enquêtes l'entraînent toujours dans des mystéres ésotérico policiers. Et quitte à ressortir du placard les sempiternels secrets maçonniques, autant qu'ils soient racontés par un connaisseur. L'un des deux auteurs est maçon lui-même et ne s'en cache pas. Les aventures de Marcas sont bien bien racontées, le suspense et les retournements de situation remplissent joyeusement leur rôle. Apocalypse sort demain. S'il est à la hauteur des quatre précédents, j'achète.
 
 
 

06/06/2009

De l'injure en particulier, et du bon usage des mots en société judiciarisée, en général.

La lecture du Parisien de ce samedi est édifiante.

On y revient sur le "clash" télévisuel entre nos deux européistes convaincus (à défaut d'être convaincants, et en attendant peut-être de devenir demain des cons vainqueurs, et vous allez voir, ça promet), Daniel Cohen Bayrou et François Bendit, les Pipo et Mario de cette fin de campagne. Le journal propose d'y voir un peu clair, et pose d'emblée la question qui situe le débat à son juste niveau, près la cour de récré: QUI A COMMENCE?

 Le quotidien estime que c'est Cohn. -Vous permettez que je vous appelle Pauvre Cohn, avait sussuré Desproges au Tribunal des Flagrants Délires, interpelant le leader alors gauchiste? Aujourd'hui, il en passerait par le Tribunal tout court, ça ferait pas un pli, le constat est connu: on peut plus rien dire-.

Cohn estima sur France 2 que Bayrou était "ignoble", lorsqu'il laissait entendre que l'Ex "Le Rouge" dinerait, plus souvent qu'à son tour, à l'Elysée, comme si c'était aussi infamant que d'aller traîner au claque de Madame Bitenboit. Ignoble, le mot était sans doute un peu excessif. Comme était basse l'allusion du Béarnais. Mais celui-là ne faisait encore qu'un tour de chauffe. Attendant de porter l'estocade (on a la pointe acérée, chez les descendants de mousquetaires), il se faisait traiter de "minable", interpeller comme à la criée "mon pote, t'es trop minab pour devenir un jour Président de la République"... et du coup chauffé à blanc, rappelait en réponse qu'au chapitre de l'ignoble, on pouvait toujours revenir sur cette vieille histoire de bouquin des seventies, où le leader communautaire avait évoqué des rapports troubles avec quelques mineur(e)s, aux temps interlopes de la libération sexuelle. Minable? Ignoble? Ignominable?

Une chose est sure. L'avenir de l'Europe en sortirait grandi.

Voilà les noms d'oiseaux qu'on se donne entre collègues politiques, et c'est ainsi qu'on prétend donner quelque hauteur aux enjeux électoraux.

Tandis que ces héros s'abreuvent d'injures et quolibets, le même Parisien nous apprend que le ministre Morano a déposé plainte, pour des injures, encore, diffusées à son endroit sur internet. Mais que de façon assez surprenante, une citoyenne de ce pays s'est trouvée convoquée au commissariat, pour avoir lancé à ce même ministre, un "hou la menteuse", tout droit sorti de la Maternelle. Le secrétaire d'Etat à la famille (donc, à même de comprendre la taquine allusion) a beau préciser qu'elle n'est pour rien dans cette mesquine démarche qu'elle désapprouve, on est quand même effaré de ce double mouvement où les uns s'insultent en direct à la télé, quand d'autres se retrouvent convoqués par les keufs pour des mots innocents, soudain requalifiés d'outrage. "Menteuse" ! -à quand l'assignation à comparaitre pour "méchante", "vilaine", "hypocrite", "sournoise"?..

Dans le même temps, je suis obligé, par précaution, n'ayant aucunement les moyens de m'offrir un procès, de censurer un message associant à un personnage public le mot "d'antisémite", mot qui devrait ne jamais pouvoir être qualifié d'injure, se situant manifestement au niveau du débat d'idées, de l'expression de valeurs. Mais un juge en a décidé autrement, et dès lors, tandis qu'ailleurs pleuvent les insultes véritables, des interpellations sur le terrain de l'authentique morale peuvent se voir qualifiées comme telles.

Cette République judiciarisée devient alors une muselière à la solde des manipulateurs procéduriers; la télévision une foire d'empoigne où l'argutie, la diatribe et la hargne se substituent à l'échange de points de vue. On autorise l'insulte des Grands entre eux, mais on punit l'insolence de l'homme de la rue, souvenons-nous récemment du prof interpelé pour avoir hurlé "Sarkozy je te vois".

Lire aussi sur ce sujet, le sulfureux papier du Grincheux Grave, qui comme d'habitude n'y va pas avec le dos de la cuillère à soupe!

17/05/2009

Ségolène pardonne plus blanc

Pas facile d'exister, quand on est une opposante sans légitimité, sinon celle qu'offre un passé de vaincue. Mais Ségolène s'accroche. Elle organise des meetings, des shows, elle se relooke, elle tente des trucs, FRA-TER-NI-TE, marque son vilain Sarko à la culotte, comme ces mégères qui prétendent dompter toute parole autour d'elles.  Pousse aussi, chaque fois qu'elle peut, sa copine Martine du mauvais côté de la photo. Ce genre de camarade vaut toutes les adversaires...

Dernier teasing en date: après son pardon aux peuples africains pour les propos d'un autre (de L'AUTRE), dont je persiste à penser qu'il fut plus raciste que les propos eux-mêmes, sentant à plein nez sa suffisance de dame patronnesse; après cet autre, gribouillé à Zapatero à l'issue d'un contresens évident (car la vacherie sarkozienne visait Jospin, et non le premier ministre espagnol), loin de rechercher un positionnement "de fond", qui nous changerait, elle persiste et (se) signe, et veut organiser avant l'été, nous dit Le Point, un grand colloque sur le theme du pardon, pour donner à ce concept une épaisseur politique. C'est oublier que la "repentance", fut lancée il y a une dizaine d'années par le Vatican, et fut depuis reprise sous tous les cieux de l'Occident Chrétien. (En revanche, de Pékin à Islamabad et de Téhéran à Bali, le concept marche assez peu, et je sache pas qu'on envisage d'entendre les leaders d'AlQuaida demander pardon pour les avions du 11 septembre, à moins que Soeur Ségo ait le contact pour convier le Mollah Omar à sa tribune?). Il parait qu'il y a différence de fond entre repentance et pardon. Je n'en crois rien.

Le concept de Pardon sent des pieds. Ce n'est pas parce que l'arrogance sarkoziste, sur le fond comme sur la forme, colle à un nombre croissant de nos concitoyens de vieilles aigreurs biliaires, qu'il faut imaginer quelque avenir électoral au battement de coulpe systématique et à la pénitence. Je ne dis pas que ça ne va pas marcher. Il peut en effet y avoir un "créneau", "une niche". Je dis que c'est un calcul indigne, en plus d'être antirépublicain. Mais ce n'est pas la première fois que Royal noierait son "idéal socialiste" dans l'eau bénite. Rappelons-nous des postures de madone virginale, durant la campagne de 2007, culminant avec le "aimons-nous les uns les autres" du meeting de Charléty, après une auto comparaison avec Jeanne d'Arc, qui n'avait d'ailleurs ni queue ni tête (*). Le concept de Pardon pue des ripatons parce que la politique, par essence, vise à construire le présent et à imaginer l'avenir, non à ressasser le passé en vue de l'instrumentaliser. Cela, c'est  l'arme des démagogues. Dieudonné exploitant jusqu'à la corde l'histoire de l'esclavage, ou plutôt sa souffrance supposée chez ceux qui ne l'ont pas connu, le sait bien; Royal, s'apprétant à caresser dans le sens du poil je ne sais quelles minorités (ou plutôt le sais-je trop bien) à de basses fins mercantiles (électoralistes), s'apprête à en donner la version soft, souriante, maternante, mais dans les deux cas, c'est le même sentiment d'appartenances communautaires à des statuts de victimes en compétitions qu'on souhaite ancrer encore un peu plus dans la pensée collective.

Plus que jamais, j'attendrais des "gens de gauche" sincères qu'ils ouvrent enfin les yeux sur cette escroquerie intellectuelle. Il n'y a décidément aucune alternative crédible (je veux dire "saine") au bonaparto-sarkozysme, à espérer de cette démagogitude-là.

(*) Si j'avais été Jeanne d'Arc, on m'aurait brulée vive, avait-elle lâché, ce qui était totalement idiot, Lio, ma concierge ou Laure Manaudou, toute femme qu'on irait comparer à Jeanne d'Arc, étant du coup amenée à en dire autant.

12/05/2009

Je n'irai pas à Roland Garros cette année

Je viens d'être contrôlé positif à la cocaïne, et bien que n'étant pas un consommateur régulier, je serai donc suspendu pour Roland Garros.

Je serai également absent du Festival de Cannes, mon dernier film n'a pas été retenu par la sélection. C'est dommage on me voyait nu chantant en duo avec Amy Why Gnia Housse (comme dit Manoeuvre à la Nouvelle Star).

Je n'ai pas non plus gagné la Coupe de France, ni d'ailleurs emporté le Grand Prix de Formule 1; je n'ai pas pensé à appeler à la réconciliation des " trois grandes religions", et pas encore exprimé clairement mes positions pour les élections européennes... Bref, tout va de mal en pis, il est clair que je ne suis pas "en phase".

A propos de Nouvelle Star, je présenterai mercredi ou jeudi ma démission du staff d'observation de ce shamallow show, le plaisir des insultes à essuyer de la part de quelques tifosis ne l'emportant pas sur l'affliction de devoir entendre bêler les uns et meugler les autres; et ceci quand bien même ce constat sévère me ferait passer pour méprisant à l'endroit de mes temporains. Resterait bien l'idée de savourer encore un peu l'aphorisme de Courteline: "passer pour un sot aux yeux des imbéciles est un plaisir de fin gourmet". Encore ne faut-il pas risquer l'indigestion.

Sinon, les choses étant ce qu'elles sont et le monde allant comme il va, (phrase qu'enfant j'entendais souvent dite dans la bouche paternelle; enfin... souvent... comme je ne le voyais que deux après midi par mois, ça reste un "souvent" très relatif) je prends quelques jours de blog-off, quelques dossiers urgents ou en souffrance m'obligent à baisser le rideau.

Ce mardi allez donc de ma part fêter son anniversaire à Dubuc, un gars qui en vaut la peine!

05/04/2009

Le pirate, les droits d'auteur, et l'Etat taquin qui bullshite mieux que Pinocchio

C'était voilà quelques mois. J'assistais à une table ronde au Sénat sur le piratage, dans le cadre d'une chouette journée d'échanges sur l'avenir de l'internet qui ne l'est pas tant que ça, net. Il y avait là le très cool Denis Olivennes, à l'époque patron de la FNAC et président d'une commission réfléchissant aux répressions à mettre en place pour contrer les téléchargements illégaux. A ses côtés, plusieurs doctes personnages exprimaient la même exigence, notamment, -disons même avant TOUTE AUTRE CONSIDERATION-, pour défendre la création artistique et les intérêts des z'auteurs. Ceux-là sont c'est vrai très majoritairement opposés à l'idée qu'on uploade pour pas un sou la dernière chanson qu'ils ont enregistrée. Ils préférent nettement qu'on achète tout le cd navrant qu'on n'écoutera qu'une fois, avant de le ranger dans la pile avec les autres, et c'est pareil pour les films où ils apparaissent, dont les budgets explosent, entre autres à cause des cachets invraisemblables qu'on leur accorde, films dont on se demandera si souvent pourquoi on s'est délesté, grands dieux, de 19, 99 euros pour un tel naveton. 

Bouche en coeur, tous les intervenants en appelaient donc à la défense de la création. Puis, la parole étant accordée au public, je pris le risque de suggérer tout de même (cette manie de jouer les matamores) que dans un DVD, la part revenant aux ayant-droits est d'environ 12 à 15% du prix de vente hors taxe, au mieux. Et que les droits de reproduction mécanique tournent autour de 3% du même montant.

Bien avant les auteurs qu'on fait mine de défendre, sont trois perdants bien plus importants et conséquents. Il y a d'abord Monsieur FNAC ou son équivalent, qui craint de ne plus faire tourner la boutique à François Pinault. Rappelons qu'en France, les grandes fortunes sont plus souvent celles des épiciers et commerçants de la grande distrib, que celles des authentiques créateurs. Personne ne se demande pourquoi? Parce qu'ils SE GAVENT est la réponse. Le deuxième gros perdant est Monsieur WARNER VIDEO, ou son équivalent, qui n'arrive plus à fourguer sa camelote, insiste alors sur les dangers que son manque à gagner fait peser sur l'emploi, oubliant juste en chemin le nombre hallucinant de stagiaires sortants des écoles de comm ou de marketing qu'il aura dans le même temps préssurés(et non pas pressurisés, comme je l'avais d'abord écrit, ah ah ) des années durant,  plutôt que de leur accorder des salaires... tandis que les Big Boss du secteur s'octroyaient dans le même temps des rémunérations mirobolantes et de substantiels bonus sur résultats. Le troisième perdant est Monsieur l'Etat Français, qui voit pour chaque dvd piraté lui passer sous le nez les 19,6% de TVA, sans parler des taxes pour la reproduction intégrées dans le prix de vente final.

Il y a des économies d'échelles qui sans doute ont perdu tout rapport avec la réalité. Les cachets de stars du show biz sont sans communes mesures avec le reste du monde. Il faudrait redescendre un peu sur terre, et se demander s'il est bien raisonnable qu'un Grégoire, un Raphael, un Julien Doré, palpent d'entrée de jeu des millions d'euros alors qu'ils ont à peine un à deux ans de carrière. Les prochains dans le viseur sont les joueurs de foot. Karim Benzema à 400.000 euros par mois, à vingt ans, même si c'est "l'économie du sport qui veut ça", ça n'a tout simplement aucun sens. Il va falloir que l'économie du sport, comme celle du show biz, des bourses, et des stock options délirantes, regagnent la planète terre. Mais revenons aux pirates, qui sont avant tout un symptome.

J'avais aussi souligné que dans bien des cas, le piratage est l'unique moyen d'accéder à certaines oeuvres totalement introuvables en magasins, vu que tous, éditeurs comme revendeurs, n'aimant plus devoir gérer des stocks, restreignent donc l'offre disponible plutôt que de tenter l'option "longue traine". Va donc trouver Week-End de Jean-Luc Godard en DVD! Ou les Diables de Ken Russell! Ou Lucille has messed my mind up, album d'un ancien bassiste de Frank Zappa nommé Jeff Simmons... En téléchargement sauvage, tu peux les capter.

Je me souviens qu'à l'issue de cette petite prise de parole, je fus chaudement applaudi. Je ne dirai pas que je quittai la salle sous les vivas, mais ayant fait tout de même mon petit effet, Olivennes allant jusqu'à concéder que je n'avais pas "tout à fait tort" dans certaines de mes remarques...

J'en profite pour préciser aux policiers du net qui passeraient par ici que je suis un citoyen honnête et droit de ce pays; que je m'interdis donc, à présent que la loi est dure mais c'est la loi, toute intrusion dans les univers interlopes du peer-to-peer, même si je n'en pense pas moins. C'est que je ne souhaite pas interrompre ma connection adsl, sans laquelle ce blog ne pourrait continuer d'exister, et cela mettrait à mal le moral de centaines de milliers de lecteurs trices soudain rendus orphelins de mes divagations. Par temps de crises, faut quand même voir à ne pas se tromper d'enjeu.

13/03/2009

Guignols Bande

Je reçois ce mail du publicitaire en ligne Blog-Bang qui propose une nouvelle campagne de pub, déclinée à partir de celles fleurissant actuellement sur les panneaux JCDECAUX.

Voici le texte de proposition de cette campagne, à laquelle je ne m'associerai pas:

« 20 ans des Guignols : « J’irai pas ! » ».

Les Guignols de l’Info, émission de référence de la chaîne canal +, célèbre cette année ses 20 ans.

Le 16 mars prochain, Canal+ rend hommage à ses célèbres marionnettes et nous offre une soirée spéciale pour leur anniversaire : « Putain, 20 ans ! ».

Canal+ et BETC EURO RSCG osent une campagne coup de poing, inédite et délicieusement transgressive, rendant hommage à l’ampleur de l’irrévérence des Guignols. Neuf des personnalités les plus brocardées par les Guignols, hommes politiques, businessmen, sportifs ou people, manifestent leur boycott de la soirée et se rassemblent derrière un seul mot d’ordre : « J’irai pas ! »

Lucas

Johnny Halliday, Roselyne Bachelot, Edouard Balladur, Jacques Chirac, Philippe Lucas, Oussama Ben Laden, Lionel Jospin, Bernard Tapie, et Ségolène Royal expriment en personne leur désapprobation.

Je ne sais pas s'ils iront, mais ce sera sans moi. Il y a bien longtemps que les Guignols ne me font plus rire, hormis un sketch bien troussé, de temps à autres. Ils sont une émission de propagande, que je subis parce que ma fille aime bien le show de Denisot (c'est de son âge. Pas Denisot. Omar et Fred, le Petit Journal de Barthès. Il faut bien que jeunesse se passe). Sous couvert d'impartialité moqueuse, on y prend effectivement des individus en ligne de mire, pour ne plus les lâcher  une fois dans le viseur. Mais, hormis Balladur et Bachelot, peut-être, ce ne sont aucun de ceux retenus pour la campagne. Ben Laden y est systématiquement montré comme un cynique finalement plutôt rigolo (son apparition souvent applaudie par le public dit jeune). Chirac leur doit au moins en partie sa grande popularité (et peut-être même, avait-on évoqué en 95, une part de son premier succès présidentiel...). Tapie fut toujours présenté sous les traits du magouilleur sympa, et Royal comme l'empêcheuse de tourner en rond du PS. Des brocardés comme ça...

Leur présence dans cette campagne d'affichage s'explique beaucoup plus par leur notoriété spontanée, et leur présence dans l'actu du moment.

En revanche, il y a eu de véritables "victimes" des Guignols : Jean-Pierre Papin, dépeint comme un abruti fini des années durant. Thierry Roland, en raciste invétéré. Chevènement, plus extremiste qu'un LePen. Sarkozy et Hortefeux, présentés l'un comme un affairiste mégalo sans scrupules, l'autre comme un nazi. Bayrou, crétin des Pyrénées. Laporte, mafieux sans scrupule. Hollande, demeuré complet. Jacques Calvet, ex-patron de Peugeot, pollueur inconscient, sans oublier la hiérarchie vaticane, systématiquement pointée comme pédophile. Qu'on s'en félicite ou pas, (ou qu'on s'en tape, comme moi) on peut considérer que tous ceux-là ont été, ou sont encore, plus que "brocardés", littéralement dénigrés par l'émission satirique. Etrangement, aucun de ceux-là, n'apparait dans la short list des personnalités retenues pour la campagne.

Reste qu'il m'amuserait de voir tel ou tel de ces "brocardés officiels" attaquer la chaîne pour exploitation abusive de l'identité, et atteinte au droit à l'image, nul ne pouvant être présent dansune campagne de pub sans autorisation préalable. Comme je doute que Canal ait payé Chirac, Jospin et les autres, j'attends de voir si l'un d'eux osera leur réclamer 50 ou 100.000 euros de dommages et intérêts. Ca fera vendre un peu de papier, nourrira la polémique une semaine ou deux, et permettra d'entendre et lire quelques conneries, de ci, de là, en attendant qu'un prochain clou chasse le précédent.

Si cela devait arriver, le gagnant se verrait obliger de donner les sous à une oeuvre humanitaire. Ce serait d'une belle hypocrisie, mais mettrait les bonnes consciences de son côté. Reste, Philippe Lucas, dont il se dit qu'il est actuellement dans un cruel embarras financier. Je serais que lui, je n'hésiterais pas une seconde à me renflouer sur la bête.