Assez naïvement j'en conviens, je voyais deux bonnes nouvelles dans la libération annoncée de la malheureuse Clotilde Reiss, avec qui je n'ai aucun lien de parenté. La première était de nous éviter le syndrome Bettancourt, toujours fastidieux, ouvrant grandes les portes aux mobilisations de concernés: imaginez un peu les troupeaux de "défilants tous ensemble pour exiger la liberté de Clotilde" . Mieux vaut encore la grippe H machin chose.
La seconde était la perspective de la voir enfin en photo sans voile; encore que... si on la googlise, il est possible d'admirer sa chevelure. En revanche je craignais son retour, avec un possible agacement pour peu qu'à peine descendue d'avion, elle évoquât son droit fondamental à aller se détendre à Deligny, en burkini. Mais je reconnais une tendance naturelle à tout mélanger. Et qui plus est, à ne rien comprendre aux lois subtiles de la diplomatie en terrain pluriculturels. Notre jeune compatriote est en réalité toujours enfermée sur le sol iranien; mais à l'Ambassade de France, moyennant caution de 200.000 dollars ou euros.
Dans un monde normal, Jack Bauer interviendrait, deux heures montre en main, pour l'enlever en hélico et la ramener chez nous, à Los Angeles, Mais je m'égare. Pour la jeune lectrice, continuer de jouer un été errant à Téhéran.
Burkini. Le mot de l'été, ça. Il y a douze siècles, la religion des croyants avait décidément tout prévu. (D'où l'expression, je te tiens au Coran. Pardon. C'est la reprise. Et c'est laborieux). Tout prévu, oui, même la création des piscines municipales, où seuls "les intégristes laïcards" auront été choqués qu'une croyante pas du tout fondamentaliste exige de le droit de patauger par 35° à l'ombre en pantalon pat d'eph, pull à coll roulé et cagoule façon championnats de bobsleigh (voir notre document n°2). En dehors même de toute hypothèse d'une provocation identitaire, tout ceci me parait relever d'une conception bien relative de l'hygiène féminine, foi de mécréant.
Restons dans les motifs d'agacement à peine voilés. J'avoue sans mal ma phobie à l'encontre des journalistes de France-Télévisions. J'avais déjà protesté il y a trois ou quatre ans auprès du médiateur, lors d'une interview d'un potentat iranien par une journaliste femme. Donc voilée. Le médiateur m'avait répondu, l'air de me prendre pour le roi des crétins, que bien sûr, puisque c'est obligatoire là-bas. A quoi j'avais répondu qu'ils pouvaient toujours envoyer UN journaliste, mais c'était sans doute trop compliqué pour eux. Je constate au journal de midi que l'envoyée spéciale en Afghanistan nous fait son compte-rendu avec foulard sur la tête,. Alors qu'il y aurait au moins trois façons de s'affranchir de cette contrainte, dès lors que l'envoyée n'est pas elle même une pieuse croyante s'affichant ainsi de son plein gré.
1. Envoyer, donc, UN journaliste. Comprenez "mâle". L'égalité des sexes y perdrait ce qu'y gagnerait le principe de refus des diktats obscurantistes. On a les priorités qu'on se donne? Précisément.
2. Faire les prises de vue "en direct" à l'abri des regards, depuis le bureau de l'AFP, et pas en plein air sous l'oeil suspicieux des allogènes.(Qui pourtant manquent d'esprit de Lumières, si j'ai tout compris).
3. S'abstenir carrément de ces interventions plein cadre, qui n'ont d'autre intérêt que de faire mousser le (la) journaliste auprès du cercle des amis. T'as vu, Dorothée est en Afghanistan... Elle a pris du galon!
Oui, elle en a pris. Mais il me semble qu'elle le paye cher, au plan des principes. Que le service public, se voilant la tête, se voile aussi la face, et baisse son pantalon. La vraie indécence, c'est celle-là, à mes yeux, mais il est vrai que je n'ai personnellement jamais réussi à percer dans le journalisme. Il y a des jours où je ne suis pas loin de comprendre pourquoi.
Sinon, on papote, on papote. mais ce blog est toujours en travaux. Les nouvelles rubriques arriveront je pense début de semaine prochaine.
Demain c'est la Gay Pride, et après tout, on fait des fêtes sur tout, on est fier d'être ceci et cela, je ne vois pas pourquoi tous ces braves gens, gays, bi, trans, lesbis, incertains, hésitants, opportunistes, allosexuels, et même a-sexuels militants n'auraient pas le droit d'aller faire coincoin, zimboum, ttruuut, fffffllll, à grands coups de beats technos dans l'oreille de leurs contemporains, discutez pas c'est comme ça. L'événement permet au moins à Libé de pas se faire suer le burnous pour sa une, une fois l'an, hop, un petit coup d'arc-en-ciel pour samedi, ça mange pas de poppers et permet de se rappeler au bon souvenir des clients du Marais.
Je trouve qu'on ne va pas assez loin. Si j'étais jeune et fier, j'imaginerais pourquoi pas me rendre à la Mateur Pride, sponsorisée par Optic 2000 et les serrures Fichet. A la Spanking ' Pride, dont le Président Monsieur Martinet, cocher de son état, c'est dire s'il met du coeur à l'ouvrage, donnerait un coup de fouet au moral de ses adhérents en leur proposant d'inscrire le droit à la fessée dans la charte des droits fondamentaux. J'aimerais défiler à la Partouze Pride, j'irais devant, j'irais derrière, une vraie mouche du coche, et pourtant c'est dur d'être partouze à la fois, vieille blague éculée, je sais, je ne sais pas résister. J'aimerais aller aussi à l'Echangist'Pride, faire comme Pierre Dac, une femme de 50 contre deux de 24, et tiens! gardez la monnaie. A la masturb'Pride, je montrerais que ce n'est pas toujours un malheur d'avoir deux mains gauches, et que contrairement à ce que prétendaient mes bulletins scolaires, je ne fus pas toujours nul en travaux manuels. A l'ExhibPride, je leur montrerais ce que je n'arrive plus à voir moi-même à cause de cette terrible ceinture abdominale taille XXL. A la Gros Mots Pride, je défendrais les amateurs du "parler cochon" pour qu'on inscrive leurs dialectes osés dans la Charte des Langues Régionales; à la Fétich'Pride, je me ferais rhabiller pour l'hiver, de bottes en cape, et est-ce qu'ils font seulement ma taille en tutus rose fuschias, manière de relancer cette vieille rumeur qui traîne sur mon compte, depuis l'époque heureuse de PotinBlog...? Sous une pluie dorée, je défilerais aussi à la fierté ondiniste, militant qu'on aille plus loin, et qu'on serve le caviar au prix des oeufs de lump, on est un vieux pervers ou on ne l'est pas.
C'est dire si je suis libéral d'idée. Je n'ai aucune fantaisie sexuelle en mépris, il en est qui m'étonnent ou me désolent si je m'y imagine, mais aucune dont j'exécre les pratiquants occasionnels ou convaincus.
Mais on me dit que l'homosexualité c'est autre chose. Que ce n'est pas seulement une affaire de préférences sexuelles, mais "d'identité". De présence au monde. D'affirmation de soi. Ce n'est pas seulement préférer le faire avec un autre soi-même, ce n'est pas un rapport différent à l'altérité. C'est constitutif du SOI. Et à ce titre c'est d'abord une façon d'ETRE MINORITAIRE par rapport A LA MASSE DES MESSIEURS ET DAMES qui s'emboitent à l'ancienne. C'est pour cela que n'est pas ridicule l'idée d'un défilé annuel où l'on puisse l'affirmer "haut et fort" (à quoi ça servirait, n'est ce pas, l'affirmer "timidement et de façon mesurée").
Evidemment, et même si je ne suis pas "homophobe" comme on dit, ce qui comme toutes les "phobies" relève de la maladie, et je vous jure que je vais très bien j'ai juste un problème avec les groupes de pressions harceleurs et revendicatifs qui prennent en otage l'Etat les politiques les juridictions les citoyens les associations pour obtenir la satisfaction de revendications clientélistes en mettant au passage la majorité silencieuse en coupe réglée par une sorte de terrorisme insidieux, je ne comprends rien à cette exigence de nature presque "ontologique". Ce besoin de crier dans la rue qu'on est fier de ce qu'on est, me dépasse. Car je me demande à qui on VEUT le dire. A son père? A son chef de service? A sa voisine de palier? AU MONDE? Qu'est ce qu'il en a à cirer, LE MONDE? On va me dire que ces gens défilent parce que dans plein de pays plus ou moins enturbannés, on est passible d'insultes, de prison, de torture, de mort, quand on n'a pas eu "la chance" de naître et grandir hétéro. Et c'est vrai que c'est immonde, abject, révoltant, scandaleux, ignoble. Je ne vois pas pour autant le rapport avec les chars et flonflons, la zique à donf et les drag queens que tu te croirais à Rio en février. En vérité, ils veulent le dire à leur père et mère qui n'ont jamais rien compris à leur doute, leur souffrance, et comme ils n'ont pas su ou pu, le dire et être compris, ils se mettent à plusieurs, et font nombre pour que ça fasse sens. En vrai, je trouve cette gay pride pas gaie du tout. Elle est plus pathétique que pride, vu de l'extérieur, mais si ça fait du bien à de jeunes gens mals dans leur peau... Après tout... Ca ou les tribunes d'un match de foot...
Bref, le jour de la gay pride je reste dans mon lit douillet, je serre tendrement mon traversin contre mon coeur, je l'appelle par son prénom, j'espère me rendormir, mais avec les flonflons des ravis c'est pas gagné. C'était quand la fête de la zique, déjà?
Additif: La chanteuse Catherine Lara, qu'en qualité d'artiste je n'aime pas plus que Philippe Catherine ou Lara Fabian, mais que j'apprécie pour son intelligence, était l’invitée d'une émission de Laurent Ruquier. L’animateur qui non seulement ne fait pas mystère de ses préférences, mais surtout adore les rappeler à tous propos surtout quand on ne lui demande rien, interpelle la chanteuse violoniste, qui à une question "que regardez vous en premier chez un homme", avait un jour répondu du tac au tac "sa femme". J'avais adoré, une belle réplique, ça rend meilleur celui qui l'envoie et celui qui la goûte... Il lui demande si elle pense toujours ce qu’elle avait déclaré en 2005 : « L’enfant est le fruit d’un mariage d’amour entre un homme et une femme. Je défends cette idée-là. Si on vit en marge, il ne faut pas essayer de copier les normes de l’hétérosexualité »… Je trouve que c'est cela, la vraie "fierté". Celle qui ne demande rien à personne, et s'assume dans les avantages et inconvénients de sa "particularité". Et qu'on ne vienne pas me dire qu'elle peut se permettre parce qu'elle est artiste, donc marginale par essence. Ce n'est ici qu'une question d"élegance, et de cohérence personnelle.
Une des maximes que je me suis inventées, qui ne veulent pas dire grand chose mais je n'ai jamais prétendu briller dans la philosophie (nul ne saurait avoir tous les défauts) suggère que quitte à ne pas croire en Dieu, mieux vaut être polythéiste. Si l'on se trompe, on a quelque chance de n'avoir pas fâché tous les Dieux à la fois, et de pouvoir ainsi s'en mettre un ou deux dans la manche, ce qui peut servir en cas d'éternité. Mon préféré demeure celui-ci, avec ses quatre mains, ce qui est pratique lorsqu'on bosse dans l'internet.
On le représente souvent, notamment sur cette gravure traditionnelle, une svastika gravée dans une des mains droites; mais ça n'a plus trop la cote, depuis quelques décennies, sous nos latitudes, les svastikas. Du coup ils l'ont effacée sur ce jpeg. On s'en fout.
J'ai précisément cette gravure de Ganesh dans mon bureau, ainsi qu'une petite statuette de résine qui ne m'a pas forcément servi à grand chose depuis qu'elle y trône, mais je lui garde mon estime. A une certaine époque, Ganesh était présent, en bannière de ce blog, en haut à gauche. Il y avait Pete Townshend qui bondissait à droite, on ne voyait pas le rapport, mais ce n'était pas grave, à l'époque on pouvait faire un peu ce qu'on voulait de son blog. Ganesh est le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. C’est le dieu qui lève les obstacles, rappelle Wikipédia qui a oublié d'être con.
Lever les obstacles. Voilà pourquoi je l'aime. J'ai bien besoin de son aide, s'il veut se rendre utile. Ganesh. Pour début 2009: lève les obstacles.
S'il teu plé.
Après la brillantissime victoire de nos couleurs face aux foudres de guerre chypriotes, il y a une semaine, nombre d'observateurs avaient noté le manque flagrant d'enthousiasme manifesté à l'heure du sifflet final par le captain Zidane, plus pressé de rejoindre son vestiaire que de commenter le jour de gloire qui est arrivé.
L'explication nous est aujourd'hui révélée par le quotidien du sport. La prestation du number dix contre la terrifiante formation suisse, trois jours plus tôt, avait été, comme on dit, jugée de façon contrastée. En clair, il avait joué comme une patate, et certains l'avaient suggéré; au mieux, du bout d'une lippe aussi discrète qu'iconoclaste, mais c'était déjà beaucoup. Et ces remarques n'eurent pas l'heur de plaire au Providentiel: " C'est toujours embêtant d'écouter certains commentaires faits par des gens qui ne comprennent pas grand-chose au football. A la limite, de ceux qui savent ce qu'est ce sport, je veux bien entendre certaines choses... Mais que des personnes qui n'ont jamais tapé dans un ballon se permettent de parler de cette manière, c'est plus difficile à admettre. J'ai envie d'être polémique.»
Voilà, voilà. Dans le monde selon Zidane, on peut: accepter la mine basse qu'un sélectionnable décide unilatéralement de se retirer sous sa tente, tel Achille en short, au mépris flagrant de tous les réglements. On peut se lamenter de son absence, le jospiniser, le degaulliser, le zidaniser. On peut le jour venu pavoiser à son retour, et l'oeil humide de reconnaissance, chanter ses louanges chaque jour que dieu fera, qu'à côté Jean-Paul 2 eut semblé un repris de justice. On peut le glorifier, le sanctifier, lui ériger des statues, l'aimer, le cajoler, le zizouner, trembler pour chaque douleur à ses aducteurs, se mortifier du moindre de ses rhumes, et souligner surtout à quel point si le footballeur est grand, l'homme caché derrière est immense.
Mais dire qu'il a pas bien joué un match, qu'il manquait de compète, qu'il n'avait pas 90 minutes dans les pattes, qu'on aurait pu le sortir à l'heure de jeu pour le préserver un peu, ça, dans le monde de Zidane, on peut pas. A la limite, (sic) il veut bien dans sa mansuétude entendre des critiques de ceux qui savent "ce qu'est ce sport". C'est vrai quoi merde, le foot, si ça devient le truc à tout le monde, c'est où qu'on va, tu me le dis? Un sujet pour éminents spécialistes, le fouteballe! Pareil l'art byzantin, la cryptozoologie, la physique quantique, ça requiert des pointures... des experts... des savants! Une chaire au Collège de France, il faudrait, pour causer sérieusement ballon. Des séminaires, des symposium, des colloques, où viendraient disserter nos éminences sur l'art de la roulette au début du 3ème millénaire. Sinon, les profanes, les journalistes, bouclez-la. Applaudissez, esbaubissez-vous, mais de grace! point de commentaires. Sa Sainteté piétine le gazon.
Dans le monde selon Zidane, impossible de commenter l'alboum de Lara Fabian si tu as pas dix ans de chorale ou de solfège. Tu critiques pas un film si t'as pas tenu une caméra. Tout à l'avenant. La boulangerie aux boulangers, le foot au footeux, la France aux... Non je dérape. Il y a des fois où certains footballeurs, si brillants soient-ils, feraient mieux de parler avec leurs pieds, plutôt que de réfléchir avec.
Oups, j'avais oublié la première phrase: je la recolle. Un lecteur hier me demande: hervé, c'est quoi, l'amour? (dans cette existence où tous sont des cons)? Et de me signifier ainsi que bon, je suis qui, pour décerner bons et mauvais points, si loin de toute bienveillance? Hein?
La chose est entendue, j'ai certains reflexes conditionnés de grognon. Rebelle: je râle tout le temps, pour tout ou presque, à m'en fatiguer moi-même. J'aime pas l'ordre établi, mais sans nullement prétendre le remettre en question. Je suis du genre à traverser dans les clous pour n'être pas contraint à parler avec l'uniforme bleu en charge de la circulation. Je n'aime pas la morale, du moins celles fondées sur l'oppression, l'obligation, la soumission. Je suis pour une morale de la dignité, qu'on s'invente pour soi-même et en conscience. "N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres". C'est pas de moi, mais de Ferré (y avait longtemps, tiens). Je n'aime pas l'ordre établi, mais m'en accomode en silence, convaincu que neuf fois sur dix, ses ennemis seraient dix fois plus intolérants encore... Rien de plus dangereux, partout, que les soldats du Bien.
Car en vrai je DETESTE les rebelles. Enfin, je me comprends: tous les pseudos artistes, faiseurs de tendances et contempteurs de leur propre suffisance, me flanquent des boutons.Les diplômés d'école de commerce branchouilles pubards affublés de faux nez trash, ne m'inspirent que mépris. A leurs côtés, je place contre un même mur de dénigrement les professionnels de la contestation, bureaucrates de la rebellion, rockers apointés en quête d'un statut, et autres gaucho corporatistes qui me gonflent également assez vite. Pires, sont les donneurs de leçons de morale du haut de leur isf: ce n'est pas Vilnius qui me fit prendre en grippe certain chanteur pourtant talentueux, mais sa lettre ouverte à son patron de multinationale, un soir d'autocélébrations musicales télégesticulées. Pâle crachat dans la louche de beluga.
Si je m'écoutais, ce que je ne fais pas, promis, juré, j'aurais tendance à flanquer dans un même sac De Villiers et José Bové, voyez. Pertinents, des fois... insupportables le plus souvent. Deux faces d'un même populisme facile et complaisant. Et ne vous sentez pas tenus de me faire une leçon de politique, je ne dis pas ça que pour vous énerver. Rebelle anti rebelle, voilà mon T.O.C. à moi.
J'aime les vrais. Les déchirés, les traumatisés, les bousculés, les cabossés, les écorchés, les spontanés, les sincères, les inclassables, les déclassés, les torturés, les névrosés, les pathétiques, les lucides, les extra lucides, les ronchons, les grognons, les grincheux, les teigneux, les pisse vinaigres, les originaux, les maniaques hauts dépressifs, les borderline, les généreux, les géniaux, les geignards assumés,les révulsés, les nouveaux réacs, les poignants, les authentiques -à mes yeux-, et selon mes critères. Et ceux-là, au féminin, aussi. Ca fait quand même du monde, non?
L'ex-chanteur Renaud, du temps qu'il ne faisait pas les couv' de Paris Match, chantait "j'aime pas le travail, la justice et l'armée". Ouaip. Mais pas l'inverse non plus. Et j'aime bien taquiner les rebelles avec mes provoques à moi. Citer Goethe au soir de sa vie: "plutôt une injustice qu'un désordre". Ou Nietzsche: "seul le faible réclame l'égalité". Cioran: "Quiconque, par distraction ou incompétence, arrête tant soit peu l’humanité dans sa marche, en est le bienfaiteur". En général, ça les énerve, et ça fait une belle journée.
Dans une semaine, l'Allemagne sera dirigée par une dame. Et moi, je vais vous dire franchement, je trouve très bien que les femmes accèdent à des postes à responsabilités dans la vie publique.
L'essentiel est qu'elles ne me pourrissent ma vie privée en cherchant à s'imposer dans les clubs privés non mixtes qui sentent bon le cigare et le vieux cuir, où l'on peut déguster un Cherry Vintage et lire en paix le Times avec de vieux amis. Non?..
Qu'elles dirigent des entreprises, et oui, des nations, même! D'abord, parce qu'elles sont cinquante et quelques pour cent de l'humanité. Ce seul argument suffit. Puis, je trouve formidable la phrase de Françoise Giroud, affirmant que "l'égalité des sexes aura fait un grand bon en avant quand on trouvera des femmes nulles à des postes importants". Sentence d'une vraie, grande, pertinence. On ne voit pas pourquoi il faudrait exiger des femmes ce qu'on pardonne depuis des millénaires aux "grands de ce monde", aux puissants. Duplicité, appât du gain, paranoïde soif de pouvoir qui aveugle et rend fou-folle. Et aussi parfois générosité, finesse des analyses, grandeur d'âme, courage, sens de l'état, des responsabilités.
Il va de soi qu'en revanche, je trouve affligeant les propos (souvent tenus j'ai remarqué par des femmes du PS) laissant entendre que les femmes feraient nécessairement mieux du simple fait de leur nature; et que toute critique de leurs actions ou propos relèverait nécessairement de l'inévitable réflexe machiste, argutie fermant la porte à tout débat, revélant un désir de toute-puissance, lequel signe alors une nette tendance hystérique, au sens freudien du terme. On voit ici et là des dentiers féminins rayant le parquet avec autant d'application que ceux des bonshommes. Avec parfois du talent, et parfois non. Les mêmes, je vous dis. Au reste, heureusement!
Plus (+) de femmes aux postes décisionnaires est un progrès "en soi". Mais n'engage l'avenir du monde et des nations ni vers le mieux-vivre ni vers la régression, Seuls nous le diront, les idées défendues et les actes. Et de ce point de vue, ce n'est pas gagné d'avance... On en eut assez tôt la preuve avec Miss Maggie, qui laissa crever un Bobby Sands ne pesant plus que trente kilos, la femme n'est pas "par nature" plus humaine que le mâle. Avec Edith Cresson, nous vîmes qu'elle n'était pas davantage plus diplomate, plus fine, plus subtile, par je ne sais quel avantage chromosomique ou hormonal.
Ces jours ci, avec Condolezza Rice, qui n'aura pas daigné écourter ses vacances malgré Katrina, et fut même, parait-il, vue sur la 5eme Avenue faisant tranquilou son shopping, nous avons constaté qu'elle pouvait être aussi cynique et dénuée de sentiments de solidarité. Avec Florence Parisot, nouvelle patronne du Medef, déclarant que la vie et la santé n'étant pas à durée indéterminée, elle ne voit pourquoi le travail devrait l'être, nous entrevoyons que la loi de la jungle capitaliste sera aussi bien défendue par des matrones ultralibérales que par les Barons d'autrefois. Et puis il y a cette femme qui a balancé sur internet les photos "légères " de sa chef, piratées sur l'ordinateur d'icelle, pour la ridiculiser, lui nuire... La mesquinerie pudibonde, vacharde, sadique, est également bien partagée.
Allons! La femme ne sera évidemment pas l'avenir de l'homme, sentence qui d'ailleurs ne veut rigoureusement rien dire, quand bien même elle est d'Aragon. Elle sera en revanche une plus large part de l'avenir de l'humanité. Ce ne sera ni mieux ni pire, ou plutôt, tantôt l'un, tantôt l'autre. Ce sera simplement plus normal. Pour une Gandhi en tailleur, combien aurons nous d'Hitler en jupons? La même proportion que chez ceux d'en face, on peut le parier.
Je l'avais dit. "à partir du 17 Aout 2005". Ponctuel. Une part de mon malheur vient d'ailleurs de là. Obsédé de la montre je déteste être en retard. Spiderman2 livrant ses pizzas à côté de moi est le Dalaï Lama. Chaque minute dépassée, n'importent les circonstances, m'est un coup de poignard qui raccourcit mon espérance de vie du double au moins.
Ainsi ma deuxième saison blogueuse démarre-t-elle ce jour. La première fut d'abord et c'est normal, hésitante. Puis voulut exprimer le regard médusé et médisant que je me plaisais à porter sur des médias médiocres, et dieu soit loué la plupart du temps je ne regardais même pas les émissions que je commentais. Puis, m'apercevant du danger d'être catalogué par mes nouveaux corréligionnaires comme le ronchon de service, je m'essayai à dévoiler mon côté obscur, caché, secret, cette petite fleur bleue nichée au fond d'un corps de brute obtue. Quitte à flirter alors, parfois, avec un exhibitionnisme triste; mais qui me valut plus de compliments que de piques acidulées. C'est toujours ça.
La saison 2 se veut tentative aussi double que désespérée: d'un côté traîner dans la boue la Zen Attitude, les pensées uniques positives qui contrarient mes pulsions atrabilaires compulsives. De l'autre, contrechamp: le désir secret de l'auteur d'accéder (enfin) à une vague sérénité, - serait que temps-, à quelques encablures de la cinquantaine, période faste où les problèmes de prostate ne sont plus très loin, et où le vrai compte à rebours a (depuis quand?) commencé.
Dévorant mi narquois mi concerné tout magazine invitant à se ressourcer, à vaincre pour de bon le stress, à profiter des antiques sagesses asiatiques dont nous redécouvrons aujourd'hui les bienfaits, je me suis un temps convaincu que la méditation pourrait m'apporter paix intérieure et joie discrète. Pour déchanter bientôt. Le moindre bip de portable m'évoque irrémédiablement l'annonce d'un malheur probable, contrôle fiscal, disparition d'un ami, victoire d'ajaccio en championnat. Cette ambivalence, pulsion/répulsion à l'égard des Tao, Hiking et autres voies lumineuses, ne date pas d'hier. Confidences...
Ma pauvre mère, déjà, que Le Grand Lama la console, se définissait d'abord par sa totale inaptitude à la zénitude. Elle entassait pourtant les ouvrages supposés savants sur le détachement des bonzes et la force mentale des samouraïs. Aucun précis de sagesse orientale, nul vademecum hindouiste, aucun livre des morts, Tibétain ou auvergnat, ne lui était totalement étranger. Confucius et Lao Tseu s'invitaient régulièrement à nos tables pour partager nos petits sushis. Nous passions certains ouiquendes en un temple japonais de banlieue sud, à réciter forces mantras incompréhensibles. NB: J'ai censuré le reste, "par respect", comme ils disent, pour ces adeptes.
Comme je fumais deux paquets de cigarette par jour, j'ai longtemps ignoré à quel point j'étais over stressé, anxieux, perpétuel inquiet, névrosé, limite border line (nous y reviendrons, patience), torturé, flagellé du bulbe. Du jour que je rompis avec le tabac, pour cause de paternité, je découvris ce talon d'achille qui me sabre à peu près un jour sur deux. Et voilà qui déjà nous entraîne vers de passionnantes réflexions métaphysiques autour de la dualité: abandonner un mal (la clope), pour protéger un bienfait (l'enfant)... Puis en récompense, découvrir un mal nouveau (l'angoisse) dont le poison en réalité vous protégeait.
Ca parait assez yin et yang, non? (voir schéma ci-contre) Eh bien, croyez-le ou non, j'ai cherché dans tout le Tao To King, ce soit-disant viatique vers l'accomplissement de soi: Ce Lao Tseu ne dit pas un mot sur le sevrage de Marlboro! En revanche pour me rappeler (LIII) que la cour est bien tenue, mais les champs sont plein d'ivraie et les greniers vides, là y a du monde! Si c'est comme ça que ce type prétend me rassurer, on est bien partis.