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27/02/2009

Guillon: Desproges moderne, ou baudruche incorrecte?

Depuis qu'il a moqué DSK sur le thème "toutes aux abris, le priapique du FMI est dans la place", et depuis que Jean-Michel Aphatie, en bon Savonarole des studios, a souligné le manque terrible de talent caché derrière l'apparente insolence du trublion de France Inter, le débat fait rage. Les uns portent Stéphane Guillon aux nues, les autres remarquent la relative facilité des facéties auxquelles il s'adonne. On en cause par exemple chez mon pote Mry. Vous voulez mon point de vue? Non? Vous l'aurez quand même.

Stéphane Guillon part d'un constat plutôt évident, mis en rime il y a quatre ou cinq ans par l'ex-inconnu Didier Bourdon: on peut plus rien dire! Je m'use aussi à le mettre en évidence sur ce blog. Mais Bourdon est connu, Guillon une star, et moi ni l'un ni l'autre. Le journaliste américain Ted Stanger, dans un livre récent, se plaisait à remarquer que si les américains ont inventé le politiquement correct, ce sont les français qui ont déposé le brevet. Et j'ajouterai, qui en ont poussé la logique jusqu'à un point d'absurde et de schizophrénie impensable il y a vingt cinq ans, quand triomphaient sur les scènes Coluche, Desproges, et Le Luron, morts tous trois dans des délais rapprochés., et jamais remplacés par la suite, sinon par des ersatz, des succédanés. Vous reprendrez bien un Canada Dry, voilà pour le contexte.

Ma grande déception dans ce domaine, je l'ai déjà dit ici, demeure Patrick Timsit, qui promettait beaucoup, mais fut le premier je crois à céder à cette injonction qui allait devenir pandémie: la repentance, l'excuse publique. Ayant lâché dans un sketch que chez le mongolien, c'est comme dans la crevette, tout est bon sauf la tête, il se vit attaqué par des associations qui exigeaient, -et obtinrent-, un acte de contrition symbolique. Au lieu de les envoyer gentiment et poliment promener, ou de d'attendre les attendus de La Cour, Timsit céda, s'excusa, renonçant à sa liberté d'expression contre un plat de langoustines. Malgré toute l'amitié que j'ai pour les parents de trisomiques (mon père en fit un, dans son second mariage, qui eut donc été mon demi-frère s'il avait survécu) je regrette, déplore, et condamne mordicus ce renoncement à l'impertinence, au droit de l'humoriste à dépasser les bornes du bon goût. Timsit donna le bon exemple, c'est à dire le mauvais. Et qu'on ne vienne pas me citer Dieudonné remettant un prix d'insolence à Faurisson le négationniste, dans une salle parait-il bondée, pour arguer qu'on ne peut pas tout accepter. Il y a longtemps que M. M'balaM'bala a déserté les terrains de l'humour (et de l'honneur?) pour investir celui d'un genre particulier de politique. Rien à voir.

Ayant identifé qu'existe un terreau en jachère depuis vingt ans, Guillon fait mine de le cultiver. En live, sur Canal+, et désormais sur Inter. Le fait qu'il a capté le "marché" n'implique pas qu'il est légitime dans l'application du cahier des charges. En dehors de lui s'entend certes un vide abyssal. On a droit de garder sa capacité d'écoute.

Il me semble que ce type joue "facile". Partant d'une idée qui semble plaisante, il se contente du premier jet. En faux modeste, il prétend qu'il lui faut une journée pour écrire une chronique: u'il est un "laborieux". Je n'emploierais pas ce mot. Laborieux vient de labor qui signifie travail. Et précisément, ses saillies ne sont guère travaillées. Ce qu'il refile à ses ouailles n'est le plus souvent qu'un brouillon de bonnes intentions, qui n'ont jamais ni la perfidie d'un Le Luron, ni la finesse d'un Desproges, et pas davantage la fulgurance d'un Coluche. Ses ficelles ont l'épaisseur d'une corde à noeuds, la subtilité de ses attaques rappelle un panzer dans une impasse à sens unique. Et on dit de Jean Marie Bigard?! Et on tacle les Grosses Têtes?

Parce qu''il s'est récemment attaqué à Aphatie, qui l'avait également épinglé sur ce registre, on tente sur internet de faire de Guillon un authentique incontrolable, qui dérangerait les puissants. On en profite pour redorer le blason d'une radio de service public qui en l'occurence, ne me parait guère exigeante sur la diffusion du produit fini.

Pour moi, ce garçon se disqualifia certain jour où je le vis sur Canal +, dans le show de Stéphane Bern. Il y avait mission d'assassiner l'invité, sans que celui-ci eût jamais le moindre droit de réponse, ça évitait tout dérapage et ne laissait à la cible du jour qu'une pauvre alternative: rire (jaune) et encaisser sans mot dire... ou protester et passer pour un con. Jusqu'à ce jour où le chanteur Vincent Delerm inventa une troisième voie. Rien que pour cela, je lui garde un soupçon de sympathie, quand bien même ses chansons m'ennuient plus que la mort. Delerm déplia l'Equipe et se mit à lire en silence la rubrique football, désarçonnant illico le Guillon qui s'attendait à tout sauf à cette parade. C'est dans ce genre d'imprévu que se révèle l'étendue du talent. Coluche eut sans nul doute retourné la situation à son avantage, lachant son texte pour une impro dont on se fût souvenue. Guillon se contenta de pleurnicher que ce n'était pas bien, cette attitude. Qu'on ne respectait pas son "travail". Habitué qu'il était à tirer les cheveux des plus petits dans la cour, il s'étonnait soudain de prendre une claque inattendue sur son derrière. Et s'en trouvait tout désarmé, le chéri.

Telle est la vraie nature de Stéphane Guillon. Ni vraiment méchant, ni vraiment talentueux. Un ersatz, je vous dis. Dans la société globalement korekt que vous vous habituez à construire, Guillon tient le rôle confortable de l'alibi, il est le grand méchant loup du conte qui en vrai ne dérange personne.  Hors DSK. Que j'aurais cru c'est vrai un peu plus mâdré. On me dira que la chronique incriminée a donc au moins permis de faire tomber ce masque. C'est se contenter de bien peu, la crise décidément frappe partout.

17/02/2009

Refaire le match

Chaque lundi soir il me faut écouter "on refait le match" sur RTL, avec l'extravagant Saccomano, type plutôt cultivé qui joue les prolongations en s'époumonnant parfois comme une chaisière violée au fond de la sacristie. C'est un type étrange. Capable d'une infinie mollesse à l'antenne, il entre tout-à-trac dans une colère noire à l'encontre de tel convive qui aurait discuté la supériorité intrinsèque de Benzema sur BenArfa, ou l'inverse. Parfois le voilà qui d'un coup boite de la pensarde le long de la touche. Il ne retrouve plus le nom de cet arbitre à la con, du capitaine de Lens en 58, ou plus tristement de son voisin de gauche, celui qui bosse à l'Equipe, là, mais bougez pas ça va me revenir.  Il faut écouter ce show pour se rassurer : non, tous les braves gens ne tchatent pas le soir sur dog city (ou sur newzy.fr pour m'y insulter) il s'en trouve aussi pour écouter débattre du Monaco-Marseille de la veille. Je ne vous cache pas que c'est un de mes rendez-vous préférés, parfait pour commencer la semaine. Savourer la sottise d'autrui vous évite de considérer la vôtre. Comme un lundi.

"Eugène" (les auditeurs qui lui passent la pommade en deuxième partie de soirée l'appellent tous Eugène, avec la déférence qu'on doit aux Académiciens) réunit autour de lui de doctes intervenants footeux, les uns pédants, les autres cuistres, qui se coupent la parole et s'engueulent et s'apostrophent pour trancher des questions essentielles. Domenech est-il un crétin mégalomane ou un psychopathe malfaisant? Inévitablement, il y a une fille dans le lot qui, nous explique-t-elle, traîne le long des bancs de touche chaque jour de la Sainte Semaine, connait tous les joueurs par leur prénom, trouve Gourcuff plutôt joli garçon, mais ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, elle sait aussi disserter deux heures sur les avantages comparés du 4-2-3-1, du 4-4-2 et du 3-3-2-4 qui n'existe pas ça ferait treize joueurs sur le terrain en comptant le gardien. Elle m'enchante aussi parce qu'elle regrette le bon temps, ces équipes de France black blanc beur dont on parlait l'autre jour. En fait elle regrette seulement l'époque où ces équipes gagnaient.

L'an dernier, s'exposait dans le staff un pontifiant journaliste qui terminait chacune de ses diatribes (il était préposé au coup de gueule pas trop bien préparé, ça lui attirait les foudres de ses collègues, mais sur un ton mesuré quand même, pas décourager les bonnes volontés) d'un proverbe africain supposé résumer le débat, genre "le crocodile reconnait la gazelle à la saveur de la cuisse, et le lion à l'odeur des chaussettes". Cette année, il ne participe plus aux échanges. Le le débat y a perdu en richesse. Il y avait aussi Pascal Praud, ancien de TF1 qui adorait jouer le rôle du type que les autres haïssent. Lui, le prenait comme un jeu, mais ses collègues, mille fois moins cultivés que lui,  le cassaient par des vannes assez basses, indiquant qu'ils le haïssaient vraiment. Le cas Praud rappelait qu'à l'école se trouve toujours un type à lunettes parfait pour tenir le poste du souffre-douleur. Les penseurs du foot, par ailleurs si prompts à nourrir le sujet de "morale" et de "respect", n'en sont pas moins cruels entre eux.

Hier soir, ils discutèrent entre autre du public marseillais, des sifflets entendus au Vélodrome à la fin d'Argentine-France. Saccomano aura rappelé comme ce public méridional est frondeur; à l'Opéra il n'hésite pas à jeter des tomates aux tenors hésitants. Ils ont tous trouvé la comparaison judicieuse, et tout à fait appropriée. Probable que Saccomano ne porte pas de lunettes.

12/01/2009

Rachida, mère moderne (donc, modèle)

Reprendre le taf' cinq jours après l'accouchement, rolex en main, l'exploit est authentique et toute bonne féministe devrait y applaudir. En voilà de la femme môderne! et qui assure! Peut-on mieux montrer qu'on a la poigne, la niaque, la hargne? Si c'est pas la démonstration que le fameux -fumeux- "instinct maternel" n'est qu'un avatar de la littérature sexiste et de la culture patriarcale!? Elles devraient jubiler, les maritornes!

D'un autre côté, le droit social risque d'en prendre un petit coup dans les gencives, pour peu qu'on demande à manman lambda de s'aligner. C'est vrai que si Madame tout le monde se la jouait Dati, le déficit se porterait moins mal! On sent venir la tentation du rappel à l'ordre, pour les mijorées standard... Qu'elles en prennent de la graine! Qu'elles cessent de tirer comme des feignasses sur le congé mater à rallonge!... sans oublier le spécial rab', dit "pathologique", qui leur octroie facile deux mois de bonus à glander au lit aux frais de la Sécu...  Moi je dis, vive le féminisme! Qu'elles se mettent au diapason, les drôlesses! Qu'elles cessent de se la raconter avec leur post-partum! Déprime de l'accouchée? Tu crois qu'elle a le temps de déprimer, Rachida?? Elle te colle la Zorha en garderie, et pour les démonstrations d'affection, rendez-vous place Vendome vers 19h30, j'ai une fenètre potentielle jusqu'à 45, amenez moi le tétard pour bisous sur le front, et changage de couche si affinités seulement.

Cette aptitude de la garde des-sceaux-mais-pas-des-marmots à s'affranchir des contraintes maternelles semble avoir quelque peu défrisé l'ex-candidate socialiste à la Présidence. En  son temps, celle-là ne s'était pas privée de poser pour Match, à la clinique, moutard sous un bras, dossier ministériel dans l'autre. Indiquer au bon peuple comment qu'elle assurait grave sur tous les plans. Elle s'en était fait un exploit perso, Manman Candidate, de cet accouchement express. Il tenait une place de choix, dans ces faits d'armes télévisuels qu'on nous repassait volontiers à l'heure où les plus hautes fonctions semblaient s'offrir à elle.

Sauf que... le voilà d'un coup méchamment ringardisé, son record Royal de jadis, à l'heure des ministres reprenant le boulot avant même cicatrisation complète de leur épisio!

-on me fait signe, en régie. En fait d'épisio nous étions avec Mâme Dati dans le cas d'une authentique césarienne... et cela, mon petit Jean Mimi, ajoute une dimension supplémentaire à l'exploit technique. Fin de parenthèse.

Notre ex-star du féminisme maternisant de gauche -c'est un concept- est donc ce dimanche, dans le Journal du même nom, montée au créneau pour "défendre" celle qu'on a jugé un peu rapide dans sa prise de distance avec la fonction maternelle. Ce couplet solidarité femme-femme au-delà des clivages pôôlitiques, elle ne pouvait pas le louper, surtout pour l'assaisonner de deux ou trois vacheries bien senties. Derrière les mots aimables d'un politique, on trouve toujours un ou deux scuds prêts à fuser. On n'est pas déçu. La malheureuse Dati n'aurait en réalité pas eu le choix, soumise  qu'elle serait au diktat de son odieux chef de service de l'Elysée, qui pratiquerait sur elle (texto dixit) harcèlement moral et manque total de respect. En somme, la super féministe de droite ne serait rien de mieux qu'une nigaude subissant sans piper la férule d'un boss omnipotent. Alors qu'ELLE, Marie S., c'était autre chose! Une femme de son temps assumant sereinement sur tous les fronts, maternitude ET ministritude. Ce qui, ma p'tite dame, n'est pas donné à tout le monde.

Conclure ensuite d'une pique complémentaire, avec ce conseil souriant "profitez bien de votre bonheur d'être maman, et du congé paternel que J'AI offert (cadeau Royal, dit-elle. La fréquentation du comique Gaccio la propulse désormais aux sommets de l'humour) à tous les français.

Vive les copines, aurait dit Reiser.

03/12/2008

Essaye encore...

Ce n'est pas par flagornerie que j'évoque ici l'expo récemment consacrée à César par la Fondation Cartier (dont j'ai déjà parlé, mais pas du principe même de compression ). Les méchants pourraient m'en soupçonner: je viens de travailler pendant 18 mois pour son Président, qui était le meilleur ami du sculpteur. Mais si j'avais voulu flagorner, au moins l'aurais-je fait avant que cette mission ait pris fin.

Si j'évoque ici l'une des compressions croisées à l'Expo récemment terminée, c'est parce qu'elle prend ce matin un sens nouveau à mes yeux. Vous savez ce qu'il advient de l'Art Contemporain. Personne ou presque n'y comprenant rien, le monde des profanes se devise (presque) en deux: ceux qui s'extasient sur tout, de peur de passer pour des ploucs; et ceux qui dénigrent tout en bloc, craignant de se faire rouler dans la farine par quelque escroc du genre peint ses toiles avec la queue de son chien quand celui-ci est content; ou propose à 35000 euros cette oeuvre intitulée tache de sperme caucasien sur drap diaphane, un jour de neige à la Clusaz tandis que je sirotais du Lait Candia.

Compresssion

Non. J'évoque celle-ci parce qu'elle me touche, tout n'y est tellement, monstrueusement, que matière, qu'on ne discerne plus de quelle matière il s'agit. Cet amas de tôles compressées pourrait aussi bien n'être qu'un vieux stock de jean's ou surplus de l'armée, un enchevêtrement de plastiQUEs ou bois, chiffons, manteaux de cow-boys sortis d'Il Etait une Fois dans l'Ouest. Ca pourrait être absolument n'importe quoi. Et c'est aussi cela, le monde moderne, non? Tous ces milliards de cons qui font la solitude, que j'évoquais ce matin, tous les "toi moi nous", compressés, concassés, et stockés selon nos apparences (nos appats rances)... tous tenant malgré tout debout, quoique vaguement de guingois, figés dans nos équilibres précaires.

S'il est une chose certaine, dans l'existence de cette compression, c'est qu'on n'ira pas la démonter pour voir un peu ce qu'il y a "dedans". C'est un dehors qui ne recelle aucun dedans, sinon du "même". On n'y trouverait rien d'autre. Rien d'inattendu. Ni processeurs, ni fils de laiton, pas de connections, aucun neurone, et nulle trace de sentiment.

De même ne sait-on rien de ce que fut l'objet avant de passer au compacteur. On s'en fout. il ne reste désormais que cette sculpture, un être sans passé, sans mémoire. Et sans autre avenir que rester là, là ou ailleurs, pour témoigner de cet instant d'éternité où, d'objet utile, vivant mais sans personnalité, il est devenu objet d'art, c'est à dire inerte, mort, et sans plus aucune valeur d'usage. Mais pourtant bien plus signifiant dans cette mort, que dans toute sa vie antérieure.

 

06/11/2008

Obama Démission!!

Je vais vous balancer un scoop, les aminches. J'ai la méchante panne d'inspiration, ces jours-ci... Une fois donnée dans l'Obamania de rigueur, l'espace de vingt-quatre heures, j'en retourne à ce constat flagrant: la panne d'essence me guette. Vous me direz que cela vaut mieux que la panne des sens, et jusqu'ici les cinq vont encore à peu près en ordre de marche, encore que la main gauche me chatouille et me gratouille un peu trop souvent du côté du nerf cubital et c'est grave docteur, éviterons-nous l'amputation? Ca devrait.

Je rigolerais bien quelques instants des énièmes querelles de chefs au PS, si le ressort n'en était pas aussi usé que les blagues de Toto emballant les bons vieux carambars. Je ferais bien mon "franchouillard", genre où j'ai des dispositions si j'ai bien compris, ce ne sont pas les sujets de mécontentement qui manquent, mais believe it or not, j'ai pas le coeur à pester. Novembre me rend tout mou. Quant à glousser du double fiasco houellebeco-lévien en librairies, le coup de pied de l'âne serait presque trop facile, d'autant qu'à ces cuistres là, nul échec ne semble jamais servir de leçon.

J'ai tenté un titre à contrecourant qui prétendait avoir son petit effet. Mais ça n'a guère accroché non plus. Voir aux infos ce bon vieux Révérend Jesse Jackson le visage inondé de pleurs, c'était ce genre d'émotion qui me touche en vrai, et autant le dire, personne en vrai n'a la larme aussi facile que moi. Qu'on me pousse un peu, et je peux vous verser une petite sur un climax des Télétubbies.

Un de mes amis m'apprend qu'Antoine Sfeir fonde une Association laïque contre les dérives communautaristes, dont Jean Michel Quillardet, récent grand maître du GODF, prendrait la vice présidence. Excellente initative, mais qui m'apparait relever d'avantage de la stratégie de la Ligne Maginot, rien ne me paraissant mieux installé en notre pays, désormais, que les communautarismes de tous poils et tissus.

Bref, j'ai sacrément du mal à me motiver, y compris sur les sujets qui hier encore me donnaient matière à vibrer un peu en écho au monde.

C'est que je vieillis, diront quelques salopards. Ou que je rajeunis, va savoir... Mais il me semble qu'après 4 années de bons et loyaux services, je devrais me bousculer un peu. Ce blog devient progressivement un train train quotidien qui n'a rien d'héroïque, pour envoyer un clin d'oeil à l'un de mes blogs préférés, où aucune note ne fait jamais plus de cinq lignes.

A ma place, vous feriez quoi?

04/11/2008

And the winner is?...

Cela fait toujours très prétentieux de se citer soi-même... Mais voici ce que j'écrivais ici, le 5 JANVIER 2008, quand l'hypothèse n'était, dirons-nous, rien de plus qu'une hypothèse...

Barack ok

Déjà, qu'en pleine crise financière et de l'immobilier, un pays songe à élire un type qui se prénomme "baraque", c'est assez formid.

... Au bas mot.

Deuxio, qu'il soit plus proche, côté faciès, de Samuel L. Jackson que de John Travolta, ne me parait certes pas un argument "'en soi", mais depuis le temps qu'on nous invente au ciné des présidents noirs pour juste faire croire "que ce serait possible", il ne me paraitrait point déprimant que la réalité finît par dépasser la fiction.

C'est aussi que se récupérer la mère Hillary après son hilare de mari, finirait par faire beaucoup. Aux US, Les familles Bush et Clinton trustent le pouvoir depuis plus de vingt ans, on croirait la première république bananière népotiste venue.

Et puis! imaginez un peu qu'après l'Argentine et le Chili, les US s'offrent une matrone au bureau ovale: ce n'est pas que je sois contre... mais allez faire comprendre, ensuite, à madame quivoussavez que cela ne lui donne aucun surcroit de légitimité pour 2012!! Le temps qu'elle comprenne, Le Mec Sarko peut se faire réélire jusqu'à 2027 inclus.

Bref: Hilary, no! Barack ok.

Mon choix est fait.

... Sans compter qu'on cède aux arguments qu'on peut... (cette chanson est l'hymne officiel de sa campagne...)


Découvrez Bruce Springsteen!

                  Obamabruce

"Une poignée de gens entrent dans votre vie via la musique et racontent l'histoire du peuple américain (j'aurais dit du peuple tout court, mais bon...) Bruce Springsteen est l'un d'entre eux."

Si en plus le mec appelle à voter Springsteen, là, je peux pas mieux dire.

18/10/2008

Sifflets, pataquès et brouhahas

Avec cette histoire de Marseillaise sifflée, on en aura entendues, et lues de belles, tout de même, dans les médias.

Voilà pourquoi j'aime ce genre d'épiphénomène. Les contradictions s'y révèlent. Les tabous du temps se dévoilent. Dans une même phrase, on capte une vérité et une connerie.

Ainsi, Laporte se demande s'il est cohérent de jouer ce genre de match au Stade De France. Je trouve qu'il n'a pas tort de poser la question, pour peu que l'enjeu n°1 soit d'éviter qu'on siffle l'hymne national, et compte tenu des précédents remarqués contre Le Maroc et L'Algérie... . Puis le voilà qui précise qu'ailleurs on trouvera un "public sain", façon de traiter les habitants de région parisienne de "malsains"; ce qui venant d'un ministre, vaut quand même son pesant de harissa, au rayon maladresse. Ses collègues Amara et Dati montent au créneau, lancent aux "siffleurs criminels" des noms d'oiseaux peu amènes. C'est qu'appartenir "à la communauté", les autorise à vilipender un peu. Personne ne relève cette dérive désormais jugée normale. Le communautarisme n'est plus un fait de société. C'est la norme.

Platini répond à tous les scandalisés que de son temps il entendait siffler PARTOUT la Marseillaise, quelles que soient les villes de France. C'est que l'époque était à la contestation des valeurs patriotiques, Michel! Le drapeau tricolore était spontanément conchié par tout un chacun, la Marseillaise sentait son rance et crapoteux, mieux que Maréchal Nous Voilà. Il convient aujourd'hui de la sacraliser. Certaine gauche a beau jeu, dès lors, de stigmatiser une droite rétrograde et nationaliste... Oubliant que dans l'euphorie de la campagne de l'an dernier, la candidate socialiste voulait rendre obligatoire la possession du tissu bleu blanc rouge pour chaque foyer.

Un responsable du PS s'avoue choqué des sifflets; dirait-il qu'il s'en bat les crampons, qu'on le clouerait de toutes façons au pilori. Mais il comprend le message, qui exprimerait, croit-il, ou plutôt feint-il de croire, le ressentiment des jeunes contre le passé colonialiste. Rappelons à ce faux naïf que la colonisation a cessé il y a cinquante ans, que les gamins siffleurs agés de quinze à vingt-cinq, n'en ont pas plus souffert que Dieudonné de l'esclavage. Et qu'il connaissent d'ailleurs probablement ces pans de l'histoire aussi bien que moi la composition moléculaire de l'hydrochlorothiazide féruginospongieux. Suggérons lui que c'est plutôt l'intégration ratée, le vrai problême. Fiasco auquel son parti participe de 50% pour ces trente dernières années. Et ajoutons, rien que pour l'escagasser, qu'elle l'est aussi, ratée, entre autres raisons parce que des religieux s'appliquent à en saborder les principes par une efficace action de proximité... quand ce ne sont pas les enseignants eux-mêmes...

Arrive l'expert en comm de la Fédération. Un certain Frank Tapiro, forcément génial puisque ancien proche du Président de la République et Guide Eclairé de La Nation. Il suggère, l'expert, que la prochaine fois on fasse siffler "pour de bon" la Marseillaise par le public. Entendez "siffler l'air". Ffu ffu fu ffuuuu fu fu fu fuuuuu fufu... S'il parvient à coordonner 75.000 panurges le temps de ce noble exercice, je lui tirerai mon bonnet phrygien. La question demeure: est-ce le même qui eut la mirifique idée d'entraîner la Laam dans cette imitation de Mireille Mathieu, que mon ami Raymond comparait joliment à un paquet de glaçons fondus? Ces gars de la comm ont de la ressource, et me laissent à penser que je n'étais pas fait pour réussir dans l'événementiel. Mon banquier confirme.

Finissons avec Michel Platini, qui pointe avec pertinence la récup' politique, mais se plante à mon humble avis lorsqu'il n'entend pas le symbole, assez fort, de cette jeunesse exprimant sur ce mode du sifflet, un mix de connerie, haine, malaise et chauvinisme.

En somme, dans ce concert, je n'ai entendu personne dont je me dise, tiens, voilà, je pense exactement comme lui. Peut-être parce qu'au fond, je sais que tout ce débat est plombé d'avance, et insoluble probablement. Ou bien personne n'est assez con pour penser exactement comme moi.

C'est grave, docteur?

- Je ne sais pas, mais ça ne vous empêchera pas de passer comme vous pourrez le week-end.

- D'autant que Lundi et Mardi seront pour vous, natifs du Capricorne, denses et tendus, précise Elisabeth Domenech, Reine Désastre.

Raison pour laquelle, chers petits amis, je pose le stylo deux trois jours, vous donnant juste rendez-vous :

lundi, pour une nouvelle play list blog my rock...

lundi et mardi, pour deux chansons dédiées à certaine Amie de Georges qui passe parfois par ici, et Octobre est traditionnellement le moment où je l'évoque.

Tous les autres pourront les écouter aussi!

14/10/2008

Interlude nosocomial

Avec ma fille, on avait coutume de rigoler (gentiment) du cas Guillaume Depardieu. Ca lui fait une belle jambe... il y a longtemps qu'il n'a plus pris son pied... Ce genre de bétises. On allait en faire une dernière, du genre il est sorti de l'hopital le pied devant. Sauf que. Le revoir au journal, lundi à l'annonce du décès... Cette gueule cassée de pauvre enfant de 37 ans. Cette souffrance irradiant de chaque parole, de chaque hésitation. Tant de douleur qu'on finissait par l'imaginer contagieuse. Ce n'est pas que j'ai l'impression d'avoir perdu un petit frère. J'ai juste ressenti beaucoup de peine à revoir ce visage, où se lisait d'abord, chaque fois, ce gâchis d'une relation père/fils ne conduisant nulle part; ce manque fondateur, désespérement hurlé par tous les excès, toutes les dérives, toutes les errances. Et qui n'avait pourtant probablement, au moins à l'origine, attendu que le rappel à l'ordre du père, la voix, la Loi, et je ne parle pas là du sens judiciaire et républicain .

Lorsque j'ai revu le mien, en mars, après dix années de guerre du silence... Ce fut la première fois de ma vie, imaginez cela, que je l'entendis me dire je t'aime. 50 ans...

Il n'est jamais trop tard.

Pardon de tout ramener à mes propres émotions. Tant d'années à m'interroger si j'étais "la" cause de son départ, un chantage à moi tout seul, ou juste un élément du dossier. A me demander ce qui manquait le plus au bout du compte: ce sentiment d'une fondamentale incompréhension de ce que j'attendais, (étais en droit d'attendre?), l'absence persistante d'expression de l'amour, ou une simple incapacité à exprimer ses propres sentiments, fait courant chez les hommes de sa génération (ça ne pleure pas un homme, ce genre de truc...)

Guillaume Depardieu pleurait, ça ne fait guère de doute. Un homme accompli doit savoir pleurer. Un homme doit aussi savoir dire à ses enfants qu'il les aime (pour autant que ce soit vrai). Je me demande lequel est le plus à plaindre, finalement, désormais... Du fils, et de sa vie cassée... Du père, celui qui reste et se demandera peut-être, à jamais, s'il n'aurait pas pu (du) trouver d'autres façons d'agir, et d'être. Ou qui continuera de vivre, peut-être, en ne se demandant rien...


Découvrez Serge Gainsbourg!

26/09/2008

Nuits d'angoisse au Sénat (aussi)

Si j'en crois la prise de parole du Président, hier au soir, qui semblait un rien moins joyeux que lorsqu'il tient mimine à son Rossignol milanais... si je m'en tiens aux commentaires des journalistes où reviennent en boucle les joyeux mots de catastrophe, apocalypse, fin du monde, il n'y aurait pas de quoi, ces jours-ci, se la prendre et se la mordre, pour reprendre la belle expression de mon paternel.

Mais ruine des bourses mise à part, nous apprenons que le Sénateur Poncelet, qui ces jours-ci joue  "Fin de Partie" au Palais du Luxembourg, se voit offert à vie un 200 m² Rue Bonaparte, et je m'étonne franchement que d'aucuns s'étonnent. A l'heure où le dossier retraites, déjà préoccupant, se voit compliqué par l'effondrement programmé de l'économie mondiale, n'est-ce point rassérénant qu'une vieille personne au moins aborde les prochaines semaines en parfaite sérénité?

Un bonheur n'arrivant jamais seul, j'apprends que Jean-pierre Chevénement, qui n'était ni reparti au Paradis des Souverainistes Gateux (tiens, ça fait PSG, marrant), ni SDF depuis qu'il avait perdu tous ses mandats électifs "normaux" (j'entends ceux décidés par le suffrage universel; ou ce qu'il en reste) va lui aussi pouvoir couler une retraite heureuse au Jardin du Luxembourg, où il pourra, entre deux parties de boules dans les allées ombragées du parc, déguster vins chauds et biscuits en refaisant le monde avec, mettons, Charles Pasqua. L'Etat est bonne fille avec ses "grands serviteurs".

Le bonheur ne saurait frapper tout le monde à la fois. Observer la mine déconfite de Jean-Pierre Raffarin, après la claque par lui subie dans la compète pour l'accession au fauteuil de 3ème Personnage de l'Etat (*) faisait réellement peine à voir, et les valoches qu'il se trainait sous les paupières eut pu contenir les 2/3 du déficit de la banque Lehman Broz. D'autant que se faire taper par un gros obèse au physique bonnasse mais légèrement empoté, avait toute grossophobie mise à part de quoi vous coller un putain de blues new-yorkais.

Oserai-je supposer que son vainqueur ayant nom Larcher, il avait probablement pour emporter le morceau, plus d'une corde à son arc. Souhaitons qu'il en garde une ou deux pour se pendre, pour quand l'heure de la vraie ruine aura sonné. Car je doute que Poncelet lui laisse alors une place libre sur le canapé.

(*) Et non pas 2ème, comme on le dit souvent par erreur. Le Premier est le Président. Le 2eme n'est pas Le Président du Sénat (**) - ni même Carla Bruni-, mais tout simplement le Premier Ministre.

(**) La confusion vient qu'en cas d'empêchement du Président, la Constitution de 58 confie l'intérim au taulier du Sénat. (***)

(***) Et l'on est prié de ne pas évoquer, comme hier l'inculte de service de Canal+, "le second personnage de l'Etat", qui supposerait que l'énumération s'arrête à deux.

16/09/2008

Sé-Gaulienne n'en fait plus un préalable

Lisons cette dépêche de l'AFP: Ségolène Royal a annoncé lundi qu'elle ne serait pas forcément candidate à la direction du PS, appelant ses concurrents à en faire autant au moment où le parti offre le spectacle d'un bras de fer entre ses présidentiables pour la conquête du leadership au congrès de novembre.

Interrogée au 20 heures de TF1 pour savoir si elle était toujours candidate à la succession de François Hollande au congrès de Reims en novembre, Mme Royal a répondu: "Je n'en fais plus un préalable".

Traduit en français ça pourrait donner: je n'ai absolument aucune envie de subir l'humiliation de terminer troisième derrière les maires de Paris ou Lille. Je vais donc les laisser s'entre-déchirer et se planter en 2011, ce qui me permettra de réapparaitre le temps venu dans la posture que j'affectionne d'Etre Suprême, Christ Rédemptrice, d'ultime recours sé-gaullien.

Pour une fois, je trouve que c'est assez bien vu. Moscovici, Valls, Peillon, vont-ils mordre à cet hameçon, voilà ce qui désormais m'intéresse...