PS: j'ai pensé aussi à ceux qui veulent "mettre le ton". On peut appuyer la dramatisation sur les mots importants (en gras), ou souligner l'importance d'une notion par un soulignement. A chacun donc, de faire sa propre émission de radio.
C'est un sacré week-end de football que nous venons de vivre sur tous les stades du pays! A deux journées de la fin d'un championnat comme on en n'avait plus connu depuis des lustres, tant il demeure incertain à tous les niveaux du classement, le suspense demeure entier. Aucun verdict n'a encore été délivré (si ce n'est la relégation du Club Doyen (1) déjà inscrite dans les tablettes); l'antépénultième journée n'a pas été avare de surprises et rebondissements, et n'a fait qu'accroitre encore l'indécision générale.
Résumons-nous. Paris Saint Germain a une fois encore cédé à ses vieux démons, le club de la Capitale a encore mis un genou en terre, et cette fois dans son jardin du Parc Des Princes. Toujours incapables de saisir cette saison les opportunités lorsqu'elles s'offraient à eux, les hommes de Paul Le Guen se sont laissés surprendre par une surprenante équipe d'Auxerre, naguère moribonde, mais qui décidément termine son championnat pied au plancher. Avec cette nouvelle défaite "à la maison", le team sangermanois voit s'éloigner un peu plus ses rêves de ligue des champions, relégué qu'il est à quatre longueurs de la troisième place qualificative pour le tour préliminaire de la compétition...
... Place à laquelle le champion sortant s'accroche, faute de mieux. Mais c'est peu dire qu'il sera difficile de la lui arracher. Les lyonnais ont en effet courageusement redressé la tête, et de la plus belle des façons, allant s'imposer trois à un en Cité Phocéenne, à l'issue d'une rencontre où la déception se lisait sans mal sur le visage de tous les marseillais. Ceux-ci n'ont ils pas, en effet, vu s'envoler bien plus que les trois points de la victoire?... mais aussi, selon toute vraisemblance, le titre de Champion qui leur semblait pourtant promis, à l'heure du coup d'envoi? Face à des Lyonnais revenchards, les hommes de Gerets, bien trop laxistes en défense, rattrapés par leurs vieux démons, ont donc par trois fois vu trembler leurs filets, au grand dam des soixante mille spectateurs frustrés du Stade Vélodrome.
Entre Rhone et Saone (3), on attend en revanche que cette superbe victoire redonne confiance aux hommes de Jean Michel Aulas, et leur procure ce surcroit d'énergie qui ces dernières semaines leur faisait cruellement défaut. Voilà qui leur permettrait, qui sait, de revenir in extremis chiper à ces mêmes marseillais la deuxième place du classement général, synonyme de qualification directe pour la plus prestigieuse des compétitions européeennes. Le titre, en revanche, et c'est désormais une certitude mathématique, s'avère cette fois définitivement hors de portée.
Sauf coup de tonnerre, il ne devrait plus échapper aux Girondins de Bordeaux, qui restent sur une impressionnante série en cours de 9 victoires consécutives! Emmenés par un Johan Gourcuff toujours aussi décisif, les Marine et Blanc ont pourtant eu toutes les peines du mond, ce samedi, à se défaire d'une équipe mancelle bien décidée à vendre chèrement sa peau. Très vite menés à la marque, les joueurs au scapulaire (4) eurent le grand mérite de ne pas renoncer, revenant au score peu avant la pause; puis, après une égalisation des visiteurs, d'arracher cette victoire o combien précieuse dans l'optique du sacre final. Comptant désormais trois points d'avance sur le rival marseillais, les joueurs entraînés par Laurent Blanc ont plus que jamais leur destin entre leurs mains. Mais d'un calme qu'on qualifierait volontiers ... d'olympien, Le Président (5) avance toujours masqué, imposant son rythme et sa marque dans cette véritable guerre des nerfs au sommet. N'importe, ses hommes pourraient être sacrés dès dimanche prochain, pour peu qu'ils l'emportent, et que Marseille soit accroché à Nancy...
... Or à Marcel Picot, on demeure méfiants. Car si le maintien semble assuré, il manque encore un petit point pour partir en vacances en toute sérénité. Le stade lorrain cher à Michel Platini, est on le sait une forteresse quasi imprenable cette saison. Nul doute que les Marseillais, toujours à l'aise et fringants loin de leurs bases, auront à coeur de s'y imposer, pour entretenir l'espoir.
Cet Espoir s'amenuise au fil des jours, à Nantes... où l'équipe des Canaris devra probablement emprunter l'ascenseur qui mène vers la ligue 2, un an à peine après s'en être extirpés. Décidément, les grands noms d'hier peinent à retrouver leur lustre d'antan: on en veut pour preuve les difficultés de Saint Etienne, encore tenu en échec dans l'enceinte mythique de Geoffroy Guichard, par d'intenables Toulousains emmenés par celui qui s'impose comme la nouvelle gachette du foot français: André Pierre Gignac, assuré maintenant de terminer meilleur buteur de l'exercice 2008-2009, a encore frappé ce dimanche, s'imposant de plus en plus comme un héritier putatif de Jean Pierre Papin...
Qui donc accompagnera Le Havre au purgatoire de la L2? Nantes, selon toute probabilité, et nous l'avons suggéré. Mais de Caen à Sochaux en passant par Saint Etienne et sans oublier Le Mans déjà nommés, les clubs concernés par la descente demeurent nombreux, et c'est un autre intérêt majeur d'un championnat décidément indécis comme jamais.
Deux journées encore, et la balle de cuir aura délivré tous ses verdicts. On en connait qui aimeraient être plus vieux de deux semaines. Là réside précisément tout le charme et la cruauté de la compétition. Et comme il faut dire, toujours, en de telles circonstances: c'est le football! les occasions il faut savoir les mettre au fond, et à partir de là ce sera à nous de faire en sorte d'aller chercher la victoire pour ne pas avoir de regrets.
(1). Le Havre: quand on veut faire son malin, on commence par savoir que Le Havre est le plus vieux des clubs de foot français. Sinon, on se la ferme -normande.
(2) Ou, ''le club cher à Francis Borelli"...
(3) Histoire de ne pas répéter "à Lyon"...
(4) Le maillot girondin possède un V sur la poitrine, appelé scapulaire dans France Football depuis plus de soixante ans.
(5) Si tu sais pas que Laurent Blanc est surnommé le Président, achète donc Miroir du Cyclisme!
La prochaine fois, je vous prouverai que je parle aussi Tennis presque couramment.