Vous avez du feu?
Comme me le faisait justement remarquer Darkplanneur dans le courant de la semaine, "de toutes façons tu n'est qu'un déprimé chronique", ce qui indique chez ce garçon un sens aigu de l'observation.
Ca me reprend chaque année, en Février je me mets à haïr l'idée d'avoir un blog, pondre ma bouse quotidienne me désespère, et j'ai un autre accès du même genre vers l'automne.
Ca va de pair avec cette misanthropie qui repousse comme l'herpès. Jeudi il fallait si j'ai bien compris se réjouir des millions de personnes dans les rues. "Rêve général", était le slogan.
Crêve générale, serait mon pronostic personnel. Février va de pair avec l'obligation de réunir "toutes les pièces en vue du bilan comptable". Dix ans que ça dure. Le 19 février, je fêterai (enfin, si l'on peut dire) les dix années d'existence de cette EURL au capital de 7800 euros. Jusqu'alors, jamais dans ma vie je n'avais fait la même chose dix ans de suite, je veux dire en dehors des conneries consubstentielles au bonhomme, dont on ne parlera pas ici.
Je crois bien que j'ai pris perpète, en fait. Et pour la réduction de peine, il ne faut pas trop y compter. Alors ces derniers jours, je me suis appliqué à "rationnaliser l'espace professionnel". Entendez que, tel Joe Dalton fatigué de courir et de s'évader pour être repris chaque fois par ce fils de pute crypto-fasciste de Lucky Luke, je suis bel et bien sur le point d'encaisser pour de vrai l'idée que ce bureau sera ma prison, jusqu'à la fin. Les meilleures geôles sont celles que vous avez bâties pour vous-même. On est son meilleur gardien (en plus d'être son pire ennemi).
Alors je mets des rideaux de cretonne aux fenêtres. Un tapis. Putain, imaginez ça! j'ai acheté un tapis.
J'aurais sans doute mieux fait de cramer ces 12 m² carrés, il parait que les vinyles ça prend bien... et tout ce stock de paperasses, urssaf, cipav, fortis, trésor public, ram-pl, ça nourrirait le feu de joie.
Ca passera. Février, je vous dis.