Bon anniversaire, Ségo, et mieux vaut star que jamais
Je tombe sur cette "une" du magazine Gala, magazine de "toute l'actu des stars", avec cette accroche: "Ségolène Royal, comment l'amour l'a transformée".
Première constatation, c'est plutôt le maquettiste, qui en l'occurrence l'a transformée, retouchant grave la photo, pire que la pub de Johnny pour Optic 2000.
Intéressant, le ce titre, et le fait qu'il soit publié dans ce canard là.
Ségo, ce n'est pas seulement l'irruption du "people" dans la politique. Certes elle y a beaucoup contribué, souvenons-nous du temps béni ou l'on manqua de peu le reportage en direct live de l'accouchement de la petite dernière pour Paris Match. La frontière entre vies publique et privée n'a jamais été son souci majeur. Bien pratique d'ailleurs. Tantôt elle exhibe ses amours, et tantôt gémit qu'on outrepasse les bornes à son sujet. Elle est donc pour beaucoup dans la confusion des genres où nous sommes, que les amnésiques et les faux-culs font peser exclusivement sur le couple Carla-Nico, faisant mine d'oublier tout ce que cette dérive doit à beaucoup d'autres, dont Notre Dame des Deux Sèvres. Nico-Ségo, même combat d'égos.
Au-delà, la présence de la sulfureuse candidate à temps plein apparait donc une ouverture au Rêve pour toutes les nunuches qui dans le métro feuillètent Gala et Voici pendant que leur mari salive sur le salaire de Benzéma. Avec elle, la politique devient aussi simple et lisible qu'un épisode de Santa Barbara, qu'une rupture entre Brad Pitt et sa dernière en date. ON COMPREND TOUT. Ségolène femme courageuse, femme jalousée, femme trahie, femme abandonnée, femme décidée, femme qui ne renonce jamais, femme de tête, femme de coeur, femme moderne, femme libre, femme, trahie (2), femme combattue, femme honnie, femme femme, femme leadeur, femme leadeure, femme leadeuse, mais jamais femme hideuse, et surtout, femme AMOUREUSE!
Quitte à ne jamais parvenir à son Graal élyséen, (du moins j'espère) la voici donc qui se bâtit une image de star au sens premier du terme.Son créneau, c'est un mix entre Cindy Sanders (toi aussi si tu veux tu peux y arriver) de Nathalie Baye (la femme mure aux charmes assumés, qui sait ce qu'elle veut, comment elle le veut), Mère Térésa (clamant l'amour et l'espérance), et d'Edith Cresson (on m'a descendu PARCE QUE j'étais une femme). C'est pourquoi pour accompagner "la Fête de la Fraternité", le plan média prévoit une "Une" de Gala, plutôt qu'un interview aux Echos dans lequel elle nous donnerait son point de vue sur les derniers développements de la crise sociale.
L'étonnant est qu'au delà du coeur de cible déjà cité (les nunuches lectrices de Voicà et Gali), le gimmick continue de fonctionner encore.
Le rêve est le plus résistant des chênes à abattre.