5 posts categorized "Science"

24/10/2005

Les hommes, les femmes, les vaches...

Venus L'hebdomadaire l'Express se penche cette semaine sur la bonne vieille différence homme/femme, et les multiples façons modernes de l'évaluer. Modernes, entendez indiscutables, puisque nous sommes bien d'accord, la modernité n'est pas une option prmi d'autres. C'est une obligation éthique. Femme versus Homme. Sujet inépuisable pour les narcisses que nous sommes. Mais si vous croyiez qu'on pût encore raisonner à partir d'un bon vieux binome, style yin-yang, positif/négatif, pôles sud et nord, mâle/femelle, et en déduire benoitement que l'équilibre pouvait provenir de la complémentarité harmonieuse des contraires, vous vous fourrez, autant le savoir, non pas le coude, mais les deux bras dans le même oeil.

Sans parler des innombrables questions aussi récurrentes que réjouissantes, comme "les femmes ont-elles une âme", "nait-on femme ou le devient-on"? "la femme est elle l'avenir de l'homme?... de la politique?.. du football?..", des débats tout à fait passionnants s'offrent à nous, grâce à l'inépuisable capacité de l'être humain à théoriser sa propre vacuité.

Ayant fait un point plutôt rapide sur l'état de la recherche en matières de génétique, chromosomie, procréations assistées par ordinateur, l'Express s'attarde sur LE véritable sujet du dossier, qui n'est pas tant la (ou les) différence entre homme et femme, mais bien le ou les moyens de l'éradiquer une bonne fois pour toutes.

17zimba Passons sur l'émergence du 3ème sexe, dont même ma concierge est désormais consciente de son caractère impératif. Glissons sur les rites d'ici ou ailleurs invitant l'homme à une féminisation jusqu'alors confinée au symbolique, et où diantre ai-je rangé ce petit porte jarretelles rouge acquis la semaine passée. De même laissons à Freud la dimension éminement bisexuelle de l'être humain,  platitude qu'on n'ose même plus enseigner dans les écoles maternelles, où les jeunes garçons DOIVENT passer au moins une demie heure par jour au "coin poupée", sans quoi la famille est immédiatement convoquée pour signalement aux instances médicopédagogiques. Oui j'exagère un peu. A peine.

Tout ça est connu et râbaché. Le vrai truc tendance, renseignez-vous, n'est ni la complémentarité des sexes, ni leur combat pour qu'on pût accéder un jour à une vraie égalité, ni l'admonestation sentencieuse à assumer sereinement sa part "autre"; pas même l'affirmation du sexe "synthèse" cher aux transgenders ou crossdressers de tous poils. Aujourd'hui, le truc à penser, c'est une certaine Joy Sorman qui l'expose: affirmer l'exigence du nouveau concept, la "virilité féminine". Tout faire pour que "le mec n'ait plus l'air d'un mec, et la fille pas l'air d'une fille". L'objectif n'est pas "l'égalité des sexes", vieille lune ringarde, mais "qu'il n'y en ait plus qu'un seul". A cette jeune personne, dont on ne sait s'il faut l'appeler monsieur, madame, machin, on suggèrerait volontiers, tout-à-trac, d'aller "voir quelqu'un", comme on dit pudiquement, manière de faire le point sur une identité peut-être chahutée à certaines phases de son existence? Sauf que. Pas du tout. Car ce bon vieux Joy l'affirme, son "projet est foncièrement politique". Ah, évidemment, si c'est politique, ça coupe court à toute contestation. On n'est plus dans le délire, mais dans le projet. C'est pas au niveau de l'inconscient que ça se passe, chez Monsieurdame Sorman, c'est au niveau de la stratégie: un seul sexe, et tout le monde au pas. L'avenir sera monochrome ou ne sera pas. Car il faut coute que coute, sentence tellement éculée qu'il n'est même plus besoin ni de la discuter, ni de la justifier, "s'arracher aux représentations sexuées que la société impose".

Pour le coup on en viendrait presque à regretter les bonnes vieilles féministes hystériques des seventies, qui prétendaient me terroriser le mental à grands coup de "phallocrate", "sexiste" "misojean's", pour peu que j'eusse osé contester telle de leurs assertions. On évoquerait même avec un rien d'attendrissement les chiennes et meutes d'hier, qui fantasmaient peut-être des scénarii de revanches de mémère sur pépère, enfin reconnue Mémère Supérieure, mais qui envisageaient encore l'espèce humaine sous l'angle de la biodiversité.

Sauf que celles-ci probablement, sont les mères et les grands mères de celle-là.

09/10/2005

quelle com!!

Le département du Morbihan, cher à mon coeur, je le rappelle, est le seul à n'avoir pas connu cette année une baisse des accidents de la route et des tués, nous apprenait ce samedi rance-info. Un accident sur trois y implique des jeunes. L'alcool et le cannabis au volant font des ravages. A la réputation des Bretons alcooliques, s'ajoute cette tendance de la jeune classe à trop tirer sur le oinj. Et les pouvoirs publics rappellent que le shit d'aujourd'hui, c'est de la bombe par rapport à celui que consommait les parents de ces jeunes (en gros MA génération). Nous on avait du cana de tapettes, et eux l'ont boosté grave en THC (aux OGM?)

Du coup, la préfecture frappe fort, et lance une grande campagne de sensibilisation. Avec ce slogan qui c'est sûr, en dissuadera plus d'un, dans les Fest Nosz:

"le pétard, c'est ringard".

Même bourré, ou stoned à vômir, j'ai l'impression que j'aurais pu faire mieux, et pourtant je me suis interdit d'émigrer vers l'ouest, me disant que j'aurais du mal à faire là-bas mon trou dans la communication...

26/09/2005

Chérie, t'as pas vu mes lunettes?

J0185150 Tout bon myope connait cette errance quotidienne: évidemment, s'il les avait sur le nez, ses lunettes, il n'aurait besoin de personne pour les retrouver. Cette remarque d'une grande profondeur pour un lundi, m'invite à pointer quelques discours dominants sur la connaissance et la vérité, présents dans nos quotidiens. Faites votre choix!

Version Mulder: "la vérité est ailleurs". Décryptage: en tous cas, pas là où tu es. Conséquence: cherche encore, t'es pas près de trouver! (pas prêt non plus). Etat d'esprit: paranoïaque tendance M6.

Version chic: la même que précédemment, signé Chanel. Décryptage: t'as ton chéquier, minable? Conséquence: complexe d'infériorité, tendance à compenser sur des imitations. Etat d'esprit: frustré.

Version(s) Conspirationniste(s): "Ceux qui vous gouvernent ne sont pas ceux qui vous gouvernent". Décryptage: les juifs sont dans le coup. Conséquence: lire tout bon livre d'histoire. Etat d'esprit: tendance au come back

Version Protocole des Sages de Sion: variante du précédent, uniquement disponible sous le manteau. Décryptage: les juifs, on vous dit!!! Conséquence: fait un tabac dans certaines mosquées. Etat d'esprit: dans les vieux pots les pires soupes.

Version Dan Brown: le même en édulcoré, version polar ésotérique. Décryptage: encore un coup des francs-maçons. Conséquence: par ici la monnaie. Etat d'esprit: rusé, attrayant, menteur.

Version Dutronc: "On nous cache tout, on nous dit rienl" Décryptage: On= les puissants, les nantis. Nous= les petits, les obscurs, les sans-grades. Conséquence: abstentionnisme galopant. Etat d'esprit: poujadiste tendance rock sixties.

Version Lao Tseu: "Si vous croyez savoir, vous ne savez pas". Décryptage: tu sais où tu peux te le coller, ton cartésianisme arriéré? Conséquence: névrose, ou abandon. Etat d'esprit: abandon, ou névrose.

Version pataphysique: "totalement inutile, donc rigoureusement indispensable". Décryptage: usage de l'oxymore (inutile/indispensable) pour te suggérer que tu peux toujours chercher, tu n'as pas les bonnes lunettes! Avantage: évite les longues discussions. Etat d'esprit: Cultive l'art du décalage (ou de la fuite?)

Version Pierre Dac: "tout est dans tout et réciproquement". Décryptage: je ne vais pas me fâcher avec ce Lao-Tseu, mais je n'en pense pas moins. Conséquence: invite à prendre le parti d'en rire. Etat d'esprit: conciliant.

Version Pythagore: "frappez, et on vous ouvrira". Décryptage: la connaissance est accessible à quiconque cherche à connaitre. Conséquence: la balle est dans tes pieds. Etat d'esprit: incitatif, mais rare.

Version Petit Prince: "on ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux". Décryptage: quand on veut, on peut. Conséquence: ouvre à l'intuition, et à l'écoute. Etat d'esprit: poétique, bienveillant, mais encore plus rare...

Version ma femme: elles sont là, sous tes yeux, tes lunettes!! Décryptage: si tu les rangeais, seulement... Conséquence: maternage. Etat d'esprit: fataliste et déresponsabilisé.

16/09/2005

16.09

Voici la note de ce jour. Depuis longtemps je me demande si je vais la publier. Toujours ce vieux débat, les limites de l'exercice du blalblablog, le trop, le pas assez, l'intime, l'extime, et tout le toutim. Je ne tiens pas à choquer, ni à mettre mon cul sur la commode. Du reste qu'on se le dise, personne n'est tenu de se l'avaler jusqu'au bout, cette note. Je l'écris moins pour vous que pour moi. Parce que mettre certaines choses en ligne, je l'ai bien compris maintenant, est une façon d'exorciser: mettre à distance, symboliquement. Essayez. Ca marche parfois. J'ai aussi mis un choix très personnel sur radioresse, un contrechamp (contre-chant, aussi, oui) à cette note-ci.

J'ai trouvé une justification qui m'a décidé. Cette année, le 16 tombe un vendredi, comme en 83. Et je me dis qu'en vingt et deux années, la société qui est la nôtre, souvent si prompte à bouger (vive le bougisme! dirait l'excellent Pierre-André Taguieff, dont je vous recommande la lecture des ouvrages) sur tous sujets sociétaux qu'il plaît à la sphère médiatique de nous désigner comme prioritaires, urgents, et plus que tout, modernes, (ne me forcez pas à dresser la liste, j'ai assez d'ennemis comme ça), cette société, donc, a bien du mal à avancer en revanche à propos d'un combat qui me semble essentiel, un droit qui demeure officiellement nié à chacun de nous.

Alors, quitte à casser un peu l'ambiance, c'est aussi, en ce jour, un sourire un peu triste, mais respectueux et admiratif, que je m'autorise en direction de qui ose prendre ses responsabilités... Et désolé pour toi lecteur, qui éventuellement te sentirait froissé dans quelque conviction par les mots qui suivent, mais que tu aurais voulu lire quand même et jusqu'au bout. A l'inverse, sache qu'il m'arrive encore de me sentir étouffer, sous le poids de leurs certitudes.

Une nuit dont chaque seconde pèse une heure. Les porter finiront, jeune homme, par vous épuiser. Et tant de nuits blanches viendront ensuite, compenser ces minutes-là de sommeil inopportun, mais pour l'heure, vous n'en savez rien.

Elle est assise dans son fauteuil, vous à ses côtés. Son visage devenu si las. Les cheveux ont repoussé si blancs, c'est une très vieille femme, à présent. D'à peine cinquante-trois ans. Parfois même vous peinez à la reconnaitre. Elle vous a fait appeler, dès le matin. Vous avez fait aussi vite qu'il était possible, mais ces maisons-là, bien au calme à l'écart des villes, en sont par nature éloignées... La route fut longue. Et c'est maintenant la nuit pâle, les silences entrecoupés de tant de mots qui s'échappent, étranges concertos de bulles d'air où l'épuisement joue les chefs d'orchestre.

Des mots qui vous parlent essentiellement de vous. Souvenirs. Regrets en cascades.

Cet implacable parfum, encore. Toujours. Il rôde chaque fois dans l'air, il s'insinue, s'installe et viole tout l'espace. Comment dire cette présence. Elle vous accable en secret depuis des semaines et se faisait chaque fois plus insistante. Vous auriez pu deviner.

Et puis, voilà que malgré l'intensité de chaque parole, ce dialogue épuisé sans patience, volé au chronomètre... malgré cela... vous vous écroulerez de fatigue, accablé quelques instants à ses côtés, la laissant seule en tête à tête avec la veilleuse. Autant de minutes retirées pour tous ces mots à dire... "à dire et à entendre".

Si lent, et si rapide. Le jour viendra, vite. Un beau soleil.

Et la pièce bientôt sera jouée. Y repensant, parfois, vous aimeriez pouvoir vous dire, moi si j'y tenais mal mon rôle c'était de n'y comprendre rien. Hélas, ce n'est pas vrai. Sans l'avoir répété, vous aviez tout saisi du scénario. Etiez-vous à la hauteur de sa réalisation? Rien n'est moins certain, n'est-ce-pas. Manque de carrure? On n'est pas fortiche quand on a vingt-cinq ans.

Autour du lit on s'agite en silence et discrets. On rectifie, professionnels, des débits de goutte à goutte. Parfois quelqu'un semble vous chercher des yeux, c'est comme un ballets de regards, des royaumes de silences, non-dits intenses. Elle s'est endormie. Encore longtemps de respirations sourdes à l'implacable parfum, ouvrir les fenêtres donnant sur le parc entendre dehors le chant des oiseaux, impossible.

Alors on sort. Et l'on va prendre l'air dans le couloir. Griller une cibiche. Juste cinq minutes.

Ces minutes là, précisément. Je regagnai la chambre. Le rideau rouge avait choisi, retomber sur la petite comédienne amateur qui dans Molière et Courteline avait si souvent réjoui ses amis.

Mais depuis. Tant de fois se dire, et se redire... attendre cinq minutes encore.

Ne pas louper la fin de la pièce.

My mummy's dead.

I can't get it through my head,

though it's been so many years,

my mummy's dead

(john lennon)

23/08/2005

Ma maxime du jour

Me relisant, je retoque l'argument contenu dans le post précédent, pour en faire cette maxime:

"Contrairement à la blanche ou la noire, la Verte est une variété de truffe qui ne se ramasse qu'en ville"...