On me dira que je suis cruel, méchant gratuitement, ignoble, et que pis, ne lésinons pas, je ne suis qu'un gros (très! trop!) con minable qui ferait mieux d'en faire un peu, du sport! Au lieu de moquer nos athlètes quand ils n'ont pas la réussite, alors qu'eux se défoncent (au sens figuré) sur les pistes et les glaces, donnent le meilleur d'eux-mêmes (et au féminin aussi! au féminin SURTOUT!!), l'exemple aux jeunes classes et des frissons au spectateur, ainsi que des occasions de voyager en première aux journalistes de France Télévision.
Si je glousse et rigole et me réjouis chaque fois qu'un patineur tricolore se vautre sur la glace, qu'une skieuse termine sur le cul la descente, c'est moins pour son échec personnel que pour le commentaire navré, affligé, désolé, contrit, du commentateur qui trois minutes plus tôt assurait haut et fort dans le mic qu'on allait voir ce qu'on allait voir, que toute la France était derrière Marion, Patrick, Jessica, que c'était LE MEILLEUR de sa catégorie, que tout le plateau tremblait au moment où il s'apprêtait à entrer en piste. Ce chauvinisme complice et ramenard poisse aux doigts, colle aux chaussures, navre le sens commun. Bien sûr, ils ne sont en réalité que des camelots, des bonimenteurs chargés de vous placer des sports aussi palpitants que le 50 kilomètres en biathlon, à l'heure où sur les autres chaînes on flingue à tout va. Bien sûr, il faut justifier qu'ils sont une bonne quinzaine sur le terrain, avec cette armada de consultants et tantes et plus qui frise un peu le bon plan pour pas cher, quinze jours tous frais payés à Vancouver aux frais de ta redevance. C'est le grand concours permanent du lèche-bottes éhonté. Passages outranciers de pommade dans le dossard, alors dis-nous Maryvonne comment une grande championne telle que toi a pu tomber? (Remarquez qu'ils et elles ne sont même plus capables d'une tournure interrogative correctement troussée. Alors dis-nous Nicole comment une analphasotte telle que toi a pu décrocher un job de consultant tévé?
Voilà pourquoi j'adore quand ils se vautrent, se rétament, se plantent, et plus encore aux jeux d'hiver, car je déteste la neige, les sports de glisse, les anoraks, le ski, les grosses chaussures qui font mal et le cul trempé jusqu'à la tombée du jour. C'est moins pour les sportifs eux-mêmes, car c'est vrai parfois ils se font mal, les tendons claquent, six mois d'hosto et rééducation -je précise AVANT qu'on vienne me faire la morale-. C'est juste pour LE FUN.
Et tiens. Fera-t-on jamais mieux dans ce registre que ce bêtisier vivant? Laetitia Hubert 92, Albertville. Collector! A must see! La France au sommet! Enjoy!!!
Il y a ce club de football qui s'appelle Paris Football Gay. Qui dit compter en ses rangs des footballeurs amateurs homos, ET AUSSI des hétéros. En somme, exactement pareil que des tas "d'autres" clubs de foot amateurs, qui ne jugent pas pour autant nécessaires de préciser que tous les goûts sont dans la nature de leurs effectifs.
C'est que tout le monde n'a pas le même allant pour faire reculer au delà des neuf mètres quinze le mur intolérable des préjugés. Ceux-là préfèrent taper dans le ballon sous l'étendard arc-en-ciel. C'est bien leur droit, et vaut toujours mieux que taper son voisin à coup de batte de baseball. En même temps, si le club revendiquait de ne compter dans ses rangs QUE des homos, on irait l'accuser de discrimination, les gens d'aujourd'hui sont méchants. Ou bien se trouveraient-ils des zozos dans mon genre pour s'interroger sur la nature de l'examen d'entrée permettant de valider moralité et motivation des impétrants.
Je sais! L'existence de ce club marque en réalité le désir de lutter contre "l'homophobie" qui règne un peu trop dans les stades, hooo-hiiiissse enkchuuuulé, chaque fois que le gardien adverse dégage au pied. Pour tout dire je ne suis pas certain que le résultat soit à la hauteur des intentions,. Mieux vaudrait coller directement des amendes au club hôte chaque fois que son public lâcherait son méchant brame, ça occuperait le quatrième arbitre et pousserait les dirigeants de clubs à morigéner leurs clubs de supporteurs, par ailleurs tant loués par Rama Yade comme "symboles de diversité." On les inviterait à faire preuve de plus de créativité dans l'art de déstabiliser l'adversaire. Grand Corps Malade ouvrirait des ateliers d'écriture pour que tous les Winners, Ultras, Devils et autres Warriors apprennent à vilipender l'adversaire "sans l'insulter", sans s'en prendre au physique, aux origines, aux préférences sexuelles, politiques et religieuses. Bien dans l'esprit des recommandations de Bruxelles.
Il y a cet autre club de foot amateur qui s'appelle Créteil Bebel et ne recrute, lui, que chez les musulmans. Il y a comme ça des tas de clubs communautaires, dans le sport amateur. Des
Maccabi d'ici ou là, des Lusitaniens de Triffouilly les Gauffrettes,
des Arméniens de Saint Tartempion Le Pont. Tout ce beau monde se
retrouve le dimanche matin dans un respect naturel "des différences",
mais dans " sa fierté d'appartenance". Dans mon club d'enfance, du côté de Gennevilliers, des blondinets prenaient la douche avec des noirs et des arabes. J'espère qu'il en va toujours de même. En région parisienne, le fils d'un ami s'est fait casser la jambe par un partenaire du club où il évoluait, parce qu'il n'avait pas "la couleur souhaitée" et qu'on voulait le dégager. Un accident rarissime, n'en doutons pas...
Dans un premier temps Bebel Créteil a refusé de jouer contre Paris Football Gay, non pas par homophobie, pensez donc (c'est un délit, sont pas cons) mais parce que la dénomination du club heurtait leurs convictions "non communautaristes". Subtilité, nuance. Dénoncés par la vox médiatique, le club accepta dans un deuxième temps la perspective de jouer le match, ce qui calma les esprits. Finalement, sont revenus à leur décision initiale, nous précise aujourd'hui le journal l'Equipe. Le "club des gays mais pas seulement les autres sont bienvenus aussi", avait imaginé porter l'affaire au pénal (c'est vrai qu'en France les Tribunaux ne sont pas du tout surchargés), avant de renoncer , pour prendre l'affaire par le mépris. Ce qui me semble aussi bien.
POURQUOI ne puis-je m'empêcher de trouver cette histoire Bebel versus Gay affligeante, pitoyable, mesquine, méprisable, vulgaire, anti républicaine... par quelque bout qu'on la prenne? Pourquoi aurais je dans l'idée de les renvoyer dos à dos, comme deux pauvres avatars du monde à la con qu'est devenu le nôtre? C'est l'âge qui me rend borné, ou bien?
J'attends la prochaine étape, la création d'un Paris Football Musulman Gay, qui comprendrait des uns et des autres, mais pas seulement, prétendrait faire reculer ensemble homophobie et islamophobie, avec des pompom girls en niqab dansant à la mi temps sur des tubes de VillagePeople, mais refuserait tout de même de jouer contre le Maccabi de Saint Colombin les Encaustiques, afin de protester contre le sionisme du Conseil Régional.
Je viens de me trouver une nouvelle icône dans le milieu médiatoc ambiant. Vous savez, là où pullulent les Jean Footres ici célébrés le mardi. Un lecteur me le confirmait l'autre jour, j'ai peut-être mis le doigt sur un point marquant: la très élégante Rama Yade serait une déclinaison "à droite" (et adroite, aussi) du positionnement cher à Ségolène R. . L'affirmation non pas de la "femme politique", mais de "la mère en politique", élément tout à fait différent dans la manière d'être au monde, et de lui parler. Ce syndrome moderne fut identifié par le psychanalyste Michel Schneider dans un livre intitulé "Big Mother", qu'il sous -titrait "psychopathologie de la vie politique", manière d'indiquer que ce nouvel avatar de nos mœurs n'est pas tout à fait "sain", au fond. (Je n'ai pas écrit "seins", mais on y viendrait presque).
Désigner la place "de la mère politique", n'est pas moins pertinent que d'avoir dans le passé dénoncé "le paternalisme", dont ont fait preuve quantité de dirigeants mâles. Et ça ne rend pas plus souhaitable son envolée à l'avant-scène, étant entendu que nous n'avons aucun besoin de parents symboliques, mais plutôt de politiques performants aptes à s'attaquer aux problèmes pour tenter de les résoudre, non de sermonneuses bavassant pour ne rien dire, à tous propos, enfonçant des portes béantes en fronçant les sourcils pour impressionner les vilains pas beaux.
Rama Yade m'a tout l'air de se tailler une place de choix dans ce registre maman fouettarde. On suppose que sa jeunesse, sa beauté, son aisance verbale indéniable, la rendraient par essence inattaquable, quoi qu'elle dise. Et je ne dirai rien de "ses origines diversitaires", sans doute argument de poids, encore que l'on a bien vu que ça n'a pas toujours aidé Rachida Dati. Mais c'est une autre affaire.
Yade, donc, cultive le don de gronder. En moins de trois jours, voilà deux fois que je la prends sur le fait, dans ce registre de "c'est pas bien, faut pas recommencer; je ne suis pas contente et je vais vous expliquer pourquoi, les enfants". La semaine passée, c'était sa réaction à la fausse polémique Dassier/Diouf, où elle vint nous servir un sermon oecu-cuménique assez plat, devant des médias aux ordres et mouillant de bonheur. Plus la tyrannie progresse, plus pèse la responsabilité des journalistes.
Dimanche, elle réagissait, - avec deux métros de retard-, à l'agression dont avait été victime un supporter de Toulouse le jeudi à Belgrade, en marge d'une rencontre de Coupe d'Europe. Et c'était pour un laïus long comme un match sans but, où les platitudes attendues le disputaient aux admonestations dans le vide. Même s'il est possible de s'abriter derrière la vieille maxime "quand ça va sans dire, ça va encore mieux en le disant", on peut aussi penser qu'en dehors de l'intérêt d'occuper le terrain pour pas cher, dire ce qui suit ou rien, c'est kif kif la même chose mon frère.
«Je
suis très vivement choquée par l'agression inadmissible et d'une
violence extrême dont a fait l'objet un groupe de supporters français
(...) par une vingtaine de hooligans. La sauvagerie de cet acte barbare
et gratuit, commis à l'aide de battes de base-ball et de chaînes de
vélo, est totalement inacceptable», dit Mme Yade dans un communiqué. «La
violence aveugle et brutale (au passage, si on peut m'expliquer une "violence" pas "brutale"?..) à l'occasion de manifestations sportives
est une véritable gangrène. Elle n'a pas sa place dans le jeu et ceux
qui la pratiquent doivent être chassés des stades et du monde sportif», poursuit-elle, appelant de ses voeux «une réflexion au niveau européen entre les clubs, les associations de supporters et les pouvoirs publics».
La secrétaire d'Etat affirme se tenir informée de l'état de santé des
victimes, précise le quotidien l'Equipe, et avoir joint à Belgrade les parents du supporteur grièvement blessé, «pour leur dire mon soutien et leur transmettre mes encouragements dans cette épreuve». Avant de conclure (enfin) :«toute la lumière doit être faite sur ce drame et ses auteurs sévèrement punis», et : «Je serai très attentive aux suites données et dois m'entretenir avec les autorités serbes concernées.»
Ok pour cette ultime phrase, la seule qui vaille, puisqu'elle nous apprend qu'elle va un peu bosser. Mais pour le reste?
Imaginons qu'elle ait choisi de dire l'inverse...
«Je
me suis franchement poilée en apprenant l'agression tant attendue, et d'une
violence top-cool dont a fait l'objet un groupe de supporters français
(...) par une vingtaine de hooligans. La sauvagerie de cet acte barbare
et trop fun, commis à l'aide de battes de base-ball et de chaînes de
vélo, est totalement bienvenue», dit Mme Yade dans un communiqué.
«La
violence lucide et brutale (je garde. Un bon pléonasme ça fait toujours du bien) à l'occasion de manifestations sportives
est une véritable chance à saisir. Elle a tout à fait sa place dans le jeu et ceux
qui la pratiquent doivent être applaudis dans les stades et dans le monde sportif», poursuit-elle, en appelant de ses vœux «que surtout on ne fasse rien à tous les niveaux ( européen entre les clubs, les associations de supporters et les pouvoirs publics)».
La secrétaire d'Etat affirme n'avoir rien à cirer de l'état de santé des
victimes, et avoir joint le
supporteur grièvement blessé, «pour dire comme elle s'en tape, et lui confirmer son absence totale de compassion dans cette épreuve».
«Aucune lumière n'est à espérer sur ce drame et ses auteurs ne seront évidemment jamais punis», a-t-elle conclu.
Sérieusement, les quatre cinquième de ce communiqué ne sont que blabla moralisateur sans intérêt, La dernière phrase est intéressante, on aimerait découvrir des propositions novatrices, qui rendraient effectivement les matches moins dangereux. Mais ça, c'est plus difficile que de causer dans le mic, ou d'envoyer à la presse des préchi-préchas convenus.
Demain, c'est la fin des championnats d'athlé (vive l'athlé, sur France Télé) et je crois que finalement il va me manquer, l'autre excité à lunettes: un tel condensé de discours convenus chez un seul et même individu, ça dépasse l'entendement. On dépasse l'exploit. Ce gusse, c'est le Usain Bolt de la bien pensance journaleuse. Je me demande même à quoi il carbure.
Las, comme la grippe et la méchanceté, sa langue de bois correcte est contagieuse. On donnait hier au soir la finale de l'épreuve saut en hauteur "garçons". Je vous résume l'affaire.
Rappelons que nous sommes à Berlin (Allemagne) là où se déroulèrent, il vous en souvient, les Jeux Olympiques de 1936. Trois ans à peine avant le début de la Gross Bagarr.Sur le sautoir, deux jeunes athlètes de vingt ans se tirent la bourre pour une médaille. L'un allemand, l'autre polonais. Entre deux essais, on voit les deux rivaux se taper la main dans un esprit d'entente des plus sympathiques, et c'est vrai que cette complicité sportive fait plaisir à voir.
Le sous fifre de Montel à l'antenne est un prénommé Alexandre qui manifestement en connait largement plus que son chef sur les règles de l'athlétisme (Montel connait les athlètes: il les tutoie, leur cire les nike à chaque interview. Mais pour la compréhension des enjeux d'une course ou d'un concours, mieux vaut écouter Faure et Diagana...) Il constate comme chaque spectateur le bel esprit sportif entre l'Allemand et le Polonais. Tient à nous la faire partager. Mais on est sur France Télévisions, où IL FAUT, mission de service public, éduquer le spectateur! mettre à tout prix "du sens" et "des valeurs" dans la sauce. Alors le voilà qui s'élance pour un petit rappel historique. Et ça donne : Quelle belle leçon, Et en cet endroit, surtout! Si l'on se rappelle qu'après 1936... L'Allemagne et La Pologne, -et là ouvrez les guillemets, sic, je site- "connurent un énorme différent".
L'invasion de la Pologne fit entrer l'Angleterre et la France dans la Seconde Guerre Mondiale. Dès 39, les troupes d'occupation regroupèrent les juifs, et le Ghetto de Varsovie regroupa jusqu'à 380.000 personnes. En été 42, commence "le repeuplement à l'Est", entendez la déportation à Tréblinka.
Voilà ce que le journaliste de France Télé appelle "un énorme différent". Il aurait tout aussi bien parlé d'une gross facherie. D'un désaccord de fond. D'une animosité frontale.
Varsovie: un énorme différent (document d'époque)
Maladresse? Aléa du direct? Non pas. Cet entêtement à vouloir parler de sport de façon responsable, éthique, morale, à y injecter sens et valeurs sans maitriser en rien le fond des sujets, ne peut que conduire à prononcer ce genre d'âneries. Mais pour une bourde de ce calibre, combien d'idées toutes faites, de stéréotypes aussi ineptes que ceux que cette clique de prêcheurs prétend contrecarrer, aurai-je eu à supporter.
En attendant, la formidable Equipe de France, dont ils nous auront vanté les grands mérites, ils sont sympas, ils ont un super état d'esprit, ils sont tous allés AU BOUT d'EUX MEEEMES, n'ont toujours décroché qu'une médaille de bronze à deux jours de la fin des compètes. Voilà une excellente nouvelle, qui évitera à Rama Yade de devoir se pavaner sur toutes les antennes, pour nous servir l'habituelle rengaine autosatisfaite.
C'est vrai que c'est charmant, Caster, comme prénom, même si avant d'être informé on ne sait pas trop s'il faut le réserver pour un gars, ou une fille. C'est le problème avec cette manie des prénoms sortis d'on ne sait où, mais ne soyons pas vieux jeu, d'autant que dans le cas qui nous occupe, le mystère est ailleurs, comme disaient Mulder et Scully. Caster Semanya, 18 ans, court le 800 mètres en catégorie "dames". Mais la fédération internationale d'athlétisme a officiellement émis des doutes sur l'authenticité de sa féminité, jusqu'à demander "un test".
Or si Caster est à classer dans le genre garçons, ses performances (exceptionnelles nous dit-on, pour une athlète parfaitement inconnue il y a un an), deviennent d'un coup plus banales, pour un.
Il n'en fallait pas plus pour déclencher une de ces polémiques dont ce début de siècle a le secret. Tandis que certains s'offusquent qu'on ne puisse poser clairement la question de savoir si Caster est ou non une meuf, en vertu de l'équité sportive à l'ancienne, d'autres se déclarent choqués que l'on ose seulement remettre en question l'identité même de cette personne (voyez, je ne me mouille pas). Il s'en trouve alors pour aller plus loin. Poser LA question : pourquoi les transgenres et autres hermaphrodites (récemment rebaptisés mères d'aphrodite par un analphabète un peu poète dans une émission de télé réalité "à succès) n'auraient-ils pas le droit de participer, elles/eux aussi? Peut-être pas dans une catégorie dédiée, le nombre de client-clientes risquant d'être un peu restreint, au moins dans un premier temps, mais dans une catégorie "dames" appelée à devenir, pourquoi pas, "dames et assimilées", pour peu qu'on veuille bien remiser au clou les stéréotypes de papa.
Aux premiers rangs des défenseurs du cas Caster, on ne s'étonnera pas de retrouver l'inénarrable Montel, jamais en retard dès qu'il s'agit de nous servir tout frais un préchi-précha bien pensant de son cru.
Ce garçon m'a toujours "halluciné". Grave. Déjà en 2004, je lui consacrais une de mes toutes premières notes, sur mon tout premier blog. Nul n'a depuis réussi à le calmer un peu. Peut-être même n'a-t-on rien tenté, le Service Public à la française étant ce qu'il est, donneur de leçons pour pas cher. Jamais je n'ai entendu "journaliste" de cette trempe. Glorifiant tout(e) athlète pour peu qu'il soit de couleurs, indépendamment de ses performances qui devraient être son critère de prééminence; ne nous épargnant jamais ses copinages, confondant sans cesse commentaire sportif et préférences personnelles. Son africophilie constante, quasi obsessionnelle, me laisse d'ailleurs quelques doutes quant à sa sincérité ou son désintéressement. Ajoutez-y une bonne dose de démagogie ultramarine (faut dire que si on enlève les Antillais de l'Equipe de France, reste plus grand monde...), et une analyse souvent délirante des courses elles-mêmes (quand il annonce qu'un français produit son effort, c'est généralement qu'il va craquer dans les trois mètres qui suivent)... le plus indigeste demeurant cette vision du monde angéliste (les athlètes d'un même pays ne sont jamais des "compatriotes", mais "des potes", "des copains") transformant tout Championnat international en épisode des Bisounours vont au Stade. Montel, c'est ce que France-TV peut produire de pire au rayon "korektion global". Mielleux, poisseux, visqueux, écoeurant de gentillesse autoproclamée. Et je ne suis même pas convaincu que cette guimauve soit sincère.
En attendant, Caster Semenya a mis la pâtée en finale à ses concurrentes, (voir photo empruntée sur l'Equipe.fr) et le test de féminité aura bien lieu. Résultats dans trois semaines.L 'aurait mieux fait de se doper comme les autres, elle ou il avait toutes les chances de passer au travers.
Dans un monde normal, ce blog ne reprendrait "que" la semaine prochaine. Le temps que je retrouve un peu la bonne carburation. C'est que je suis un vieil homme, mézig. Un diesel. M'en faut, pour capter le bon rythme: j'aimerais peaufiner ma petite affaire, revenir à donf avec des rubriques à faire pleurer ta mère, donnez-moi mettons huit jours, voilà, je ne suis plus ce blogueur fringant qui, 5 ans pile poil dans une semaine,
se lançait fin aout 2004 à l'assaut des "UGC " pour déblatérer "en mode 2.0", en 5 ans, j'ai du prendre à peu près 10 piges.
Sauf que.
Va-t-en peaufiner, quand déboule Usain Bolt! "La fusée Bolt", comme l'appelle en bavotant d'admiritude l'éternel ébouriffé Montel, sur nos robinets de service public. Comment résister à cette furia de 100 mètres, expédié excusez du peu, en 9"58, à peu près le temps qu'il me faut pour accéder à mon testicule gauche devant mon écran pas même plat? Et va-t-en de surcroit résister à l'appel de la mythique enceinte de Berlin, décidément inégalable pour que s'y écrivent les plus belles pages de la légende de l'athlétisme? Comment ne pas frissonner de bonheur, communier avec ce public en transe, debout, trépignant du drapeau et jubilant moins de l'exploit que de pouvoir figurer pour l'éternité dans le Panem & Circenses Mondialisé? Usain Bolt est une star, m'a précisé Montel en intro. M'enfoncer ça dans le crâne: TOUJOURS écouter Montel, si je veux saisir la vraie grandeur du "sport" en ce siècle nouveau. Ce mec, mine de rien, est un authentique génie. Totalement inconscient de lui-même et de son intuition à se nourrir de l'ignominie du temps, il la magnifie de sa propre bêtise, cette "sincérité" de fan, son "authentique passion" qui devrait lui valoir, en vrai, l"exclusion du métier de journaliste, mais je m'égare et nous y reviendrons.
Usain, m'explique-t-il, est une star en passe de détrôner Marley dans le coeur des Jamaïcains: car il donne soudain de son pays, si souvent terni par une réputation crapoteuse (pauvreté crasse, délinquance hors norme, criminalité poussant plus vite que ganja sur ton balcon) une image enfin positive et qui fait rêver. En moins de 9"7, Bolt est l'Homme qui met fin à toutes les misères sociales, les ripolinant d'une image enfin positive. C'est pourquoi Bolt est bon pour ta planète. Comme tout ce qui nous aide à tourner "dans le bon sens", c'est-à-dire dans la joie et la bonne humeur, avec ce sourire qui aide à lutter contre la crise et rend la vie sympa.
Evelyne Delhiat, Usain Bolt, mêmes combats.
Devant la perf' hallucinante de l'homme le plus rapide du monde, nos 4 zozos de France 2 commentateurs époustouflés rivalisaient hier dimanche d'inventivité pour dégoter le superlatif ultime et la comparaison qui tue, qui eut cloué le bec aux trois autres. Se tiraient autant la bourre que les huit gladiateurs qui sous leurs yeux venaient de s'affronter. Et plus ça répétait à l'envi qu'on ne savait plus quoi dire devant pareil exploit, plus ça en rajoutait sans temps mort, sans la plus subliminale respiration, le plus infime silence. Évidemment. Car tout relâchement dans l'effort eut laissé place à la seule question qui dans un monde normal, précisément, eut mérité d'être posée : l'était-ce, normal? Normal, ces regards extatiques des huit sprinters au départ? Normal, cette si spectaculaire décontraction du soldat Bolt avant l'assaut? Normal, son chrono renvoyant Ben Johnson au rang de moine tibétain méditant sur la vacuité du temps qui passe? Un seul temps mort dans le commentaire, et l'expression "chargé comme une mule, non?" eut pourri l'ambiance en venant se glisser, mais "ternir la Fête", "briser le rêve"? Ces choses ne se font jamais en direct, vous ne respectez donc RIEN?
Fasse le ciel qu'on n'apprenne pas dans trois jours, qu'effectivement Usain était défonceman hyper grave sa race. Ressortirait alors de l'ombre et du silence je ne sais quel journaliste à l'ancienne, et à la con, pour nous chanter qu'on avait là terni la si belle image du sport, donné un mauvais exemple à la jeunesse. Qu'on laisse ce genre d'âneries à Rama Yade, qui est payée pour cela et qu'on laisse aux pros le soin de vendre le papier. A l'évidence, Usain Bolt, dopé ou pas, non: SURTOUT s'il est dopé, est l'exact inverse. L'exemple idéal pour la jeunesse, à qui il montre la voie. Le sport, c'est LE spectacle, et le Spectacle impose surenchère. Personne ne vient gonfler Jôhnny pour savoir s'il est clean avant de monter en scène, si? Personne lui fait faire pipi dans l'éprouvette avant le rappel? Comme Contador ou Armstrong, Bolt paye de sa personne et de son corps, cash, pour que le show, le spectacle, le fun, la Fête, la démesure, le bonheur collectif, le REVE, ne connaissent ni trêve ni repos. Faut savoir ce qu'on veut. Et de ce point de vue, France Télévisions ne crache pas dans la sousoupe. Elle prend tout, les images, le héros fusée, l'audience, et foin des interrogations oiseuses. Comme au Mont Ventoux.
D'ailleurs, n'est ce pas notre conscience éclairée de l'Europe Moderne en Marche, l'éternellement jeune et branché sport Dany Cohn-Bendit, qui durant les vacances suggérait en interview que le dopage du sportif de haut niveau est un problème en réalité dépassé? Et qu'à la limite mieux vaudrait légaliser franchement toutes les pratiques, basta l'hypocrisie? Dany l'Ex Rouge a naturellement tout compris. et d'ailleurs il faut toujours l'écouter, Cohn-Bendit, toujours en avance d'une mode, depuis 40 ans, c'est son job et les zélés électeurs europé-huns ne s'y sont pas trompés.
Ou bien, si tu préfères Marie Georges Buffet et son sport propre, fais moi signe, et cours le 100 mètres en 10"5.
Jusqu'en enfer, j'avais dit. Ils se battront jusqu'en Enfer. Lao-Tseu, vainqueur. Le match n'aura pas tenu ses promesses. KO Technique. Renvoyé dans son coin par l'arbitre, Hervé Resse rejoue la séquence dans sa tête: 3 blogs c'est au moins un de trop. Choisir, c'est renoncer. Et déblatérer sa rengaine, ça n'a qu'un temps. Je me suis toujours trompé moi-même, songe-t-il. Mais au moins je ne me ménage pas. Je ne vais pas prendre le risque de devenir ma propre caricature bloguienne. On a sa dignité.
Si je vous disais ce que je pense vraiment, je me ferais peur à moi-même, la maison Typepad me rappelerait à l'ordre, je me retrouverais avec dix procès sur le dos et la risée de la blogosphère entière!! Je vais donc m'occuper de choses vraiment importantes, urssaf, taxe pro, assurance professionnelle, caisse de retraite, qui n'ont rien à me proposer en échange, mais comptent bien que je m'acquitte dans les délais des sommes qu'ils estiment leur être dues. Ensuite, la société ne pouvant rien ni pour mon EURL, ni pour son gérant, sinon ses condoléances, je la fermerai sans doute pour aller grossir le rang des seniors dont les entreprises ne veulent pas car soit ils coutent trop cher, soit ils sont insuffisamment malléables. Ou les deux, comme disait Chabat chez Burger-Quizz.
J'espère quand même passer l'hiver, hein, ainsi le printemps revenu, j'irai m'asseoir cinq minutes sur un banc pour revoir une fois encore le défilé concerné des futurs retraités à 50 ans et des intermittents du spectacle qui sont les vrais sages de ce monde, vu qu'ils ont compris le système. Bon j'arrête là, je sens que je vais déraper. Merci à tous d'être venus. RadioResse continue jusqu'à fin décembre, la programmation étant quasiment faite, ce serait dommage de gâcher un choix de si bonnes chansons!
Aiguillé par Christophe, Je lis sur le blog de Mathieu la rumeur que Skyblog serait racheté, mais il veut pas dire par qui, enfin, pas vraiment. A quoi Jacques Froissant, homme de business également sérieux et digne de foi répond par cette autre rumeur ou info, Skype rachèterait Six Apart, dont je suis par mes contributions sceptiques cyniques, cyclothimiques, névrotiques, musicophiles et hérétiques un des modestes maillons. Au passage, le même Jacques nous confirme (j'avais reçu une invite de la CCIP, mais j'avais zappé la date) avoir participé à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, à une réflexion sur les blogs d'entreprise où l'on vit Monsieur Michel Edouard Leclerc, lui aussi blogueur à ses heures, mais je doute qu'il me fasse autant sourire que Potin Blogs, et je n'ai jamais bu une bière avec lui, tandis qu'avec pleins d'autres si.
Tout cela n'est pas sans intérêt. Ne pas revenir sur la glose évoquée ici et en plein d'autres endroits sur le soi-disant avenir du blog en nano média, qui est déjà son présent. Je vois en revanche approcher la fin de la période euphorique. Le début des rachats signe l'arrivée des grosses manoeuvres. Aurai-je bientôt des pubs Leclerc en bandeaux obligatoires au dessus de ma minable bannière? Mes posts seront-ils sponsorisés par La Fnac ventant sa participation à Paris Plage 2006? La petite blogosphère en étrange mutation vers un micro cénacle parisien de m'as tu vus agités, continuera-t-elle à me séduire par sa convivialité?
Ceci me fait penser au désenchantement que je connus, moi le naif animateur semi bénévole qui passait ses week ends à diffuser des disques de merde pour une poignée d'auditeurs qui m'aimaient bien mais ne constituaient certes pas une cible. Quand Filipacchi mit des sous dans Gilda via une de ses filiales, un an plus tard nous étions vendus et virés, et l'une des radios les plus insolentes et novatrices de la bande fm" devint Chérie FM!!!
Donc voilà, je lance aujourd'hui cet appel. Radio Resse et Resse2 sont à vendre. Qualité d'expression reconnue par au moins 22 lecteurs réguliers, programmation goutée par 47 mélomanes aficionados de mes chroniques mélancoliques. Mon post ironique sur paris blogue t il a augmenté ma fréquentation moyenne de 187% et le lendemain, j'ai encore eu 30 visites de plus, c'est dire que je sais aussi profiter de l'actualité porteuse. Oui, je ne joue pas dans la cour des Vinvin, Folie, Ginisty, Monsieur Caca, et PotinBlog a fait plus en 10 jours que moi en trois mois. Mais je suis un petit blog d'artisan régulier et mes bases éditoriales sont saines. Certes je ne suis pas listé parmi les influenceurs, je l'ai déjà dit ici, mais vu la longueur du listing, ça pourrait devenir un élément valalble de contre marketing. CLiquez sur Resse, le seul blog qui n'influence personne!! Je prendrai toutes les offres en considération. Si je peux ensuite négocier une close de conscience facilitant mon départ contre vingt quatre mois de salaire ou stock options, ce sera très bien. D'ailleurs, je crains qu'il soit bien tard et de n'avoir plus grand chose à exprimer qui n'ait déjà dit.
... Et vous savez comment je le sais? Nul besoin d'agenda. Ni d'observer dans les rues refroidies, les premières feuilles rousses tapissant le sol, ou les marrons tombés au champ d'honneur dans les parcs où jamais je ne pense à m'asseoir, ne fût-ce que cinq minutes, pour m'habituer doucement au désoeuvrement.
Je sais que c'est l'automne parce que le PSG vient d'entamer sa traditionnelle débandade. 3-0 à Geoffroy Guichard, et faites-moi confiance, ce n'est qu'un début. Chaque année, la même chanson, mais la différence c'est que Luis, Alain Giresse, Halilhodzic, Bergeroo, et tant d'autres, ne sont plus là. Qu'importe, la tradition demeure: Paris, Septembre, Galère!
Dans le même temps, Vahid Halilhodzic, aux prud'hommes, demande au club 9 millions d'euros d'indemnités pour rupture abusive de contrat. A ce tarif, je serais l'actuel coach, je prierais pour ramasser quatre ou cinq trempes dans les deux mois qui viennent, non?
Bien. Si nous pouvions éviter les plaisanteries de garçon de bain, du genre, allons prendre un bon bol d'Eire, ou le plus ciblé y a pas de mal à se faire Dublin, ou encore Verts de peur, de rage, verts comme l'espoir, et caetera, ce blog conserverait un peu de sa dignité, et je ne m'en porterais pas plus mal. Car l'heure est grave.
Dans quelques heures en effet, l'homme en noir, en plein rond central, d'un coup de sifflet péremptoire sonnera le début des hostilités pour 22 hommes en col-eire en quete d'une place qualificative pour le mondial 2006.
L'eire de rien, l'enjeu est national. Nous fûmes à ce qu'il parait la honte - ou la risée - de l'Europe le dimanche 29 mai. Puis vint juillet, et nous nous fîmes bananer par la Perfide Albion. Je ne remettrai pas le débat sur le tapis, mais on est plus fort pour organiser Paris Plage, à ce qu'il semble. Notre bon Président a des petits soucis de santé. Le chômage baisse un poil, mais le pétrole augmente grave de grave. Des taudis brulent, mais y a des gosses dedans. La morosité parait générale dans ce pays, où le mot récession semble avoir été banni du vocabulaire, que j'entends personne oser l'évoquer, et moi-même je ne me sens pas au mieux. A moins que régression soit plus approprié? Bref, si ce soir nous ne sommes pas en mesure de coller une rouste aux rouquins mangeurs de patates et buveurs de houblon, nous plongeons pleine tête dans la piscine à marasme, et Domenech pourra se brosser pour sa Légion d'Honneur et son treizième mois.
A cette heure-ci, je n'aimerais pas avoir le profil de l'Homme Providentiel.