Quand j'ai démarré ce blog radio, l'objectif était d'inventorier "la bande originale de ma vie". Comme si c'était un film, la vie. Cela fait déjà un an, l'air de rien. La plupart des titres qui m'ont bouleversé, traversé, remué, marqué, ont ici trouvé leur place. Voilà pourquoi, ces jours ci, le blog avance au ralenti. Je cherche une autre approche pour retrouver ce goût, transmettre au lecteur les vibrations, émotions, pulsations. Mais je voudrais aussi retrouver plus de profondeur. Donner du sens au choix des morceaux.
Comme celui-ci. Joe Strummer fut le héros de mes dix huit ans. Clash, je ne loupais aucun de leurs passages à Paris. La fougue, la volonté, l'énergie de ce type me semblaient sans égales. Il est mort à cinquante piges, crise cardiaque, dans son fauteuil. Il m'arrive parfois de l'envier. Pas de combat de trop. Pas de pente savonneuse.
L'autre? Johnny? voilà quarante années que je l'ignore. Un de mes amis, probablement l'homme que je connaisse qui s'y connaît le plus (il fut producteur de musiciens parmi les plus renommés, et son analyse, souvent cruelle, est rarement prise en défaut) m'assurait qu'il était parmi les plus grands. Je ne suis pas allé voir le film consacré à sa vie. Mais découvrant après quelques lectures certaines de ses interprétations, j'ai ressenti à leur écoute une évidence d'une puissance infinie. Johnny Cash. Cette voix comme aucune autre avant, m'a d'un coup fait entendre le sens du mot "vieillir".
J'ignorais qu'ils avaient enregistré ensemble. Et ce morceau, précisément. Dont j'avais déjà proposé ici la version originale, et la reprise de Stevie Wonder. Joe et Johnny. Comme une boucle en train de se boucler...
PS: Bizarrement, dans une première écriture, j'avais rebaptisé Cash "Joe". Drôle de lapsus.











Merci pour l'émotion vibrante. Reconnaissables et en même temps changées, imprégnées du sens de leurs vies, les voix, je crois que je comprends ce que tu veux dire...Mais pour moi, tu sais, 50 ans, c'est trop tôt, je crois, ...bien des combats et des glissades dont tu te remets plus ou moins peuvent arriver avant 50 ans; qui peut devenir le temps du calme et de la sérénité, et du partage avec les générations qui nous suivent et qui grandissent aussi...je ne sais pas, je n'y suis pas encore, mais ça vient...Bon dimanche.
Rédigé par: katimini | 21/05/2006 at 15:18
oui Johnny Cash est un grand
Rédigé par: rosalie | 21/05/2006 at 20:43
Tu m'as fait peur, avec ce "Johnny" au-dessus te ta note !
Une fois de plus, t'as tout bon.
Clash, les héros de mes 16 ans. Intacts.
Cash, un souvenir d'enfance, que j'ai retrouvé avec la quarantaine (un peu abîmée, elle) avec ses admirables reprises de la série American parlant avec dignité et sérénité de vieillir, souffrir ou mourir. Sans que jamais ce ne soit funèbre.
Rédigé par: Zapata | 22/05/2006 at 00:55
Ah! Zapata m'a doublé ; mézigue aussi j'ai z'eu peur du Johnny en titre .
Cela étant j'te voyais pas tomber dans l'adulation de l'archétype de la beauffitude ; c'est une semaine chiante qui s'annonce mais pas à ce point toudmême
Rédigé par: Gilles | 22/05/2006 at 14:21
Anne, j'en ai une de vidéo avec Bobby! Car je subodore que c'est évidemment du Zimm que tu causes?
Rédigé par: herve resse | 22/05/2006 at 18:47