"Je n'aime pas Jesus, il n'a jamais rien fait pour moi.
(...) Ce que j'aime c'est le pognon"...
C'est aussi pour ce genre de raccourci que j'aime Randy Newman.
En général quand je place ici un de ses titres, tous les commentaires s'évaporent, et je crains d'y deviner le signe d'une petite indifférence. Pourtant vous auriez tort de l'ignorer: je vous le jure, ce mec est un génie.
Dans la première Radio Resse (lire les archives), on l'était plutôt. Très rock, même. Punk parfois. Hargneux. L'ambiance depuis février s'est faite plus mesurée, moins destroy. Enfin, pour le moment. On a donné dans le folkeux, parfois, et même croisé des pop songs gentilles estampillées eighties. Mais je peux faire pire. Tant que je respire, transpire, soupire, je peux ici mettre tout ce qui me passe par l'oreille, j'ai jamais hésité, Patachou après Patti Smith, Michel Delpech si je veux en écho à Randy Newman, Louis Armstrong annonçant Dylan ou AC/DC. C'est comme ça, et ça ne changera pas. Ou alors, faut aller se rincer la trompe ailleurs. Ce quatuor vocal des fifties annonce-t-il en partie les Beach Boys? Ecoutez, ça n'a rien d'idiot, cette hypothèse de filiation.
Voici que se referme cette semaine dédiée aux quilles, aux zessegons, aux gisquettes, aux frangines. Je ne sais pas pourquoi me revient cette phrase de Freud au soir de son existence: après toute une vie passée à scruter l'âme humaine via la psychanalyse, je ne suis toujours pas parvenu à répondre à cette question toute simple: qu'est-ce qu'elles veulent, au juste?"
Ce que reprend en somme la chanson ci jointe, "Oh Woman, Oh Why?"... (Paul McCartney)
On est dimanche. On peut sourire un peu, pas vrai. Je finis ma semaine dédiée à ces être subtils ou fragiles, vivants et vibrants, insolents ou indolents, aux mutines et aux muettes, (les autres, relire mon billet de lundi...) avec celle-ci qui n'entre vraiment dans aucune catégorie. Et franchement, je l'aime bien.
A lundi.
Sinon le résultat de mon sondage "quelle femme cloner? " est très serré:
Une des voix les plus bouleversifiantes des sixties. Et le premier qui me dit que Burt Bacharach (compositeur popounet imparable, dans son genre, à l'oeuvre ici) culltive la guimauve, je le pointe. Ecoutez ça, ventre du diable. A demain. Parce que tiens, aujourd'hui, pas trop envie de causer.
Et puis, la même, encore, tentative (vaine?) de convaincre les rares hésitants. Deuxième service:
BO. 2 chansons de la merveilleuse Dusty Springfield.
Le gars te connecte sur Vincent Delerm ou Bénabar en te jurant qu'ils sont les héritiers de Ferré. "Nouvelle chanson française", ils t'expliquent. Et Jeanne Cherhal, c'est Barbara? Très sympa la Jeanne, cela dit. Du tempérament, une façon de se poser face au piano qui suggèrait le respect, lorsque elle assurait des premières parties face aux publics qui la connaissaient pas. Mais côté poésie,ça reste je veux dire, -question niveau- plutôt proche d'un... Renaud?
Enfin, une fois parti dans ces genres de comparaisons tout devient permis. Les qui pro quo feront pas défaut. Paolo Coehlo est à la philosophie ce que Philippe Delerm est à la littérature, Jacques Salomé à la psychologie, Jeanine Boissard au roman, Vincent Delerm à la chanson à textes, Marc Lévy à la spiritualité, Florent Pagny à l'opéra. On me dira, qu'est- ce t'en sais? Tu les as lus? Bien sur que non, c'te connerie! Ai-je besoin de lire Mein Kampf pour savoir que c'est pas bien, ce qu'il y a d'écrit dedans? Ou m'avaler les sonnets de tel livre sacré pour me douter qu'il n'y a là rien, absolument rien, qui pourra m'éveiller, m'enrichir, me transporter, qu'écouter ses lecteurs suffit à ma fuite.
A l'opposé, dans mon premier blog, j'avais avoué que me chatouillait l'envie de lire les trois bouquins maudits de Louis Ferdinand Céline, pas pour les idées mais pour vérifier le style. (je parle de Bagatelles pour un massacre, Les Beaux Draps, L'Ecole des Cadavres, trois machins sans aucun intérêt littéraire, une fois soupesé, puisque circulent des versions pdf). Rien que pour cela, mon nom sest retrouvé aquoquiné à quelques négationnistes dans un blog anonyme qui prétend lutter contre l'intolérable, mais n'a pas même cherché à en savoir un peu plus sur mon compte, prendre contact, me demander pourquoi, comment. Voyez ce qu'il en coute de se vouloir aujourd'hui un esprit libre. D'un côté, vous voici traité de sale juif par un excité (lire note deux jours plus tôt), de l'autre on vous suppute suppôt ou sympathisant de salauds nazis.
Je voudrais me retirer sous ma tente, comme Achille. Ou sous ma tante, comme disait un coiffeur de mes amis. Allez, donnons dans le cliché homophobe, aussi, tant qu'on y est. Bon. Mais de quoi on parlait déjà, au juste? Je sais plus. Je ne sais plus rien. Humeur du jour: Si on est seul au sommet, on l'est aussi, dans sa tente ou son caniveau...Je vous laisse là-dessus avec Randy Newman.Chanson: Lonely at the Top.
Voici le dernier commentaire à ce jour reçu sur son mon tout premier blog, le côté obscur de la farce. Envoyé par un allumé qui signe mikis theodorakis lequel, malheureux exilé, n'a je pense qu'un lointain rapport avec "l'argumentation" ci-dessous développée. Pour vous resituer, j'avais épinglé un auteur assez peu consensuel mais que j'ai la faiblesse d'apprécier quand même, parfois... le sulfureux Alain Soral. Je l'avais néanmoins suspecté de glisser vers des sentiers parallèles où l'antisémitisme n'était pas, craignais-je, totalement absent... Voici le commentaire reçu plus d'un an après ma note:
Monsieur
Je suis les infos depuis la Grèce et ce que je sais, c'est que si vous tappez logiquement sur Alain Soral, c'est simplement pour la raison que vous êtes un sale fasciste de sioniste: au moins ayez le courage d'avouer que vous êtes juif, ce serait au moins la moindre des choses! Vous accusez Act-up alors qu'il a eu toute une vidéo qui a filmé l'agression d'Alain Soral et tout le monde c'est très bien que c'est le Betar qui a fait le coup ce jour-là car ils avaient non seulement leurs insignes mais il y en même un qui a crié : vive Israël!
Alors ne vous foutez pas de la gueule du monde!
Vous utilisez sans arrêt la calomnie que imputer vos crimes sur les autres exactement comme cette juive qui a prétendu avoir été agressé dans le RER par des arabes et comme ce Rabbin qui s'est poignardé en accusant de jeunes musulmans: décidément vous êtes vraiment la pourriture de cette planète et il faudra bien que vous comprenez que si vous avez été pourchassé partout c'est bien que c'est vous le vrai problème... cette réalité est suffisamment clair pour ceux qui des yeux pour voir!!!
Que Dieu vous maudisse, peuple qui assassine les prophètes et qui travestissez la vérité à tout bout de champs!!!
Par Mikis Théodorakis, A Athènes le 17 janvier 2006
Il va sans dire qu'à l'instant précis où je reçois la lettre, nul sur terre n'est effectivement plus juif que moi, face à qui pousse l'infamie plus loin que la lettre anonyme et se cache derrière le nom d'un autre. Silence et mépris? Je lui dirais bien, tel Desproges en un sketch, "me dire ça à moi qui a fait ma première communion à la Madeleine!!" Pas pour me défendre. Juste pour en rire "quand même". Car de toutes façons ce genre de convaincu là, SAIT que le juif est partout, perfide jusqu'à se faire baptiser pour mieux duper son monde.
humeur du jour: pour Micheline et Jacqueline, ma mère, dont j'ai évoqué en un autre blog l'indestructible amitié, et des souvenirs s'y rattachant. Amitié dont seule la mort de la seconde eut finalement raison. L'une portait enfant la yellow star et l'autre avait ce visage de demi négresse (chabine dorée kalazaza têt'rouge, c'est comme ça qu'on dit en créole). Toute leur vie les deux partagèrent leurs fardeaux en coeur. Je pense à elles.Let's dance... (BO Nazi Rock par Gainsbourg)
Vinvin c'est donc désormais notre maitre à tous... le patron, le taulier, le number one, le big chief, le grand manitou, le chairman, le dabe, le leader, le gourou, le chaman, le living god, le grand chevalier du mystère sublîme, le sachem à poils roux. Il a gagné. Je lui offre ce morceau en gage de félicitations, aussi barré qu'il l'est lui-même:
Et puis là dessus ciao a tutti, je vous tiendrai au courant pour la suite de mes aventures blogosphériques,
Dernier avertissement: Dimanche, j'efface toutes les chansons...
La chanson permet-elle une autre façon d'accéder aux richesses de la poésie? C'était grosso merdo le sujet de mon bac français. J'avais obtenu un 16 en développant l'idée que grâce à Ferré, Brassens, Ferrat, j'avais pu découvrir la musicalité de Rimbaud, Verlaine, Hugo, Baudelaire, Aragon. J'avais évoqué le surcroît de vie qu'insufflait ainsi la musique à la culture. J'avais aussi suggéré que sans Brassens, nul n'aurait jamais entendu parler d'Antoine Pol, obscur auteur des Passantes, que le Sétois avait découvert en chinant un recueil jauni aux marché aux Puces: par la musique il lui avait insufflé une autre vie.
Oui sans Ferré, jamais je n'eus ressenti avec tant de force ce qui est aujourd'hui et tout simplement mon poème préféré. Que de larmes ont coulé, tant de fois, devant cette rencontre des mots, de la mélodie. Et l'interprétation.
Donc, bientôt, on ferme... Voici venir l'heure des bilans... Tous ceux dont je n'ai pas pu parler. Que j'aime bien, ou beaucoup, et ils sont nombreux. Mais on aurait fini par tirer à la ligne, j'ai préféré m'arrêter là.
Donc sans évoquer Eddie Cochran, Gene Vincent. Otis Redding, James Brown. Beck Hansen. Prince. Peter Gabriel... John Cougar Mellencamp. Des tas de groupes comme les Byrds, Canned Heat, Television, les Fleshtones, les New York Dolls, les Faces, Blur, sont passés à la trappe. ... U2, même, pourquoi pas? Le Mahavishnu Orchestra et Shakti, expérience de rencontre entre John McLaughlin et les grands musiciens classiques indiens. Je ferme sans avoir parlé d'autres grands guitaristes comme Ry Cooder, ou Carlos Santana qui n'a pas toujours enregistré que de la daube. Et Alvin Lee, largement décrié, mais rien que pour avoir balancé Goin'Home à Woodstock... Stephen Stills. Jeff Beck. Cactus! Vanilla Fudge!J'aurais pu faire un clin d'oeil à Dr John. A Hank Williams. Evoquer d'autres chanteurs de jazz, Sinatra évidemment, mais plus encore Bing Crosby, quelle voix! Et Tony Benett... Je n'ai rien dit sur Miles Davis, Bill Evans, Duke Ellington... Il aurait fallu évoquer le saxophoniste Jan Garbarek, le joueur de tablas Zakir Hussein. L'oud somptueux de Anouar Brahem... Et certains brésiliens, Caetano Veloso, Antonio Carlos Jobim, Astrud Gilberto... L'italien Paolo Conte. Une blogueuse parmi les plus sensibles me fit découvrir Omar Faruk Tekbilek.
Et puis côté français, même s'ils ne sont pas si nombreux ceux que j'estime, considère et respecte: Evoquer Starshooter, les Rita Mitsouko, sacrée chanteuse la Ringer... Maxime Le Forestier, grand monsieur. François Hadji-Lazarro... Mathieu Chedid: excellent guitariste. Son père, aussi. Et Souchon, par moments, si on excepte son dernier album d'une platitude presque infinie. Et puis, quelques chanteurs rive gauche qui m'ont tellement touché, comme Henri Tachan, ou Jean Arnulf, que personne ne connait probablement. Et pourquoi pas Guy Béart, dont il est de bon ton de se moquer sans prendre même la peine d'écouter ce qu'il a écrit. Et puis Higelin. C'est vrai qu'il a sacrément compté aussi, dans mon parcours. Et même! de son vivant (pour reprendre le mot de Desproges à propos d'un Gainsbourg trop fatigué), fut une époque où j'étais fan de Renaud, si, si! J'aurais aimé parler des Frères Jacques, non non je ne rie pas! Immenses artistes! Et de Boris Vian. Putain, j'ai rien dit sur Boris Vian!!! Et rien sur Gainsbourg, ou même sur Brel, qui certes ne figurent pas dans mes favoris, mais qui ont quand même écrit des choses que j'aime. Et Trenet!!!J'aurais aussi voulu évoquer Ray Ventura et Son Orchestre. Boby Lapointe. Mireille et Jean Nohain, tellement plus insolents que ce qu'on veut croire... Et Fernandel aussi, dont je connais dix chansons par coeur, et Arletty... Tiens, même, glisser un clin d'oeil aux Charlots. A Martin Circus, pas ceux de Marylène, mais ceux de l'album Acte II, ou du "matin des magiciens".
Enfin, tout ça pour dire que s'il est une chose de bien agréable en ce monde, c'est quand même la musique, non? Les chansons, les ritournelles, les refrains, les opéras, les menuets, les symphonies, les solos de gratte, d'harmonica, les chorus et les ponts, tout ça, c'est rien que du plaisir, enfin quand c'est correctement balancé...
Les deux gars qui suivent résument bien ma façon d'aimer la musique. Pas de chapelles. Se laisser guider par le feeling, comme on dit. Deux mecs également au poil, pour deux versions radicalement différentes de la même chanson. Radicalement? en fait, non...
L'un était au soir de sa vie quand il l'enregistra. L'autre savait qu'il allait crever d'un cancer à la con bien avant la ligne d'arrivée probable. Et qu'importe si les deux chansons sont devenues des scies pour pub télé, cette ogresse putain mercantile qui sait tout vampiriser. Les deux disent ceci, à quoi je ne parviens pas vraiment à croire, mais puisque c'est noel, faisons comme si?...
L'adieu de Frère Louis...
... et celui du Frère Joey...
Comme si c'était un monde merveilleux. On dirait: vive la vie, noel si vous voulez, et surtout les pommes de terre frites.
Bon, OK. Noel. Quoi dire, que mettre? A qui rendre hommage? A Sinatra, Bing Crosby? Santa Claus is coming to town???
Non . Juste saluer un peu plus précisément ce type qui est loin d'être un Saint. Parait même qu'il va finir sa vie en tôle, pour avoir zigouillé mémère. N'importe. Que serait le rock devenu sans cet homme-là, hein? Même s'il doit pour l'éternité assumer la post-prod du moins bon disque des Beatles (Let it Be), il était aux manettes de tous les grands disques de Lennon! Il a drivé les Ramones et Léonard Cohen... Découvert Tina Turner. Et les Ronettes, les Crystals!!!! Monsieur Wall of SoundSpector est un c'est entendu barje barré cinglé-fou, paranoïaque. Mais il est bien que nous lui rendions hommage en ce jour précisément, vu qu'il a pondu ces merveilleux rocks et pops songs de Noel... Dieu les bénissent, lui, ses victimes, et toutes ces belles chansons! Comme ce titre de Darlene Love, sobrement intitulé Christmas.
Maaiaiaiiiis! vous pensiez vous en tirer ainsi? Sans une bondieuserie de dernière minute?! C'eut été mal me connaitre!!! Primo, qu'on ne vienne pas me gonfler avec cette histoire de plagiat d'un titre obscur des Chiffons. Déjà un nom pareil, on a que ce qu'on mérite. Deuxio, quand bien-même tous les tribunaux de la terre en ont décidé autrement, LE chef d'oeuvre, est bien ceci signé Spector et Harrison. Vous me direz que ce choix me révèle en nette contradiction avec le No Fun pistolien d'hier. Et alors????? N'ai-je pas dit et redit que tout ça n'est qu'affaire de contraires... contradictions... yin et yang... monstres rock et diables pop? Laissez-moi seul. Renifler dans mon coin, comme chaque fois que démarre cette intro, là.