L'homme sait qu'il va mourir. Condamné. Bien avant la date de péremption. Rongé par le crabe à juste soixante ans, quand tu as inventé une des plus grandes aventures musicales du siècle (LA plus grande?) avoue que c'est rageant. D'autres comme lui ont eu l'idée de l'album posthume; Warren Zevon, réunissant quelques vieux potes huppés (Springsteen Ry Cooder, ce niveau) pour un ultime opus en adieu chic aux héritiers. Et Neil Young, convaincu qu'il allait rester sur la table, a fait de même. Mais lui tiendra le choc.
Et celui-ci, donc. La dernière chanson de l'album me tourmente. Elle porte le titre de l'album: brainwashed. Cerveau lavé. Par le Nikkei, le Dow Jones, les leaders, les médias, la presse, les ordinateurs, et toutes ces lois, dit-il. Cerveaux lavés, jusqu'aux os, cerveaux lavés... Et puis vient cette ultime minute. La dernière qu'il ait enregistrée, en somme. Rarement me semble-t-il, comme dans cette minute-là quelqu'un a su exprimer si bien en musique transcendance, spiritualité, porte ouverte au divin.
Humeur du jour: à chaque écoute, la puissance des dernières minutes m'emplit davantage.
Vous offrir cela, cette simple sensation, bel antidote aux lavages de cerveaux.


















