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08/04/2006

Mes années 80 (Rap n'Roll)

Toute cette semaine, j'ai voulu vous faire partager quelques souvenirs des eighties,influencé par deux amis blogueurs marqués par cette période.

Tous ces morceaux évoqués me ramènent au souvenir d'un ami de cette période, aujourd'hui perdu. Non qu'il soit de la cohorte de ceux par ces temps emportés. J'ai, grâce au ciel, été épargné par ce fléau qui vous arrachait vos plus proches copains plus facilement qu'on effeuille un arbuste. Non. L'homme est bien vivant. Son nom vous est connu, si vous lisez certaine presse magazine. Nous étions proches complices. C'était comme un petit frère. Une vraie tête de pioche, à l'égo surdimensionné... mais qu'étais-je alors, moi? Bref, nous nous sommes brouillés. Oubliés. Le temps a passé. Il reste que de tous ceux que j'ai perdus, par la faute de la vie, des incompréhensions, des moi haïssables et mal maitrisés, par manque de clémence ou de lucidité, il est le ami perdu que je regrette parfois, dont le rire et l'enthousiasme certains jours savent me faire défaut. J'ai gardé avec lui un ami en commun, c'est tout. Il est rare que j'ose demander à celui-ci des nouvelles de celui-là. Ainsi va la vie.

Dès le premier maxi du Grand Master Flash, j'étais présent au rencart. Quand le Clash enregistra le maxi This is radio Clash, et invita Futura 2000 dans ses concerts, je dis OK. J'aimais ce rap des débuts, qu'il s'inspirât du funk ou de la new wave (Afrikka Bambaata), qu'il revendiquât clairement les filiations soul ou rock. Le rap se plaçait comme un genre hybride extrêmement créatif, à l'écoute de toutes les influences. Les deux premiers albums de Public Enemy sont pour moi de la même importance que, mettons, la sortie des albums de MC5 ou de Sly & Family Stone en leur temps.

Beastie_boys232_1 Puis vint ceciet cela.Deux groupes, un noir, l'autre pas. Les deux rendaient grâce au Dieu Guitare, et je crus qu'un temps nouveau était venu. L'ère du rap n'roll. Feu de paille. Les années 90 peu à peu balaieraient rapido la "old school", s'inventeraient une autre voie, où je n'ai pas souvent trouvé mon miel. Pas grave. Cette énergie là me semble aujourd'hui encore mille fois plus forte. Pensent mes descendants ce qu'ils en veulent!!

J'ai vu les deux, Run DMC et Beastie Boys, lors d'un concert mémorable au Grand Rex. Les sifflets vrillaient vos tympans et le scratch montait l'adrénaline à 100°.

28/11/2005

Ennemis n°1

Public_enemy

Le vrai choc des mielleuses années 80, ce sont eux. Galapiats. Mal embouchés. Intenables. Limite hors jeu, parfois. Sulfureuse à l'extrême, la bande de Chuck D. a donné au rap US ses albums les plus aboutis, crispants et audacieux, novateurs et brillants. J''aimais VRAIMENT ça.

Mon désintérêt pour le rap date clairement de la rélégation du Public Enemy aux seconds rangs. Ceux qui les remplacèrent n'avaient pas le quart de leur inventivité, en dehors de Cypress Hill dont j'ai déjà parlé ici. On me dira The Roots, et d'autres. Je ne dis pas ce qui est la réalité. Juste mon sentiment.On me dit que Flavor Flav et les autres signent ces jours-ci un come back solide. On est pas forcément morts à 45 ans? Une bonne nouvelle, peut-être. Je file sur 48, et la seule chose dont je sois sur c'est que votre pire ennemi vous colle toujours de très près...

24/11/2005

Côté obscur, etc...

Logoiam_1J'ai croisé sur ma route NTM à ses débuts, parce que je travaillais pour un canard de Seine Saint Denis. Zebrock avait organisé un concert où figuraient sur la même affiche, alors qu'ils n'avaient encore produit aucun album, les séquanodyonisiens du Supreme Niquamouk, et les Marseillais d'IAM. Belle pioche. J'interviewai un peu plus tard pour le journal Politis ces fondus de l'Egypte antique. Impressionné par leur projet artisitique, complet et profondément inscrit dans leur histoire personnelle, -tout sauf un simple gimmick-, j'attirai l'attention des lecteurs gauchisants de cet hebdo sur le potentiel évident du posse marseillais.

Quinze ans plus tard, Akhénaton, dont je ne partage aucune des options "communautaires", s'est imposé à l'évidence un auteur majeur, le seul de la galaxie hip-hop française à pouvoir prétendre à la table des cadors. Parce que mon premier blog s'appelait Côté Obscur de la Farce, il était normal que je choisisse ce titre là. La maquette est inédite sous cette forme, sinon dans un cd bonus collé à l'époque dans un numéro des Inrocks...

04/10/2005

Mike Skinner, poete de la deche

Streets A l'heure des débuts j'étais loin de cracher sur le rap. Au contraire: Grand Master Flash, Afrika Bambaata, j'étais client. Quand Le Clash y allait de son single Radio Clash, je captais sans moufter. Je considère toujours l'arrivée de Run DMC comme un des bons moments de ces années 80 de merde. Sans parler de Public Enemy, quelque chose comme un MC5 black, un des groupes les plus inventifs, tous styles confondus, authentiques géants. Et même, plus près de nous, Boogie Down Productions, Big Daddy Kane, Tuff Crew, (qui me fut conseillé par Joey Starr, alors jeune pousse grimpante d'un rap français adolescent) m'ont titillé sérieusement. C'est après que ça se gâte. Le début des années 90 symbolise pour moi la décadence d'un style condamné à se pasticher lui-même, musicalement s'entend, à mesure que la sauce prenait dans le grand public, et que le hiphop comme le foot tendait presque exclusivemennt à devenir instrument d'intégration des minorités visibles dans le paysage urbain, pour tous les zanimateurs de kchartiers. Assez loin, souvent, de toute exigence artistique...

Du coup, m'intéressent dans le rap les inclassables, tels Cypress Hill que j'adore, (déjà évoqués ici) I AM (à venir) qui a vraiment apporté quelque chose musicalement, ou les Beastie Boys...

L'arrivée de l'anglais Mike Skinner, qui sous le nom de The Streets a enregistré deux albums coups de poing, montre ce que le rap peut redevenir entre les mains de véritables chroniqueurs, plus soucieux de raconter la vraie vie que de reproduire jusqu'à la fin des temps les mêmes clichés gangsta, meufs à gros seins, bagnoles clinquantes, gestuelle stéréotypée supposée effrayer le bourgeois. The Streets... une autre dimension !

Le deuxième cd " A grant don't come for free", est un concept album racontant la vie de merde d'un jeune prolo sans boulot, qui se roule des pets vautré devant sa télé "avec un coin un peu cassé", errant de pub en macdo, et tentant de vivre une improbable histoire d'amour avec une tocarde de son espèce. Mais sans sous, sans projets, sans avenir ni présent, inutile de se raconter du blabla, l'affaire a tout pour se terminer en queue de poisson pourri. La poisse qui colle, colle longtemps:

06/07/2005

Hispanip hop

Cypresshill_1 Si vous me dîtes que 90% de la production rap est de la daube du point de vue musical, je vous répondrai... 95%! En vérité, en dehors de la clique Wu Tang Clan, d'I AM et de Public Enemy, je ne vois guère de groupes qui aient su développer un vrai style musical dans la sphère Hip-hop. Je mets un peu à part les Beastie Boys, dont nous reparlerons un de ces jours. A ceux là, ajoutons surtout, mon groupe préféré, Cypress Hill, un gang d'hispanos totalement plombés à la marijeanne, qui rappent comme absolument personne ne le fait, mélangent anglais et espagnol, et installent de vrais climats musicaux passionnants. Tous les albums (une petite dizaine) de Cypress Hill sont hautement recommandables à mon humble avis.  Voici deux titres:

When the Sh' comes down 

et Stoned Raiders:

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