Pour la première fois depuis 18 mois que Radio Resse existe, j'ouvre la colonne à un mordu de zique, un gars de ma trempe, un aminche, un fidèle... On s'est connu au Lycée, c'est vous dire, et je n'ai pas le souvenir de m'être une seule fois fâché avec ce garçon, même quand nos sentiments divergeaient sur la qualité des albums des Stones! Bref. Laissons la parole à Benoit qui lui ETAIT à Rock en Seine, et sait de quoi qu'il cause!
On a commencé par Wolfmother, venus des terres australes après avoir étudié les riffs de Deep Purple, Black Sabbath et Led Zep; résultat efficace et sympathique mais, pour te paraphraser, çà ne casse pas 3 pattes à Ritchie Blackmore.
Ensuite Calexico, genre R E M des années matiné de trompettes mariachi, je ne t'apprends rien. Hommage à Arthur Lee avec une reprise de Forever Changes, dommage que la voix du chanteur soit insignifiante.
India Arie: chanteuse soul talentueuse et dynamique, belles harmonies vocales avec ses choristes et un guitariste dont la tête me dit quelquechose depuis vendredi et çà m'escagasse de ne pas trouver.
Neimo: Quatuor parisien dans le créneau Radio 4 / The Rapture, dansant donc , dont le look de 2 des 4 membres dépare par rapport à celui des 2 autres. Question : oui, mais lesquels ??
Clap your hands.... 10 minutes ont suffi
Du coup, on était mieux placé pour les Dirty .... Ponctuels, éthylisme (bouteille à la main), affiché mais sans conséquence négative pour le set qui fût très efficace, comme espéré, avec 2 reprises du premier Libertines et un Carl Barat avec un bras en écharpe le réduisant à un rôle de chanteur.
Kasabian: 20 ' (par honnêté) pour cataloguer ce groupe, dont les disques sont bien critiqués, mais qui ressemble à un groupe de stade (Stereophonics/Killers), son adhoc, chanteur n'arrêtant pas de dire à chaque break : Parissssse, Freinnncce. Gavant.
Direction TV on the radio sur une petite scène, beaucoup moins de monde. Comme chez India Arie, la minorité visible du groupe est un guitariste blanc ! Le son fait moins penser à celui de ceux dont je te parlais, jeudi mais les voix, oui. Guitares noisy sur de la soul ou du R N B (années 60) et autres, intelligent et emballant.
The Raconteurs: son impeccable, batterie comme celle de Meg White, pas de frime , presque tout l'album avec 3 reprises : Bang bang (Nancy Sinatra ?) (dont l'intro a été utilisée par les D P Things pour le morceau qui est après leur bang bang à eux !) It ain't easy des Kinks (via qui tu sais) et Headin' for Texas des Flamin Groovies . Il a fallu que je cherche, sur le disque que tu m'avais offert il y a.....30 ans pour confirmer mon intuition. Merci Hervé. Bref un grand groupe qui ne se la joue pas. Emballant aussi.
Pour finir le vendredi, passage de 15 ' par Morrissey, je l'ai vu il y a moins de 2 ans, c'est suffisant (lui aussi d'ailleurs), son de stade aussi. Après les sus-nommés, çà ne tenait pas la route.
Suite du lendemain, demain......
Samedi.
On a commencé un peu plus tard et par l'expo Rock'n'Folk / Mondino, occasion de faire un petit Quizz tout en appréciant ces belles photos de guitaristes et de guitares.
Xavier Rudd a commencé à jouer pendant ce temps là, attirant notre curiosité, et pour cause, le bonhomme est seul en scène derrière un kit de batterie agrémenté de trompes (?) tibétaines, cloches, dobro, harmonica et balance un mélange ethno, électro,bluesy, genre after acoustique qui s'est attiré un franc succès, surprenant.
Puis on est allé déguster la pop efficace de Phoenix, qui rappelle les Plimsouls, Paul Collins.
Ensuite, Skin nous a délivré un set sans surprise, braillant toujours un peu trop, et faisant passer quelque chose sur les morceaux lents et jouant un morceau de l'lépoque où elle était Skunk à Nancy ! C'est proche du hard rock (riffs lourds, batterie cognée) mais çà n'en est pas, en tout cas elle y met toujours beaucoup d'énergie et d'enthousiasme.
Les Dead 60's nous ont ramené, en fait, en 1980, le côté clashien (Armaggideon Times / Train in vain) est très plaisant, leur dub, forcément chaloupé, bienvenu, avec une grosse basse bien ronde.
Puis les Brakes sont arrivés, avec leurs petites chansons très dansantes, bien foutues, énergiques et leur humour ( Désolé pour nos chemises, nous sommes anglais) , chantant même en français le refrain du "poinçonneur des lilas". Un truc excitant, comme je les aime.
Puis, comme tu le dis, vint Rock Hansen, sa prestation m'a bluffé, genre touche à tout de génie, piochant dans tous ses albums aux styles différents, avec un gros son parfait et une présence discrète mais l'humour est là: derrière lui se tenait un théâtre de marionnettes représentant tous les musiciens dans leur tenue de scène, filmés et projetés sur le retour vidéo en lieu et place des vrais ! Quand au bout de 45 minutes tout le monde est parti , on a eu droit à un mini film sur les marionnettes à Paris, dans leur loge, se pétant la ruche, s'écrasant des canettes de Coca sur la tête, renversant des sièges, rock'n'roll quoi ! Et ils sont tous revenus pour finir le concert, après qu'une partie des musiciens se soient mis à table sur scène pendant que Beck chantait seul. A revoir, donc .
On est allé accorder une vingtaine de minutes à The Editors, cousins d'Interpol et de The Departure, à moins que ce ne soit l'inverse, même références (Joy division, Echo and the...), même son, même voix, superbe son de basse, souple et puissante à la fois.
Retour à la grande scène, où Radiohead, point d'orgue (et on en a eu des claviers !) de ces 2 jours, est attendu par 90% des festivaliers (20 / 30000 ?). 1h50 de musique somptueuse, parfois énervée , portée par un Thom Yorke à la voix douce et mélancolique mais pas pleurnicharde (non, il n'est pas le Roger Gicquel du rock, pour paraphraser Coluche). Son parfait pour une interpretation des titres majoritairement électro et les plus accrocheurs de Kid A et du suivant, complétée de 2 nouveaux morceaux et parsemés de titres, que je suppose plus anciens, car inconnus et plus "rock".
Prog-rock, si on veut , si on ne pense pas à Yes et autres groupes des 70's, mais étiquettage inutile. Quand on écoute le très bel album solo de T. Y.,on est plus, d'une certaine manière, proche du travail de Björk mais en plus abordable, ou du dernier Macca dans l'esprit. Enchanteur.
Ce festival commence à être victime de son succès ou de sa programmation (têtes d'affiches trop importantes ?), il y a un peu trop de monde et le déplacement d'un point à l'autre du site se fait plus lentement, ce qui fait rater le début de plusieurs prestations. Sinon, côté scène, réapparition remarquée des amplis @mpeg, très en vogue au début des années 70, on a même vu un ampli Orange chez Skin et beaucoup de Rickenbaker qui, accouplées à des amplis Fender, sont une marque de bon goût qui nous évite un gros son bourrin (suivez mon regard).
C'est tout ! Tu regrettes ???????????????