Cadeau ! Nous, les happy few, les privilégiés, les nantis, abonnés à la lettre d'info de Springsteen, avons reçu un lien vers ce superbe inédit. La chanson fut écrite en 1929 par Blind Alfred Reed. Elle dit la misère de la grande crise, "how can a poor man stand such times and live?", Le Boss dédie sa version aux victimes du cyclône de la Nouvelle Orléans... Vous dire comme il l'a chantée hier, je ne sais pas si je saurais. Pour en savoir un peu plus, lire ici ma note sur le concert de mercredi 10... Mais écoutez ceci d'abord...
Une des plus belles voix de toute la soul music. Un des plus grands guitaristes, aussi. L'homme qui a probablement le plus influencé Prince dont nous parlions la semaine passée. Certes il jouissait d'une prestigieuse aura; certes Superlfy a été samplé 200.000 fois. Mais Curtis Mayfield reste quand même un des artistes noirs dont la gloire n'aura pas égalé le gigantesque talent. Voici le dernier disque enregistré avant sa mort il y a quelques quatre ans...
Rappel: Je reviens toute cette semaine à mes années 80. Comme dans un jeu magique de cases noires et blanches signifiant la rencontre des contraires ou des contrastes, je repense à ce temps de l'entrée dans l'âge adulte, qui je l'ai dit fut la rencontre avec toutes mes peurs, croiser mes premières erreurs, gober les bonheurs éphémères ou solides, me saouler de rencontres durables et d'amitiés en allées.
A un certain moment, nous avons pensé et peut-être avions nous raison, que Jimi Hendrix et les Beatles avaient enfanté un monstre génial et sublime, dont James Brown eut été le parrain. Quelques années durant, chaque sortie d'un nouvel album du Kid nous entrainait vers les sommets. C'est peu dire qu'elle est bien retombée depuis, l'euphorie. Nous avec. Vingt ans bientôt que des fans plus que patients -j'en ai depuis lurette, déserté les rangs- attendent la sortie du futur grand album de celui qu'on ne savait même plus dénommer, qui errait de pseudos en logos, à la recherche de lui-même et de l'inspiration enfuie.Quelle drogue pourrait aujourd'hui nous le remettre en selle?
Remember Purple Rain? Au milieu des jarretelles d'Appolonia et des angoisses existentielles du nain violet, se dénichait aussi l'hilarante prestation de Morris Day et de son combo The Time, inoubliable démo gigotante de ce que peut signifier l'expression "frimeur black"... Un pur moment de funk fun.
Sur Resse? Pire Encore! samedi, j'ai ouvert, (j'y prends plaisir, je l'admets...) une jolie petite boite de Pandore. Aborder les dérives racistes de certains groupes de rap français, evoquer même le néant qu'ils repésentent parfois en termes de créativité, d'intention artistique (sans même parler de poétique), est-ce seulement possible, sans prendre aussitôt le risque de passer pour raciste, antijeune, antibanlieue? Je crois que oui. Et si je mets aujourd'hui As en musique de fond, ce n'est nullement pour faire amende honorable ou donner le change, me reconstruire à peu de frais une image "black friendly". C'est parce que j'aime cette chanson, lumineuse, émouvante, généreuse, que j'ai toujours aimé Stevie Wonder, sauf, -décidément, on y revient-, quand il fricotte avec Farrakhan...
Puisse ce titre somptueux nous donner le goût d'une belle semaine!
Il se murmure ici et là qu'Hervé Resse ne serait en réalité qu'une grosse tapette contrôlant mal ses émotions, un incontinent lacrymal qu'on aurait peut-être un peu trop bordé à la va vite.
Faites l'essai avec le morceau suivant...
A l'approche de l'an 2000, MOJO, le magazine des esthètes rockeux anglophiles, avait désigné Aretha "Voix du Siècle", (sans distinction H/F) devant Frankie Sinatra et Ray Charles, après consultation d'une armada de chanteurs-euses de langue anglaise. Inutile de dire que 98% des retenus faisaient partie de la culture pop, ce qui rendait d'autant plus incongrues les présences dans le lot de Pavarotti, Nusrat Fateh Ali Khan, ou mieux encore Maria Callas, étrangement coincés entre John Lydon et Patsi Clyne, ce qui montrait au bout du compte les limites d'un tel exercice.
N'empêche qu'Aretha, n'est ce pas... ne se refuse pas. Oui. Mais Maria??...
Today, détour par le rayon funk. Je ne suis pas un cador, mais pour le kid codor, je ferai une exception. Je vous raconte: il m'a fait rencontrer un des types qui a le plus compté dans ma vie de crétin mordu de zique; le gars dont le soir venu j'écoutais, ado, les recommandations comme d'aucuns s'avalent la lettre aux corinthiens du dimanche. Planqué au fond de mon pieu une place, l'oreille sur le foutu transistor au son pérave (pas de fm, morveux, encore moins de stéréo, alors pour le ipod, je t'en parle même pas) c'est tout juste s'il fallait pas pédaler la gégène pour capter le bonhomme en son continu. Mais une fois connecté, quelle récompense, quand il vous annonçait comme qui rigole la sortie d'un "nouveau 45 Tours des Who", ou du prochain Neil Young, dont il est resté un mordu.
Donc Codor m'a fait un immense bonheur, au départ sans s'en douter, en me faisant rencontrer le monsieur qui n'aime pas qu'on lui dise qu'on lui doit beaucoup. A lui dédié, en remerciement la tonalité du jour. Sacrément old school, j'en conviens, mais ça pulse encore pas mal, ce truc...
Morale du jour: monte dans le train, et crois y encore. BO: Party train par The Gap Band
Il est assez commun de désigner l'extraordinaire What's Going On? de Marvin Gayecomme un des absolus chefs d'oeuvre de la musique populaire américaine. Et c'est vrai, ce disque est indémodable, hors du temps. Pour autant, j'avoue une faiblesse pour cet autre album, découvert longtemps après que Marvin eût été descendu par son propre père...
Vulnerable est une oeuvre à part. Enregistrée avec un grand orchestre, bien loin du funk et du groove. Il semble que l'homme atteint là des sommets d'émotion, à ranger juste à côté d'Ella Fitzgerald, dont les visiteurs d'ici savent à quel point je l'admire. J'aurais fort bien pu placer ces deux extraits dans la catégorie album du dimanche, le calendrier en a décidé autrement. Quoi qu'il en soit quand vous le croiserez au hasard d'un bac, n'hésitez pas. I won't cry anymore...Et Why did I choose you?Les deux titres extraits de ce disque parlent d'eux mêmes, me semble-t-il...
De même, si vous trouvez l'album assez rare où Marvin chante Nat King Cole, laissez-vous aller. C'est du grand.
Bob Marleyjouait sur cette scène cette splendide chanson à la seule guitare sèche. Elle figure sur l'album Uprising, sans doute une des plus dépouillées qu'il ait écrites.
Redemption song...
Ecouter ensuite cette reprise de Stevie Wonderqui pour le coup n'est pas, loin s'en faut, un modèle de sobriété! Je trouve quand même qu'il là chante foutrement bien, au-delà de cette nette tendance au lyrisme qui après lui fera le bonheur de tous les tâcherons et tâcheronnes du R'n'B... Mais chez lui c'est une quasi seconde nature...
Donc deux versions aux antipodes, par deux maitres du jeu.
La légende dit que le producteur aux manettes jugeait la chanteuse un peu molle. L'interprétation manquait de conviction, loin du maximum. Il lui aurait soudain demandé pour une nouvelle prise de se dépoitrailler, chanter les seins arrogants pointés vers un imaginaire public. Ce fut le déclancheur, et l'interprétation devint dantesque... Mythe ou réalité,on ne prête qu'au riches... Toute la vie de Phil Spector regorge d'anecdotes de ce type... L'orchestration est évidemment fabuleuse, avec ce fameux mur du son qui est la marque de ce génial psychopathe, et cette montée paroxystique où la voix se déchire et perd définitivement toute retenue. La chanteuse c'était évidemment Tina Turner je veux dire la vraie, en mini jupe pailletée, pas celle de Mad Max 12, celle de Proud Mary, de Nutbush city limits; sous l'emprise tyrannique de son mari Ike, et pour son malheur à ce qu'il paraît, même si aucun doute, c'est à cette époque qu'elle était la plus grande... Le morceau c'est River Deep... Mountain High, évidemment.
Je préfère vous prévenir.Ca m'arrive parfois comme ça, sans crier gare. C'est bien le cas de l'dire.
Ca monte, vite vite, et ça se déclenche comme ça : un Ooooooooooohhh, Yeaaaaaaaaaaaaah! aussitôt suivi d' Woooooohhh paroxysmique! Ensuite tout barre en sucette: Everything, Everything, EVERYTHING'S GONNA BE ALL RIGHT THIS MORNING! Oooooh Yeaahh!
Je vous assure que ce blues sur deux accords, hypnotique et monomaniaque, sorte de branlette convulsive envoyée par un Muddy Waters intenable, septuagénaire au moment de l'enregistrement je vous le fais remarqué, épaulé à la gratte et braillements convulsifs par un JohnnyWinter déchainé, vaut tous tous les Prozac et toutes les thérapies du monde. Aussi tous les Viagra. D'ailleurs l'album s'intitulait HARD AGAIN, c'est dire, non??? A écouter en boucle les jours de spleen. Nul n'y résiste tellement ça prend la tetè.