Mais mon pauvre monsieur, faut pas rester ici, ce blog est fermé! sauf pour lire les archives! D'Aout 2004 à Juin 2005, Le côté obscur de la Farce marqua mon entrée dans ce monde de brutes abruptes qu'est la blogosphère. Mais nous sommes passés à aut'chose, mainnant.
Désormais, à partir du 17 Aout 2005, la deuxième saison est en marche: Lao-Tseu contre Hervé Resse, se veut une tentative aussi double que désespérée: d'un côté traîner dans la boue la Zen Attitude, les pensées uniques positives qui contrarient mes pulsions atrabilaires compulsives, de l'autre, contrechamp: le désir secret de l'auteur d'accéder (enfin) à une vague sérénité, à quelques encablures de la cinquantaine, période fastueuse où les problèmes de prostate ne sont plus très loin, et où le vrai compte à rebours à (depuis quand?) commencé.
Mais on peut aussi aller se rafraichir les esgourdes sur RadioResse.com, autre blog où j'étale mes goûts musicaux bons et mauvais, dans un souci de totale franchise et d'éclectisme qui je trouve m'honore quand même un peu.
Enfin, vous faîtes comme vous voulez, hein. Ce que j'en dis c'est manière de causer. A bientôt
A tous les déçus du jour, j'ai envie de dire, consolez-vous, il y aura encore Paris-Plage, la prochaine Technoparade, La Nuit Blanche, et je ne doute pas un seul instant que nos Préposés à la Festivité Permanente trouveront bien vite d'autres occasions citoyennes de nous "faire rêver". Que tous les ambianceurs patentés et les vendeurs d'événementiel s'appliqueront à redonner vie à notre Quotidien à grands renforts d'initiatives riches de signification.
Je mentirais en disant que je suis triste aujourd'hui, ayant sincèrement et depuis le début pensé, (mais c'est mon défaut, comme dit Emery, j'écris parfois des textes indignes de mon intelligence... à supposer que j'en fusse doté) qu'obtenir les JO serait la pire chose qui pouvait arriver à notre pays. Et je m'explique.
Nous avons vécu un septennat sous la direction d'un vieillard malade qui nous mentit 14 années durant sur son état de santé. Puis nous avons élu un homme qui n'a d'autre stratégie que se maintenir coute que coute au pouvoir et le plus longtemps possible, errant d'échecs stratégiques (dissolution de 1997, référendum foiré de 2005) en initiatives pathétiques (dont cette dernière, donner une dimension nationale à un enjeu local, puisque contrairement aux Coupes du Monde de Football, ce sont des villes qui concourent pour les JO, et non les pays). Moyennant quoi, pour avoir voulu piquer la vedette à Delanoe, il va se prendre la moitié de l'échec dans le carquois. Décidément, cet homme est une flêche!
Tout ceci est le cruel révélateur de l'état d'esprit de notre pays depuis bien longtemps. Qui se paye de rêves, de triomphes faciles (aucune équipe championne du monde de foot n'a joué moins bien que la France en 1998, tout footeux un peu objectif vous le dirait), de symboles galvaudés, telle cette France Black Blanc Beur symbole de 98: elle était où, avec le pen au deuxième tour en 2002? Et avec les mille et un ghettos qui font nos riantes banlieues éloignées, où la plupart de nos penseurs n'oseraient pas mettre un pied? Elle est où, la France multiculturelle, quand la majorité de nos entreprises continuent de refuser l'insertion professionnelle à ses gamins, dès lors qu'ils ne sont pas vedettes du foot ou de la StarAc'?
Si je vous emmerde, vous pouvez zapper mon monologue, hein, pas de problème. Je dis donc que dans un pays à qui resterait encore un peu de lucidité, cet échec conduirait à une véritable remise en cause de tous nos modes de fonctionnement. Au lieu de taxer de suspicion la victoire de Londres (comme l'a fait aussitôt le Président de la Région IDF), on se demanderait un peu pourquoi ce pays foire tout ce qu'il entreprend, stagne pendant que les autres avancent, (ce qui, disait ma mère, revient à reculer) et s'applique depuis des années à classer prioritaires les dossiers accessoires, à vendre la peau des ours avant de les avoir chassés. Remballez les petits fours et le champagne, les gars.
Emery me dit qu'il y aurait quelque élégance à ce que je me fende quand même de la note que j'avais promis à mon cher Vinvin, si Paris avait triomphé, en réponse à sa note où il m'exprimait avec toute la délicatesse dont il est capable, son désaccord avec moi. L'exercice m'apparaitrait un peu factice. Pourtant...
C'est vrai que s'il en est à qui franchement, j'ai envie de dire "Désolé", c'est bien à lui et à tous les lecteurs de l'Equipe qui vibrent sincèrement et sans la moindre arrière pensée aux exploits sportifs authentiques. J'ai lu trop longtemps l'Equipe chaque jour pour avoir oublié Bob Beamon, Carl Lewis, Colette Besson, Hassima Boulmerka, la Dream Team de 1984... Oui, le savoir heureux d'emmener ses mômes au stade, pour des moments inoubliables qu'ils auraient partagés toute une vie, ça valait le coup. J'ai vu Josip Skoblar au Parc avec mon père, et ne l'ai jamais oublié... Pour cette vibration là, authentique, nourrie d'émotion et d'images pétillantes de dépassement de soi, j'aurais, du fond de mon coeur, dit à Cyrille "vas y, fils, j'espère que vous prendrez du bon temps, et si c'est ton bonheur, je te le jure, ce sera aussi le mien".
Il reste que d'après les informations dont je dispose, une malédiction frappe les Resse à l'âge de 53 ans. Et si je compte bien, j'attendrai la date fatidique en 2011... Vous comprenez, maintenant? Bon, d'ici là, ça fait encore quelques Technoparades...
Ce sapajou est parvenu à me faire craquer.
Cyrille a inventé le concept de patatier. Comme un herbier, mais ça vous donne la patate. j'ai répondu mais il m'a vertement suggéré d'aller le coller chez ouam.
Allez. je m' y colle. Mon patatier à moi. Dix, on a dit dix?
- Robert de Niro dans Mafia Blues 1
- The Big Lebovski des Frères Coen
- L'album en public d'Eddie and The Hot Rods avec reprise overspeedée de Gloria et Satisfaction.
- Lire des posts hilarants sur le blog (suivez mon regard, ici, là, ou là, par exemple)
- N'importe quelle défaite de Bastia en coupes ou championnat (même en L2. surtout. Et vivement le national)
- L'imitation d'Etienne Daho par Laurent Gerra.
- Déguster un bon vin avec un bon ami.
- Savourer un bon curry.
- Penser à La Bretagne. M'y réveiller.
- "We're a happy family", par les Ramones.
Bon sinon, pour info. Le blog deuxième saison est d'ors et déjà ouvert.
Ca s'appellera LAO TSEU CONTRE HERVE RESSE.
Y a rien dessus, juste deux ou trois posts d'essais, mais comme certains impatients l'ont djà collé dans leur blog-roll, je vais pas faire mon coquet... Inauguration le 17.08, je ne reviens pas là dessus.
Même si, oui, Cyrille, j'ai le clavier qui me démange...
Hello Girls and Boys. Encore mille mercis à vous de tous les bons mots reçus après mon message "Ciao". J'en ai été et reste très touché, sincèrement.
J'ouvrirai un nouvel espace, toujours chez Typepad le 17 août. Celui-ci restera ouvert en archives (pour les historiens, plus tard, on ne sait jamais)
Je vous donnerai ici l'adresse le moment venu.
Passez un bel été, n'abusez pas des Fête de Voisins en Folie, c'est contagieux.
Hervé R.
Il a beaucoup été question, ces jours-ci, ici comme sur beaucoup d'autres lieux d'échanges, de nos degrés d'addiction aux activités bloguesques. Du sens que chacun de nous y donne. De l'implication qu'il faut ou ne faut pas y mettre, du degré d'intimité qu'il conviendrait d'y injecter; de la gravité et de la légèreté, sinon de l'expression, du moins des contenus qu'on y aborde.
On voit ici ou là s'exprimer aussi les lassitudes, les doutes. En contrepoint s'élaborent des histoires d'affinités, voire d'amitiés, des projets qui naissent, dont on ne sait pas s'ils resisteraient - On, vous, ils, verront bien- ce qu'en dira le temps, à l'arrêt total des contributions de tels ou tels des membres de ce réseau que je ne me résoud pas à appeler "communauté". Etant entendu que c'est précisément parce que nous n'avons pas grand-chose en commun (si ce n'est souvent, je le concède, nos implications professionnelles dans des secteurs de la... "communication"), qu'il devient intéressant d'échanger. Ce que résume et mieux que je ne saurai le faire, la bannière d'Emery empruntée à Saint Exupéry.
J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer ici que le blog fut la meilleure chose qui m'arriva en 2004. Qu'elle m'a redonné l'envie de m'exprimer, qu'elle m'a habitué à une activité d'écriture quotidienne, qu'elle m'a permis de me délester de quelques rages, colères, tristesses, réflexions qui m'encombraient, que je n'aurais pas eu le loisir d'exprimer de la même façon en d'autres lieux ou circonstances. Constater que parfois je n'étais pas seul à penser ce que je pensais m'aura également rassuré!! Pas si barge, finalement, Resse...
Il y a toujours, et qui ne s'en souvient s'expose à de graves dangers, un revers à chaque médaille. Je reprenais ces jours derniers la formidable phrase d'un blogueur exprimant que "le blog est le crack de l'écrivain que je n'ai pas été". Pour moi il est trop tard. Mais je donne un message à Monsieur Caca, à Folie, à Vinvin. Vous avez le putain de talent. N'attendez pas d'être trop vieux pour vous en persuader. Le blog m'a permis d'exprimer mes délires à 3 balles sur un endroit secret, d'octobre à janvier, que je détruisis par la suite car il avait empli sa mission cathartique. Je renouvelai récemment cette méthode pour mettre à bonne distance de ma souffrance quotidienne, certains tourments qui me hantaient. Ils ont là aussi empli leur mission, que la séance bimensuelle de psy ne pouvait prendre en charge.
J'en viens à me dire que ce qui nous me séduisait dans cet exercice, étiat précisément CETTE MISE A DISTANCE SYMBOLIQUE, que ne permet sans doute pas le journal intime. Ecrire comme on jette une bouteille à la mer sans savoir qui la débouchera. Mais la jeter, loin, très loin. Et à ce titre, je rejoins Nico, pour ce qui me concerne le blog aura eu une vraie vertu thérapeutique.
Sur ce premier blog secret, et par les hasards des mises à jour, vint une lectrice des régions montagneuses, qui me laissa quelques commentaires. On en vint à échanger par mail des considérations, des remarques, puis des confidences. Pour se découvrir un tas de points communs, dans nos passés tortueux et parfois torturés. Cette amie que je n'ai jamais vue m'a probablement par sa sincérité, son empathie, la pertinence de ses réflexions, sauvé d'une noyade morale en un moment particulièrement inconfortable. J'ai aussi beaucoup échangé aussi, via ce blog-ci, avec une autre femme de la région Nord, qui m'apparait un être de première richesse, cultivée, intelligente, sensible, et d'une grande ouverture d'esprit. Je les cite parce que c'est assez étonnant, qu'à des centaines de kilomètres de distance, puisse s'établir ce type de lien. Nous vivons une époque étonnante où il devient plus simple d'échanger par email avec un(e) inconnu(e) qu'avec certains amis de vingt ans.
Sur son blog, la petite Rounette nous a fait ses adieux. Et je trouvai touchant qu'elle citât quelques uns des individus dont elle avait fait la rencontre virtuelle, pour dire qu'ils avaient chacun à sa manière, compté pour elle. Je fus non pas flatté, mais ému qu'elle me mît dans le nombre.
J'ai "aussi" fait des rencontres via le blog. Je ne citerai pas les noms, ça ferait un peu cirage de pompes. Des gens sympas, d'une grande vivacité d'esprit. D'une sincérité, d'une chaleur humaine assez rares. Je n'y vois pas qu'un hasard. C'est précisément parce qu'ils ont ce mélange de curiosité et d'attention à l'Autre qu'ils sont venus ici. Cyrille Vinvin fut le tout premier à me contacter en privé, pour me proposer, à pas feutrés, des conseils pertinents sur mon blog pro. Il s'y risquait avec prudence, délicatesse, humilité. Depuis on s'est vus quelques fois, et ce fut toujours avec le plus grand plaisir. D'autres sont venus, qui se reconnaitront, et que j'embrasse, parce que ce sont tous des gens vachement bien, et qui m'ont aidé à relativiser un peu ma misanthropie.
Avec d'autres gens "de loin" je suis venu à la lecture quotidienne de délires qui pour moi sont devenus - comme pour vous- un indispensable rituel.
dix à quinze fois par jour je suis revenu sur ce blog-là qui m'attirait comme un aimant, même quand il ne s'y disait rien.
Voilà. Je n'ai plus rien à dire. Ce qui suit n'est pas un SOS, une plainte, c'est juste donner un peu de sens à ma décision puisque vous avez eu la bonté de venir me lire:
Je me sens vide. Et vidé. Epuisé moralement. Tout ce que je voudrais exprimer ne peut l'être ici, ou ailleurs. J'ai d'autres combats à mener, contre moi, contre mon passé, mon présent, mon avenir. A régler le conflit entre celui que je suis, et celui que j'aurais pu être (voulu? pas osé?) On en dira pas plus.
J'avais dit que j'arrêterais le 17 juin. Je le fais avec pile un mois d'avance. Peut-être que je reviendrai en septembre, avec d'autres forces, d'autres énergies, une envie décuplée. En attendant je continue à vous lire.
Et je vous embrasse, "toutes et tous", ma petite clique de lecteurs à moi, de Paris, des coins de France ou du Québec, d'où que vous bloguiez.
Dans mon bureau trône ce grand portrait de Sitting Bull, chef Sioux, en combattant.
Et un autre de lui avec Buffalo Bill, prise à la fin de sa vie, lorsque le g
uerrier vaincu en était réduit à faire des tournées en Europe dans une sorte de cirque qui exhibait ces sauvages à peau rouge. Il mourrait pourtant assassiné à son retour aux US, par la police, quelques jours avant le massacre de Wounded Knee.
J'ai aussi un portrait de Chief Joseph et du "vrai" Little Big Man.
De toutes ces photos sépias se dégage l'étonnante sérénité des perdants magnifiques, port de tête fier malgré l'humiliation. Pourquoi vous dire ceci? Pour rien, comme ça. Sans doute que j'aime les perdants magnifiques?
Lu sur un blog, cette phrase de présentation "de nos missions":
Nous adressons les problématiques clients afin d'implémenter des dispositifs transversaux opérants et structurants et les aidons ainsi à développer leurs potentiels de valeur ajoutée.
Effectivement, dit comme ça c'est plus clair.
J'ai oublié que quand j'avais 20 ans, tabasco, worcester sauce, tomato juice, vodka, un trait de citron, mes amis m'appelaient le "prince du Bloody Mary".
J'ai oublié avoir un jour acheté un album de Cheap Trick, et que j'ai pu être fan de Big Country (avatar rock héroique genre sous U2 surproduit par Steeve Lillywhite).
J'ai oublié m'être fait courser 3 fois par des skin heads. A l'époque je devais courir vite... M'ont jamais attrapé.
J'ai oublié qu'enfant j'étais supporter de l'OM.
J'ai oublié avoir un jour eu l'idée d'adhérer au Parti Socialiste.
J'ai oublié avoir manifesté aux côtés du MLF pour le remboursement de l'IVG.
J'ai oublié le nom du Père Supérieur de mon école de Jésuites, qui d'urgence et pour une affaire gravissime avait convoqué ma mère le 5 février 1968, pour lui apprendre en fait que j'avais écrit "les couilles à Gaston sont pendues au plafond" pendant le cours de catéchisme...
J'ai oublié les paroles de l'acte de contrition.
J'ai oublié les 40 pages du petit livret boudhiste qu'adolescent je savais réciter par coeur 8 fois par jour sans en comprendre un mot.
J'ai oublié jusqu'au visage de cette fille rencontrée le 14 juillet 1972 qui parut si décue d'apprendre que je n'avais que quatorze ans...
J'ai oublié que Renaud fut un temps mon chanteur préféré.
J'ai oublié mes anciens numéros de téléphone.
J'ai oublié la recette des escalopines de dinde au roquefort qu'ont longtemps subie mes amis.
J'ai oublié le visage des amis qui m'ont abandonné en route.
J'ai presque tout oublié des filles dont je suis tombé amoureux et qui n'ont pas voulu de moi.
J'ai oublié les fêtes infernales lorsqu'on croit qu'on a largement le temps devant soi.
J'ai oublié en route la légereté, l'insouciance, le parfum de la lavande sur les coteaux du Diois, et le gout acide des raisins qu'on cueille avant l'heure au mois de juillet.
"Je suis un nègre blanc qui mange du cirage, parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre."
Encore et toujours Léo. Depuis quelques temps que j'ai décidé d'utiliser cet espace ci pour mettre un peu à jour mon côté obscur, je me rends compte de l'impact profond, incontrolable, et sans doute définitivement vénéneux, négatif, déconstructif, de ses mots sur mon regard de myope.
Cessant de commenter comme je le faisais, une sorte de carapace, ce qu'on convient d'appeler l'actualité, qui n'est que la lente et longue litanie de nos quotidiens d'européeens surnourris et précomateux, de cons-o-mateurs appliqués et dociles, j'ai essayé de parler ici avec plus de sincérité. La meilleure et la pire des qualités. Qui vous met l'âme à nu et vous dépouille de toute défense. Or on ne saurait exister, ici ou là, sans se construire d'abord un personnage, bardé de remparts. La sincérité fait peur. Met mal à l'aise. Déconcerte. Elle passe pour exhibition, traine derrière elle une forte suspicion de narcissisme. On ne nous apprécie jamais autant que révétus de nos armures, de nos heaumes, de nos identités sociales, de nos convenances et de nos certitudes et de nos opinions.
En attendant ce 17 juin, Saint Hervé, où je fermerai définitivement la boutique, où je ferai un break de quelques semaines avant de décider si oui ou non je repars pour une deuxième saison, je vous fais cette confidence: j'étais hier dans un colloque où venaient causer quelques personnalités devant un parterre d'individus par ailleurs déjà convaincus. Sous les plafonds richement décorés, suivait un de ces cocktails où l'on s'empiffre comme pour récupérer en nature un peu de sa feuille d'impôts. Je voyais devant moi les courbettes que s'échangeaient personnalités et zélés z'élus, ces sourires formatés, ces dialogues courtois où se devinaient sans mal, les ambitions, les promesses de renvois d'ascenseurs, les croches pattes à venir et les couteaux cachés.
Et je me disais que même si je voulais, jamais je ne pourrais faire partie de ce cirque des convenances, que ma conscience d'imbécile incapable de travailler sérieusement "ma carrière", m'interdisait d'aller m'y compromettre, dussè-je le payer cher de frustration et d'amertume, de n'être pas reconnu, à ma juste valeur, pour autant que j'en eus jamais une, mais il n'est pas non plus interdit de rêver, n'est-ce-pas?
Alors quitte à me sentir seul, aussi à ma place que Benoit XVI inaugurant la Foire de Paris, j'ai bu mon jus de pamplemousse avec une allumée du même acabit, et on a ri à imaginer qu'on lançait la mode des godemichés tricolores, bon marketing pour promouvoir la raie publique. C'était de très mauvais goût, mais guère plus que la pantomime à laquelle les gens responsables et sérieux participaient devant moi. On ne m'y reprendra pas.
Léo. Encore celle ci: Dans le cocktail molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!
Cette journée fut une des pires de ma hyéne d'existence, depuis mon dernier controle fiscal. J'en ai jamais eu. Et alors?
Je sais que des vrais gens du blog vivent en ce moment des enfers véritables. La saloperie de vie qui les rattrape. Leur mord la nuque et pour de vrai. Je pense à eux comme jamais. C'est que la blogosphère me rend certain humain plus respirable. Je palpe avec eux du concret. Des gens très loin, très vraisemblables, que je saisis bien et fort, la réalité de leurs mots, qui me semblent plus proches que tant de connards des sphères réelles et quotidiennes où je vais m'écraser. C, et F, Je voudrais vous embrasser.
N'importe.
Me voici pourtant comme une lopette overdosée sous ses propres états d'âme, ruines morales, doutes et tortures mentales, pleurnicheries de quasi quinqua mal dans sap, doutes à balcent, et tout ce qu'il vaut mieux passer sous silence puisqu'on n'est pas là pour tout dire, non plus. Et ce soir, entre paddy et somnif's, aller chez elle, chez lui, chez l'autre, vrais humains dans leurs combats douteux splendides ou flamboyants. Me dire que bon, tout ça, mes pauvres traumas... et pourtant je vous jure. Linénnarrable intensité que peut vous donner soudain, le sentiment de la VRAIE absence, du VRAI silence, du VRAI manque. Rien n'existe dans l'absolu, tout dans le relatif. Mais je ne vis rien dans le relatif, et ressens tout comme un absolu.
C'est là que ça merde.
Et ça ne va pas s'arranger.
Rien ne se compare à rien, c'est ça qui est chic; très con aussi.
Si vous ne comprenez rien à ce qui précède c'est sans doute normal. On a pas absorbé les mêmes machins avant de venir. voilà pourquoi.
Et je m'en vais rotir du côté pile. en attendant demain.
Dans la chanson populaire américaine des années 35 à 50, furent écrites des dizaines de perles inestimables. Des chansons admirablement ciselées, d'amour souvent, aux mélodies imparables, ouvrant les portes de toutes les interprétations, lectures, adaptations possibles. Ce que les jazzmen ont appelé "standards".
L'époque annonçait quelques compositeurs invraissemblables, Duke Ellington, Georges et Ira Gershwin, Cole Porter, Harold Arlen, le duo Rogers and Heart, Irving Berlin... Tous ceux que s'appliquent aujourd'hui à reprendre, à l'heure du virage crooner, les vieux renards comme Bryan Ferry ou Rod Stewart, et aux créations desquelles la jeune garde du nouveau jazz vocal se fait les dents.
Avant eux, toutes les grandes voix ont interprété ces chefs d'oeuvre, Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Hellen Merrill, Sarah Vaughan, Peggy Lee, Mildred Bailey, Sinatra, Bing Crosby...
Je n'ai aucunement l'intention de passer en ce domaine pour un spécialiste. Mais je vous jure qu'écouter ces chansons vous ouvriraient à mille émotions nouvelles, une redécouverte de ce que le romantisme musical a produit de meilleur.
Lover come back to me par Billie Holiday ou Mildred Bailey
Easy Living, Body and Soul, The man I love, par Billie
Stormy Weather, Over the Rainbow, My funny Valentine, Let's fall in love, par Ella Fitzgerald.
Where or when par Peggy Lee.
Night and Day par Sinatra.
My funny Valentine par Chet Baker (chantant).
C'est un beau temps pour lire ou relire Lao Tseu. Le Tao Tö King est une source inépuisable d'apaisement, quoique mettre en oeuvre sa discipline soit une autre paire de manches.
On apprend pas si facilement, quand on est "moi", les vertus et principes du détachement. Savoir lacher prise, je sais l'avoir déjà évoqué ici, constitue j'en suis de plus en plus convaincu, sinon la voie du bonheur, du moins le meilleur garde fous contre les ravages du tourbillon intérieur.
Ainsi est il nécessaire d'y revenir, d'y puiser le temps d'un regard une de ces maximes déconcertantes souvent fondées sur le sens aigu du paradoxe.
"Pas de plus grande erreur que d'approuver ses désirs
Pas de plus grand malheur que d'être insatiable,
pas de pire fléau que l'esprit de convoitise,
qui sait se borner
aura toujours assez"
Tout à fait moi. Hummm.
La nostalgie est un regret des temps passés qui quoi qu'on fasse ne reviendront pas. Autant dire que le sentiment n'enrichit guère celui qui s'y adonne avec trop d'application, tournant assez vite à l'évocation confite des jours bénis "où nous étions heureux".
La mélancolie est d'une autre nature. Elle est ce discret bonheur d'être triste.
LA MELANCOLIE
C'est un' rue barrée
C'est c'qu'on peut pas dire
C'est dix ans d'purée
Dans un souvenir
C'est ce qu'on voudrait
Sans devoir choisir
LA MELANCOLIE
C'est un chat perdu
Qu'on croit retrouvé
C'est un chien de plus
Dans le mond' qu'on sait
C'est un nom de rue
Où l'on va jamais
LA MELANCOLIE
C'est se r'trouver seul
Plac' de l'Opéra
Quand le flic t'engueule
Et qu'il ne sait pas
Que tu le dégueules
En rentrant chez toi
C'est décontracté
Ouvrir la télé
Et r'garder distrait
Un Zitron' pressé
T'parler du tiercé
Que tu n'a pas joué
LA MELANCOLIE
LA MELANCOLIE
C'est voir un mendiant
Chez l'conseil fiscal
C'est voir deux amants
Qui lis'nt le journal
C'est voir sa maman
Chaqu' fois qu'on s'voit mal
LA MELANCOLIE
C'est revoir Garbo
Dans la rein' Christine
C'est revoir Charlot
A l'âge de Chaplin
C'est Victor Hugo
Et Léopoldine
LA MELANCOLIE
C'est sous la teinture
Avoir les ch'veux blancs
Et sous la parure
Fair' la part des ans
C'est sous la blessure
Voir passer le temps
C'est un chimpanzé
Au zoo d'Anvers
Qui meurt à moitié
Qui meurt à l'envers
Qui donn'rait ses pieds
Pour un revolver
LA MELANCOLIE
LA MELANCOLIE
C'est les yeux des chiens
Quand il pleut des os
C'est les bras du Bien
Quand le Mal est beau
C'est quelquefois rien
C'est quelquefois trop
LA MELANCOLIE
C'est voir dans la pluie
Le sourir' du vent
Et dans l'éclaircie
La gueul' du printemps
C'est dans les soucis
Voir qu'la fleur des champs
LA MELANCOLIE
C'est regarder l'eau
D'un dernier regard
Et faire la peau
Au divin hasard
Et rentrer penaud
Et rentrer peinard
C'est avoir le noir
Sans savoir très bien
Ce qu'il faudrait voir
Entre loup et chien
C'est un DESESPOIR
QU'A PAS LES MOYENS
LA MELANCOLIE
LA MELANCOLIE
Léo F.
Avez-vous un ami qui sache lire en vous comme dans un livre? Gardez le comme un cadeau inestimable.
J'ai cette chance rare d'en avoir deux à mes côtés.
L'un m'écoute, me donne conseil, affectueusement cherche à me mettre à l'abri. Il sait comme je peux me détruire moralement. Il a sur moi le privilège de l'âge et son expérience m'est souvent précieuse.
L'autre me devine. Sans rien savoir, décrit tout de mon attitude, craintes, faiblesse, anxiété, et pointe les dangers qu'elles génèrent. S'il est mon cadet de quelques années, sa sagesse est bien plus grande que la mienne, ce que je vis sans aucune amertume. J'accepte au contraire comme un bienfait ses conclusions, un regard, un sens psychologique juste et précis.
L'un et l'autre m'invitent en somme à plus de légèreté. A contrôler en moi cette gravité, ce trop plein toujours prêt à déborder, qui peut sans mal devenir lourdeur excessive.
Plus tard, je déjeune avec un troisième homme. Autre "sage". Un garçon posé, calme. J'apprendrai le soir venu, à travers son dernier post, que Christophe G. se ressource dans les airs. Légèreté, encore.
Je verrai mieux qu'un hasard à cette confidence bloguesque: un sens profond à méditer, capter un savoir être auquel je n'ai pas été entrainé.
Bon, tout de même. De là à fredonner cette scie épouvantable, qu'"il est libre max, y en a même qui disent qu'ils l'ont vu voler"?... y a tout de même une marge, non? N'y comptez pas.
Je pensais à mon prochain blog (pour la saison prochaine, voir post précédent), et j'avais dans l'idée de l'appeler "ADDICT A TOUT... MAIS JE ME SOIGNE".
Le Nouvel Obs sort un numéro spécial sur les nouvelles addictions, sexe, drogue, internet, jeux de la mort (pratiques ordaliques) anorexie, boulimie, achats compulsifs, et tutti quanti.
Vendredi, Jacques Pradel recevait à Europe 1 un toubib spécialisé, et j'ai envoyé mon témoignage, qui a été cité à l'antenne, de "multi addict". S'ils m'avaient pris en direct, j'aurais évidemment parlé (entre autres) de la blogaddiction, qui fait par exemple que depuis trois heures que je suis devant mon PC, je suis allé consulté 25 fois mon Outlook, et que je suis allé au moins dix fois sur les deux mêmes blogs où je sais très bien qu'il n'y aura rien de nouveau.
L'addiction à mes yeux, c'est de la passion qui ne se fixe plus de limite. De l'attrait ou de l'attirance qui sort du raisonnable pour flirter avec l'excès. C'est une quête d'intensité dans un monde qui en manque tant. Un de mes amis qui regarde ce phénomène du blog avec distance et circonspection, est frappé par le narcissisme et le nombrilisme qui se dégage de la majorité des contributions.
Voici mon hypothèse: dans un monde hypra technologisé et déshumanisé, où la parole est formatée, calibrée, encadrée, c'est paradoxalement par des technologies que nous retrouvons l'espace d'une connection, l'illusion d'une parole authentique et libre. J'ai reçu des mails ou sms qui m'ont submergé plus que ne l'auraient fait des lettres d'amour. Mais tout cela demeure virtuel, et quand le réel reprend ses droits, les masques de la comédie humaine triomphent de nouveau.
Voilà un des ressorts de l'addiction. Si l'Autre ne vient pas me parler "en face", peut-être qu'il m'écrira?
Le blog, en somme, comme reflet de l'incommunicabilité fondamentale entre les êtres.
Dans une note récente, je faisais l'éloge des larmes. Bettina me laisse ici un message narrant les siennes au final de Million Dollar Baby.
Dans le dernier numéro des Inrocks, Michel Houellebecq (dont je suis fan, et je vous prie, ne venez pas me chercher là-dessus, hein) sort d'un silence de trois années et suggère "qu'on ne pleure plus assez, aujourd'hui, alors que c'est bon pour la santé".
Sur le site Evene.fr, à la rubrique Citations du Monde, on trouvera bien d'autres jolies citations sur ce sujet, comme sur tant d'autres...
Les citations sont des béquilles de l'âme, elles aident la pensée à se sentir moins seule...
Vous avez vu depuis un mois? J'ai changé mon accroche actu-médias, j'en mange et j'en laisse, maintenant j'en laisse, et putain que ça fait du bien, vu le monde qui sous mes yeux se fabrique chaque matin.
Depuis un mois, je fais diète. Je limite ma consommation au strict nécessaire, juste histoire de pas passer pour un gonzo dans les rares conversations où l'on daigne encore m'inviter. Savoir que Ratzinger n'est pas devenu danseuse nue au Lido, qu'Oussama Ben Laden a pas racheté en sous mains Time Warner ou Sony Inc, ce genre de truc. Pour le reste, que Jospin pêche à la ligne ou à l'affection des militants socialistes orphelins, ne parvient pas, je sais pas vous, à m'arracher la moindre once d'intérêt.
Le Oui ou le Non va-t-il l'emporter? Plus le délai se rapproche, plus j'en sais rien, et plus, pour dire le vrai, ça m'indiffère. On a réussi à nous fourrer dans le crâne qu'il y avait un enjeu, je me demande vraiment si c'est le cas. Si tout cela n'est pas au fond déjà ficelé depuis des lustres. Agitez la tête, nous ferons le reste.
Depuis un mois, j'écoute de l'acid jazz, des chanteuses sublimes, des chansons du song book des années 40 (Cole Porter, Rogers & Hart, Harold Arlen, ce genre) Je vais je pense faire une note sur ces chansons sublimes des années 40. La bande son d'un printemps que je voudrais hors du temps.
Et puis le Springsteen et du Dylan. Eux seuls traduisent mon état d'esprit, rage intérieure, désir de vie, angoisse profonde, douleur des années, crainte du présent, de l'avenir, du sens à donner aux mots.
Depuis un mois, je travaille à la création d'une nouvelle entreprise dans le domaine de la communication. Je veux sortir de mon statut à la con de travailleur indépendant enfermé dans son bureau face à ses blogs, ses interrogations, son téléphone plus ou moins muet, les déjeuners avec d'autres indépendants qui n'ont qu'une bonne nouvelle à m'apporter, ils sont autant dans l'incertain que j'y suis moi-même, et donc ça ne viendrait pas de moi (ou que de moi). Le projet avance, et ceux que ça intéresse peuvent me contacter pour en savoir plus.
Depuis un mois, des personnes vraiment intéressantes à titre professionnel (personnel aussi, très probablement) se manifestent à mon endroit au moment même où je désesperais de cette inaptitude des français à mettre véritablement en oeuvre les dynamiques de réseaux dont on nous rebat par ailleurs les oreilles. Peut-être saurai je mieux les animer dans le cadre de ce projet. C'est quand on cesse de vouloir agir sur les choses qu'elles agissent vers vous. Je remarque souvent cela.
Depuis un mois j'ai relu tous les articles écrits pour ce blog depuis 9 mois, pour en sélectionner une vingtaine, dans le cadre du projet porté par Nico. Occasion de revoir ses faiblesses, ses limites. Ses qualités aussi, pourquoi pas.
Le Festival de Cannes commence et pour une fois, ça ne m'énerve pas, je m'en tape juste à un point que vous n'imaginez pas.
Etrange printemps électronique.
Il y a les amis intimes. Ceux auxquels toute votre vie semble, au bout d'un temps plus ou moins long, indissolublement liée. Vous voyez grandir leurs enfants, vous partez avec eux en vacances, il ne se passe pas trois jours sans coup de fil ou email. Ce qu'on appelle le premier cercle.
La vie, les hasards, la chance, la volonté, le désir, les combats, le boulot, le blog peut-être, nous fabriquent de même d'autres cercles, plus ou moins rapprochés, plus ou moins concentriques, d'amis, relations, camarades, complices, frangins inventés, copains de la neuille, collègues sympas, ceci, cela.
J'en ai un que je ne sais pas classer. Inutile d'ailleurs de le mettre dans une case, dans une cage, son côté insaisissable suffirait à le rendre attachant. Déconcertant parfois.
Ma première émission de radio libre, il y a vingt trois ans, c'est chez lui que je la fis. On parla de l'histoire des Beatles. Je causais dans le poste! à l'autre bout des gens nous écoutaient! c'était le début des Radios Libres. L'euphorie d'un nouveau média... suivez mon regard.
Cette première expérience me mit le pied dans un étrier, qui décida en somme de la vie qui deviendrait mienne par la suite. "A la radio", je croisais ce bonhomme un peu plus âgé que moi, qui était et reste un des plus fins interviewers du monde de la chanson française. Il possède en effet une capacité rare d'empathie avec l'artiste, qu'il ne compromet jamais ni dans le copinage obséquieux ni dans le désir de lustrer les godasses. Ainsi permet-il à l'auditeur, c'est le talent des sensibilités attentives, d'accéder à la profondeur de l'artiste, à son intime créatif. Esprit de finesse qui naturellement ne lui a pas permis de faire la carrière qu'il aurait peut-être pu espérer, dans un univers médiatique régi par plus d'exigence de qualité. Peut-être aussi en va-t-il de sa faute. Sensible. Pudique. Insuffisamment rompu aux ruses et mesquineries du système, probablement. Un qui rêve de trouver sa place, plutôt que lorgner celle des autres...
Lui et moi partageons ce même amour pour Léo F, la même vibration pour son oeuvre, ses mots, certaines phrases sublimes comme des cris d'amants blessés. Sauf que lui l'a rencontré, moi pas. Chaque fois que je le vois, lorsque nous travaillons ensemble à certaines actions pédagogiques autour de la chanson française, je ressens toujours cette même joie discrète, croiser ce type qui n'est pas moi, ne me ressemble pas, mais auquel me lie cette proximité d'émotions, cette aptitude sans doute exagérée aux déchirements intérieurs, aux doutes rongeurs, à la coupable procrastination dans un monde de loups qui n'admet que les tueurs bondissants.
Ce volcan contenu d'émotion a trouvé un nouveau sens à sa vie dans la peinture.
Il vient me lire parfois. Je voulais juste lui dire que même si nous n'avons jamais fait ensemble des bringues phénoménales, des échappées dantesques dans des cols où je ne mettrais même pas un orteil, il est depuis plus de vingt ans une présence indispensable à ma vie.
Comme l'a écrit son copain Kent. "Juste quelqu'un de bien".
Après un dialogue au sommet avec moi-même, quelques échanges avec d'autres blogueurs, j'ai pris ma décision cette nuit vers 3 heures. Quand la ville dort. (clin d'oeil vers ceux qui me connaissent depuis 1982)
J'arrête ce blog au 17 juin. C'est à dire le jour de la Saint Hervé. J'aurai donc fait une saison complète. Et comme me le souligne Nico, un blog, ça vieillit vite. Si on veut ne pas tourner en rond, se copier soi-même, radoter, ce qui devient mon inquiétude première, il faut maîtriser vraiment sa ligne éditoriale. A moins d'avoir une vie intérieure telle que son exposition permanente suffise à en nourrir l'intérêt, ce qui n'est pas nécessairement mon cas.
Mais le plaisir demeure. Celui d'écrire sur ce support. De voir des gens venir me lire. Me laisser des messages publics ou privés. La vraie découverte aura été celle-là, un véritable cadeau du ciel, vraiment.
C'est pourquoi je pense que je recommencerai via une adresse voisine, un nouveau blog, autour du 15 Août. Je vais dès à présent réfléchir à cette "deuxième saison".
D'ici là, revenez, hein. Y aura encore deux trois trucs à lire, j'espère...
Cookie fait partie des personnes que je ne connais pas autrement que par l'étonnante magie de la blogosphère. Nous vivons à des centaines de kilomètres de distance. Sans détailler ici les circonstances bloguesques qui ont initié notre dialogue, je me bornerai à constater que la distance n'est pas ennemie de la proximité, et de l'authenticité. Ce qui est en soi je trouve, une indication réconfortante.
Tout ça pour dire que c'est toi, Cookie, qui a laissé hier, ici, le 1500ème post depuis que ce blog existe. Merci pour ça et pour tout le reste.
Le mot "Bizarre" est-il un mot bizarre?
Est-ce que l'innocence, lie nos sens?
Si choisir c'est renoncer, renoncer, c'est quoi?
Faut-il toujours tenter d'interpréter, de donner du sens, à ce qui échappe à notre propre raison ou notre rationnalité?
Qu'y a t il de si difficile pour que je n'aie jamais su jouer correctement de la guitare?
Pourquoi Laurel et Hardy sont ils morts pauvres?
Quand Saint-Exupéry écrit que "l'essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu'avec le coeur", ce que je voudrais bien croire, est ce qu'il ne se foutrait pas, quand même, un petit peu de ma gueule?
Ou alors y croyait-il vraiment?
Pendant que Cyrille invente le blog matriochka, et observe la gloutonnerie de son blogagotchi, qu'il doit nourrir chaque jour et qui lui prend la tête, je constate avec une acuité croissante que ce superbe espace de liberté auquel nous nous adonnons peut aussi devenir notre prison.
Je m'explique. Il y a un "sujet" qui me tient à coeur. Pour tout dire, qui me bouffe de l'intérieur. Dont je ne peux absolument pas parler ici. Ici? Parce qu'ici dorénavant est devenu un lieu public, ouvert à tous vents, où peut venir tout lecteur qui le souhaite, et où, par conséquent, la sphère intime ne peut sans risque se retrouvée exposée. Vous me direz que je n'ai qu'à parler d'autre chose! C'est ce que je fais. Ou ce que j'essaye de faire. Sauf que, et voilà où je veux en venir, la pratique régulière du blog est addictive et pousse (en tous cas me pousse) à rechercher une relative sincérité, authenticité de l'expression, sinon je n'y vois guère l'intérêt. Là réside alors la contradiction.
Désirer parler précisément de ce qu'il n'est pas possible d'exprimer. Ou alors, faudrait faire un autre blog, anonyme celui-là, où pourrait s'écrire (car c'est bien de cela qu'il est question, écrire.) ce qui ne peut pas l'être dans la sphère officielle qu'est devenu ce blog-ci J'en connais qui s'y sont essayés pour se purger des pensées destructrices qui les envahissaient. Mais vous voyez la complication.
Ainsi s'observe que ce qui participe de notre quête de liberté devient en même temps un élément de notre aliénation.
Sur ces bonnes paroles, je retourne au poids qui me tourmente. Veuillez accorder votre indulgence à cet a parté quelque peu impudique, que je voulais tout de même soumettre à votre interrogation.
Un nouveau blog, un nouveau talent, s'exerce dans l'ombre depuis quelques semaines. Il nous observait, il nous a lus avec attention, désormais nous allons devoir compter avec son regard acéré sur le monde et l'actualité économique, qu'il nourrit d'un humour pince sans rire qui je le sais vous ravira.
Ca s'appelle A l'abri du Succès, c'est le blog de Pierre-Michel. Allez y de ma part, vous serez bien reçus!
Rien à dire. Commenter le monde? Les sentiments? Les doutes? Les inquiétudes? Les petits bonheurs? les rencontres lumineuses? Le mail touchant d'un ami? La blague éculée reçue pour la dixième fois en un mois? Ce qui n'en finit pas de se faire attendre? Je ne sais rien dire aujourd'hui. Alors tiens, la parole à Boris, pour ce que je considère comme un des plus merveilleux poèmes du 20 ème siècle, et l'entendre dit par Pierre Brasseur, est je vous l'assure, un moment de forte intensité. Bonne lecture et à bientôt.
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
Boris Vian
Ma fille a bientôt 16 ans. Elle est tellement pour moi. Je n'hésite pas de temps en temps à le lui dire, sans pour autant lui prendre le chou avec ça, du moins j'espère. Mais ayant eu moi-même un père totalement muet quant à l'expression de ses sentiments, je crois qu'il est important, tant que nous sommes en vie, de dire à nos enfants que nous les aimons. Au moins, au soir venu de leur existence, voilà un doute que nous leur auront épargné, s'ils veulent bien l'avoir entendu...
Ma fille est tombée dans le rock il y a deux ans. J'aurais du mal à le lui reprocher. Grâce à elle, je ne vieillis pas trop vite, et il m'arrive à présent de frapper à sa porte pour lui demander d'un air ironique qui ne trompe personne, "tiens pour une fois c'est pas trop de la daube, ce que tu écoutes. C'est quoi?". Ma fille a un peu le même humour que moi. Ainsi je peux écouter Franz Ferdinand, Les Vines, Muse, Marylin Manson, sans avoir à jouer le vieux qui veut rester jeune.
De mon côté, j'essaie de lui indiquer les racines du truc. Comme elle n'est pas hyper démonstrative, je ne sais trop ce qu'elle pense au fond de ma passion toujours grandissante pour Dylan, de mon culte Springsteenien. Elle se marre quand elle me voit jouer de "la guitare imaginaire" sur des solos d'apocalypse qui ont encore le don de me mettre en transe, à bientôt 50 balais. Tant que ça ne remet pas en cause l'autorité dont je dois encore parfois faire preuve (éducation oblige), je n'hésiterai pas à me prendre le temps de quelques riffs pour Alvin Lee, Pete Townshend ou Keith Richards. Après tout, on a le père qu'on a, hein.
Ma fille a son blog. Je l'ai mis en lien. Evidemment, je vois flotter autour d'elle et ses copines plus de garçons qu'il y a deux ans. Tout ceci se passe en douceur, et pour le moment je n'ai pas à ce sujet trop d'inquiétude. Et quand bien même, d'ailleurs. Ca changerait quoi.
Ma fille et moi, on aime bien les Ramones. J'avais son âge quand sortit le premier album, ou à peu près. Elle connait par coeur les paroles débiles de Happy Family, et il nous arrive de chanter en coeur.
Sittin' here in Queens, Eating refried beans,
We're in all the magazines, Gulpin'down thorazines
We ain't got no friends, Our trouble never ends
NO Christmas cards to send, Daddy likes men
Et ça nous fait toujours marrer.
Quelques 1400 contributions à mes 405 notes, combien de mots affectueux, gentils, rigolos, encourageants, et de réflexions enrichissantes. Le blog c'est aussi, et c'est surtout ça. Je n'ai pas reçu 10 réflexions désagréables, je crois.
C'est à leurs auteurs que ce post-là est dédié.
A celui qui m'écrit: t'es qui connard pour critiquer Supertramp? Un connard, évidemment, cette question. D'ailleurs, la réponse est toujours contenue dans la question. Surtout quand elle est exprimée avec tant d'acuité. Alors, pourquoi la poser?
A cette défenseur des Chiennes de Garde qui par ailleurs souligne qu'elle ne veut pas lire "mes contenus" parce que mes liens séparent les blogs des hommes et ceux des femmes. Je voudrais bien lui expliquer que la sensibilité des femmes que j'apprécie n'est pas de même nature que celles des hommes que j'apprécie. Que les poèmes de Chris ne pourraient en aucun cas être signés Emery. Que la sensibilité de Christophe n'est pas celle de Chloe. Que l'humour ravageur de Folie et celui de Monsieur Caca sont précisément riches et foisonnants du fait qu'ils sont de leur sexe. Mais je crains qu'elle soit dans une telle confusion intellectuelle,rétrécie par l'air du temps qui confond tout, égalité et identité, ségrégation et valorisation des richesses humaines, que je pense que c'est perdu d'avance. Donc, je continuerai à aller lire Folie parce que seule une femme peut écrire ce qu'elle écrit comme elle l'écrit. Et que c'est cette différence, cette disparité pour reprendre le mot de Lacan, qui m'enchante.
Je souligne par ailleurs, évidemment qu'il n'y a aucune parité totale dans mes liens entre keums et meufs. Que je ne suis pas un comptable vétilleux, mais quelqu'un qui fonctionne au coup de coeur.
A cet homme qui m'avait critiqué pour mes positions acerbes en direction de Dieudonné. Nous avons continué nos échanges par emails, et nous avons fini par comprendre nos points de vue respectifs. En avons-nous pour autant changé? Je ne sais. Mais au moins sommes nous parvenus à nous "écouter".
A cet autre qui taxe "d'obtus" mes points de vue sur la Corse, et me dit que tel crime raciste perpétré "sur l'ile de beauté" a finalement été classé crime de droit commun, je réponds que cela ne signifie en rien qu'il ne s'agissait pas "quand même" d'un crime raciste. Mais j'ai souvent l'impression que les critères d'évaluation changent avec la traversée de la méditerrannée.
Beaucoup plus grave pour terminer. Il y a quelques mois, j'exprimais dans une note mon envie de lire, de lire aussi des choses dérangeantes, voire intolérables, car je suis contre toute forme de limitation de la liberté d'expression. Et je citais comme exemple "ultime" les 3 ouvrages les plus antisémites de Céline, Les Beaux draps, Bagatelle pour un massacre et l'Ecole des Cadavres, qui ne sont pas interdits, mais que nul ne prendrait le risque d'éditer, et qui ne sont donc trouvables qu'au format pdf, sur des sites souvent peu fréquentables par ailleurs, dont l'un a d'ailleurs été récemment interdit. J'ai eu la désagréable surprise de lire cette note sur un site où mon nom se retrouve en somme accolé à cette affaire, avec laquelle je n'ai évidemment rien à voir, ni de près ni de loin. Je ne faisais du reste aucun lien ou publicité en direction de ce site-là, dont j'ignorais même l'existence.
Cette promiscuité peut laisser entendre implicitement que je serais un possible sympathisant des thèses négationnistes. Je regrette qu'avant de copier coller cet extrait, l'auteur du site n'ait pas cherché à me contacter pour en discuter, ne m'ait pas demandé l'autorisation de la reproduction du texte, et n'ait pas cherché à en savoir plus sur le sens que je lui donnais. Et par ailleurs, il n'y a aucun moyen d'entrer en contact avec cet auteur.
Je précise donc ici mon point de vue. Avec quelques intellectuels certes minoritaires, dont je cite ici 3 noms: Noam Chomsky, plus grand linguiste vivant. Raoul Vaneghem (inspirateur avec Guy Debord du situationnisme), Robert Ménard (président de Reporters sans frontières)
je partage la conviction, certes discutable, que TOUT doit pouvoir etre DIT, et PUBLIE, y compris le les plus innommable. Pour moi la liberté d'expression ne se discute pas, ne se limite pas, ne se négocie pas. Je cite de nouveau Voltaire: "je suis contre ce que vous exprimez, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire". Exemple: le journal de Paul Morand, récemment publié, est truffé de petits propos antisémites, sexistes, homophobes. Il n'empêche que du point de vue littéraire, c'est aussi, et surtout, l'occasion de lire un écrivain doté d'une plume époustouflante (de mon point de vue).
Par ailleurs, laisser le pire s'exprimer, est à mes yeux le meilleur moyen de laisser l'auteur se discréditer. Alors que brider son expression en fait une potentielle victime, et risque d'entretenir à son endroit un possible courant de sympathie. Hypothèse avec laquelle on peut naturellement ne pas être d'accord.
Mais en déduire que cela implique une quelquonque "empathie", avec les thèses en question, relève d'un amalgame contre lequel je m'élève. Quiquonque me connait un peu, sait bien sûr que ni de près, ni de loin, je ne partage quoi que ce soit avec ces individus.
Mais que je continue à être "interpellé" par l'écrivain Céline, jusque dans ses pires outrances.
J'ai un tempérament de midinette dans un corps de camionneur. Ca pose des problèmes. Notamment face aux fictions. La larme facile, je vous dis. Je tiens le coup devant les feux de l'amour, quand même. Mais certains épisodes de Friends ont réussi à m'humidifier la membrane, c'est dire. Je pense d'ailleurs qu'il serait temps de consulter.
J'ai récupéré ça de Ferré, qui eut pu se faire sponsoriser par kleenex, s'il avait voulu, mais on ne rit pas. Hein. Attention.
Rien qu'hier. Eastwood en vieux soigneur de coin fatigué, las, envoyant paître la jeune boxeuse qui le supplie de devenir son entraîneur. Evidemment, qu'on voit le coup, qu'il va finir par craquer. Mais ce vieux Clint est trop malin pour se contenter d'un message convenu sur le thème la femme peut y arriver comme l'homme. Se devine alors qu'il va se passer du pas banal, et à mesure que leur rencontre se fait plus précise, j'ai l'iris qui mouille. Heureusement qu'il évite tout pathos dans la scène finale (que je ne raconterai pas pour les ceusses qui auraient dans l'idée de voir le film). Sinon, j'y allais de mon gros sanglot, vu ma connaissance perso dans ce domaine.
La dernière demi heure de La Route de Madison me laisse exsangue. Revoir Signoret est toujours une épreuve. Dustin Hoffmann dans le Lauréat m'a toujours fait craquer. Une âme de midinette, je vous dis.
Tout cela vient que je fonctionne beaucoup à l'identification. Un peu trop. Une éponge. Un aspirateur à émotions. Et comme tous les aspirateurs, je ne fais pas le tri. J'avale.
Côté chansons, n'importe quel titre de Ferré entre 69 et 73 sait me tirer la larme. Le voir à la télé est aujourd'hui encore rédhibitoire. Je ne peux supporter une archive de Brassens que depuis deux ans seulement. Le titre de libé au jour de son décès ("Brassens casse sa pipe") m'avait fait sangloter des heures. We are the World m'arrache des suffoquements de fan prépubère. L'intro de Robbie Robertson sur Blowin in the Wind (album Dylan & The Band, Before the Flood) me zigouille la rétine. Et la musique du Parrain (même, et peut etre encore plus, le solo de guitare de Slash dans la version live de Gun's Roses, groupe qui par ailleurs me laisse parfaitement froid). Quelques titres de Springsteen ont ce pouvoir, comme s'il délivrait un message que seuls ceux qui sont nés pour courir, peuvent comprendre. Quant à le voir sur scène... l'entrée du groupe au Stade de France m'inonda la face. Et je ne vous parle pas de McCartney en juin 2004, concert où je m'étais fort heureusement rendu SEUL, on a sa dignité. Ce fut Waterloo du début à la fin, avec Climax durant l'évocation de Lennon et Harrison.
Curieusement, dans la vraie vie, bien peu nombreux sont les vrais gens qui ont cette capacité de me bouleverser vraiment; comme si elle n'était qu'une pale imitation de la fiction, idée de la plus extrême banalité je le concède.
Pour moi la larme n'est ni aveu de faiblesse, ni sensiblerie. Je trouve qu'on ne pleure pas assez. Ca purge, et ça détend. Et parfois même ça fait plaisir. On a l'impression d'être vivant. Je connais un blog où certaines images sont belles à pleurer.
Le fil est fin. Fragile, ténu. Invisible, aussi. Le fil qui vous relie au monde, aux êtres, aux joies et aux espoirs. Tout cela est évidemment connu, comme chacun sait qu'en croyant parfois le tenir, de peur qu'il ne casse, nous le brisons précisément par maladresse, quand il aurait fallu le laisser flotter librement aux indécisions des vents. La vie n'est qu'incertitude et chaque fois que je veux ou tente d'en contrôler le flux, le débit, je m'asperge, j'inonde, je fais les pires dégats qui soient, j'obtiens l'exact opposé de ce que j'escomptais.
Il faut lâcher le monde pour qu'il vous arrive. Il faut s'ouvrir à l'incertitude, accepter ses caprices, laisser la porte ouverte, ne pas vouloir tout tenir tout diriger, comme si l'existence pouvait se ramener à un joystick de PS2.
Un jour lors d'une séance d'hypnose, le travail consistait à tenir un stylo entre deux doigts, puis de s'abandonner aux paroles apaisantes du thérapeute. En général, le stylo tombe au bout de 10 secondes d'exercice. Après 10 minutes, le médecin s'approcha de moi. Je n'ai jamais vu ça, dit-il. Comment avez vous pu ne pas le lacher???
Vous m'avez dit de tenir ce stylo, je lui dis. Alors, je le tiens!
Je voudrais apprendre à garder enfin les mains vides, et le coeur léger, pour savoir enfin affronter l'inconnu (voir note sur Baudelaire), pour n'avoir aucune crainte du silence, pour accepter que demain apporte s'il le veut ce qu'hier a oublié. Et je voudrais n'avoir plus peur du mot "déception".
La chanson qui résume mieux le désespoir dont parle à mon sujet, avec tant de délicatesse Christophe G., c'est peut etre celle ci: Tougher than the rest.Download tougher_than_the_rest.mp3
C'est bien fait pour ma gueule. J'avais qu'à pas la ramener, avec ma note précédente "Béni des Dieux". C'est tout moi, ça. Faire le mariole. Tout ça parce que j'échappe à une contredanse, que quelques nouvelles moins nases que d'habitude viennent enjoliver un peu le décor, fallait que je me la joue les amis tout va bien pour moi.
Et ce matin, ça continuait, le pire. Je vais lire une note superbe du côté de chez RecTo-VeRso, une histoire avec des oiseaux, de l'art, je vous la recommande, et je finissais par croire que la vie vaudrait le coup d'être vécue. Tellement je la trouve belle, sa note, l'envie d'écrire pour aujourd'hui m'abandonne.
Je préfère me réjouir d'un dèje sympa, dans la foulée, avec le sosie de l'inspecteur Harry.
Bref, tout roule.
Mais autour de 14 heures30 , je sens que le vent va tourner. Pressentiment. Demandez rien. Cyclothimique, ça s'appelle.
J'aurais du lire avant de partir la réponse de NoNaMe, (QUE JE NE REMERCIE PAS!!!) me précisant ceci: les bonnes choses comme les mauvaises se regroupent parce que ça coute moins cher (...) fais gaffe quand tout est pris apres t'as la serie des mauvais, vas y jette du sel pour le mauvais oeil.
Donc en gros, les jours se ressemblent pas. Ton heure de bonheur est passée, Ducon. Elle avait pas tort. Mais aurait pu se retenir de me coller la poisse.
A mesure que passait la journée, chaque minute se mettait à peser une heure. Genre incontrolable. L'atmosphère gagnait en moiteur, mon anxiété grandissait. Le doute se mettait à me ronger de l'intérieur.
Voilà le syndrôme du cyclothimique anxieux. Les plus stupides supputations lui dévorent l'âme. La tachychardie du matin reprend de plus belle. Le corps devient une torture.
Et voilà où j'en suis, à l'heure où le commun des mortels se sert son troisième ricard et se réjouit d'être en week end, oubliant, ce con, que le 1er mai tombe un dimanche, je suis rentré tête basse, et ne sais pas en quel état je me trouverai demain.
Et surtout, n'allez pas me demander la cause de ce brusque retournement de situation. Je veux bien vous faire rigoler en vous racontant ma vie: MAIS Y A DES LIMITES!!!
Pour couronner le tout, j'ai ENFIN vu Million Dollar Baby, et évidemment j'ai chialé comme une madeleine. Prochain post: Tout ce qui fait pleurnicher Resse. On n'a pas fini....
Ce soir, 22 heures. Retour vers domicile. Nuit tombée. Personne dans la rue. Appuie un peu sur le champignon, passe au vert, mais hop! sortant de leur cachounette comme d'espiègles cabris sauteurs, trois keufs me serrent au feu suivant. Deux messieurs, une dame. C'est elle qui parle d'abord. Jeunette, très souriante. Papiers du véhicule, lalala, vous alliez un peu vite, lalala, pas TRES vite mais, bon... Quand même un petit peu!
Passage de témoin au collègue: monsieur, ceci est un éthylotest, vous allez souffler pendant 10 secondes, tant que vous entendez le sifflement.
Première fois de ma vie, en bientôt 30 ans de permis, que je souffle dans ce sax qui n'a rien de ténor. Et le son que j'en tire n'est guère coltranien, je vous laisse supposer.
Combien de fois dans ma pauvre vie ai-je roulé avec des chiffres qui eussent davantage évoqué le tirage du loto. Mais là, rien. 0 mg.
En fait, j'avais bu un jus d'orange, mais ils n'ont rien vu, ahaha.
Monsieur, je sais que vous n'aviez pas votre ceinture. Par ailleurs, votre feu stop arrière gauche est grillé, ainsi que le feu avant gauche.
Je laisse ma collègue libre de décider si elle verbalise.
Non, c'est bon, rentrez chez vous, mais pensez à ne pas rouler trop vite le soir, rétorque cette délicieuse.
C'est à des trucs comme ça qu'on se dit qu'on a beaucoup vieilli. Car il y a vingt ans, avec ma touffe de tifs bouclés et ma tronche de jeune métèque mal déblanchi, on m'aurait roué de coups pour moins que ça.
Ou bien: serais-je tombé sur des Bretons, qui auraient repéré les Triskell et Gwen Ha du que j'arbore fièrement tel le blaireau moyen des Côtes d'Armor?
Reste une troisième hypothèse: c'était en cachette une journée exceptionnelle. Et qui se terminait comme telle, par une sorte de dernier miracle. Et pour tout dire, c'est bien ça. Même si ça vous défrise, aujourd'hui fut une belle journée...
Après l'écrasante victoire du "Non" au référendum, la France s'est comme l'avaient annoncé ses élites, enfoncée d'un coup dans la crise. Il n'y a plus d'essence. On parle de rationner le pain et le lait, des tickets seraient déjà en impression. Chez nos voisins, plusieurs ambassades et consulats français ont été pris d'assaut, certains pillés. Nous sommes la risée du monde.
Je m'en fous.
Humilié, désavoué, bafoué, moqué, conspué, villipendé par ses proches commes par ses ennemis, le bon Président Chirac conserve sa place et entend "dans ces heures difficiles, maintenir la cohérence au plus haut niveau de l'Etat".
C'est marrant, mais Je m'en fous.
Lionel Jospin, solennel à la tribune du Petit Echo de l'Ile de Ré, annonce sous les vivas qu'il reprend la vie politique, que ça va charcler en 2007, et dévoile dans la foulée les grandes lignes de son projet pour sortir la France de la crise: semaine de 30 heures, recrutement de 5 millions de fonctionnaires, emplois jeunes de 17 à 35 ans. Le rap et la corde à sauter compteront pour les épreuves du Bac, l'opération Paris Plage sera désormais déclarée d'utilité publique et à ce titre financée par l'impôt.
Je m'en fous grave de chez grave.
Depuis la défaite du Oui, le torchon brûle dans le couple le plus célèbre de la vie politique française. Ségolène R. aurait en petit comité lancé à son compagnon "Quand on est pas foutu de le faire correctement, on laisse faire les pros, et on reste à la maison s'occuper des mômes". Des rumeurs laissent entendre qu'elle le battrait.
Je m'en fous, vous dis-je.
Le célèbre animateur Steevie Boulay a été choisi par le Haut Comité à la lutte contre les discriminations pour être ambassadeur de la jeunesse auprès de l'Unesco, de l'Unicef, et des magasins U. Je suis très fier d'être content, en plus j'avais rien à faire mardih, a déclaré celui que chacun considère comme un exemple pour les jeunes générations.
Je...
Jean-Marc Morandini invite ses chers auditeurs chaque jour plus nombreux à venir commenter en direct la nouvelle émission de téléréalité qui fait un véritable carton. Rappelons en le principe. 12 constipés suivent chacun un régime différent sous l'oeil attentif des caméras. Chaque semaine, le transit plus paresseux est éliminé sous les huées de la foule. L'émission qui réalise 41% de PDM en access prime time est sponsorisée par les dragées fuca, bio de Danone, et les Kellogs All Bran's. Regardez vous cette émission, ou au contraire trouvez vous que c'est une nouvelle escalade dans la vulgarité? Vos appels au 01 42 32 15 15. Et dans dix minutes, notre invité le Dr Zflox, proctologue, viendra nous expliquer POURQUOI il a ACCEPTE de participer à cette émission.
... m'en fous.
Humilé par les 6 mois de suspension finalement que lui ont infligé les membres de la commission d'appel dans la triste affaire dite du crachat, Fabien Barthez saisit la Commission des Droits de l'Homme à Strasbourg, demande 15 millions d'euros d'indemnités, et la nationalité suisse, pour la peine.
Qu'est ce que je m'en fous!
L'agonie de Benoit 16 montrée dans tous les journaux TV suscite la controverse et les interrogations. L'air serait-il mauvais au Vatican? Ont ils seulement pensé à faire désamianter? Faut-il imposer le port d'un cachez nez réglementaire? Pendant ce temps, on étudie de plus en plus sérieusement les miracles réalisés par JP2, nécessaires pour instruire son procès en canonisation. Cette semaine, un polonais a gagné 22 millions à Euromillions. Si ce n'est pas un signe, que nous faut-il.
Pfff. M'en fous.
Lors de la récente finale Chelsea-Milan AC, il fallait choisir son camp. L'argent de la corruption contre celle des pétroles un chouïa blanchis.
Je m'en fous.
Je voudrais juste un M&M's.
Troisième note datée du mercredi 27. Sans doute deux de trop, mais: pas dormi depuis 4 jours, ou peut s'en faut. Conséquence: tendance forte à perdre le contrôle des émotions. Ecrire des mails, laisser des messages, envoyer des sms pour vérifier que le message est bien arrivé, puis un mail pour dire que j'ai envoyé un peu trop de sms, puis un dernier pour m'excuser de jouer un peu la carte du harcèlement.
Je ne fais pas partie de ces gens qui cachent leur recours à la psychanalyse ou aux thérapies. Je n'en tire pas davantage de gloriole, soyons clair. Mais vingt cinq ans de séances n'y auront rien changé. sinon la toiture des maisons de campagne respectives de mes thérapeutes. Je suis toujours aussi angoissé, mais aussi beaucoup plus con que Woody Allen, puisque je n'ai jamais songé à faire un peu de monnaie avec mes modestes expériences en la matière. Lui, récupére depuis lurette ses investissements, mettant ses névroses en scène dans une palenquée de divans, et je le soupçonne de continuer la fréquentation assidue des shrinks alors qu'il va en réalité très bien, mais devra jusqu'au bout affirmer son positionnement.
J'ai pas son talent pour faire rire avec ça, mais imaginez quand même ma tronche en pleine séance, le jour où ma psy actuelle s'est d'un coup mise à me crier dessus: MONSIEUR RESSE, JE SUIS FATIGUEE, FATIGUEE VOUS ENTENDEZ, DE VOUS ECOUTER TOUJOURS DIRE LES MEMES CHOSES!!! CA SUFFIT, MAINTENANT.
Je paye, et en plus elle me coupe la parole. Et je me fais engueuler.
Elle a eu raison, en fait ça a débloqué des trucs.
Est ce que ça n'en a pas bloqué d'autres? Voilà la question. Dans le charme discret de la psy de salon parisien, toute résolution de problème en fait jaillir un nouveau. Tout silence prète à l'interprétation. Tout propos prète à l'interrogation. Mais la démarche n'est pas toujours heuristique (c'est à dire permettant d'avancer). Au contraire elle vous condamne parfois à ressasser les mêmes erreurs, à reproduire les mêmes fautes que celles que vous avez pourtant payé très cher par le passé.
Le problème aigu des gens sensibles, ou hyper sensibles, ou hyper émotionnels, quels que soient le nom que vous leur donniez, et névrosé est sans doute le plus adapté, est qu'ils ne peuvent pas maîtriser la dose d'émotion qu'ils peuvent injecter dans une relation existante ou en création. Le pire est qu'ils s'en rendent parfaitement compte, mais ne peuvent pas faire autrement.
Dans un pays civilisé digne de ce nom, on passerait ces gens-là au napalm, au petit matin, et les individus normaux pourraient continuer d'exister entre soi, dans la quiétude de relations stables tranquilles et aplanies.
Vous avez du feu?
Si je vous dis que je n'ai pas fermé l'oeil de cette putain de nuit, et que j'ai un rendez-vous professionnel important dès 9 heures, vous direz que je n'ai pas vraiment le pot.
Pourtant je n'ai aucune crainte, aucune appréhension, bien que la fatigue me hante véritablement.
Je pense à des choses plus essentielles, telles que: ce pianiste norvégien qui répond au doux prénom de Bugge, pourquoi n'en avais-je jamais entendu parler? était-ce juste pour rendre plus intenses les conditions de sa découverte, et donc la vie a-t-elle un sens? Et ai-je raison ou tort de poser ici la question?
Vous ne savez peut-être pas, mais il pleuvait si fort, à Paris, ce mardi, des trombes, le ciel était noir: "Quand le ciel bas, et lourd, pèse comme un couvercle, d'une vaste prison, imite les barreaux". Comme enfermé tout ce jour, dans une idée telle une geole. Cette nuit, reviennent alors les petits poèmes en prose de Baudelaire, certains titres, certaines phrases.
Humeur du moment? Disons-le comme cela. Mais à se sentir entre deux, entre deux mondes, entre deux jours (voir note sur Martin), on saisit un peu mieux le sens de son "anywhere out of the world"; non pas une injonction à un idéal qu'il faut atteindre, un vague nirvana du rien. Non. Plutôt l'expression d'un instinct de fuite, ou de survie, à tort peut-être... Mais qui sait défier, sans savoir, la peur qui revient rôder, qui vous nargue et vous harcèle, et que suit l'incertitude, si belle; mais si terrifiante aussi, qu'on devine déjà mère porteuse des souffrances prévisibles, portes prises en plein visage, sourires accablés.
Que la cruauté de n'être pas qui l'on souhaiterait être, se fracasse malgré tout à l'implacable exigence de devoir s'en contenter, et s'entend alors mieux ce conseil: "enivrez-vous". De vin, de vertu, de poésie, à votre guise. Pour n'être plus les esclaves martyrisés du Temps".
Et puis, tant d'autres titres qui s'entrechoquent, "Chacun sa chimère", "Le miroir", " A une heure du matin". J'en gomme d'autres, plus parlants encore.
Baudelaire, mon frère, mon bien aimé frère. Cette nuit, tu me sembles si proche.
"Plonger au fond du gouffre enfer ou ciel qu'importe? Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau!" Non là, je ne te suis plus. Même si je sais pourtant que tu as raison.
Mais j'ai déjà vu le film, je crois. Et j'y tiens souvent le même rôle. Et je n'ai pas sous la main de Chateau Chasse-Spleen.
La sortie d'un nouvel album de Springsteen constitue à mes yeux une nouvelle bien plus importante que toutes les gesticulations politiques, économiques, sociales, sociétales qui pourraient rythmer mon quotidien. Album relativement calme, esprit blues et neo-country, et pas d'E Street Band. A rapprocher donc des deux albums repère que sont Nebraska et Ghosts of Tom Joad.
Jespère aussi le nouveau Dylan, attendu depuis des mois. Un nouveau Wonder (le faux, pas son frère!) est aussi annoncé.
... Soit les trois voix vivantes capables de me procurer le plus d'émotion.
Et tiens, même, cette confidence, dont je ne songe pas à rougir: vous préciser que je peux me passer le clip de "We are the world", (vous savez, USA for AFRICA, ce qui se fait de plus sirupeux, de plus convenu en matière d'humanitaire gluant), et pourtant y aller chaque fois de ma larme inévitable, aux mêmes moments, tout ça parce que: Dylan, d'un simple gémissement implosant la mélodie; et puis Ray Charles, la dynamitant d'une blue note posée là... et Wonder et Springsteen ensemble, duo ultime.
J'entends déjà les commentaires : midinette. Fleur bleue. Limite tafiole. Aucune raison de démentir.
Aujourd'hui "Devils and Dust". Brand new Springsteen. Il faudra bien cela pour tenir le coup. Car finalement, les décalages horaires sont meurtriers.
Nam Myoho Renge Kyo.
Vous serez sans doute bien peu à connaitre la signification de ce sutra écrit au 12 ème siècle par un moine japonais du nom de Nishiren Daïchonin. Des centaines de milliers d'adeptes de ce qu'il faut bien appeler une "secte" boudhiste répètent pourtant cette sorte de mantra sur un rythme lancinant, parfois pendant des heures, devant un parchemin sacré. Ils font ainsi cinq prières le matin, trois le soir, et vous vous demandez pourquoi je vous parle de cela aujourd'hui.
C'est parce qu'il est des journées dont on ne peut rien dire, sauf à en trahir aussitôt le sel et le souffle. Ainsi ce qui n'est qu'un détail infime de son déroulé, se retrouve mis au devant de la scène, avec pour mission de masquer tout le reste, l'essentiel, l'indicible. Celui-là seul qui connait les mots du Renard pourrait éventuellement frôler de quoi je parle. Et encore lui faudrait-il ensuite faire l'autre moitié du chemin. Mais là, je crains que ce soit tout de même, un peu trop demander.
Demain, retour sur la planète Terre. Peut-être.
"Il y avait à Montmartre un homme qui s'appelait Martin, et qui ne vivait qu'un jour sur deux". Ainsi commence une de ces nouvelles étranges qui sont la marque de Marcel Aymé. Les jours où il n'existe pas, Martin disparait à minuit tapante, et réapparait comme par magie vingt-quatre heures plus tard. Inutile je crois de disserter deux heures sur le fait que nombre d'entre nous sont des Martin, ne vivant que par intermittence seulement les bribes de ce qui serait une vraie vie.
Martin, lui, a au moins le privilège de la conscience. Connaissant le mal dont il souffre, il déguste avec application chaque minute des journées existantes. Quitte à n'en rien faire, puisque aucun projet sérieux et durable ne lui est autorisé. Pour le reste, avons-nous même conscience de l'intensité relative ou absolue des jours où nous sommes réellement au monde?
Aujourd'hui lundi, semble un de ces jours où je pourrais être vivant, mon agenda l'atteste. Mais serai-je seulement à la hauteur?
La valse des Pantins, de Martin Scorcese, est un des films les plus terrifiants que je connaisse, surtout dans sa première partie. Pour resituer l'histoire, un tocard mythomane, Rupert Pupkin (De Niro) est littéralement obsédé par l'idée de passer dans un show télé pour y raconter ses sketches. A cette fin il relance sans relache, téléphoniquement puis physiquement, les bureaux d'un fameux présentateur de show (Jerry Lewis); tente, sans jamais désesperer, de franchir les barrages que lui opposent standardistes, assistantes, producteurs, dont aucun n'est capable de retenir exactement son nom; vire carrément au harceleur, avant d'être bientôt jeté comme un malpropre par les services de sécurité. Incapable de renoncer pour autant à sa lubie, d'entendre les paroles aimabl