samedi, 14 mai 2005

cocktail

"Je suis un nègre blanc qui mange du cirage, parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre."

Encore et toujours Léo. Depuis quelques temps que j'ai décidé d'utiliser cet espace ci pour mettre un peu à jour mon côté obscur, je me rends compte de l'impact profond, incontrolable, et sans doute définitivement vénéneux, négatif, déconstructif, de ses mots sur mon regard de myope.

Cessant de commenter comme je le faisais, une sorte de carapace, ce qu'on convient d'appeler l'actualité, qui n'est que la lente et longue litanie de nos quotidiens d'européeens surnourris et précomateux, de cons-o-mateurs appliqués et dociles, j'ai essayé de parler ici avec plus de sincérité. La meilleure et la pire des qualités. Qui vous met l'âme à nu et vous dépouille de toute défense. Or on ne saurait exister, ici ou là, sans se construire d'abord un personnage, bardé de remparts. La sincérité fait peur. Met mal à l'aise. Déconcerte. Elle passe pour exhibition, traine derrière elle une forte suspicion de narcissisme. On ne nous apprécie jamais autant que révétus de nos armures, de nos heaumes, de nos identités sociales, de nos convenances et de nos certitudes et de nos opinions.

En attendant ce 17 juin, Saint Hervé, où je fermerai définitivement la boutique, où je ferai un break de quelques semaines avant de décider si oui ou non je repars pour une deuxième saison, je vous fais cette confidence: j'étais hier dans un colloque où venaient causer quelques personnalités devant un parterre d'individus par ailleurs déjà convaincus. Sous les plafonds richement décorés, suivait un de ces cocktails où l'on s'empiffre comme pour récupérer en nature un peu de sa feuille d'impôts. Je voyais devant moi les courbettes que s'échangeaient personnalités et zélés z'élus, ces sourires formatés, ces dialogues courtois où se devinaient sans mal, les ambitions, les promesses de renvois d'ascenseurs, les croches pattes à venir et les couteaux cachés.

Et je me disais que même si je voulais, jamais je ne pourrais faire partie de ce cirque des convenances, que ma conscience d'imbécile incapable de travailler sérieusement "ma carrière", m'interdisait d'aller m'y compromettre, dussè-je le payer cher de frustration et d'amertume, de n'être pas reconnu, à ma juste valeur, pour autant que j'en eus jamais une, mais il n'est pas non plus interdit de rêver, n'est-ce-pas?

Alors quitte à me sentir seul, aussi à ma place que Benoit XVI inaugurant la Foire de Paris, j'ai bu mon jus de pamplemousse avec une allumée du même acabit, et on a ri à imaginer qu'on lançait la mode des godemichés tricolores, bon marketing pour promouvoir la raie publique. C'était de très mauvais goût, mais guère plus que la pantomime à laquelle les gens responsables et sérieux participaient devant moi. On ne m'y reprendra pas.

Léo. Encore celle ci: Dans le cocktail molotov, il faut mettre du Martini, mon petit!

vendredi, 06 mai 2005

Pour Patrick

Il y a les amis intimes. Ceux auxquels toute votre vie semble, au bout d'un temps plus ou moins long, indissolublement liée. Vous voyez grandir leurs enfants, vous partez avec eux en vacances, il ne se passe pas trois jours sans coup de fil ou email. Ce qu'on appelle le premier cercle.

La vie, les hasards, la chance, la volonté, le désir, les combats, le boulot, le blog peut-être, nous fabriquent de même d'autres cercles, plus ou moins rapprochés, plus ou moins concentriques, d'amis, relations, camarades, complices, frangins inventés, copains de la neuille, collègues sympas, ceci, cela.

J'en ai un que je ne sais pas classer. Inutile d'ailleurs de le mettre dans une case, dans une cage, son côté insaisissable suffirait à le rendre attachant. Déconcertant parfois.

Ma première émission de radio libre, il y a vingt trois ans, c'est chez lui que je la fis. On parla de l'histoire des Beatles. Je causais dans le poste! à l'autre bout des gens nous écoutaient! c'était le début des Radios Libres. L'euphorie d'un nouveau média... suivez mon regard.

Cette première expérience me mit le pied dans un étrier, qui décida en somme de la vie qui deviendrait mienne par la suite. "A la radio", je croisais ce bonhomme un peu plus âgé que moi, qui  était et reste un des plus fins interviewers du monde de la chanson française. Il possède en effet une capacité rare d'empathie avec l'artiste, qu'il ne compromet jamais ni dans le copinage obséquieux ni dans le désir de lustrer les godasses. Ainsi permet-il à l'auditeur, c'est le talent des sensibilités attentives, d'accéder à la profondeur de l'artiste, à son intime créatif.  Esprit de finesse qui naturellement ne lui a pas permis de faire la carrière qu'il aurait peut-être pu espérer, dans un univers médiatique régi par plus d'exigence de qualité. Peut-être aussi en va-t-il de sa faute. Sensible. Pudique. Insuffisamment rompu aux ruses et mesquineries du système, probablement. Un qui rêve de trouver sa place, plutôt que lorgner celle des autres...

Lui et moi partageons ce même amour pour Léo F, la même vibration pour son oeuvre, ses mots, certaines phrases sublimes comme des cris d'amants blessés. Sauf que lui l'a rencontré, moi pas. Chaque fois que je le vois, lorsque nous travaillons ensemble à certaines actions pédagogiques autour de la chanson française, je ressens toujours cette même joie discrète, croiser ce type qui n'est pas moi, ne me ressemble pas, mais auquel me lie cette proximité d'émotions, cette aptitude sans doute exagérée aux déchirements intérieurs, aux doutes rongeurs, à la coupable procrastination dans un monde de loups qui n'admet que les tueurs bondissants.

Ce volcan contenu d'émotion a trouvé un nouveau sens à sa vie dans la peinture.

Il vient me lire parfois. Je voulais juste lui dire que même si nous n'avons jamais fait ensemble des bringues phénoménales, des échappées dantesques dans des cols où je ne mettrais même pas un orteil, il est depuis plus de vingt ans une présence indispensable à ma vie.

Comme l'a écrit son copain Kent. "Juste quelqu'un de bien".

lundi, 25 avril 2005

méfu la moquette?

Nam Myoho Renge Kyo.

Vous serez sans doute bien peu à connaitre la signification de ce sutra écrit au 12 ème siècle par un moine japonais du nom de Nishiren Daïchonin. Des centaines de milliers d'adeptes de ce qu'il faut bien appeler une "secte" boudhiste répètent pourtant cette sorte de mantra sur un rythme lancinant, parfois pendant des heures, devant un parchemin sacré. Ils font ainsi cinq prières le matin, trois le soir, et vous vous demandez pourquoi je vous parle de cela aujourd'hui.

C'est parce qu'il est des journées dont on ne peut rien dire, sauf à en trahir aussitôt le sel et le souffle. Ainsi ce qui n'est qu'un détail infime de son déroulé, se retrouve mis au devant de la scène, avec pour mission de masquer tout le reste, l'essentiel, l'indicible. Celui-là seul qui connait les mots du Renard pourrait éventuellement frôler de quoi je parle. Et encore lui faudrait-il ensuite faire l'autre moitié du chemin. Mais là, je crains que ce soit tout de même, un peu trop demander.

Demain, retour sur la planète Terre. Peut-être.

vendredi, 22 avril 2005

Ollie and Stan

Lh2 Hier avec un ami, nous discutions de Laurel et Hardy. Ce n'est pas le sujet que j'aborde chaque matin, vous imaginez. Puis, de retour chez moi, je reçois un email d'une ancienne collègue de l'époque où je travaillais dans la vidéo, chez Virgin. Elle vient parfois me lire ici, mais je n'en savais rien. Nous nous voyons "de loin en loin". Ca m'a fait plaisir... Mais l'amusante coïncidence, c'est que le catalogue qu'elle avait en charge, était précisément celui des films de Laurel et Hardy.

Je les revois d'abord en Ramoneurs, venant nettoyer la cheminée en jaquettes et noeuds papillons. Tous ces gags qu’on voit précisément venir. Implacables comme les emmerdements de la vie. Mais qui, lorsqu’ils arrivent enfin, nous ravissent et nous époustouflent d’autant plus, qu'ils rebondissent en cascades de conséquences absurdes, jusqu’aux confins de la déraison.

La vie devrait ne ressembler qu’à cela. Pas d’autres larmes que celles de la mort, sinon celles de Stan Laurel confronté une fois encore, aux conséquences tragicomiques de ses inspirations loufoques. Et qui ne tirera aucune leçon durable de ses erreurs calamiteuses.

Je connais quelqu'un de tout à fait loti dans l'existence. Il a le physique de Hardy, et l'esprit de Laurel.

jeudi, 21 avril 2005

Quoique...

A peine je prends la décision d'arrêter quelques jours mes ratiocinations, faute de matière à commenter, et faute de moral pour le faire, que j'apprends ce matin ceci: un tôlier viré pour mauvais résultats, d'une des plus grosses entreprises de distribution française, part à la retraite avec un paquet de 29 millions d'euros. Pendant ce temps, bib, les filles en caisses, bib, continuent leur emploi.

Il y a quelque chose de pourri au Royaume de Danemark, écrivait Shakespeare...

samedi, 16 avril 2005

Au bonheur des Anes, episode 3

Visage_ane4 Alors. Qu'avons nous lu vu entendu ici ou ici, depuis la dernière livraison dans cette actualité vampirisée par Ali black jack et les 80 voteurs, jeudi sur TF1, qui reconnaissons-le, tint quand même, en soi, le haut du pavé (et le pompon). Comme on dit en latin, Asinus asinum fricat. L'âne fréquente l'âne...

Ceci, tout de même. La déléguée des lycéens en tcholère répond à la question d'un journaliste "que voulez-vous au juste?" ... "Nous voulons des droits!" Sans pouvoir ne serait-ce que d'un mot préciser lesquels, et pourquoi. Après la quête du Graal, la quête du droit.

Le patron de la Poste, réagissant à la mort d'un postier abattu par un forcené: "je m'associe à la douleur de la famille et à la communauté des postières et des postiers". Jusqu'à quand, cette nov langue de bois qui il y a vingt ans eu découragé jusqu'à Georges Marchais soi-même???

Tiens, on retrouve ma copine des chiennes de garde, dans cette contribution qui fait mon bonheur. Nouvel extrait: "C’est absolument le même discours qu’a tenu celui qui aurait dû être mon contradicteur et qui finalement m’a suivi tout du long de la conférence" . l'homme dans son esprit était nécessairement là pour la contredire. Car nos idées ne nous sont pas dictées par la réflexion, mais par le fait d'avoir un zguegue ou pas entre les jambes. Notons tout de même cette faute d'orthographe "m'a suivi" sans "e". Ne regretterait elle pas un peu de ne pas être un homme? Tout de même ça fait désordre dans le contexte...

Et tiens, encore celle-là. Je n'invente pas! "Personnellement, je serais un homme, je me sentirais vexé qu’on me considère ainsi comme une bite sur patte, réagissant de manière réflexe à la vue d’une femme nue". L'objet du débat est rappelons-le, le sexisme dans la publicité. Cette femme pense-t-elle VRAIMENT qu'une affiche montrant une femme nue ou en slip, string, soutif, nous met instantanément en érection??? Parce qu'elle se dit chienne, ce qui est son problème, faut-il qu'elle me ramène à ce rang de chien de Pavlov, triquant par réflexe conditionné? Précisons donc à cet affligeant caniche de la pensée féministe en bocal, que les bites sur pattes que nous sommes, de temps en temps, s'accordent la position standard. Et d'autres chattes à fouetter.

Comme disait le grand Georges: "oubliez les si faire se peut, qu'elles se reposent un peu..."

Enfin, celle-là, lu sur un quelconque site communautariste: "l'universalisme (des Lumières) est comme par hasard, le plus souvent défendu par des mâles blancs hétérocentrés." En une seule phrase d'une bétise crasse, où se dévoile l'étroitesse d'une pensée exclusivement guidée par l'idée que c'est notre nature ou notre condition d'origine, qui détermine notre système de pensée (au fond, comme les chiens lèvent la patte), l'auteur démontre à la fois son sexisme, son racisme, et son hétérophobie. Ce qui s'appelle l'art de la synthèse.

Bon, ba finalement, pour une semaine creuse, ce n'est pas si pauvre, non?

vendredi, 15 avril 2005

Ce que j'AIME???

Additif: Verso me rappelle involontairement que j'avais oublié Coltrane... Et au passage lisez sa réponse, si belle. Et puis tiens, j'ajoute aussi Nusrat Fateh Ali Kahn. Paolo Conte. Andy Warhol. Jean Cocteau.

Je ne me défile pas devant la question posée. Mais il est plus difficile de livrer ses émotions que ses colères, ses joies que ses rages. Evidemment, rien ici ne sera dit d'intime ou pire mieux de scabreux, rien d'indécent, rien d'impudique sinon que l'idée de se lacher un peu y renvoie inévitablement..

J'aime.  John Lennon & Les Beatles: bande originale de ma vie. L'amitié. Solide et sincère. Durable et franche. Bienveillante. C'est à dire celle qui ne se juge qu'au terme d'une vie? Evidemment les ami(e)s sans qui elle ne serait rien, que je n'ai nul besoin de citer, qui le savent j'espère, et que Dieu les protège. Les amis des soirs de silence et d'harmonie. La mer et le vent sur une grève de Bretagne, à Noel, lorsqu'il fait froid, et sec, et qu'on peut admirer un ciel sans nuage,  se dire que le bonheur serait là, impalpable et dense à la fois. Brassens et Ferré, ces deux oncles qui m'accompagnent depuis ma prime enfance, jamais envahissants, toujours quelque part en moi, l'un pilier de mon optimisme, l'autre du désespoir. La convivialité d'une belle bouteille de vin pourvu qu'elle soit dégustée avec des personnes attentives. Et notamment les jurançon moelleux de Monsieur Bru Baché ou monsieur Ramonteu, seigneurs de l'appellation. Le foie gras qui va avec, naturellement, et le premier toast porté à tous les fans de la prohibition. Les artistes, surtout ceux qui créent de leurs mains. Les admirer. Les envier. Sans ambiguité ni amertume. La musique, les musiques, et d'abord la guitare, instrument de malheur dont jamais je ne saurai tirer deux notes justes, mais qui peut me transporter sur la planète Mars. Et les guitar heroes qui vont avec: Townshend, Zappa, Richards... Les pièces de théatre de Molière, et soudain penser qu'il est mon jumeau. Les menhirs de Carnac. Bruce Springsteen, Monsieur Plus et sa générosité poussée au point ultime, sur scène, chaque fois 3 heures de bonheur sans fausse note. Al Pacino. Louis Jouvet. Bob De Niro et Joe Pesci en mafieux déjantés. Clint E, toujours plus sublime à mesure que passent les ans. La saga du Parrain, 3 époques, 15 fois chaque, au bas mot. Ecrire mes conneries sur le blog. Recevoir les réactions bienveillantes que cela me procure, un vrai cadeau tombé du ciel au coeur de ma dépression, et merci à Jean B. qui m'a branché là-dessus qui ne saura jamais la porte qu'il a ainsi ouverte. Quelques chanteurs français, Thomas Fersen, Bashung... Et puis Dylan, évidemment, cette connerie, les plus belles chansons du monde, sont sans doute nées de lui. Et Van "The Man", Morrison. Chanter. Sous ma douche ou au volant. Les gens au feu rouge me prennent pour un aliéné. M'en foutre. Les histoires d'extra terrestres, d'ovnis, d'enlevements, c'est très con mais ça me fait rêver. M'autoriser un peu de mauvaise foi, de provocation. Etre le dos au mur. Attaqué. C'est là que je donne le maximum...

Ouais, mais bon: pas de femmes? No Woman, No cry! Bon, j'exagère évidemment. Arletty. Simone Signoret. Maria Callas. Ella Fitzgerald. Billie Holiday. Oui je sais elles sont toutes mortes. Bon, alors, Madeleine Peyroux, Meryll Streep. Ségolène Royal. Non, je déconne.

Justement. Rire. ' De tout, de peur d'avoir à en pleurer". Le type qui a dit ça, évidemment, mais qui est-ce? Deux Pierre: Dac, Desproges... Jean Yanne. Alphonse Allais. Le journal de Jules Renard. Les nouvelles de Marcel Aymé. Le 1er chapitre du Voyage au bout de la Nuit.

Ah oui. j'allais oublier: Le football. Appris à lire dans France-Foot et dans San Antonio - je les ai tous jusqu'à celui où il a inventé ce personnage idiot d'un chien qui parle. Me faire ça à moi!- "C'est pas le foot qui te nourrira plus tard", me disait ma mère. J'ai mangé grâce à ça pendant 10 ans!! Vous voyez où ça conduit. Rencontré Platini. Un type très bien. "Un monsieur".

Sinon, les petites phrases, celles qui vous accompagnent pareilles aux béquilles de l'âme : "le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l'appellerons bonheur" (Léo F.) . "Si ce désordre nous dépasse, feignons dans être l'organisateur"( Jean Cocteau). "Si l'éternel existe, en fin de compte, il voit que je me conduis guère plus mal que si j'avais la foi". "Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro saint, se borne à ne pas trop emmerder ses voisins". (G. Brassens) "Si tu peux rencontrer triomphe après défaite, et recevoir ces deux menteurs d'un même front, si tu peux conserver ton courage et ta tête, quand tous les autres les perdront" (R. Kipling). Quand est-ce qu'on mange? (Averell Dalton).

Voilà, vous savez tous. Ou presque... Bonne nuit à ceux qui sont restés...

mardi, 12 avril 2005

Réac et franchouillard

J'en reviens à "franchouillard", que m'accole gentiment un lecteur agacé par mes ronchonneries quotidiennes sans importance. Et j'insiste sur ce dernier mot. Je viens ici pour me fendre la poire et discuter avec des amis virtuels. Tout le reste n'a aucun intérêt, n'est-ce-pas? Mais bon. Franchouillard. Que déduire de ce mot?

Le franchouillard est une sorte d'individu français, en moins bien, français poussant vers le pire des défauts qui traditionnellement lui sont accolés, dont celui-ci: le français est raleur. Et j'ajouterai: l'allemand discipliné, l'anglais flegmatique, le chinois travailleur, l'italien voleur, l'arabe hypocrite, le portugais manuel. Moyennant quoi, ce sont rigoureusement les MEMES qui traqueront ensuite dans le moindre de vos propos "le stéréotype", "l'idée reçue", "le préjugé".

Autre idée. Raler serait nul. Nous sommes dans un monde où il faut opiner du chef. Acquiescer. Dire "oui". Etre positif. Tout gober, donc. Sinon? Raleur, ronchon et pire: franchouillard. Moyennant quoi, ce sont les MEMES qui en appellent à cultiver l'esprit de "rebellion", de "vigilance", pourquoi pas de "résistance", qu'ils mettent à toutes les sauces, eux qui sans doute auraient rasé les murs entre 40 et 44.

Franchouillard? C'est encore une fois l'anathème comme seul argument, comme dans cet usage pavlovien de mots tels que "macho", "réac", "X-phobe", quand celui qui l'emploie choisit de ne rien entendre de l'argument, le rejette d'une sitgmation, sans venir discuter du fond, que souvent il méprise (ou redoute). Détestation du débat, de l'échange de points de vue.

A la soumission de l'argent, des morales religieuses, nous ne faisons qu'ajouter ces autres: soumission aux morales pudibondes, dictature des minorités,  prosternation dogmatique devant le moderne et le progrès comme synonymes indiscutables du "mieux".  Le penser, est-ce être dans l'inacceptable? Qui en décide? Quelle police de la pensée?

Je prétends que nous sommes entrés depuis un bon moment dans un nouveau moyen-âge. Dans une période d'obscurantisme peut-être bien intentionné, mais qui prépare à ses auteurs, qui l'ignorent, aveuglés qu'ils sont par leur certitude d'avancer pour le "bien", de cruels retours de bâtons.

"Quiconque par distraction ou par incompétence, arrête tant soi peu l'humanité dans sa marche, en est le bienfaiteur".  (Cioran)

dimanche, 10 avril 2005

Au bonheur des Anes, episode 2

Visage_ane1 Bonjour, ce dimanche, et à la demande générale, une nouvelle livraison de petites aneries, lu, vues, entendues, ici ou ici. Je pensais en faire une rubrique hebdomadaire, mais à la vitesse où on en dit, je vais peut-être devoir fournir un jour sur deux.

De Jack Lang: "si le NON l'emporte, nous n'aurons pas les Jeux Olympiques." Arrête, Jack! tu m'excites!

De Karl Zéro, zélé zélateur du modernisme en tranche dominicale: "Roselyne (Bachelot), tu es résolument moderne, bien que de l'UMP. Je te félicite!" Le moderne comme vertu indiscutable et indépassable. Une des pires idées reçues du monde dit moderne.

De Roselyne Bachelot à ce même KZ: mais dis donc, mon p'tit père... Et te faire traîter de mémère, ça te plairait?

Habile transition, lu sur le site des chiennes de garde (une parmi tant d'autres). "On ne dégrade pas les femmes comme on dégrade les hommes. Une botte d’homme sur le corps allongé d’une femme (pour reprendre la pub Weston) n’aura jamais le même sens qu’une botte de femme sur un corps d’homme, tant qu’il y aura 400 femmes qui meurent sous les coups de leur conjoint chaque année. " Les 400 conjoints assassins portaient des Weston, c'est ça l'idée?

De la même, en forme, dans le même article: "Vous ne serez pas surpris-es, je pense, d’apprendre que nous faisons dans le neo-puritanisme, que nous n’avons aucun second degré et que nous aimons la censure. Là je dirais : nous sommes dans le tout venant. "Non. Le surprenant, c'est qu'(apparemment) autant de personnes le lui répètent, et qu'elle s'obstine à ne pas entendre comme cela révèle -au moins- un léger fond de vérité!!

Sur le site de Christine Boutin, à propos de l’hommage de la République française au Pape : "Une grande figure musulmane, juive ou franc-maçonne recevrait le même salut républicain. " Celle-là vaut son pesant de cahouètes. Je ne sais même pas s'il convient de la commenter. Quoi que: la dernière fois qu'est mort un grand maître du Grand Orient de France, c'est vrai qu'on avait eu TROIS jours de deuil national.

vendredi, 08 avril 2005

Au Bonheur des Anes

Visage_ane2 A partir de maintenant, j'essaierai chaque semaine d'insérer ici cette rubrique, pour évoquer toutes ces petites âneries lues, vues, entendues, ici ou ici.

(In le journal Le Monde de ce jour, un grand titre: M. Fillon est accusé de laisser "pourrir" le mouvement lycéen. Espéraient-ils qu'il encourage son succès?

Lu dans Marianne: une association gay parisienne affirme que le projet de constitution européenne est très mauvais... mais qu'il faut voter pour, car il reconnait l'existence de minorités sexuelles. L'essentiel consiste à identifier les vraies questions prioritaires.

Entendu sur Europe 1: le Prince Albert de Monaco est toujours célibataire. "LA question de ce célibat" est centrale maintenant qu'il est au pouvoir. Mais dit le journaliste "en a-t-il l'envie ou les goûts, c'est son mystère...". L'art de se comprendre à demi-mots, non?

Toujours sur Europe 1, cette évocation d'une déclaration romantique du Prince Charles à sa future: j'aimerais être entre tes jambes, j'aimerais être ton tampax. Un jour, mon prince viendra...

(lu sur un site veggie) Bientôt les beaux jours, préparez donc la prochaine veggie pride:Le végétarisme met en cause la légitimité de la claustration et de la tuerie de milliards d'animaux. Par sa simple existence, il rompt l'omertà. Telle est la raison des rires et de la haine végéphobes. Continuez, les gars.

Enfin, cette utilisation répétée par les institutions républicaines du vocable "Sa Sainteté", à propos de JP2. Une petite blagounette, au passage: il aimait tellement les jeunes qu'il a choisi un samedi pour partir en boite.