lundi, 09 mai 2005

Addict

Scan0001 Je pensais à mon prochain blog (pour la saison prochaine, voir post précédent), et j'avais dans l'idée de l'appeler "ADDICT A TOUT... MAIS JE ME SOIGNE".

Le Nouvel Obs sort un numéro spécial sur les nouvelles addictions, sexe, drogue, internet, jeux de la mort (pratiques ordaliques) anorexie, boulimie, achats compulsifs, et tutti quanti.

Vendredi, Jacques Pradel recevait à Europe 1 un toubib spécialisé, et j'ai envoyé mon témoignage, qui a été cité à l'antenne, de "multi addict". S'ils m'avaient pris en direct, j'aurais évidemment parlé (entre autres) de la blogaddiction, qui fait par exemple que depuis trois heures que je suis devant mon PC, je suis allé consulté 25 fois mon Outlook, et que je suis allé au moins dix fois sur les deux mêmes blogs où je sais très bien qu'il n'y aura rien de nouveau.

L'addiction à mes yeux, c'est de la passion qui ne se fixe plus de limite. De l'attrait ou de l'attirance qui sort du raisonnable pour flirter avec l'excès. C'est une quête d'intensité dans un monde qui en manque tant. Un de mes amis qui regarde ce phénomène du blog avec distance et circonspection, est frappé par le narcissisme et le nombrilisme qui se dégage de la majorité des contributions.

Voici mon hypothèse: dans un monde hypra technologisé et déshumanisé, où la parole est formatée, calibrée, encadrée, c'est paradoxalement par des technologies que nous retrouvons l'espace d'une connection, l'illusion d'une parole authentique et libre. J'ai reçu des mails ou sms qui m'ont submergé plus que ne l'auraient fait des lettres d'amour. Mais tout cela demeure virtuel, et quand le réel reprend ses droits, les masques de la comédie humaine triomphent de nouveau.

Voilà un des ressorts de l'addiction. Si l'Autre ne vient pas me parler "en face", peut-être qu'il m'écrira?

Le blog, en somme, comme reflet de l'incommunicabilité fondamentale entre les êtres.

vendredi, 06 mai 2005

Les belles décisions

Après un dialogue au sommet avec moi-même, quelques échanges avec d'autres blogueurs, j'ai pris ma décision cette nuit vers 3 heures. Quand la ville dort. (clin d'oeil vers ceux qui me connaissent depuis 1982)

J'arrête ce blog au 17 juin. C'est à dire le jour de la Saint Hervé. J'aurai donc fait une saison complète. Et comme me le souligne Nico, un blog, ça vieillit vite. Si on veut ne pas tourner en rond, se copier soi-même, radoter, ce qui devient mon inquiétude première, il faut maîtriser vraiment sa ligne éditoriale. A moins d'avoir une  vie intérieure telle que son exposition permanente suffise à en nourrir l'intérêt, ce qui n'est pas nécessairement mon cas.

Mais le plaisir demeure. Celui d'écrire sur ce support. De voir des gens venir me lire. Me laisser des messages publics ou privés. La vraie découverte aura été celle-là, un véritable cadeau du ciel, vraiment.

C'est pourquoi je pense que je recommencerai via une adresse voisine, un nouveau blog, autour du 15 Août. Je vais dès à présent réfléchir à cette "deuxième saison".

D'ici là, revenez, hein. Y aura encore deux trois trucs à lire, j'espère...

jeudi, 05 mai 2005

Thanks for Cookie

Cookie fait partie des personnes que je ne connais pas autrement que par l'étonnante magie de la blogosphère. Nous vivons à des centaines de kilomètres de distance. Sans détailler ici les circonstances bloguesques qui ont initié notre dialogue, je me bornerai à constater que la distance n'est pas ennemie de la proximité, et de l'authenticité. Ce qui est en soi je trouve, une indication réconfortante.

Tout ça pour dire que c'est toi, Cookie, qui a laissé hier, ici, le 1500ème post depuis que ce blog existe.  Merci pour ça et pour tout le reste.

mardi, 03 mai 2005

Deblog à plein tubes

Pendant que Cyrille invente le blog matriochka, et observe la gloutonnerie de son blogagotchi, qu'il doit nourrir chaque jour et qui lui prend la tête, je constate avec une acuité croissante que ce superbe espace de liberté auquel nous nous adonnons peut aussi devenir notre prison.

Je m'explique. Il y a un "sujet" qui me tient à coeur. Pour tout dire, qui me bouffe de l'intérieur. Dont je ne peux absolument pas parler ici. Ici? Parce qu'ici dorénavant est devenu un lieu public, ouvert à tous vents, où peut venir tout lecteur qui le souhaite, et où, par conséquent, la sphère intime ne peut sans risque se retrouvée exposée. Vous me direz que je n'ai qu'à parler d'autre chose! C'est ce que je fais. Ou ce que j'essaye de faire. Sauf que, et voilà où je veux en venir, la pratique régulière du blog est addictive et pousse (en tous cas me pousse) à rechercher une relative sincérité, authenticité de l'expression, sinon je n'y vois guère l'intérêt. Là réside alors la contradiction.

Désirer parler précisément de ce qu'il n'est pas possible d'exprimer. Ou alors, faudrait faire un autre blog, anonyme celui-là, où pourrait s'écrire (car c'est bien de cela qu'il est question, écrire.) ce qui ne peut pas l'être dans la sphère officielle qu'est devenu ce blog-ci J'en connais qui s'y sont essayés pour se purger des pensées destructrices qui les envahissaient. Mais vous voyez la complication.

Ainsi s'observe que ce qui participe de notre quête de liberté devient en même temps un élément de notre aliénation.

Sur ces bonnes paroles, je retourne au poids qui me tourmente.  Veuillez accorder votre indulgence à cet a parté quelque peu impudique, que je voulais tout de même soumettre à votre interrogation.

And now ladies and gentlemen...

1120linus ... Please Welcome:

Un nouveau blog, un nouveau talent, s'exerce dans l'ombre depuis quelques semaines. Il nous observait, il nous a lus avec attention, désormais nous allons devoir compter avec son regard acéré sur le monde et l'actualité économique, qu'il nourrit d'un humour pince sans rire qui je le sais vous ravira.

Ca s'appelle A l'abri du Succès, c'est le blog de Pierre-Michel. Allez y de ma part, vous serez bien reçus!

jeudi, 14 avril 2005

Petites réflexions matinales du blogueur inquiet

Je vais la jouer fleur bleue, là. Assez loin des borborygmes habituels du raleur impénitent. Pas envie de grincer, ce matin. Mon blues à moi, quand m'abandonne l'envie de mordre.

Ce qui me frappe dans les rencontres entre bloggueurs, est la bienveillance, la convivialité semble-t-il sincère qui préside aux échanges. Qui, vient commenter un post que vous avez écrit, tel autre vous lance un petit mot d'encouragement ou amical, vous offre un sourire ou une plus longue conversation. Y a comme un vague parfum d'humanité qui flotte, et le premier qui vient me parler de communauté me casserait l'ambiance: la richesse de ces petites rencontres, c'est précisément l'hétérogénéité de leurs participants, en dehors d'une passion partagée, mais pour des raisons fort différentes elles aussi. J'y ai déjà rencontré plusieurs individus attachants. Mais voici ma faiblesse: je m'attache facilement.

Dans ce petit théâtre, (ici, faudrait citer Shakespeare, prendre le risque de la cuistrerie) je me suis peu à peu forgé le rôle du ronchon, de l'imprécateur agacé, du jamais content. Apparemment ça ne déplait pas. Si on était dans le marketing, on dirait que j'ai trouvé "mon positionnement". C'est assez pratique, un positionnement, le scripteur est repéré, il a une identité, le lecteur sait pourquoi il vient - ou ne vient pas-. Mais aussitôt, apparait le danger. Comme tout positionnement, se sentir obligé de s'y conforter; y perdre alors, tendantiellement, sa spontanéité, sa fraîcheur, l'innocence du début... ce pour quoi on est au départ venu.  Alors, on se répète, on rabache, on radote, on tourne en rond, on ratiocine. Et le lecteur le sent. Il se lasse. Il ne vient plus. Ce pour quoi il vient, est finalement ce qui le fera fuir.

Comme me disait un professeur, le début de la "vraie" folie, vient lorsque on commence à se prendre pour son costume: le chef d'entreprise se prend pour un chef d'entreprise, le consultant pour un consultant, le chanteur pour un artiste. En somme, si tu veux voir ton pire ennemi, c'est naturellement dans un miroir que tu le rencontreras. Donc, être vigilant. Repenser à ces vers de Kipling, qui chaque fois me bouleversent:

"Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, Réver mais sans laisser ton rêve être ton maître, penser, sans n'être qu'un penseur"(...  ) Si tu sais être bon, sans cesser d'être sage, sans être moral, ni pédant..."

Vous voyez: y a du boulot. Grincer, mais pas seulement.  "Moi si j'y tenais mal mon rôle, c'était de n'y comprendre rien".

Pour tout dire, il suffit d'un étrange regard, et soudain s'effondrent les pires certitudes.

Et derrière cela? Le silence.

dimanche, 13 mars 2005

Faites le test

Cowweb_1 En mon absence, qui durera deux jours, il faut bien que je vous occupe. Alors, je vous propose un test qui mesurera votre intelligence émotionnelle. Regardez la photo ci jointe.

à qui ou quoi vous fait elle penser?

qu'avez vous envie de lui dire?

Je relève les copies mercredi. Résultats du test personnalisés garantis.

jeudi, 10 mars 2005

Mes grands débuts dans l'achat d'art

2020oeuvreart_1 Dans l'enfer de la blogosphère, je tirais ce soir-là mon épingle du jeu.

Joue ta carte. Mais joue là à fond. Telle était en ces temps ma seule et unique loi.

Je ne voulais plus, en effet, revivre le souvenir entêtant des années perdues, les rendez-vous manqués, et cette phrase, lancinante: "l'histoire ne repasse pas les plats". Hanté par l'obsession de me remettre à flôt, je n'attendais qu'un appel du destin. J'en demeurais certain, l'avenir finirait par me lancer un nouveau défi, et ce jour-là, bon sang, j'apalguerais de nouveau la vie au colbac; je saurais faire rendre gorge au mauvais sort.

Comme toutes les grandes décisions qui marquent une vie de leur pierre blanche, tout se fit rapidement, en un tourbillon, d'un simple déclic. Presque naturellement. Un jour la légende serait réécrite, enjolivée. Je veux dire ce qui s'est réellement passé. Sur un blog voisin et ami, un dessin modeste en apparence, ou plutôt sa version jipègue mise en ligne. D'un clin d'oeil, j'identifie la marque indélébile du talent (*) . Une vision du monde. Un univers torturé. Entre Egon Schiele, Pollock, Dubuffet, et Uderzo.

A l'issue d'une enchère échevelée (désolé, Chloé, mais à la guerre comme à la guerre), j'emportais le morceau, à des niveaux qui -à l'homme de la rue- donneraient facilement le vertige. Qu'importe, puisque une nouvelle vie venait de démarrer. Désormais, je serais acheteur d'art. Maman: je triomphe à Paris...

M'étant acquitté de ma dette (**)  Obtenant tout de même et sans supplément de prix les crayons de couleur, j'y verrais comme un symbole: l'oeuvre d'art jamais n'est terminée. La couleur dissociée de l'oeuvre elle-même, comme un rappel à cette modestie qu'impose la loi de l'existence.

(*) véridique??

(**) véridique!!

Meet them high

Ca y est je les ai croisés, j'ai mis des visages et des voix sur ces noms qui m'amusent, m'enchantent, et m'intéressent. Manquaient quelques stars, mais les absents aiment toujours Michelle Torr.

Merci donc à chaque personne avec qui j'ai pu discuter hier, pour ces moments de rare félicité qui accompagneront le vieil homme que je suis jusqu'à mon dernier souffle.

Mise en ligne colonne de droite, de quelques photos. Une belle brochette de canailles.

dimanche, 06 mars 2005

Le blog m'a tuer

Mesdames, messieurs,
Excusez-moi de vous déranger, je sais que vous êtes souvent importunés, mais croyez moi la vie n'est pas tous les jours facile.
Je m'appelle Hervé Resse, j'ai 47 ans, j'étais marié, un enfant. Je menais une existence honnête, une activité professionnelle minimale me permettait de payer mon loyer exorbitant, de vétir ma progéniture et de lui assurer la pitance, au moins un plat chaud quotidien. Je n'allais plus à la messe depuis longtemps, mais je ne piquais pas non plus dans les troncs. Malgré un excès de poids assez considérable, je n'avais ni cholestérol, (ce qui me donnait toujours un avantage sur Jacques Weber et son danacol)  ni tryglicérides, encore moins du diabète.  (*)
J'avais su résister aux excès de boisson, ne buvant que des whiskys à 200 balles, et des vins de qualité, Aloxe Corton, Saint Estèphe, Jurançon moelleux, en quantités pas toujours raisonnables, mais  jamais plus que je ne pouvais régurgiter. De même le vol à l'étalage, les harcellements moral et sexuel, la pratique quotidienne du quinté +, m'étaient étrangers. Je ne fumais plus depuis près de 15 ans, et j'avais même oublié comment on roule les pètes à 3 feuilles. Je ne téléchargeais sur internet que des photos entre majeurs consentants, et des mp3 que je possédais déjà en vynile. (**) Je n'étais pas abonné au PSG, et j'avais fini par résilier mon contrat avec Canal+. Je cotisais sagement  à un fond de retraite complémentaire (***)

Et puis, soudain, ma vie bascule. Et là, c'est le drame.

Par un beau jour d'été 2004, alors que nous devisons vautrés sur le sable chaud d'une plage des bahamas des charentes-maritimes,  un ami de 20 ans (****) me demande si je sais ce qu'est qu'un blog. Bien que travaillant dans la sphère o combien trépidante de la communication, je lui demande s'il veut parler de ces boissons chaudes à base de rhum et citron qu'on servait jadis dans les estaminets. En quelques phrases enthousiastes, il me remet les idées en place et me jure que ce truc est fait pour moi. Sitôt de retour en ville, je m'inscris chez Typepad et envoie mon premier post.

La suite, vous la devinez.

Un texte quotidien, bientôt deux, puis l'engrenage infernal. Les premières statistiques  sont encourageantes, 15 visites journalières. Bientôt, 20, 25... Le vertige me saisit. Bon sang, ils reviennent! Ils aiment ça les bougres. Je vais le leur en donner. En 7 mois ce seront  près de 30.000 visites (moins les miennes, ok, ok). Des gens dont j'ignorais tout, bien plus jeunes que moi, souvent, et l'on sait l'influence déplorable que les plus jeunes ont souvent sur leurs aînés, me laissent des messages amicaux, m'encourageant à persévérer. Ce ne sont qu'échanges de mails, bières, clins d'oeil sympas. Mais derrière cette façade reluisante, se dessine la terrible, la redoutable, l'inévitable addiction. Non content de m'imaginer promis à un avenir d'écrivain, j'en oublie peu à peu mon travail, demeurant des heures scotché à l'ordinateur professionnel pour ironiser sur des faits de société sans importance, des émissions de télé que je n'ai même pas vues, des déclarations d'individus qui selon toutes vraissemblances n'ont même pas mon niveau universitaire.
Pris dans le tourbillon, je perds tout contrôle. Me prends à lire les blogs des autres, par dessus le marché. Inutile de refaire  ici la longue liste (voir colonne de gauche) des salopards garçons et  filles qui m'auront détourné du droit chemin de la retraite à 75 ans à laquelle me promettait mon statut envié de profession libérale d'artisan-patron précaire.

Les prédictions en leur temps annoncées par ma pauvre mère (tu me rendras folle, ce n'est pas le football qui te nourrira plus tard, tu n'es qu'un garçon influençable,  tu n'as pas le sens de la mesure, cesse de reprendre trois fois des nouilles, il serait temps que tu te mettes à travailler, la vie se chargera de te redresser, moi ce que j'en dis c'est pour ton bien, ma vie à moi est faite, il n'y a pas que Frank Zappa et les copains, etc.) prennent soudain le cruel visage de la vérité.

Bientôt réduit à l'indigence, incapable de regagner le monde réel, je serai d'ici peu chassé de chez moi, mon ordinateur sous le bras, et va trouver une connection wifi dans les centres d'accueil où se presseront bientôt les malheureux de mon espèce Car on ne le dit pas assez. Les médias se taisent pour éviter que sorte le scandale sur la place publique. Mais nous sommes des centaines dans ce cas, je le devine, je le sais.

J'en appelle donc mesdames messieurs à votre générosité. Je vais passer parmi vous. O ce n'est pas d'argent qu'il est ici question, rassurez vous, je sais que les temps sont durs pour tout le monde (*****). Un sourire, un mot de réconfort, l'adresse d'un blog de désintoxication, un regard compatissant. Et estimez vous heureux que je ne vous chante rien.

(*) véridique
(**) véridique
(***) véridique
(****) véridique
(*****) véridique