Jusqu'en enfer, j'avais dit. Ils se battront jusqu'en Enfer. Lao-Tseu, vainqueur. Le match n'aura pas tenu ses promesses. KO Technique. Renvoyé dans son coin par l'arbitre, Hervé Resse rejoue la séquence dans sa tête: 3 blogs c'est au moins un de trop. Choisir, c'est renoncer. Et déblatérer sa rengaine, ça n'a qu'un temps. Je me suis toujours trompé moi-même, songe-t-il. Mais au moins je ne me ménage pas. Je ne vais pas prendre le risque de devenir ma propre caricature bloguienne. On a sa dignité.
Si je vous disais ce que je pense vraiment, je me ferais peur à moi-même, la maison Typepad me rappelerait à l'ordre, je me retrouverais avec dix procès sur le dos et la risée de la blogosphère entière!! Je vais donc m'occuper de choses vraiment importantes, urssaf, taxe pro, assurance professionnelle, caisse de retraite, qui n'ont rien à me proposer en échange, mais comptent bien que je m'acquitte dans les délais des sommes qu'ils estiment leur être dues. Ensuite, la société ne pouvant rien ni pour mon EURL, ni pour son gérant, sinon ses condoléances, je la fermerai sans doute pour aller grossir le rang des seniors dont les entreprises ne veulent pas car soit ils coutent trop cher, soit ils sont insuffisamment malléables. Ou les deux, comme disait Chabat chez Burger-Quizz.
J'espère quand même passer l'hiver, hein, ainsi le printemps revenu, j'irai m'asseoir cinq minutes sur un banc pour revoir une fois encore le défilé concerné des futurs retraités à 50 ans et des intermittents du spectacle qui sont les vrais sages de ce monde, vu qu'ils ont compris le système. Bon j'arrête là, je sens que je vais déraper. Merci à tous d'être venus. RadioResse continue jusqu'à fin décembre, la programmation étant quasiment faite, ce serait dommage de gâcher un choix de si bonnes chansons!
Je lis en ce moment "Le règne de Narcisse" du psychiatre, psychanalyste et prêtre Tony Anatrella. Il y fustige la pensée dominante ultra individualiste aujourd'hui triomphante, où la réalisation et "l'accomplissement" de tous ses désirs constitue le seul et unique projet acceptable de l'individu, que la société est sommée de valider en tous points, au nom du respect des "droits" et d'une vision discutable de "l'égalité"; dont l'aboutissement sera la reconnaissance du mariage des personnes de même sexe, et la validation par l'Etat de l'homoparentalité comme principe acceptable, affirmé comme progrès en soi, ce que conteste l'auteur à travers maints arguments.
Autant le dire, l'ouvrage, assez peu médiatiquement correct, ne bénéficiera pas d'une promotion démente par la presse et la télévision, même si je dois reconnaitre que j'en ai eu connaissance à travers une émission de radio diffusée la semaine passée.
Il était au reste amusant d'entendre la journaliste préciser toutes les cinq minutes qu'inviter l'auteur ne signifiait en aucune manière qu'elle partageât ses thèses le moins du monde. Quelques auditeurs vinrent réagir aux propos du psy. Certains pour l'approuver. D'autres ne partageaient pas loin s'en faut son analyse. Ils ne purent alors s'empêcher d'exprimer leur indignation, leur froide colère qu'on pût ainsi développer une thèse opposée à la leur. Ce qui est pourtant la vertu même du débat. On put même entendre qu'inviter un tel homme était proprement indigne. Comme si le seul fait de contester cette évolution possible de la société relevait de l'infamie. Le mot d'homophobie fut alors prononcé (et rappelons qu'il s'agit aujourd'hui d'un délit). Dès lors l'auteur ne put davantager étayer sa thèse, mais fut contraint de démontrer que son opposition de principe s'entendait au plan d'une vision de la société et de son évolution, ne révélant en revanche aucun mépris pour les personnes et leurs inclinations sexuelles.
Je ne souhaite pas ouvrir ici le débat sur ces questions. Juste souligner comme est étonnante cette société de liberté où l'on ne peut plus réfléchir, penser, commenter telle ou telle évolution possible du corps social, dès lors qu'une frange de la population a réussi à placer le thème sur le terrain a priori intouchable du droit à l'égalité, l'échange d'arguments contradictoires n'étant plus possible que sur celui de la culpabilisation.
Voulez-vous que je vous dise? Une société comme celle-là se prépare avec le populisme, avec les votes protestataires (remember 2002? 2005?), avec le puritanisme et les retours de bâtons, des lendemains de fortes fièvres... Et ne croyez surtout pas que cela, me réjouisse un seul instant.
L'hebdomadaire l'Express se penche cette semaine sur la bonne vieille différence homme/femme, et les multiples façons modernes de l'évaluer. Modernes, entendez indiscutables, puisque nous sommes bien d'accord, la modernité n'est pas une option prmi d'autres. C'est une obligation éthique. Femme versus Homme. Sujet inépuisable pour les narcisses que nous sommes. Mais si vous croyiez qu'on pût encore raisonner à partir d'un bon vieux binome, style yin-yang, positif/négatif, pôles sud et nord, mâle/femelle, et en déduire benoitement que l'équilibre pouvait provenir de la complémentarité harmonieuse des contraires, vous vous fourrez, autant le savoir, non pas le coude, mais les deux bras dans le même oeil.
Sans parler des innombrables questions aussi récurrentes que réjouissantes, comme "les femmes ont-elles une âme", "nait-on femme ou le devient-on"? "la femme est elle l'avenir de l'homme?... de la politique?.. du football?..", des débats tout à fait passionnants s'offrent à nous, grâce à l'inépuisable capacité de l'être humain à théoriser sa propre vacuité.
Ayant fait un point plutôt rapide sur l'état de la recherche en matières de génétique, chromosomie, procréations assistées par ordinateur, l'Express s'attarde sur LE véritable sujet du dossier, qui n'est pas tant la (ou les) différence entre homme et femme, mais bien le ou les moyens de l'éradiquer une bonne fois pour toutes.
Passons sur l'émergence du 3ème sexe, dont même ma concierge est désormais consciente de son caractère impératif. Glissons sur les rites d'ici ou ailleurs invitant l'homme à une féminisation jusqu'alors confinée au symbolique, et où diantre ai-je rangé ce petit porte jarretelles rouge acquis la semaine passée. De même laissons à Freud la dimension éminement bisexuelle de l'être humain, platitude qu'on n'ose même plus enseigner dans les écoles maternelles, où les jeunes garçons DOIVENT passer au moins une demie heure par jour au "coin poupée", sans quoi la famille est immédiatement convoquée pour signalement aux instances médicopédagogiques. Oui j'exagère un peu. A peine.
Tout ça est connu et râbaché. Le vrai truc tendance, renseignez-vous, n'est ni la complémentarité des sexes, ni leur combat pour qu'on pût accéder un jour à une vraie égalité, ni l'admonestation sentencieuse à assumer sereinement sa part "autre"; pas même l'affirmation du sexe "synthèse" cher aux transgenders ou crossdressers de tous poils. Aujourd'hui, le truc à penser, c'est une certaine Joy Sorman qui l'expose: affirmer l'exigence du nouveau concept, la "virilité féminine". Tout faire pour que "le mec n'ait plus l'air d'un mec, et la fille pas l'air d'une fille". L'objectif n'est pas "l'égalité des sexes", vieille lune ringarde, mais "qu'il n'y en ait plus qu'un seul". A cette jeune personne, dont on ne sait s'il faut l'appeler monsieur, madame, machin, on suggèrerait volontiers, tout-à-trac, d'aller "voir quelqu'un", comme on dit pudiquement, manière de faire le point sur une identité peut-être chahutée à certaines phases de son existence? Sauf que. Pas du tout. Car ce bon vieux Joy l'affirme, son "projet est foncièrement politique". Ah, évidemment, si c'est politique, ça coupe court à toute contestation. On n'est plus dans le délire, mais dans le projet. C'est pas au niveau de l'inconscient que ça se passe, chez Monsieurdame Sorman, c'est au niveau de la stratégie: un seul sexe, et tout le monde au pas. L'avenir sera monochrome ou ne sera pas. Car il faut coute que coute, sentence tellement éculée qu'il n'est même plus besoin ni de la discuter, ni de la justifier, "s'arracher aux représentations sexuées que la société impose".
Pour le coup on en viendrait presque à regretter les bonnes vieilles féministes hystériques des seventies, qui prétendaient me terroriser le mental à grands coup de "phallocrate", "sexiste" "misojean's", pour peu que j'eusse osé contester telle de leurs assertions. On évoquerait même avec un rien d'attendrissement les chiennes et meutes d'hier, qui fantasmaient peut-être des scénarii de revanches de mémère sur pépère, enfin reconnue Mémère Supérieure, mais qui envisageaient encore l'espèce humaine sous l'angle de la biodiversité.
Sauf que celles-ci probablement, sont les mères et les grands mères de celle-là.
Vous allez voir un peu la semaine qui tue:
Lundi: j'achète le figaro du lundi, et je me dis que j'aimais mieux avant. j'installe ma webcam achetée samedi. Et mon skype, pour être au top.
Mardi: Je porte ma voiture au garage pour réparations. Je vais manger chez mon meilleur ami. Mon ami, mon petit frère, mon grand frère, mon parrain, mon ancien patron, mon confident, mon conseiller. Tout ça à la fois. Il y a des gens qui ont de drôles de destinées.
Mercredi: je n'achète plus le canard enchaîné. C'est à des décisions comme cela qu'on se demande si on n'a pas pris un coup de vieux. Skype marche pas, j'ai un conflit avec ma webcam. Leo Ferré chantait: "la vie moderne, oh lala..."
Jeudi: mon consultant en avenir professionnel trouve que j'ai des tas de qualités. je lui suuggère de prendre une pleine page de pub dans le figaro du lundi pour en convaincre les décideurs économiques. Il semble hésiter. j'envie vinvin qui voit des motards se scratcher la margoulette, mais moi, ces choses là ne m'arrivent jamais.J'ai acheté le numéro 2 du supplément des Echos sur le management! Quel pied!!
Vendredi ma vouature est pas réparée. Panne de la machine à peinture. Revenez lundi! Dans un sens ça tombe bien, mon ophtalmo m'a fait "un fond de l'oeil", et je n'y vois plus goutte. Notez cette expression signifiant qu'elle vous en a mis beaucoup, des gouttes. J'ai pas voulu faire de note sur la nouvelle ineptie "j'aime ma boite.com", la fête des entreprises. Peuvent bien faire ce qu'ils veulent, tous ces crétins, la fête à noeuds-noeuds jusqu'à la fin des temps. Je n'ai plus rien à dire sur le sujet. On découvrira dans cent cinquante ans tout le génie de Philippe Muray, qui a tout dit sur la question, et n'est toujours pas entendu. Pour ma part, je baisse les bras. Trop de cons au mètre carré.
Samedi. j'ai enfin mes nouvelles nunettes.voir ci contre
Dimanche. j'ai trois numéros plus le complémentaire. (véridique)
Encore une semaine de passée. Vivement jeudi, le supplément numéro 3 des Echos sur le management. Quel pied!!
Toute ressemblance avec des jidédé dynamiques serait naturellement fortuite et involontaire.
Tiens! Une nouvelle polémique footballistique, qui au-delà du joli ballon tout rond nous en dit beaucoup sur l'air du temps.
Chacun s'accorde à penser que les joueurs de haut niveau, avec plus de 70 matches par saison, sont soumis à des cadences véritablement infernales, que les salaires mirobolants ne sauraient justifier, et qui, dans un monde d'abord soumis - parfois jusqu'à l'excès- au sens pratique, pourraient encourager la prise de substances dynamisantes... mais que la morale réprouve.
Fort heureusement, chacun le sait, le foot se place comme tous les arts majeurs (voir note précédente) au-dessus de la morale même. Nous sommes sauvés. Provisoirement.
On apprend en effet que l'équipe de France se serait engagée, via sa Fédération, à disputer un match amical en Martinique, mais! trois jours avant un autre depuis longtemps programmé contre l'Allemagne, en métropole cette fois. Décalage horaire, voyage aller-retour, dans un agenda déjà surchargé, ce déplacement tombe aux dires des clubs comme un cheveu de Barthez dans la bouillabaisse. Risques de blessures aggravés par la fatigue, failles dans le réglement n'obligeant pas les clubs à libérer leurs vedettes pour ce match, les arguments s'échangent comme autant de tacles musclés.
Sauf que.
Le dit match serait organisé à titre humanitaire, en solidarité avec les familles des victimes du crash d'avion survenu en juillet dernier. Et cela, apparemment, suffirait à clôre la discussion. Quand l'humanitaire est convoqué, quand la morale s'échauffe sur le banc de touche, a-t-on seulement le droit de discuter? Oui. Mais en vrai, que vient-elle faire en cette galère? A quel titre l'Equipe de France aurait-elle un quelconque devoir vis-à-vis de ces malheureuses familles? Ce serait oublier que les internationaux issus des domtom sont assez nombreux dans la sélection. Mais en quoi cela concerne-t-il les clubs, qui payent les joueurs? Entre l'intérêt général et les sentiments particuliers, sur quoi fonder l'action, sinon la raison? N'y aurait-il pas, derrière tout ça, plus qu'une opération d'image: un chouïa de démagogie?
Après la brillantissime victoire de nos couleurs face aux foudres de guerre chypriotes, il y a une semaine, nombre d'observateurs avaient noté le manque flagrant d'enthousiasme manifesté à l'heure du sifflet final par le captain Zidane, plus pressé de rejoindre son vestiaire que de commenter le jour de gloire qui est arrivé.
L'explication nous est aujourd'hui révélée par le quotidien du sport. La prestation du number dix contre la terrifiante formation suisse, trois jours plus tôt, avait été, comme on dit, jugée de façon contrastée. En clair, il avait joué comme une patate, et certains l'avaient suggéré; au mieux, du bout d'une lippe aussi discrète qu'iconoclaste, mais c'était déjà beaucoup. Et ces remarques n'eurent pas l'heur de plaire au Providentiel: " C'est toujours embêtant d'écouter certains commentaires faits par des gens qui ne comprennent pas grand-chose au football. A la limite, de ceux qui savent ce qu'est ce sport, je veux bien entendre certaines choses... Mais que des personnes qui n'ont jamais tapé dans un ballon se permettent de parler de cette manière, c'est plus difficile à admettre. J'ai envie d'être polémique.»
Voilà, voilà. Dans le monde selon Zidane, on peut: accepter la mine basse qu'un sélectionnable décide unilatéralement de se retirer sous sa tente, tel Achille en short, au mépris flagrant de tous les réglements. On peut se lamenter de son absence, le jospiniser, le degaulliser, le zidaniser. On peut le jour venu pavoiser à son retour, et l'oeil humide de reconnaissance, chanter ses louanges chaque jour que dieu fera, qu'à côté Jean-Paul 2 eut semblé un repris de justice. On peut le glorifier, le sanctifier, lui ériger des statues, l'aimer, le cajoler, le zizouner, trembler pour chaque douleur à ses aducteurs, se mortifier du moindre de ses rhumes, et souligner surtout à quel point si le footballeur est grand, l'homme caché derrière est immense.
Mais dire qu'il a pas bien joué un match, qu'il manquait de compète, qu'il n'avait pas 90 minutes dans les pattes, qu'on aurait pu le sortir à l'heure de jeu pour le préserver un peu, ça, dans le monde de Zidane, on peut pas. A la limite, (sic) il veut bien dans sa mansuétude entendre des critiques de ceux qui savent "ce qu'est ce sport". C'est vrai quoi merde, le foot, si ça devient le truc à tout le monde, c'est où qu'on va, tu me le dis? Un sujet pour éminents spécialistes, le fouteballe! Pareil l'art byzantin, la cryptozoologie, la physique quantique, ça requiert des pointures... des experts... des savants! Une chaire au Collège de France, il faudrait, pour causer sérieusement ballon. Des séminaires, des symposium, des colloques, où viendraient disserter nos éminences sur l'art de la roulette au début du 3ème millénaire. Sinon, les profanes, les journalistes, bouclez-la. Applaudissez, esbaubissez-vous, mais de grace! point de commentaires. Sa Sainteté piétine le gazon.
Dans le monde selon Zidane, impossible de commenter l'alboum de Lara Fabian si tu as pas dix ans de chorale ou de solfège. Tu critiques pas un film si t'as pas tenu une caméra. Tout à l'avenant. La boulangerie aux boulangers, le foot au footeux, la France aux... Non je dérape. Il y a des fois où certains footballeurs, si brillants soient-ils, feraient mieux de parler avec leurs pieds, plutôt que de réfléchir avec.
Grippe aviaire. Détournements de jambons à la SNCM. Crise d'amoniaque dans les vestiaires du PSG. Dieudonné contre Fogiel, épisode vingt-douze. Sans oublier: qui est Catherine Médicis, mystérieuse pamphlétaire anonyme de droite, dont tout le monde en réalité se contrefiche, je vous en colle mon billet, autant que du journal d'Anne F., future ex première dame de Navarre, si dieu veut. Mari vaut bien une presse, eut dit Henri IV.
Après moi, le type le plus à plaindre dans ce pays est sans aucun doute le gusse actuellement chargé des revues de presse quotidiennes. On a que l'actualité qu'on mérite, et serait plus que temps de nous regarder un peu en face, pensez-pas? Rien à vendre, rien à raconter, rien à espérer, rien à savourer, rien à croire, rien à débiner, 2005 n'est pas encore refroidie que c'est déjà 2007 qui se pointe, son infatigable cohorte de candidats à la candidature aux investitures, que même la Mairie de Paname à la sienne où madame Panafieu a déjà son slogan pour 2008!!! Panafieu, paris gagnant! Ca c'est du slogan les gars. Et non pas Panaris, mafieux gagnants, qui ne veut rigoureusement rien dire.
La tendance quoi qu'il en soit, c'est donc impasse sur le 6. Une année de merde, à n'en pas douter. A la coupe du monde près, qui nous occupera bien le premier semestre.. En attendant la pandémie.
Quand je pense que petit je voulais faire journaliste!
J'ai déjà évoqué ici mon ami Jean Bureau, responsable de ma présence sur la blogosphère, puisqu'il avait voici plus d'un an attiré mon attention sur un phénomène émergent à côté duquel j'étais à deux doigts de passer, et mon avenir en eût été asssombri...
Voici sa récompense! Jean édite un blog d'observation des pratiques sociales et politiques. Il les dissèque sans complaisance ni parti pris idéologique, ce qui le rend diablement intéressant.
Le voici invité à participer ce dimanche à l'émission de France 2 "J'ai rendez-vous avec vous" animée par Rachid Arhab, pour y aborder la question de "la place des femmes en politique", qu'il traite également dans la présente note.
Encore une preuve que le blog devient un média légitime!
Bonne chance ami parrain !
On m'a gentiment envoyé le questionnaire de Pivot, que je ne connaissais pas. Allez, tiens. J'ai répondu.
Quel est le mot que vous préférez ? Liberté
Quel est le mot que vous détestez? Non
Quelle est votre drogue favorite ? Anxiété
Quel son ou quel bruit aimez-vous? note de musique
Quel son ou quel bruit détestez-vous? Aboiements
Quel est le juron, gros mot ou blasphème que vous préférez ? Fils de pute
Quel homme ou quelle femme choisiriez-vous pour illustrer un nouveau billet de banque? Jean Moulin
Quel métier n’auriez-vous pas aimé faire ? Flic
Quelle est la plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné? Un ajonc
Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous l’entendre vous dire après votre mort? Prend place, mon frère.
Je reçois encore des commentaires sur les notes de mon ancien blog, la première saison, "Le Côté Obscur de la Farce", et pour la deuxième fois seulement j'ai écrasé un commentaire. En effet, je pestais l'espace de deux lignes contre les ligueurs qui veulent interdire le foie gras. Et une internaute tombée chez moi par je ne sais quel googlerie, se permet de mettre des liens vers des sites prohibitionnistes, et proposer de réjoindre la pétition contre le gavage!!! Non mais, je rigole?
D'où elle vient poser sa propagande antispéciste Chez MOI? Un gars dont la belle-mère fait ses foies depuis cinquante ans, un type qui traine au moins un fois l'an dans les vallons de Madiran, et pour qui un foie de canard accompagné d'un Jurançon de chez Ramonteu ou un Pacherenc Vendanges tardives, est un des plus beaux dons de la terre.... Elle pensait sérieusement que j'allais lui laisser débiter ses schwarzennegeries puritaines sans réagir??? Elle s'est crue chez Bougrain Dubourg???
Mercredi:
La demoiselle a constaté que j'avais enlevé sa réponse. Bonjour la liberté d'expression, dit-elle. Voilà ce que je lui ai répondu:
R ien à voir avec la liberté d'expression. Je respecte vos points de vue (tout en les désapprouvant à 200%).
J'ai laissé votre premier post parce qu'il exprimait un point de vue. j'ai enlevé le second parce qu'il fait de la promo pour des sites que je désapprouve. Si je venais faire de la pub pour un fabricant de foie chez vous, vous le laisseriez? non. et ce serait normal. pas parce que vous avez raison et moi tort, ou l'inverse, mais parce que rien n'oblige quelqu'un à faire de la PUB pour quelque chose qu'il désapprouve
Mon blog est à moi et rien ne m'oblige à héberger des liens vers tel ou tel site, et ce sont mes critères qui prévalent. je vous encourage à faire un blog où vous pourrez mettre tous les liens qui correspondent à vos idées.
J'ai aussi enlevé un post qui comparait les féministes aux nazis. j'ai trouvé ça insultant pour les femmes, je l'ai enlevé.
Dans ma note précédente je me moquais des services de com du morbihan, dont le slogan pour sensibiliser les jeunes aux méfaits conjugués de la drogue et de la boisson lorsqu'on prend le volant:
le pétard c'est ringard ,
me parait pas terrible...
La délicieuse IK me prend au mot: Tu m'étonnes Hervé , le pétard c'est ringard , ça c'est du slogan , disons qu'ils ont au moins essayé, non je rigole c'est tout pourri ... Tiens mais si nous devions communiquer on dirait quoi de mieux ?? tu te lances Hervé ?
Merci à toi, chère lectrice, de m'offrir l'opportunité d'une note à épisode... Allez, je me lance! Et je lance aussi un concours (la fréquentation d'Emery, qui me joue des tours?) Trouvons un chouette slogan pour la prévention dans le Morbihan!! Rien à gagner, je vous le dis tout net. Juste le plaisir du combat des mots?
On droit à plusieurs propales.
Voici ma première
Vous faîtes quoi, Samedi?
On boit... On fume... Et on s'la pète!
Je vous laisse imaginer les visuels trash-crash, je suis pas graphiste, non plus...
Le département du Morbihan, cher à mon coeur, je le rappelle, est le seul à n'avoir pas connu cette année une baisse des accidents de la route et des tués, nous apprenait ce samedi rance-info. Un accident sur trois y implique des jeunes. L'alcool et le cannabis au volant font des ravages. A la réputation des Bretons alcooliques, s'ajoute cette tendance de la jeune classe à trop tirer sur le oinj. Et les pouvoirs publics rappellent que le shit d'aujourd'hui, c'est de la bombe par rapport à celui que consommait les parents de ces jeunes (en gros MA génération). Nous on avait du cana de tapettes, et eux l'ont boosté grave en THC (aux OGM?)
Du coup, la préfecture frappe fort, et lance une grande campagne de sensibilisation. Avec ce slogan qui c'est sûr, en dissuadera plus d'un, dans les Fest Nosz:
"le pétard, c'est ringard".
Même bourré, ou stoned à vômir, j'ai l'impression que j'aurais pu faire mieux, et pourtant je me suis interdit d'émigrer vers l'ouest, me disant que j'aurais du mal à faire là-bas mon trou dans la communication...
Est ce que mon organe vous inté-RESSE?
Je veux dire mon organe vocal, vous l'aurez supputé.
Julien, le podcasteur fou, a interviewé votre serviteur et rédac chef de Potin Blog pour encore 1journée 1/2... Je suis pas peu ravi, et ça me rajeunit de vingt ans, quand je causais dans le poste aux heures bénies de la radiolib', et me réécoutais ensuite comme on s'auto congratule de l'ombilic. Si vous connaissez quelqu'un chez Rance Inter, je veux bien me faire pistonner, et enfin trouver ma voie, (sans me couper la tête, cf le Lotus Bleu).
22h03. Le premier tiers temps de l'opération VSD chez Potin Blog touche à sa fin. J'en ai qui assurent comme des bêtes! D'autres ne donnent plus signe de vie. Rebellion? Prostration? Ou alors fourbit-on en secret des arguments massues qui sauront me bluffer, me rabattre mon caquet? Samedi peut-être nous le dira.
De mon côté je suis bien embêté, j'ai une vidéo à faire passer sur le site, mais je suis pas Vinvin, moi, et les html et logiciels ad hoc me sont étrangers. si d'ici demain l'un de vous peut me dépanner, je leur enverrai mon petit message de réconfort à moi... J'en rie déjà.
Ils m'ont proposé d'y aller. J'y suis. Mais bizarrement, je sens qu'ils le regrettent déjà, les potineurs. Je crois deviner des ruades. Certains laissent entendre que je les aimerais pas... D'autres trouvent que je leur parle trop sévèrement... Ou que je donnerais dans l'autorité! Qu'est ce qu'ils croyaient, les potineurs? Matez la photo en haut à gauche, les gars! Un OURS. Vou avez confié les rènes à un ours! Vous espériez quoi? Qu'on allait prendre le thé à la Marquise de Sévigné? Manger des macarons fins dans une ambiance germanopratine???
Mais je suis né à Gennevilliers, les petits loups! J'ai grandi à Auber, puis à Asnières dans le quartier nord, en face d'un bidon-ville, les gars y chassaient le rat à la carabine, ok? Même si je fais de gros efforts, je peux pas non plus promettre qu'on tiendra les conf' de rédac aux 2 Magots!
Allez, soyez forts: le journalisme n'est pas une vallée de roses, mais rien n'est meilleur que rendre un papier bien tourné.
Vous connaissez PotinBlog et sa bande de zouaves?
Voilà qu'ils lancent un nouveau concept. VSD. Confient le temps d'un week end, le rôle de rédac chef à un blogueur de renom. Alors forcément, hein, pour le numéro 1, à qui ont-ils demandé, selon vous? (*)
J'aurais dit pareil que vous. Et le plus étonnant, c'est que j'ai répondu "oui".
Dès jeudi soir, vous entendrez là bas mon interview audio, podcast réalisé par Julien. Puis, durant 3 jours, J'irai vous proposer une ou deux notes sur des sujets dont j'ignore tout, glisser 3 blind tests de mon cru, et surtout "coacher" dignement cette horde de trentenaires bobos, baissebèges, pour les conduire si Dieu veut à une brève mais vivifiante (du moins j'espère) et peut-être tumultueuse remise en question de leurs certitudes bloguesques. Après tout, c'est eux qui ont eu l'idée, hein...
Pendant cette mission à durée très déterminée, RadioResse continue. Et je viendrai ici vous entretenir des émois que procure soudain l'ivresse du pouvoir, sur tant de gens qui finalement sont tous beaucoup plus connus que moi...
(*) oui, oui, les chevilles, tout ça... Je sais.
Quand j'étais môme, nous étions chaque année invités chez la mère de la meilleure amie de ma mère, pour fêter Roch Hachana. Nous étions les seuls goyim de la soirée. Micheline et ma mère s'étaient connues à 12 ans, c'est à dire en 1942... Et jusqu'à la disparition précoce de l'une des deux amies, jamais elles ne se quitteraient, se téléphonant un jour sur deux, et peut-être qu'un jour je vous dirai pourquoi... Micheline portait l'étoile jaune, mais sa famille ne fut pas déportée car elle était la fille d'un chirurgien ophtalmologue, réquisitionné pour soigner les blessés de guerre allemands. Ils habitaient une immense maison à Montmorency, superbe batisse de plus de vingt cinq pièces, au milieu d'un beau parc.
Chaque fois que je me retrouvais là, à Montmorency, deux éléments ne lassaient de m'étonner... Je ne comprenais pas que dans une famille aussi aisée on pût manger aussi mal!! La mère et la grand-mère étaient les pires cuisinières que la terre ait jamais portées. Je compris plus tard qu'il y avait chez elles une sorte d'élégance et de détachement fâce aux nourritures terrestres... N'importe: pour l'enfant que j'étais, la soupe aux boulettes qu'on servait à Roch Hachana était l'épreuve la plus éprouvante de l'année...
L'autre élément était plus surprenant, que je n'oublierai jamais. Sur le grand buffet du salon trônait une grande plaque, et sur cette plaque n'était écrit qu'un mot, en lettres gothiques. Et ce mot était : Kommandantur. La gigantesque maison avait en effet été elle aussi, réquisitionnée. Evidemment je ne comprenais pas qu'on pût garder chez soi un tel "mauvais" souvenir, lui octroyer même la place généralement dévolue, dans les maisons bourgeoises, au portrait de l'aïeul. Je n'apprendrais que plus tard le deuxième sens du mot "mémoire".
Un jour, j'étais adolescent, nous leur avions rendu visite, pour trouver les deux vieilles dames en larmes. Elles avaient "encore" été cambriolées. Et ce qui les avaient rendues le plus tristes, ce n'étaient pas les argenteries volées. Ce qui les avaient le plus frappées, était que cette fois, les monte-en-l'air avaient emporté toute une part de l'histoire familiale. '"Vous vous rendez compte. Ils nous ont même volé la plaque". Peut-on oublier pareille histoire?
Je me souviens de madame Perquel, la grand mère, première femme qui fut Présidente d'un consistoire, et qui bientôt nonagénaire, découpait la pomme, un quartier accompagné de sel, un autre de miel, pour symboliser les joies et misères de l'existence, et récitait les phrases rituelles avec une voix d'une infinie bonté. Il y a bien longtemps que madame Perquel est partie. Sa fille, aussi. Puis ma mère. Et puis Micheline, il y a quelques années. Le temps fait son travail, et la grande maison de Montmorency, qui longtemps fit office de garde meubles pour les affaires de ma mère, a parait-il été démolie.
Je les embrasse toutes, aujourd'hui, toutes ces femmes merveilleuses, solides, et droites, et joyeuses. Je leur souhaite une année qui ne soit que miel et douceur.
A partir d'aujourd'hui, mon blog musical RadioResse devient donc quotidien. Il durera jusqu'au 30 décembre 2005. Puis un moment de répit viendra, et je relancerai un autre blog musical pour les six mois suivants. Avec un concept différent. La passion pourra toujours s'exprimer, mais dans une approche renouvelée.
Telle est ma vision personnelle du blog: ouvrir des espaces à durée limitée, les refermer avant que je ne me lasse, ce qui revient souvent à lasser les visiteurs, aussi.
Quant à savoir ce que peut devenir ce blog ci... Le temps me manque pour le nourrir. J'ai de gros soucis professionnels, et donc peu de sérénité pour faire rire ou grincer des dents avec une actualité qui par ailleurs me navre. J'aime jouer la fibre de l'introspection, mais en ce moment je la conduis pour de vrai avec un consultant RH, un type formidable. C'est un vrai travail, porteur d'un véritable enjeu à court terme.
Il y a un type que j'envie sur cette blogosphère: c'est Christophe G., qui se met en danger, prend des claques dans la hure, continue vaille que vaille à mélanger ses réflexions de blogueur personnel, à y mettre de l'intime, ce qui pour moi n'est pas une faiblesse, et à assumer son discours de professionnel, patron d'entreprise et observateur professionnel de ce phénomène, quitte à mettre à nu son coeur ou (et) ses contradictions. J'ai eu la semaine passée l'occasion d'animer une présentation débat où il était avec Charles L. et Laurent D. l'un des intervenants. Je peux vous dire que sa réflexion témoigne d'une vraie profondeur.
Ce qui d'ailleurs n'interdit à personne de traiter l'univers blog sur un mode léger, drôle, rafraichissant.
J'envie Christophe parce que ce mélange des genres ne lui fait pas peur. Il l'assume, en dépit des volées de bois vert qui parfois viennent chahuter telle ou telle prise de position.
Oserai-je moi, vous parler du travail que je conduit en ce moment? Oserai-je exprimer en toutes lettres que l'idée que devenir, comme nous l'avons évoqué avec mon consultant, le érémiste le plus cultivé de France me fout quand même un peu les chocottes? Oserai-je parler de la déstabilisation que procure cette partie de funambule qu'est la situation de travailleur indépendant lorsqu'il vit pleinement le "retournement de conjoncture"? Oserai-je aborder la solitude ressentie à la veille d'une "grande journée d'action syndicale unitaire des salariés du privé et du public" (comme dans le pâté d'alouette et cheval: la recette? un cheval-une alouette)? Saurai-je exprimer que parler de sa vie et de ses difficultés dans un blog n'est pas se plaindre ou pleurnicher, ni rendre qui que ce soit responsable individuellement de ceci ou de cela? Si le blog ne peut être rien d'autre que la chronique heureuse de la belle vie joyeuse dans un monde formidable, il est certain que je n'ai rien à y faire, étant par nature porté à regarder les verres à moitié vides.
J'ai donc ce choix: silence, mensonge, prise de risque d'ennuyer un peu ceux pour qui tout va bien, qui pensent qu'évoquer les tourments relève forcément de l'indécence. Lao Tseu me dirait que........ ou que............. ou encore que.........
Mais autant le dire franchement: Lao Tseu m'emmerde.
Ca y est, nous y sommes: j'entends ce matin parler de "grosssophobie", qui serait le mépris des obèses. Sur mon blog de l'an dernier, j'avais pondu une note agacée sur ce énième discours victimaire . Et ça y est, le mot tant attendu est laché sur France Info: "grossophobe"...
Je n'ai même plus envie de développer des contre arguments: cette société qui passe son temps à tendre le micro aux pleurnicheurs et cheuses de tous poils me fatigue à un point que vous n'imaginez pas...
Un de mes bons amis a l'étrange faiblesse de faire comme vous. De temps à autres il vient voir si je n'aurais pas écrit ici une nouvelle ânerie, une méchanceté inédite, quelque rodomontade acerbe, ou diatribe agacée. Je ne peux pas être en colère tous les jours, cela dit. Mais pour peu qu'on m'y pousse, je ne rechigne pas à la tâche.
Or l'ami en question m'apprend qu'il ne peut plus se connecter sur Resse2. Le contrôle parental de son F.A.I. me désigne, l'ignoble délateur, comme site sensible et donc interdit aux mineurs. Qu'ai-je dit, écrit, ou montré, qui vaille pareille mise à l'index? Aurais-je disserté sur les mérites de quelque déviance sexuelle que la morale déconsidére? Aurais-je par exemple révélé au monde mon indubitable hétérosexualité (quoi que, si on me le demande gentiment, je suis toujours prêt à rendre service, et les déguisements ont toujours été de mon goût, aha, la rumeur court toujours chez potinblog...)? Aurais-je appelé au Djihad, à la Croisade, ou vanté les mérites d'une nouvelle Saint Barthélémy?
Que nenni!! En vérité, et après mur examen, voilà la seule explication valable: la semaine passée, j'avais tancé gentiment quelques blogueurs autoproclamés analystes de la sphère, et intitulé mon libelle "minute casse couilles", ce qui n'est guère voltairien sur la forme, mais m'avait paru convenir. Et voilà, mes bonzes admis: "couilles". J'ai écrit couilles. Et pour Wanadoo, le mot vaut excommunication.
Pendant ce temps, l'ignoble Vinvin continue d'écrire sans vergogne des notes sur "Sarkozy en slip panthère dans les bras de laetitia casta", et la force armée ne fait rien. Je me demande si je ne vais pas lancer une pétition...
Je vous jure, recevoir cette nouvelle, hier soir m'a redonné du peps en cette journée où par ailleurs j'avais grignoté avec un blogueur ami.
Je n'ai pas encore parlé de ce garçon génial sur Radio Resse. Mais la note est prète, et passera dans quelques jours.
Sortie annoncée pour octobre, du Pavillon des Fous, nouvel album studio. Et déjà, je piaffe! Car Thomas Fersen est ce que la chanson française a engendré de mieux depuis Bashung. C'est à dire trente ans. Mille coudées (à mon avis) au-dessus de cette jeune génération de chanteurs "à textes", dont j'éviterai de citer certains noms, car nous sommes ici dans une maison sérieuse, merde!
Ah bon sang! Un nouveau Fersen, ça, ça fait plaisir!
Tout bon myope connait cette errance quotidienne: évidemment, s'il les avait sur le nez, ses lunettes, il n'aurait besoin de personne pour les retrouver. Cette remarque d'une grande profondeur pour un lundi, m'invite à pointer quelques discours dominants sur la connaissance et la vérité, présents dans nos quotidiens. Faites votre choix!
Version Mulder: "la vérité est ailleurs". Décryptage: en tous cas, pas là où tu es. Conséquence: cherche encore, t'es pas près de trouver! (pas prêt non plus). Etat d'esprit: paranoïaque tendance M6.
Version chic: la même que précédemment, signé Chanel. Décryptage: t'as ton chéquier, minable? Conséquence: complexe d'infériorité, tendance à compenser sur des imitations. Etat d'esprit: frustré.
Version(s) Conspirationniste(s): "Ceux qui vous gouvernent ne sont pas ceux qui vous gouvernent". Décryptage: les juifs sont dans le coup. Conséquence: lire tout bon livre d'histoire. Etat d'esprit: tendance au come back
Version Protocole des Sages de Sion: variante du précédent, uniquement disponible sous le manteau. Décryptage: les juifs, on vous dit!!! Conséquence: fait un tabac dans certaines mosquées. Etat d'esprit: dans les vieux pots les pires soupes.
Version Dan Brown: le même en édulcoré, version polar ésotérique. Décryptage: encore un coup des francs-maçons. Conséquence: par ici la monnaie. Etat d'esprit: rusé, attrayant, menteur.
Version Dutronc: "On nous cache tout, on nous dit rienl" Décryptage: On= les puissants, les nantis. Nous= les petits, les obscurs, les sans-grades. Conséquence: abstentionnisme galopant. Etat d'esprit: poujadiste tendance rock sixties.
Version Lao Tseu: "Si vous croyez savoir, vous ne savez pas". Décryptage: tu sais où tu peux te le coller, ton cartésianisme arriéré? Conséquence: névrose, ou abandon. Etat d'esprit: abandon, ou névrose.
Version pataphysique: "totalement inutile, donc rigoureusement indispensable". Décryptage: usage de l'oxymore (inutile/indispensable) pour te suggérer que tu peux toujours chercher, tu n'as pas les bonnes lunettes! Avantage: évite les longues discussions. Etat d'esprit: Cultive l'art du décalage (ou de la fuite?)
Version Pierre Dac: "tout est dans tout et réciproquement". Décryptage: je ne vais pas me fâcher avec ce Lao-Tseu, mais je n'en pense pas moins. Conséquence: invite à prendre le parti d'en rire. Etat d'esprit: conciliant.
Version Pythagore: "frappez, et on vous ouvrira". Décryptage: la connaissance est accessible à quiconque cherche à connaitre. Conséquence: la balle est dans tes pieds. Etat d'esprit: incitatif, mais rare.
Version Petit Prince: "on ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux". Décryptage: quand on veut, on peut. Conséquence: ouvre à l'intuition, et à l'écoute. Etat d'esprit: poétique, bienveillant, mais encore plus rare...
Version ma femme: elles sont là, sous tes yeux, tes lunettes!! Décryptage: si tu les rangeais, seulement... Conséquence: maternage. Etat d'esprit: fataliste et déresponsabilisé.
Vendredi soir je zappe un bref instant pour tomber chez Stéphane Bern. Invitée, la pétaradante Roselyne Bachelot, alibi sociétal progressiste de la droite française, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Comme dit Bern, "vous vous demandez pourquoi elle est là, vu qu'elle n'a pas d'actualité. Mais Roselyne a toujours quelque chose à dire." On ne saurait mieux résumer.
Les gens à l'esprit bien tourné la regardent comme une preuve vivante qu'on peut être de droite et homophile. J'ai même rencontré des tziganes heureux, c'était le titre d'un film... Elle restera dans ma mémoire celle qui, ministre de l'environnement (ne riez pas) visitant les environs de Nimes et Montpellier ravagés par des pluies diluviennes, interpelait ainsi les malheureux devant leur maison dévastée, d'une voix haut perchée de gondolière en chanel: "alors comme ça, vous êtes innondés?" Le sens de la formule, d'un certain côté...
Notre égérie enfourche volontiers un autre cheval de bataille: elle est de droite ET féministe. Comme il y avait jadis des gaullistes de gauche, des catholiques progressistes, des footballeurs cultivés. Heureusement pour la courte dame rose, le monde politique français avance lentement, lui procure ainsi un rôle cousu main, aussi récurrent qu'un commissaire navarro: stigmatiser les machos de la classe politique, de droite... ET de gauche, hein, tous pareils, les mecs... version pour dames du populisme arriéré (tous pourris) ou du crétinisme avachi (toutes des salopes).
Le même jour, la frétillante Ségolène Royal sort de son marais. Je vous dois une confidence: celle-ci ne lasse pas de me séduire par son outrecuidance, son toupet, son impudeur. Encore cette semaine, pose dans Paris Match avec un de ces mouflets: la frontière entre vie et publique et privée, elle passe son temps à la franchir. La confusion permanente comme fonds de commerce. C'est la version soce-dème du Sarkozysme kennedysant. Je vous laisse les deux. Puisque apparemment vous en voulez.
Ces messieurs du PS auraient accueilli fraichement la déclaration de la compagne Hollande affirmant qu'elle se voit bien candidate à la Présidentielle de 2007. Ce n'est pas un scoop pour les blogueurs attentifs. Mon ami Jean avait il y a de cela un an, déjà révélé l'existence du blog Ségolène 2007.
Les éléphants, donc, grincent des défenses. Le sieur Charasse, entre autres, qui a depuis un certain temps déjà désigné Dame Royal comme "une baudruche qu'il faut dégonfler" aurait, dixit Dame Bachelot, commenté cette déclaration avec un mépris machiste tel que la décence empêchait de reprendre ses propos. Mis en alerte, vous pensez bien, je passe des heures sur internet pour retrouver l'odieux verbatim. En vain; mais on ne prête qu'aux riches, et Charasse passera difficilement pour un parangon de la pensée paritaire. Une chose est sure, ils ne manquent pas de bonnes volontés, rue de Solférino. L'embarras du choix. Ou, comme Coluche disait, "du choix, toi, t'as que l'embarras".
Je ne peux m'empêcher de penser que pour Ségolène et Roselyne ces dinosaures mâles sont pain bénit. S'ils n'existaient plus, la première, qui bientôt dénoncera la coalition des hommes pour l'empêcher de représenter la France de demain, devrait en venir au fond: exposer son programme, ses idées, prendre ainsi le risque d'être jugée, commentée, critiquée, non pour (ou par) son sexe, mais en sa qualité "de femme d'état" (*). Demandez donc aujourd'hui aux travailleurs du Conseil Régional de Poitou-Charentes ce qu'ils en pensent, eux qui avaient fêté son élection comme une grande et belle nouvelle!! Quant à l'autre, que lui resterait-il pour exister médiatiquement? Le sonotone de Jacques Chirac.
(*) Je l'ai déjà dit, combien de femmes politiques (de stature nationale) savent résister à l'usage de cet argument? Je n'en vois qu'une, en réalité: Dame M.A.M., qui dans le monde le plus masculin qui soit, s'impose sans jamais faire référence à son sexe. Il serait grand temps qu'une décide de s'y mettre aussi, à gauche. De mesdames Aubry (ça m'étonnerait), Royal (impossible) Guigou (un peu plus envisageable), Hidalgo (encore méconnue au plan national), qui osera enfin s'affranchir de cette langue de bois féministoïde tendance cour de récréation?
Aiguillé par Christophe, Je lis sur le blog de Mathieu la rumeur que Skyblog serait racheté, mais il veut pas dire par qui, enfin, pas vraiment. A quoi Jacques Froissant, homme de business également sérieux et digne de foi répond par cette autre rumeur ou info, Skype rachèterait Six Apart, dont je suis par mes contributions sceptiques cyniques, cyclothimiques, névrotiques, musicophiles et hérétiques un des modestes maillons. Au passage, le même Jacques nous confirme (j'avais reçu une invite de la CCIP, mais j'avais zappé la date) avoir participé à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, à une réflexion sur les blogs d'entreprise où l'on vit Monsieur Michel Edouard Leclerc, lui aussi blogueur à ses heures, mais je doute qu'il me fasse autant sourire que Potin Blogs, et je n'ai jamais bu une bière avec lui, tandis qu'avec pleins d'autres si.
Tout cela n'est pas sans intérêt. Ne pas revenir sur la glose évoquée ici et en plein d'autres endroits sur le soi-disant avenir du blog en nano média, qui est déjà son présent. Je vois en revanche approcher la fin de la période euphorique. Le début des rachats signe l'arrivée des grosses manoeuvres. Aurai-je bientôt des pubs Leclerc en bandeaux obligatoires au dessus de ma minable bannière? Mes posts seront-ils sponsorisés par La Fnac ventant sa participation à Paris Plage 2006? La petite blogosphère en étrange mutation vers un micro cénacle parisien de m'as tu vus agités, continuera-t-elle à me séduire par sa convivialité?
Ceci me fait penser au désenchantement que je connus, moi le naif animateur semi bénévole qui passait ses week ends à diffuser des disques de merde pour une poignée d'auditeurs qui m'aimaient bien mais ne constituaient certes pas une cible. Quand Filipacchi mit des sous dans Gilda via une de ses filiales, un an plus tard nous étions vendus et virés, et l'une des radios les plus insolentes et novatrices de la bande fm" devint Chérie FM!!!
Donc voilà, je lance aujourd'hui cet appel. Radio Resse et Resse2 sont à vendre. Qualité d'expression reconnue par au moins 22 lecteurs réguliers, programmation goutée par 47 mélomanes aficionados de mes chroniques mélancoliques. Mon post ironique sur paris blogue t il a augmenté ma fréquentation moyenne de 187% et le lendemain, j'ai encore eu 30 visites de plus, c'est dire que je sais aussi profiter de l'actualité porteuse. Oui, je ne joue pas dans la cour des Vinvin, Folie, Ginisty, Monsieur Caca, et PotinBlog a fait plus en 10 jours que moi en trois mois. Mais je suis un petit blog d'artisan régulier et mes bases éditoriales sont saines. Certes je ne suis pas listé parmi les influenceurs, je l'ai déjà dit ici, mais vu la longueur du listing, ça pourrait devenir un élément valalble de contre marketing. CLiquez sur Resse, le seul blog qui n'influence personne!! Je prendrai toutes les offres en considération. Si je peux ensuite négocier une close de conscience facilitant mon départ contre vingt quatre mois de salaire ou stock options, ce sera très bien. D'ailleurs, je crains qu'il soit bien tard et de n'avoir plus grand chose à exprimer qui n'ait déjà dit.
Mon ami Le Tantinet réagit à une note précédente en écrivant "qu'elle lui fait peur". Peut-être parce que je lui apparais soudain inconforme à l'image qu'il se fait de moi. Comme nous avons les mêmes amis "de gauche", il va sans dire que je dois l'être aussi. De cette "même" gauche-là. Alors que je puisse soudain citer Goethe "plutôt une injustice qu'un désordre", sans même me justifier en plus, le froisse, ou le choque.
D'autant que la phrase, est c'est vrai, difficilement défendable, à première vue. A deuxième aussi, probablement. Et pourtant Goethe était un humaniste. Il était devenu vieux. Est-ce à dire que l'âge nous rend au bout du compte à la plus mauvaise part de nous-même? Est-ce cela qui te fait peur, ami Le Tantinet? Mais il faut bien quand même, de temps en temps, pouvoir s'interroger sur le sens et la portée de phrases avec lesquelles aucun a priori ne nous ferait tomber d'accord. Sinon, nous sommes dans le dogme, la croyance, la FOI, fût-elle une fois sans Dieu? A tout prendre, ayons des convictions, plutôt que des certitudes. Et même, méfions-nous de nos convictions, et des pièces de monnaie qui retombent toujours du même côté.
Ecrire un blog m'a quelque peu rapproché des femmes! Quelques unes viennent me lire. Elles ont parfois la bonté de laisser un mot d'encouragement, un compliment, il en est qui apprécient comme j'écris et c'est agréable, oui, ça fait plaisir, et donne envie de continuer... et tout autant invite à arrêter. Ne pas risquer l'usure.
Etonnant, pour moi, car j'ai souvent dans la vraie vie des contacts tumultueux avec le genre féminin. Souvent j'agace. je crispe. Il est rare qu'elles s'amusent longtemps de mon côté ours bougon. Alors deux hypothèses: si les lectrices de blogs ne s'offusquent pas de certaines de mes notes, c'est qu'elles sont tout simplement portées à la tolérance, puisque curieuses des autres, et de ce nouveau moyen de communication (auquel il va bien falloir trouver des voies renouvelées d'expression, pour ne pas s'épuiser dans les redites et l'autosatisfaction). Ou alors, je passe mieux à l'écrit qu'à l'oral. C'est vrai qu'à l'écrit on ne voit pas... Voici donc un des véritables plaisirs de l'expérience blog. Cette réconciliation. La goûter comme telle.
Oups, j'avais oublié la première phrase: je la recolle. Un lecteur hier me demande: hervé, c'est quoi, l'amour? (dans cette existence où tous sont des cons)? Et de me signifier ainsi que bon, je suis qui, pour décerner bons et mauvais points, si loin de toute bienveillance? Hein?
La chose est entendue, j'ai certains reflexes conditionnés de grognon. Rebelle: je râle tout le temps, pour tout ou presque, à m'en fatiguer moi-même.
J'aime pas l'ordre établi, mais sans nullement prétendre le remettre en question. Je suis du genre à traverser dans les clous pour n'être pas contraint à parler avec l'uniforme bleu en charge de la circulation. Je n'aime pas la morale, du moins celles fondées sur l'oppression, l'obligation, la soumission. Je suis pour une morale de la dignité, qu'on s'invente pour soi-même et en conscience. "N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres". C'est pas de moi, mais de Ferré (y avait longtemps, tiens). Je n'aime pas l'ordre établi, mais m'en accomode en silence, convaincu que neuf fois sur dix, ses ennemis seraient dix fois plus intolérants encore... Rien de plus dangereux, partout, que les soldats du Bien.
Car en vrai je DETESTE les rebelles. Enfin, je me comprends: tous les pseudos artistes, faiseurs de tendances et contempteurs de leur propre suffisance, me flanquent des boutons.Les diplômés d'école de commerce branchouilles pubards affublés de faux nez trash, ne m'inspirent que mépris. A leurs côtés, je place contre un même mur de dénigrement les professionnels de la contestation, bureaucrates de la rebellion, rockers apointés en quête d'un statut, et autres gaucho corporatistes qui me gonflent également assez vite. Pires, sont les donneurs de leçons de morale du haut de leur isf: ce n'est pas Vilnius qui me fit prendre en grippe certain chanteur pourtant talentueux, mais sa lettre ouverte à son patron de multinationale, un soir d'autocélébrations musicales télégesticulées. Pâle crachat dans la louche de beluga.
Si je m'écoutais, ce que je ne fais pas, promis, juré, j'aurais tendance à flanquer dans un même sac De Villiers et José Bové, voyez. Pertinents, des fois... insupportables le plus souvent. Deux faces d'un même populisme facile et complaisant. Et ne vous sentez pas tenus de me faire une leçon de politique, je ne dis pas ça que pour vous énerver. Rebelle anti rebelle, voilà mon T.O.C. à moi.
J'aime les vrais. Les déchirés, les traumatisés, les bousculés, les cabossés, les écorchés, les spontanés, les sincères, les inclassables, les déclassés, les torturés, les névrosés, les pathétiques, les lucides, les extra lucides, les ronchons, les grognons, les grincheux, les teigneux, les pisse vinaigres, les originaux, les maniaques hauts dépressifs, les borderline, les généreux, les géniaux, les geignards assumés,les révulsés, les nouveaux réacs, les poignants, les authentiques -à mes yeux-, et selon mes critères. Et ceux-là, au féminin, aussi. Ca fait quand même du monde, non?
L'ex-chanteur Renaud, du temps qu'il ne faisait pas les couv' de Paris Match, chantait "j'aime pas le travail, la justice et l'armée". Ouaip. Mais pas l'inverse non plus. Et j'aime bien taquiner les rebelles avec mes provoques à moi. Citer Goethe au soir de sa vie: "plutôt une injustice qu'un désordre". Ou Nietzsche: "seul le faible réclame l'égalité". Cioran: "Quiconque, par distraction ou incompétence, arrête tant soit peu l’humanité dans sa marche, en est le bienfaiteur". En général, ça les énerve, et ça fait une belle journée.
Hier c'était Paris Blogue-t-il, épisode 3. C'est toujours un plaisir d'y croiser quelques facétieux camarades de bloguitude, boire une bière avec tel et telle... L'événement joue bien ce rôle, d'accueil et d'échanges, même si, victime de son succès, le lieu commence à devenir exigu.
Ferait mieux de s'en contenter.
Fallait-il vraiment nous imposer la fine équipe supposée nous expliquer, en ouverture de soirée, le présent et l'avenir, -vu de leur fenêtre-, de la blogosphère parisienne? Pauvre manie héritée de l'enfance. On se regarde, s'admire, se considère, se commente. Et que je te taquine, et que je te congratule, et qu'on s'autodécerne petites piques et mignonnes couronnes. Des ados comparant leurs zguègues à l'heure de la douche. Mon blog à moi, éditorialiste tendance médias trash. Et ton tien? Pareil. En mieux. Et métrosexuel.
Comme souvent, ceux qui n'ont pas grand chose à dire le disent avec si peu de conviction qu'ils pataugent bientôt dans leur argument. Cette brochette autodésignée d'analystes offrit donc à la salle silencieuse et polie, le concept oiseux de blog comme média bâtard, et du blogueur comme (sic et resic) "bâtard du roi".
D'où tu me parles, toi?
Quelle légitimité ont-ils à théoriser un espace qui précisément n'a qu'un intérêt véritable, ouvrir le champ des expressions possibles, fussent-elles sans intérêt, et non les canaliser? Libertaires de mes gonades. Les meilleurs finiront sans doute échotiers chez Voici. D'autant que pardon, s'ils écrivent comme ils parlent, je les invite à fréquenter au plus tôt atelier d'écriture et formation accélérée à la prise de parole en public. Il y a des professionnel-les -blogueurs, et gueuses- qui font ça très bien.
Je vais vous dire: on les voit venir de loin, nos laborieux théoriciens. Pour peu qu'on leur tende un micro, (et y avait semble-t-il Europe 1 dans la salle, le début de la gloire, en attendant MOF, oh! maman, je suis passé dans le poste) y en a bien un qui finira par se placer. Christophe Ginisty voyait venue la semaine passée l'heure des Barons de la Blog-wave. Je lui proposais en réponse, celle des petits marquis. Voilà qu'arrive déjà celle des Vendeurs Représentants Placiers, tendance bobo métrosexuel. A ce train-là, si vous me le permettez, je ne vais pas tarder à me retirer. Comme disent les anglais: "please, include-me OUT..." (...Bastards!)
Un copain de ma fille, -le môme doit avoir seize ans-, lui fait l'autre jour cette confidence: "tu sais ce que c'est mon objectif dans la vie? Avoir AUTANT de DISQUES que ton père".
Que faudrait-il lui dire?
Lui expliquer le nombre de matins où je me lève contemplant les étagères, avec la tenace envie de me traiter de gros con?
Ou qu'il n'a pas vu LES VINYLES, dans le bureau!
Ou que oui, certains jours je relis encore, pour le vérifier, le listing excel de tous ceux que j'ai l'intention d'acquérir un de ces quatre...
Car voici le lot du compulsif: il hésite sans cesse entre culpabilité impuissante et désir renouvelé de céder, une fois encore, à la pulsion, la passion, la pression. Donnera n'importe quoi pour replonger encore dans le tourbillon frénétique de l'acte d'acquisition, qui n'est qu'un déni momentané du réel... puis se morfondra de n'avoir pas su résister. Quand on finit par acheter les mêmes albums en double, c'est qu'un truc ne va pas vraiment, non?
Au copain de ma fille, je souhaite bonne chance. Un jour il entendra parler du Tonneau des Danaïdes, qui se vide à mesure qu'on le remplit.
Et de Sysiphe poussant son rocher jusqu'à l'inaccessible sommet, puis dégringolant avec lui, pour repartir encore à l'assaut des nuages. Ou simplement de Souchon: "avoir des quantités de choses qui donnent envie d'autres choses"... Souhaitons pour le gamin qu'il l'entende assez tôt...
C'est la première fois que je fais cela. Ma note du jour, reprend le morceau posté sur Radio-Resse. Mais pas la même note. Car en allant vérifier qu'elle passait bien, d'autres idées me sont venues. La sortie au printemps 2005, du nouvel album de Springsteen, était la seule vraie bonne nouvelle dans un monde désespérément glauque. Mais avoir raté le concert en solo de Bercy... je préfère ne plus y penser... cela commençait ainsi.
Pour fêter l'arrivée de l'automne, cette saison du blues, j'avais pensé à ce sublime solo d'harmonica au milieu du morceau Devils & Dust...Et le réécoutant je comprends pourquoi. Il y a tout, dans ce titre, une profonde tristesse de voir la vie telle qu'elle est. Et une énergie à vivre quand même. "Survive", dit-il. C'est ce que je fais, en ce moment: survivre. Tenter de mettre ma volonté au service du proche avenir, qui de loin ressemble plus à un gouffre qu'à une vallée de roses. J'ai reçu un mail adorable d'une lectrice (que je salue) qui me dit des mots gentils sur la façon dont j'écris. Cela sonne comme un contrechamp singulier avec le travail que j'ai entrepris avec un consultant "en projet professionnel", pour dénicher "mes points forts et "points d'amélioration" (entendez points faibles, mais faut pas le dire, faut rester po-si-tifs, on vous l'a dit et répété). Voilà où j'en suis, à 47 ans. "Don't know who to trust..." On me voit des qualités, mais pour en faire quoi, c'est une toute autre question. Notamment parce que je n'ai jamais eu le goût du pouvoir, que j'ai fui ces situations-là; parce que j'ai souvent été "trop gentil" (trop con, serait plus exact) que j'ai ainsi vu des gens s'approprier presque sous mon nez les mérites de mon travail, et ça me trouait tellement que j'en étais désarmé... Parce que je ne sais pas parader dans les cocktails, me pousser du coude; parce que je ne suis pas un gagneur, un winner, un killer. Faire avec. Alors "i'm just tryin too survive", comme dit le Boss, qui lui est un Seigneur, un vainqueur, dans le sens le plus noble du terme. Un type comme ça, voilà ce que j'aurais aimé être. Qui parvient à trouver sa place, non à vouloir piller celle des autres. Springsteen. Faudra que j'en parle "à mon consultant en projet professionnel", qui m'a l'air par ailleurs, et après deux séances, d'un type assez formidable, doté d'une grande finesse d'écoute et d'une belle intuition. D'ailleurs il aime le dessinateur Voutch et Pierre Desproges. Et vous savez la définition qu'Ambrose Bierce donnait de "l'intelligent"?
"Intelligent; celui qui pense comme vous"...
C'est peut-êtreune chance, allez savoir, que d'avoir mis mes amertumes entre ses mains. Ouaip. Tryin to survive...
... Et vous savez comment je le sais? Nul besoin d'agenda. Ni d'observer dans les rues refroidies, les premières feuilles rousses tapissant le sol, ou les marrons tombés au champ d'honneur dans les parcs où jamais je ne pense à m'asseoir, ne fût-ce que cinq minutes, pour m'habituer doucement au désoeuvrement.
Je sais que c'est l'automne parce que le PSG vient d'entamer sa traditionnelle débandade. 3-0 à Geoffroy Guichard, et faites-moi confiance, ce n'est qu'un début. Chaque année, la même chanson, mais la différence c'est que Luis, Alain Giresse, Halilhodzic, Bergeroo, et tant d'autres, ne sont plus là. Qu'importe, la tradition demeure: Paris, Septembre, Galère!
Dans le même temps, Vahid Halilhodzic, aux prud'hommes, demande au club 9 millions d'euros d'indemnités pour rupture abusive de contrat. A ce tarif, je serais l'actuel coach, je prierais pour ramasser quatre ou cinq trempes dans les deux mois qui viennent, non?
En général, le personnel politique ne croule pas sous l'excès de ma sympathie.
Sans doute un vague fond poujadiste... Vous savez comme nous sommes, nous français de basse extraction, nous aimons que les puissants se fassent rosser un peu, comme à Guignol, ou dans les Fourberies de Scapin. Je n'aime guère les politiciens de droite, mais il est vrai qu'ayant grandi du côté de la banlieue rouge, je n'en ai jamais attendu grand chose. Donc ils ne me déçoivent pas. Je n'en dirai pas autant de leurs petits camarades de gauche, dont l'obstination à promouvoir des solutions qui ne marchent pas le dispute souvent à l'absence totale de vision de l'avenir. Qu'on pût s'imaginer pouvoir diriger un pays en ayant l'oeil rivé sur un rétroviseur embué de surcroît, ne me rassure en rien. Je les vois s'agiter sur la ligne de départ d'un marathon de deux ans, qui s'appellent par leur prénom, Martine ceci, Dominique cela, Vincent, François, Paul et les autres, tous prêts à tous les croche-pieds, à toutes les trahisons... Sérieusement interpelé par les problématiques d'environnement, je crois les verts, intégristes citadins rêvant de faire marcher le monde au pas cadencé de leurs certitudes, les moins bien placés pour parler au nom de la nature, et les moins pragmatiques pour proposer quoi que ce soit qui pût fonctionner. Suffit qu'ils manifestent contre les 4x4 pour que l'envie de m'en offrir un vienne me turlupiner. Cela dit, avec quels sous??? Evidemment, je ne parle pas des extrêmes de tous poils dont j'espère, vous ne pensez pas un instant que je puisse avoir la moindre attention pour leurs thèses, antithèses, foutaises.
En fait, il est un homme politique que j'ai toujours apprécié, depuis qu'il est apparu aux premiers rangs. Je le crois plus intelligent que la moyenne, plus digne, plus responsable. Comme un fait exprès c'est un de ceux qui semble le plus rejeté par mes concitoyens. Je soupçonne d'ailleurs nombre d'entre eux de sacrifier sans le dire à un délit de sale gueule, mal masqué par des arguties idéologiques. Derrière la détestation du fils de bourgeois (comme si, riche ou pauvre, on pouvait quelque chose à ses origines), je crains de voir rôder, parfois, certains relents antisémites qui bien sûr ne s'avoueront jamais comme tels...
Je n'en dirai pas plus. Sinon pour remarquer qu'en politique comme en tant d'autres domaines, je suis décidément un loser. Même pas foutu de ramasser les 75 euromillions d'avant-hier. Vous non plus? Ah bon. En tous cas si vous voulez un tuyau pour le quinté de demain, ce n'est pas à moi qu'il faut demander...
France-Info nous apprend la sortie d'un album en public du groupe Noir Désir. Le journaliste commente l'objet: "un album de rock sans fioritures. Un album brut."
Quand les Beatles se séparèrent, il fallait lorsque on était fan, peut-être pour surmonter l'intolérable frustration, choisir son camp.Paul, ou John. Mais pas les deux, ça paraissait impossible, puisque tout le monde l'avait compris, la séparation du groupe venait de la guerre déclarée entre ses deux leaders. Les deux faces de la médaille magique à jamais séparées. Explosé, le yin et le yang.
Comme Mai 68 était passé par là, que John avait pondu des trucs comme Power To The People, on était plus nombreux du côté du Beatle Rebelle. Trop gentil, Paul. Physique de gendre idéal, et ses mélodies désormais trop parfaites, pour un monde en lutte.
Evidemment, le fait que John était sous l'influence de l'autre, là, celle dont on ne prononce SURTOUT pas le nom,Houri! Sorcière! ne me perturbait pas plus que ça. Et voici comment je suis passé à leur sortie à côté d'albums comme Ram ou McCartney. Que j'ai boycotté tel un benêt chaque concert des Wings où j'aurais pu foncer dans les années 70, si j'avais été un peu moins borné, on n'est pas malin quand on a dix sept ans. Quand ma petite amie de l'époque s'était acheté l'album Band on The Run, je l'avais accablé d'une ironie acide... avant de craquer, au bout de quelques semaines, en lui demandant de me le prêter. Elle en rigole encore maintenant...
Evidemment, depuis, j'ai remis ensemble ce qui était épars. J'ai la plupart de ses albums, et en 2003, je n'ai pas loupé l'occasion de remettre un peu d'ordre dans mes affects, en me précipitant au Stade de France: voir enfin un Beatle vivant... Ceux qui me connaissent un peu ne seront pas surpris, j'ai chialé comme une madeleine du début à la fin, comme si défilait toute la BO de ma jeunesse, dont il m'arrive de parler sur radioresse.
Ultime épisode (provisoire) de cette histoire d'amour enfin apaisée, la sortie ces jours-ci de Chaos and Creation in the Backyard, que je me suis vu offrir et qui me chauffe le coeur. Un vrai bijou. Par petites touches, on a l'impression de visiter des pièces demeurées inconnues du double album blanc... Ici, une influence de George. Là, quelques violons que ne renierait pas George Martin.
L'an prochain, Paul aura les fameux 64 ans évoqués en 1967 dans Sergeant Pepper's. Certes, son beau visage accuse un peu ce poids des ans.On s'en fout. Le Diable avec qui il a pactisé protège sa voix. Inaltérable. La pureté d'une jeunesse probablement éternelle.
Voici la note de ce jour. Depuis longtemps je me demande si je vais la publier. Toujours ce vieux débat, les limites de l'exercice du blalblablog, le trop, le pas assez, l'intime, l'extime, et tout le toutim. Je ne tiens pas à choquer, ni à mettre mon cul sur la commode. Du reste qu'on se le dise, personne n'est tenu de se l'avaler jusqu'au bout, cette note. Je l'écris moins pour vous que pour moi. Parce que mettre certaines choses en ligne, je l'ai bien compris maintenant, est une façon d'exorciser: mettre à distance, symboliquement. Essayez. Ca marche parfois. J'ai aussi mis un choix très personnel sur radioresse, un contrechamp (contre-chant, aussi, oui) à cette note-ci.
J'ai trouvé une justification qui m'a décidé. Cette année, le 16 tombe un vendredi, comme en 83. Et je me dis qu'en vingt et deux années, la société qui est la nôtre, souvent si prompte à bouger (vive le bougisme! dirait l'excellent Pierre-André Taguieff, dont je vous recommande la lecture des ouvrages) sur tous sujets sociétaux qu'il plaît à la sphère médiatique de nous désigner comme prioritaires, urgents, et plus que tout, modernes, (ne me forcez pas à dresser la liste, j'ai assez d'ennemis comme ça), cette société, donc, a bien du mal à avancer en revanche à propos d'un combat qui me semble essentiel, un droit qui demeure officiellement nié à chacun de nous.
Alors, quitte à casser un peu l'ambiance, c'est aussi, en ce jour, un sourire un peu triste, mais respectueux et admiratif, que je m'autorise en direction de qui ose prendre ses responsabilités... Et désolé pour toi lecteur, qui éventuellement te sentirait froissé dans quelque conviction par les mots qui suivent, mais que tu aurais voulu lire quand même et jusqu'au bout. A l'inverse, sache qu'il m'arrive encore de me sentir étouffer, sous le poids de leurs certitudes.
Une nuit dont chaque seconde pèse une heure. Les porter finiront, jeune homme, par vous épuiser. Et tant de nuits blanches viendront ensuite, compenser ces minutes-là de sommeil inopportun, mais pour l'heure, vous n'en savez rien.
Elle est assise dans son fauteuil, vous à ses côtés. Son visage devenu si las. Les cheveux ont repoussé si blancs, c'est une très vieille femme, à présent. D'à peine cinquante-trois ans. Parfois même vous peinez à la reconnaitre. Elle vous a fait appeler, dès le matin. Vous avez fait aussi vite qu'il était possible, mais ces maisons-là, bien au calme à l'écart des villes, en sont par nature éloignées... La route fut longue. Et c'est maintenant la nuit pâle, les silences entrecoupés de tant de mots qui s'échappent, étranges concertos de bulles d'air où l'épuisement joue les chefs d'orchestre.
Des mots qui vous parlent essentiellement de vous. Souvenirs. Regrets en cascades.
Cet implacable parfum, encore. Toujours. Il rôde chaque fois dans l'air, il s'insinue, s'installe et viole tout l'espace. Comment dire cette présence. Elle vous accable en secret depuis des semaines et se faisait chaque fois plus insistante. Vous auriez pu deviner.
Et puis, voilà que malgré l'intensité de chaque parole, ce dialogue épuisé sans patience, volé au chronomètre... malgré cela... vous vous écroulerez de fatigue, accablé quelques instants à ses côtés, la laissant seule en tête à tête avec la veilleuse. Autant de minutes retirées pour tous ces mots à dire... "à dire et à entendre".
Si lent, et si rapide. Le jour viendra, vite. Un beau soleil.
Et la pièce bientôt sera jouée. Y repensant, parfois, vous aimeriez pouvoir vous dire, moi si j'y tenais mal mon rôle c'était de n'y comprendre rien. Hélas, ce n'est pas vrai. Sans l'avoir répété, vous aviez tout saisi du scénario. Etiez-vous à la hauteur de sa réalisation? Rien n'est moins certain, n'est-ce-pas. Manque de carrure? On n'est pas fortiche quand on a vingt-cinq ans.
Autour du lit on s'agite en silence et discrets. On rectifie, professionnels, des débits de goutte à goutte. Parfois quelqu'un semble vous chercher des yeux, c'est comme un ballets de regards, des royaumes de silences, non-dits intenses. Elle s'est endormie. Encore longtemps de respirations sourdes à l'implacable parfum, ouvrir les fenêtres donnant sur le parc entendre dehors le chant des oiseaux, impossible.
Alors on sort. Et l'on va prendre l'air dans le couloir. Griller une cibiche. Juste cinq minutes.
Ces minutes là, précisément. Je regagnai la chambre. Le rideau rouge avait choisi, retomber sur la petite comédienne amateur qui dans Molière et Courteline avait si souvent réjoui ses amis.
Mais depuis. Tant de fois se dire, et se redire... attendre cinq minutes encore.
Ne pas louper la fin de la pièce.
My mummy's dead.
I can't get it through my head,
though it's been so many years,
my mummy's dead
(john lennon)
Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas de culture politique, je démarque ici le titre d'un livre de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, qu'il intitula "gauchisme, maladie infantile du communisme".
Je dis ça sans pédanterie, n'est-ce-pas. C'est juste que tout le monde n'a pas eu la chance de grandir dans une municipalité de la banlieue rouge...
Bon, il semble que ça chauffe un peu sous les chapeaux de blogueurs, en cette rentrée. En voici un d'édité, qui passe à la téloche. Et moi, et moi et moi, semble-t-on ici ou là s'interroger. D'autres font de la radio. oh oh. As tu vu mon podcast? M'as tu vu grimper dans la liste des "influenceurs"? (Au fait, putain, je ricane mais j'y suis toujours pas, c'est de l'antisémitisme ou quoi? je dis ça, Resse, c'est même pas juif. Mais pour faire ma victime je suis pretàtout)
Bon certains blogueurs ont du talent, c'est chose entendue, et même il en est qu'on repère, qui vont grandir, et même peut-être en tirer une vraie notoriété durable (de lapin, tu l'as déjà faite, mais chaque fois, ça me fait penser à marion et vinvin) C'est tout le bien que je leur souhaite, enfin celles et ceux auxquels je pense, qui savent déjà comme je les apprécie.
Donc le média blog croît. Du coup il se trouve forcément des uns, et des autres, aussi, pour se mettre à le théoriser, le commenter, distribuer bons et mauvais points, dire ce qu'il est, ce qu'il aurait pu être, ou DU être, et ce qu'il va devenir, ou pas, ou mieux. badabi-badaba-badabou, c'est ce qu'on dit dans les films de maffiosi.
Christophe G. a mis récemment un doigt dans cet engrenage-là. Il m'aurait demandé je lui aurais dit "Eh mate, forget about it". M'a pas demandé. S'est pris une volée de bois vert, des commentaires, des notes sur sa note. Et pif, et paf. Dont celle d'un garçon qui se propose de "déconstruire" sa note, pour l'analyser. Déconstruire ça fait tout de même plus classe que "citer les propos de". A celui-là, on a juste envie de dire n'est pas Derrida qui veut. Plus infatué, tu pleures.
Il me semble sincèrement que quelques blogueurs fantasment un peu trop sur l'idée qu'ils seraient, sinon les barons, du moins les leaders d'opinion de la blogosphère. Qu'ils en saisiraient -mieux que la masse informe des tâcherons qui la composent- les mérites et ressorts. Ils en oublient du coup, c'est dommage, souvent pour eux, parfois pour nous, le vrai plaisir d'écrire, de faire partager émois rires ou émotions... et même l'évident plaisir d'être lu. Car leur rêve désormais, serait avant tout d'être admiré(e)s. Ce ne sont pas des barons, mais des petits marquis. Des Trissotin de l'internet. Il faut toujours relire Molière, tout y est, notamment dans les Femmes Savantes et les Précieuses ridicules.
Et ne me demandez pas de balancer des noms. Comme disait Molière, encore: "qui se sent morveux, qu'il se mouche".
Cette note n'a d'autre sens qu'annoncer un peu celle de demain, vendredi.
J'entendais récemment Guy Bedos, oui l'acteur et humoriste, dans un registre un peu plus grave, à l'heure d'évoquer ses mémoires, et les relations étranges et dures qu'il entretenait avec sa mère, apparemment quelqu'un de singulièrement étrange et dérangeant.
Je n'ai pas lu son livre. Mais j'ai capté cette idée d'une interview donnée à France-Info. Le sexagénaire, peut-être même septuagénaire, allez savoir, y affirmait ce que je croyais être seul à ressentir. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, disait-il, certaines douleurs ou manques, dans les relations entretenues avec les parents, ne s'atténuent aucunement avec l'âge. Au contraire, il semble qu'elles gagnent en force, en violence, en présence, à mesure que passent les années. Du manque d'un père, de l'amour absent d'une mère, d'une relation brisée avec l'un ou l'autre, nous ne sortons bien sur qu'assez rarement indemme. Plus encore, ne cicatrisons-nous pas. Le temps en cette espèce n'apaise rien. Au contraire, il ravive.
La sagesse que nous sommes supposés acquérir avec l'âge, n'est pour ces douleurs d'aucun réel secours. Elle peut nous inviter au pardon. Il est rare qu'elle nous accorde l'analgésique adéquoit. La faculté d'oubli.
Dans une semaine, l'Allemagne sera dirigée par une dame. Et moi, je vais vous dire franchement, je trouve très bien que les femmes accèdent à des postes à responsabilités dans la vie publique.
L'essentiel est qu'elles ne me pourrissent ma vie privée en cherchant à s'imposer dans les clubs privés non mixtes qui sentent bon le cigare et le vieux cuir, où l'on peut déguster un Cherry Vintage et lire en paix le Times avec de vieux amis. Non?..
Qu'elles dirigent des entreprises, et oui, des nations, même! D'abord, parce qu'elles sont cinquante et quelques pour cent de l'humanité. Ce seul argument suffit. Puis, je trouve formidable la phrase de Françoise Giroud, affirmant que "l'égalité des sexes aura fait un grand bon en avant quand on trouvera des femmes nulles à des postes importants". Sentence d'une vraie, grande, pertinence. On ne voit pas pourquoi il faudrait exiger des femmes ce qu'on pardonne depuis des millénaires aux "grands de ce monde", aux puissants. Duplicité, appât du gain, paranoïde soif de pouvoir qui aveugle et rend fou-folle. Et aussi parfois générosité, finesse des analyses, grandeur d'âme, courage, sens de l'état, des responsabilités.
Il va de soi qu'en revanche, je trouve affligeant les propos (souvent tenus j'ai remarqué par des femmes du PS) laissant entendre que les femmes feraient nécessairement mieux du simple fait de leur nature; et que toute critique de leurs actions ou propos relèverait nécessairement de l'inévitable réflexe machiste, argutie fermant la porte à tout débat, revélant un désir de toute-puissance, lequel signe alors une nette tendance hystérique, au sens freudien du terme. On voit ici et là des dentiers féminins rayant le parquet avec autant d'application que ceux des bonshommes. Avec parfois du talent, et parfois non. Les mêmes, je vous dis. Au reste, heureusement!
Plus (+) de femmes aux postes décisionnaires est un progrès "en soi". Mais n'engage l'avenir du monde et des nations ni vers le mieux-vivre ni vers la régression, Seuls nous le diront, les idées défendues et les actes. Et de ce point de vue, ce n'est pas gagné d'avance... On en eut assez tôt la preuve avec Miss Maggie, qui laissa crever un Bobby Sands ne pesant plus que trente kilos, la femme n'est pas "par nature" plus humaine que le mâle. Avec Edith Cresson, nous vîmes qu'elle n'était pas davantage plus diplomate, plus fine, plus subtile, par je ne sais quel avantage chromosomique ou hormonal.
Ces jours ci, avec Condolezza Rice, qui n'aura pas daigné écourter ses vacances malgré Katrina, et fut même, parait-il, vue sur la 5eme Avenue faisant tranquilou son shopping, nous avons constaté qu'elle pouvait être aussi cynique et dénuée de sentiments de solidarité. Avec Florence Parisot, nouvelle patronne du Medef, déclarant que la vie et la santé n'étant pas à durée indéterminée, elle ne voit pourquoi le travail devrait l'être, nous entrevoyons que la loi de la jungle capitaliste sera aussi bien défendue par des matrones ultralibérales que par les Barons d'autrefois. Et puis il y a cette femme qui a balancé sur internet les photos "légères " de sa chef, piratées sur l'ordinateur d'icelle, pour la ridiculiser, lui nuire... La mesquinerie pudibonde, vacharde, sadique, est également bien partagée.
Allons! La femme ne sera évidemment pas l'avenir de l'homme, sentence qui d'ailleurs ne veut rigoureusement rien dire, quand bien même elle est d'Aragon. Elle sera en revanche une plus large part de l'avenir de l'humanité. Ce ne sera ni mieux ni pire, ou plutôt, tantôt l'un, tantôt l'autre. Ce sera simplement plus normal. Pour une Gandhi en tailleur, combien aurons nous d'Hitler en jupons? La même proportion que chez ceux d'en face, on peut le parier.
Ils sont marrants au service clients de CEGETEL par internet. Pour classer vos emails selon la nature de votre demande, ils n'ont pas prévu de case "réclamations", en revanche, ils ont une case "remerciements". Pour le cas où il se trouverait un client satisfait, je pense...
Enfin c'est quand même dans cette boite sympathique, "remerciements" que j'ai glissé l'email suivant:
Je vous remercie!! 1. De m'avoir donné, il y a un mois, une mauvaise information lorsque j'ai voulu annuler une des 3 lignes téléphoniques de mon compte CEGETEL. La personne m'a indiqué d'envoyer une "lettre recommandée avec AR", ce qui apparemment n'était pas nécessaire. Du coup, ...
Je vous remercie aussi, 2. d'avoir carrément résilié mon compte, ce que je ne demandais pas. Donc, sans avoir lu mon courrier, qui spécifiait bien que les autres lignes demeuraient opérationnelles.
3. Je vous remercie par conséquent depuis vendredi de m'empecher d'utiliser mes deux lignes téléphoniques, y compris en utilisant le préfixe "0", puisque je tombe sur une voix m'indiquant "que je ne peux bénéficier du 7 CEGETEL".
4. Je vous remercie de m'avoir assuré que tout serait rétabli dans un délai de 72 heures, et de n'avoir pas pu relever ce challenge, puisque à l'issue de mon troisième appel on me demande de patienter jusqu'à demain. Et demain, jusqu'à...??
5. je vous remercie de m'envoyer un questionnaire satisfaction client par email, à l'adresse http://..., questionnaire à l'issue duquel le message "Un problème technique s'est produit Veuillez réessayer ultérieurement" m'apparait systématiquement.
Je vous remercie de prendre en compte ces remarques, et j'espère de procéder à un geste commercial à mon endroit, ce qui me semblerait bien le moins, vu l'enchaînement de mauvaises informations et traitements aboutissant à ce que je ne peux plus téléphoner de mon bureau depuis vendredi, ni envoyer de fax.
Par chance vous n'etes pas en plus mon fournisseur internet!!!
Par ailleurs quelques suggestions. 1. Le robot qui vous accueille vous demande de saisir les 10 chiffres de votre n° de téléphone, et le demande le cas échéant deux fois. Il serait plus logique de taper le numéro de compte que vous gardez en mémoire, car dans mon cas les numéros de tel ne sont plus reconnus.
2. La musique CEGETEL est bien sympathique, mais quand on l'entend en boucle pendant vingt minutes, ne vous étonnez pas si on est un peu énervé au moment de parler avec votre agent commercial!! Mettez nous du Mozart, ça calme, et en plus on fête ses 250 ans l'année prochaine. Vous serez à la mode!!!
Pour le prochain email de réclamation, car à mon avis je suis parti pour une série à la Rocky, je garde dans ma poche l'évocation de leur base-line commerciale: "si on y réfléchit, c'est CEGETEL qu'on choisit"... Ainsi que ce slogan: "la vitesse vous manque? choisissez CEGETEL!!"
On n'a pas fini de rire!!!
Homme de multiples passions dans ma jeunesse, beaucoup m'ont peu à peu déserté.
Ainsi, il y a longtemps que je n'éprouve plus le moindre plaisir au rendez-vous dominical de Télé-Foot, que jamais tu ne m'aurais fait louper jadis. Voilà même que ça tourne au dégoût. Cette émission va finir par me faire gerber. Moi qui ai (presque) appris à lire dans France-Football...
Tout commence évidemment en 98. La victoire des Frenchies en Coupe du Monde transforme le ballon rond en objet fétiche de la nouvelle religion d'état. Début du cauchemar mis en scène par TF1 et Jacques Chirac. Entre nous, une véritable réécriture de l'histoire, cet engouement des Français pour le phénomène Bleu! Une semaine avant la finale, la grande majorité des panurges s'agglutinant aux champs élysées le 11 juillet, n'étaient même pas devant leur écran pour le 1/4 de finale France-Italie.
Quelques semaines plus tard, il faudrait pourtant, dans les dîners en ville, se mettre à "causer ballon" avec un tas d'ignares ayant découvert l'existence de Blanc et Deschamps dans Paris Match.
Dans le nombre, un bon paquet de femmes, évidemment. Là regardez bien, au ralenti, je vais frôler le carton rouge, je le sais, mais bon... j'y vais quand même, fidèle à ma légende. La tarte à la crème de cette affaire est bien cette soudaine passion massive des femmes pour le football. Ségolène R. en bleu au Stade de France le 11 juillet!!! Sérieusement, dans quel monde vivons-nous? N'importe. Puisque aujourd'hui n'importe quelle idée reçue (comprenez "imposée par les médias") prend aussitôt force de loi, le malheureux footeux devra dès lors, et en silence, s'appuyer dans les diners, au boulot, devant la machine à café, les considérations de belles-soeurs n'y connaissant - dieu me pardonne- foutrement rien, mais qu'importe, puisque une bastille masculine enfin s'effondrait!
Egalité, que de bétises aurai-je du entendre en ton nom.
Car enfin, (minute de justification) il faut tout de même regarder les choses en face. Cette histoire est une masacarade: au niveau des audiences, l'arrivée massive des femmes dans le médiamat ne fut réelle que lors des deux derniers matches, Croatie puis Brésil. Elle s'expliquait naturellement par l'aspect évenementiel, inédit, "historique", des deux confrontations. Comme lorsque un français gagne Roland Garros (assez rare) ou le tour de France (à peu près autant). Sauf que! Imaginez Loreal et autres annonceurs ciblant majoritairement les femmes, incorporant soudain du foot dans leurs plans promos! Pour TF1 et l'entourage des Bleus, un engouement durable des cibles féminines pour le football représentait un enjeu considérable, inespéré, extraordinaire, pour la fréquentation des spots de pub entrecoupant les diffusions... et pour leur prix!!
De là viendrait qu'à chaque match bleu, nous aurions désormais les inévitables plans de coupe sur des armadas de jeunes blondes balancées façon mannequins, fardées de bleu de haut en bas, que je soupçonne sans rire d'avoir été recrutées par les services pub et marketing de la chaîne pour enfoncer le clou (je n'ai évidemment aucune preuve de ce que j'évoque là, ce n'est pas une accusation, rien qu'une supposition gratuite). Mais avant de gloser sur des mirages pris pour réalité, certaines féministes de carnaval feraient bien de prendre leur leçon chez Pat' LeLay... qui s'y connait, en matière de "cerveau disponible". Et oui, je me rappelle que j'y ai bossé cinq ans, et non, je n'en ai pas honte, et oui, ça ne m'interdit pas d'avoir en tant que "citoyen" un point de vue sur l'influence de l'image et de l'argent dans les affaires du monde...
Cette révolution signa l'avénement de Téléfoot comme une mise en scène en mode glamour.
Elément clé de cette stratégie, l'arrivée de l'innénarrable Sophie Talman, ex Miss France. Avant elle, officiait dans l'équipe Marianne Mako, journaliste compétente et réllement passionnée mais qui, Mako contre machos, n'avait pas l'heur de plaire aux patrons, et n'était pas suffisamment sexy pour tenir ce beau rôle. La mission de Miss Talman, qui l'accepta, consista à pipoliser le foot, et bien loin des résultats de matches et des buts, à te fourguer Desailly, Pirès, Zizou, comme de vulgaires jeunes premiers de la chansonnette ou du cinoche. Abdoms, tatouages, BM rutilantes, villas somptueuses... D'une drogue pour beauf moyen dans mon genre, le foot made in Ti-F-ouane prend ici résolument le virage Cosmo.
Après Talman, on touche le fond avec quelques mois de présentation par cette fille de LCI dont le nom m'échappe, supposée ancrer la feminine touch, mais cette fois pour commenter les résultats. Ce qui nous aura valu maintes séquences pathétiques où la malheureuse, à l'aise comme un Christian Jeanpierre analysant la chute du cours Alcatel, bafouillait, paniquait, se mélangeait dans ses notes. On avait mal pour elle.
Désormais, le patron du foot sur TF1 s'appelle Gilardi. Animateur à mon goût insupportable. Au moins connait-il son sujet. Las, dans la coulisse, on est passé au stade suivant. Désormais, le match du samedi n'est plus un événement sportif, ni un rendez-vous de stars hyper sexuées, c'est UN DRAME. La moindre opposition Sunderland-Charlton est montée façon clip hyper tendu, avec esthétique m'as tu vu en noir et blanc colorisé flashy, incluant fondus aux noirs tous les trente images, à te filer la nausée, le tout sur fond de grand orchestre néo-classique parfaitement ridicule, qu'aucun réalisateur de peplum exigeant n'oserait choisir pour illustrer l'ultime combat des gladiateurs au cirque maxime.
C'est comme ça tous les dimanches. Je n'en PEUX PLUS: Nancy-Ajaccio, tragédie shakespearienne. La victoire poussive, laborieuse, pesante, des Bleus à Dublin vous sera vendue en épopée dantesque, homérique, afin que la boucle soit bouclée. Ainsi la première chaîne française, détentrice des droits exclusifs du mondial 2006, nous annonce la formidable nouvelle saga nationale, qui te vous aura quand même, avec "la bande à Zizou" qu'un journaleux inspiré ne tardera pas à nous pondre, une autre allure que CostaRica-Japon ou Iran-Slovaquie en praïme de 20 heures 30! Ecoutez-les. La défaite 3-0 de n'importe quelle équipe de branques nous est toujours racontée sur le même ton contrit, par de jeunes tâcherons propagandistes de la terrible Saga Hebdomadaire. Tu jurerais qu'ils t'annoncent 200.000 morts dans un typhon d'apocalypse.
Tout à la fois indécent, ridicule, indigeste, pompier, grotesque, effarant, lourdingue.
Il y a donc fort à parier que les audiences décollent.
Après la F1, abandonnée il y a trois ans pour cause de Schumarerite suraigue, voilà donc une autre émission que je ne regarderai bientôt plus. La cinquantaine approche. Je suis de moins en moins la cible pour de plus en plus de trucs. Voilà comment on entre peu à peu dans l'hiver de sa vie.
Et pour tout vous dire, face à tant de crétinerie volontaire, entêtante, obstinée, j'en serais presque soulagé.
Quand j'ai tapé ce matin vers 11 heures, sur le clavier de mon téléphone fixe, les 10 chiffres de mon correspondant, commençant par le préfixe 01, et que la voix de la dame m'a dit que je n'étais pas autorisé à utiliser le "7" de Cegetel, j'ai songé à un mauvais numéro. J'ai raccroché. Zen. Vous me connaissez, une demie heure de Tao To King chaque matin, réjoui le pélerin.
Retapé les 10 chiffres. Retombé sur la même dame de Cegetel. Là, je me suis dit, "coco, t'as un souci". Oui, je m'appelle Coco, parfois, mais seulement quand nous sommes seuls, et non, ce n'est pas en souvenir de mes lointaines années trotskystes, Emery, ne sois pas désagréable.
La perspective de s'enquiller une demie heure de HotLine pour régler un problème à la con constitue nous l'avons déjà évoqué ici, une des saveurs de la vie au 21ème siècle.
Ca commence avec "pour nous permettre de vous identifier, tapez les 10 chiffres de votre téléphone, qui ne sert rigoureusement à rien, car tu vas le découvrir, la conseillère clientèle te le redemandera, ainsi du reste que tes nom prénom adresse date de naissance numéro de sécurité sociale, et même ton email. Bon prince, Zen, tu tapes quand même les dix chiffres.
Qui saura dire ensuite la voix d'hotesse de l'air digne des films de Max Pecas qui sur fond de musique grotesque t'égrène une litanie d'options qui ne te concernent jamais? Toi, tu ne souhaites pas faire le 1 pour connaitre nos nouvelles offres, faire le 2 pour changer votre abonnement, faire le 3 pour payer une facture, faire le 4 pour connaitre le montant de vos consommations, tu veux juste parler à une bon sang de connasse de conseillère commerciale pour lui demander ce que c'est encore que ce bordel qui fait que tu ne peux plus passer un coup de téléphone. Evidemment c'est la seule option qui ne t'est pas proposée dans le foutu sommaire (à tout moment vous pouvez revenir au sommaire en tapant sur la touche étoile), ils te la proposent juste à la fin, avec ce sinon, restez en ligne, un conseiller de clientèle va prendre votre appel, nous mettons tout en oeuvre pour écourter votre attente. Ce "sinon", je me demande s'ils le font pas exprès pour se payer clairement ta gueule.
Vient ensuite ton face à face avec cette bon dieu de musique CEGETEL en boucle. Composez le 1001 pour essayer, vous testerez utilement votre résistance au stress. Ces gens de la communication prétendent n'avoir pas besoin de conseils. A la lourde, tout ce joli monde, si vous voulez mon avis.
Quand la première ahurie responsable commerciale te prend enfin en main tu as les nerfs à vifs. Tu lui exposes ton cas. Là voilà qui se met à reformuler en moins bien tout ce que tu lui as dit, d'une voix de machine, chaque phrase assortie de "si j'ai bien compris votre problème monsieur resse". Elle m'appelle comme ça, "Monsieur Resse" dix fois par tirade. Ils les ont dressés au mot près. Merci de patienter monsieur resse. Merci d'avoir patienté monsieur Resse. Cinq minutes, tu as envie de la tuer. Je pourrais vous la faire longue sur l'enchainement des circonstances et incompétences de trois au moins de leurs comiques troupiers qui auront abouti à la résiliation malheureuse de mon compte.
Bon. En même temps des enfants meurent de soif dans le sahel et d'autres connaissent d'insolubles problemes de bonde de baignoires qui font froid dans le dos.
Mais reste quand même cette question: POURQUOI est ce toujours sur moi que ça tombe, ces conneries? Vous savez ce qu'on dit, ce n'est pas parce que tu es paranoïaque que personne ne te suit dans la rue.
Parfois, je ne sais pas vous, mais moi, oui.
Je me demande ce que je fais là, si tout cela ne serait pas, au fond, juste une illusion, à peine une sensation? Je relis les emails reçus dans une simple journée, hors les spams que mon FAI bloque contre la somme de deuzeuros ttc par mois. depuis ce matin 9 heures franchement, dites moi si c'est une vie normale.
Entre chaque point, faites un rapide ttcchhh, comme à canal plus.
Après on s'étonne qu'en fin de journée je me demande parfois "mais où cela m'emmenera-t-il?" Et cette dernière, tiens qui vient juste d'arriver:
Veste climatisée, chaussure à processeur, imprimante à ongle... : les nouvelles technologies peuvent aussi améliorer furieusement votre confort ou votre apparence.
Va falloir que j'y pense...
Bien. Si nous pouvions éviter les plaisanteries de garçon de bain, du genre, allons prendre un bon bol d'Eire, ou le plus ciblé y a pas de mal à se faire Dublin, ou encore Verts de peur, de rage, verts comme l'espoir, et caetera, ce blog conserverait un peu de sa dignité, et je ne m'en porterais pas plus mal. Car l'heure est grave.
Dans quelques heures en effet, l'homme en noir, en plein rond central, d'un coup de sifflet péremptoire sonnera le début des hostilités pour 22 hommes en col-eire en quete d'une place qualificative pour le mondial 2006.
L'eire de rien, l'enjeu est national. Nous fûmes à ce qu'il parait la honte - ou la risée - de l'Europe le dimanche 29 mai. Puis vint juillet, et nous nous fîmes bananer par la Perfide Albion. Je ne remettrai pas le débat sur le tapis, mais on est plus fort pour organiser Paris Plage, à ce qu'il semble. Notre bon Président a des petits soucis de santé. Le chômage baisse un poil, mais le pétrole augmente grave de grave. Des taudis brulent, mais y a des gosses dedans. La morosité parait générale dans ce pays, où le mot récession semble avoir été banni du vocabulaire, que j'entends personne oser l'évoquer, et moi-même je ne me sens pas au mieux. A moins que régression soit plus approprié? Bref, si ce soir nous ne sommes pas en mesure de coller une rouste aux rouquins mangeurs de patates et buveurs de houblon, nous plongeons pleine tête dans la piscine à marasme, et Domenech pourra se brosser pour sa Légion d'Honneur et son treizième mois.
A cette heure-ci, je n'aimerais pas avoir le profil de l'Homme Providentiel.
Certaines blogueuses me tomberont-elles dessus à plumes raccourcies? nous verrons.
Surfant joyeusement sur les sites de recherche d'emplois, puisque mon activité de conseil en communication & éditorial va dans le mur, je découvre une annonce où figure l'information suivante, que je ne qualifierai même pas de "politiquement correct" terme désormais galvaudé et sans objet, mais qui pèse quand même son poids de "faucuisme" et d'hypocrisie absolue.
"Le Conseil de l'Europe encourage à se porter candidate toute personne ayant les qualifications exigées sans distinction de sexe, de handicap, de situation maritale ou parentale, d'origine raciale, ethnique ou sociale, de couleur, de religion, de convictions ou d'orientation sexuelle. Dans le cadre de sa politique d'égalité des chances, le Conseil de l'Europe tend à assurer une représentation paritaire des femmes et des hommes par catégorie et par grade. Conformément à cette politique, la préférence, à égalité de mérites, est donnée au (à la) candidat(e) du sexe sous-représenté (sexe féminin en l'occurrence).
Merveille du discours!
Tous critères de discrimination étant déjà interdits par la loi, imaginer qu'une institution européenne oserait les pratiquer serait aberrant. En dehors de se gargariser un bon coup à l'éthique paritaire, ce blabla nian-nian est donc parfaitement superflu, inutile.
Sinon bien sûr pour te faire comprendre que le poste est déjà réservé pour une femme. Aux hommes brillants qui prétendraient postuler, (mais à moins d'être à la fois homo pacsé, de minorité éthnique, embarrassé des gambettes ET amblyope, faudrait vraiment avoir le moral pour croire en tes chances), comment douter qu'il ne se trouvera pas au moins une femme répondant aussi bien aux éxigences du poste?
Sauf qu'écrire "cherchons femme" serait aussi, Dieux de l'Europe protégez-nous, de la discrimination. Faut donc six lignes de verbiage pour comme disait le malicieux Frédéric Dard, "cacher la merde au chat".
Ne reste qu'à savoir si en cas d'égalité des candidatEs, celle assez habile pour évoquer tout à la fois, dans l'entretien, ses préférences saphiques, ses acouphènes et son enfance en hlm, emportera effectivement le pompon.
Vive l'europe.