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MES LIVRES DE CHEVET






12/03/2007

Villes en vie

Chaque année, je rédige à partir d'une commande de l' Association CHROMA, le document pédagoqique ZEBROCK AU BAHUT.

ZebvillesIl s'agit d'un parcours de découverte de 50 ans de Chanson Française, à travers un thème donné. Financé par le CG du 93, la DRAC Ile de France et le CR Ile de France.

En 2006-2007, les lycéens d'Ile de France, et notamment de Seine Saint Denis, travaillent sur le thème de la Ville.

Voici l'EDITO rédigé pour ouvrir ce document, intitulé "Villes en vie… "

Envies de villes… Envies de vivre… Derrière les allitérations se terrent souvent des significations cachées qui ne demandent qu’à surgir. La ville et la vie, indissolublement liées. Pour qui en douterait, il se trouve toujours une sage pensée grecque ou latine pour aller à l’essentiel. Ainsi, apprécions-nous d’emblée cette idée, surprendre les lecteurs assidus des livrets Zebrock au Bahut… en invoquant ce bon vieil Aristote :

Les hommes se rassemblent dans les villes pour vivre. Ils y restent ensemble pour jouir de la vie.

Qui contestera le philosophe antique ? Quel sens de la concision ! En deux phrases, tout est dit. De cette nécessité fondatrice, d’abord. Jaillie du fond des âges et des cavernes : on est plus fort ensemble. « Nul ne peut se vanter de se passer des hommes (1) ». Nous avons besoin les uns des autres, et de nous regrouper. Puis de nous supporter, nous entraider, nous organiser, pour survivre, et vivre, et si possible fabriquer à plusieurs du confort, du bonheur, et de l’espoir. Croire ainsi que demain sera mieux qu’hier. Faire son possible pour qu’il en soit ainsi.

Sans cette fondamentale nécessité découlant de l’instinct de survie, nous serions demeurés éparpillés, disséminés. Incapables de croître, donc ; et par-là même voués à disparaître. Mais nous étions conçus pour durer. Pour bâtir et prospérer. En hordes, en groupes, en ethnies, en nations. C’est pour cela qu’existe la culture : elle constitue le patrimoine de codes communs qui nous aident à mieux nous entendre, et parfois, peut-on espérer, à mieux nous comprendre. Elle constitue l’ensemble des connaissances qui au fil du temps et des générations, invite les hommes à grandir, devenir meilleurs. C’est aussi pour cela qu’ont poussé les villages, puis les bourgades, puis les villes ; et jusqu’aux mégapoles qu’on juge parfois, paradoxalement, inhumaines.

Rien de plus universel que la ville. Sinon notre besoin d’air, et d’eau. Et cela va généralement de pair, offrant à l’écrivain Henri Monnier l’occasion d’un élégant trait d’humour, avec ce beau retournement : "C'est une remarque bien digne d'attention que les grands fleuves passent généralement au pied des grandes villes". Sous toutes les latitudes, en toutes époques et saisons, elles sont le lieu où notre raison commune se trouve mise en action. Comme la vie, elle devient alors « cette scène de théâtre où tous les hommes et femmes jouent leur rôle (2) ». Nulle part il est écrit que cela se fera sans mal, ou sans heurt. Car si nous sommes voués à vivre les uns avec les autres, il arrive aussi que cela tourne à l’inconfort, ou au vinaigre. De tous temps les tribunaux se sont vus encombrés de plaintes de voisinages : trop de bruit, d’incivilité. Trop d’égoïsme.

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12/02/2006

Bizarre, Bizarre...

Il faut bien entendu commencer par ces répliques:

- Oui, vous regardez votre couteau et vous dîtes bizarre, bizarre. Alors je croyais que ...

- Moi, j'ai dit bizarre, bizarre, comme c'est étrange ! Pourquoi aurais je dit bizarre, bizarre ?

- Je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit bizarre, bizarre.

- Moi, j'ai dit bizarre? Comme c'est bizarre !"

Drôle de drame, de Marcel Carné, chef d'œuvre immortel du cinéma français… Sans cette scène d'anthologie jouée par deux des monstres sacrés du cinéma d'avant-guerre, Michel Simon et Louis Jouvet, l'objet que vous tenez en mains n'aurait pas ce titre-ci…

Depuis ce bref dialogue issu du génie de Jacques Prévert (qui était autant dialoguiste que poète), le mot "Bizarre" chez nous va toujours par deux: "Bizarre, bizarre"… Peut-être, parce que le mot lui-même est bizarre à prononcer. Avec ce "z" en son milieu, qui nous entraîne vers d'autres mots étranges, zigoto, zazou, zébulon, Zappa, Zavatta, zarzuela… zèbre… Bizarre EST bizarre… et ce n'est pas qu'une tautologie.

L'ETRANGE TOUJOURS NOUS ECHAPPE

Définir le mot bizarre ne pose guère de problème: on nomme bizarre ce qui sort de l'ordinaire; l'étrange, le déconcertant. En revanche, identifier avec précision ce que le mot décrit, ce qu'il recouvre ou non, tient de la gageure, voire du pari impossible. Les raisons ne manquent pas. Mais on verra bien entendu que là précisément réside son charme: le bizarre nous surprend, nous déconcerte. Mais surtout, il nous échappe. Sans doute peut-on le tuer. On ne peut pas le contrôler.

Zebbizarre Chaque année, je rédige à partir d'une commande de l' Association CHROMA, le document pédagoqique ZEBROCK AU BAHUT.

Il s'agit d'un parcours de découverte de 50 ans de Chanson Française, à travers un thème donné. En 2005-2006, les lycéens d'Ile de France, et notamment de Seine Saint Denis, travaillent sur le thème du BIZARRE.

Voici l'EDITO rédigé pour ouvrir ce document, intitulé "Bizarre, Bizarre… "

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12/01/2006

Un monde meilleur

Chaque année, je conçois, à partir d'une commande de l'Association CHROMA, un document consacré à la découverte de la Chanson Française, destiné aux lycéens et collégiens d'ile de France, financé par le CG93, la DRAC Ile de France, le CR d'Ile de France.

En 2004, le thème retenu était "Un monde meilleur...". Voici l'édito qui ouvrait le document.

Zebmeilleur_1 "T ’as beau pas être beau,monde cinglé, J ’t ’ai dans la peau,et j ’t ’aime,t ’aime,t ’aime … »

En deux phrases, tout est résumé ! Merci donc à Louis Chedid, brillant metteur en rimes et par ailleurs papa du jeune M. Oui, pour quelques millénaires encore, avant que les technologies nous permettent d’aller semer la même pagaille en d’autres galaxies, le Monde, c’est ainsi, demeure notre cour de récréation, notre stade, notre demeure, notre village, notre champ de batailles… Et ce jardin secret où s’épanouissent avec des bonheurs variables nos petits mondes intimes, intérieurs, nos rêves, fantasmes et ambitions indicibles.

C'est quoi, "Le Monde"?

... tout ce qui nous bouleverse, nous heurte, nous passionne, nous scandalise, nous interpelle, nous désarçonne. Mais parlons-nous du Monde tel qu’il est ? Ou tel que nous le voudrions ? N’est-il pas, d’abord et avant tout, mon petit univers à moi ? « S’enfuir dans un village, pour en faire le centre du monde… » proposait Jules Renard, qui savait tout de l’homme et de ses faiblesses. Merveille ou Enfer ? Le Monde offre parfois des moments de grâce et de bonheur ; un soir de fête à deux, ou deux cent mille, on se regarde comme frères et soeurs, ou comme des amoureux ; seuls au monde ou rassemblés avec des milliers d’autres par une passion commune : sport, conviction, musique. Un simple mot le décrit alors : merveilleux.

Il y a aussi tous ces ailleurs, qui convoquent pour les yeux des touristes éblouis des spectacles somptueux donnant aux cartes postales de vraies allures de paradis : couchers de soleil mirifiques, cascades vertigineuses, luxuriantes forêts tropicales. Dans ces paysages-là n’apparaît jamais la misère humaine. Mais demandez au photographe de faire un demi-tour sur lui-même... Et vous verriez soudain les bidonvilles à la misère crasse, les mômes dépenaillés tendant la main, les maladies qu’ailleurs on sait soigner mais qui laissent ici les familles écrasées sous un deuil permanent.

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12/09/2005

Ensemble

Zebensemble Chaque année, je rédige à partir d'une commande de l' Association CHROMA, le document pédagoqique ZEBROCK AU BAHUT.

Il s'agit d'un parcours de découverte de 50 ans de Chanson Française, à travers un thème donné. En 2004-2005, les lycéens d'Ile de France, et notamment de Seine Saint Denis, travaillent sur le thème "Ensemble".

Voici l'EDITO rédigé pour ouvrir ce document… intitulé "SEULS ENSEMBLE"...

Nous sommes comme les grains de sable sur la plage, mais sans les grains de sable la plage n'existerait pas. Nous ne sommes que des grains de sable, mais nous sommes ensemble. (Bernard Weber)

PETITES LECONS DE MODESTIE.

Nous nous comptons aujourd'hui quelques milliards, d'une espèce dite humaine qui impose aujourd'hui son rythme et ses exigences à la nature toute entière, au point même, craignons-nous, de bientôt l'épuiser. Pourtant n'en concluons pas trop vite que nous sommes par prédestination les rois de ce monde. A leurs origines, nos ancêtres communs n'étaient guère qu'une poignée. Une espèce finalement plutôt proche de l'extinction, qu'un quelconque virus de type Ebola eut suffi à rayer pour de bon de la carte.

Par ailleurs, si nous nous comparons aux espèces inférieures, nous sommes aujourd'hui obligés d'admettre que nous partageons quelques 97% de notre patrimoine génétique avec, - par exemple-, le singe Bonobo, dont la particularité consiste à occuper sa sainte journée aux saines joies de la copulation, prouvant que certains ont mieux que d'autres retenu le fameux slogan des glorieuses sixties: "faites l'amour, pas la guerre".