Tiens j'avais écrit ça, en 2006, au coeur de la tourmente, un slam pour de rire et pour célébrer l'été breton, qui n'en déplaise à Joe Dassin, vaut bien l'été indien. Dédicace à tous mes ami-e-s de Bretagne, de sol, de sang, ou de coeur.
Ecoute moi bien mon frère cette fois c'est décidé je veux sortir de
la galère
Mon dictionnaire de rimes depuis des lustres a pas pris l'air
Il est temps de montrer au monde entier ce qu'un Resse motivé sait
faire
J'ai la passion d'une région elle me colle pas le bourdon même quand
il pleut pire qu'à Mourmelon (pourquoi Mourmelon, je sais pas c'est
juste une impression)
elle me donne envie de poésie s'appelle pas l'auvergne ou la
picardie, pas même la normandie, cette région que j'ai dans mon coeur et
mes tripes
me plait depuis toujours je l'ai jamais prise en grippe
Alors maintenant déchainé par l'envie des mots,
je vais vous livrer comme elles me viennent mes émo-
tions les plus intimes, et les plus cachés de mes maux,
cette région qui me met le coeur en braise
que la langue autochtone depuis des siècles appelle Breizh...
Je veux plus être un fils de pute, un enfant de salaud
Je veux vous dire l'amour que je porte à Saint Malo
J'en ai assez de vivre dans le mensonge et l'arnaque
Je suis toujours meilleur quand j'erre dans les ruelles de Carnac
Je sais ma vie est celle d'une racaille, je me conduis souvent comme
un vandale
Sans projet ni objet mon avenir a l'air plutôt bancal, dix fois j'ai failli
finir à fond de cale,
Mais je me sens revivre dans ce bar de Cancale,
T'as qu'à le
tester comme moi, sans filet, sans rênes,
C'est juste à soixante bornes de la capitale, je veux parler de
Rennes.
Alors écoute moi mon frère je veux plus que ma vie s'enterre
Je rêve de revoir un jour les tours de Belle Ile en Terre,
Et même si je suis sans fortune sans thune, si je vais sans un rond
Je retrouverai le sens de la vie sur la côte sauvage à Quiberon,
je
veux pas que tu restes en rade, que tu t'envoles sans lest pour marcher
fier et droit va roder sur la rade de Brest,
Je te promets je commettrai pas d'impair, du Guilvinec à Quimper,
plus sage qu'une fille au pair, je retrouverai mes repères, promis je me
tiendrai cool, tranquille, pépère,
J'irai confesser mes fautes et mes errances passées, à Monsieur
L'abbé,
Celui de Kerity, ou celui de Pont l'Abbé,
De faire le zouave à gâcher ma vie je te jure que j'en ai marre,
Retrouver le meaning of life, du côté du port de Penmarc'h
Sans souci, sans gène, juste le nez dans mon glass de Chouchen, à
l'abri des regards, sous un chêne, je ferai pas mon bizarre, j'aurai pas
l'air lunaire, traînant sur la grève du côté de saint lunaire, sans en
avoir l'air, affuté tel un corsaire, mais sans arrogance (à quoi ça
sert),
je m'occuperai juste de mes affaires, mes oignons,
de Lamballe à Lannion, manger des crèpes, sans prendre de gants,
vivre ma vie dans les faubourgs de Guingamp
Mais avant que ce rêve se réalise, avant que je retourne à l'Eglise,
faut pas que je m'emballe,de Lannion à Lamballe,
j'ai encore vingt piges avant la retraite, c'est pas demain que
j'irai plonger dans l'eau vive de Plancoet, mais d'ici là,
je te le dis
sans hargne, ni sans faire des magnes, ni chercher la castagne,
je la
kiffe à donf,cette région qu'on appelle Bretagne.
(et le lendemain, retour sur l'affaire...)
Eh, vous me ferez pas taire, ni toucher terre,
maintenant j'ai tout compris du mystère,
je sais comment ça marche, faut pas que je rame, j'y vais à fond sur
mon slam, c'est pas que ça m'calme mais je fais comme tout le monde
je
proclame, je lésine pas sur la réclame,
imagine! j'ai mis mes palmes,
et même si ça n'a rien d'académique, ni rien d'agronomique, ni rien de
systémique,
faut que je me magne, qu'avec les mots je me castagne, plus rapide
qu'Antonin Magne,
car dans trois jours... adieu Belle Bretagne,
alors c'est sur je vais pas te parler de campagne, ni de la montagne,
ni d'un bon plat de lasagnes,
j'ai pas fait hypokagne, pour déclamer ma hargne
Je mets les sons des cornemuses et
Et avant que mon gros corps ne m'use
Je trousse une dernière fois ma muse...
Pour te faire profiter du grand R.
Tu vois t'as de la veine, Je t'avais pas encore parlé de Pontivy
ni
de Pont Aven,
enfile un pull en laine oublie deux secondes Ségolène je vais
t'évoquer l'ile de Molène, et si tu le sens je peux aussi t'emmener sur
l'ile d'Ouessant, ou Sur l'ile de Sein dont les habitants il y a plus de
soixante ans, répondirent TOUS présents pour devenir les premiers
résistants,
je pourrais faire le malin, lancer des blagues, faire des jeux de
mots des calembours, mais je te jure je préfère encore penser au Port de
Vannes, bien plus beau que la Savane, puis me tourner vers Lorient,
voir le soleil se lever au loin, là bas, pile à l'Orient. Le soir tu vois je
fais pas le rapiat, je suis pas un rat, je te donne la combine, il se
couche pile à la Pointe du Raz,
vas-y, fonce, faire un tour dans le pays bigouden et là regarde sans
dédain, elle est brute et sauvage, la baie de Plozevet à Pouldreuzic,
Audierne balayée par les vents oublie pas la plus belle baie du monde où
jamais tu as mis ton nez, qui se trouve à deux pas, près du port-Rhu, à Douarnenez,
et avant de partir fier et droit comme un menhir, de te laisser la
clé du dolmen, je te donne un dernier conseil, va regarder au loin ta
solitude, je te jure vous serez pas des milliers, à découvrir le sublime
à la pointe du Millier,
Tu vois je suis pas géné d'être généreux,
Et si je suis bien plus pauvre
que Lagardère
Pourtant (speciale dédicace à mon frangin Zitoun) je suis pas plus
con qu'Arnaud.
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