José Bové et moi
Pourquoi commencer ce tour d'horizon des 11 ou 12 olibrius en lice pour le Grand Prix de l'Elysée par le citoyen José Bové? Précisément! parce que nous ignorons si moustache y endossera, ou non, le rôle du 12ème salopard apôtre candidat.
En effet, le ci-devant a déposé vendredi au conseil constitutionnel son paquet de signatures... mais sans pouvoir me dire exactement combien. En somme, ce garçon veut diriger un pays de 63 millions d'habitants mais ne sait pas compter jusqu'à 500. En revanche il n'hésite pas à évaluer le coût de son programme à 200 milliards (d'euros). Pour attirer ma confiance, on sait faire mieux.
José Bové devrait m'apparaitre sympathique à maints égards. Je vous ai prévenus qu'on n'allait pas donner dans l'analyse de haute volée, hein. De la pure subjectivité, je vous ai promis. Où j'irai glisser, de temps à autre, cher ami internaute, un poil de pertinence impertinente. A toi de le retrouver...
Ainsi l'ami José demeure non loin de Millau, charmante bourgade aveyronnaise où jadis par une nuit d'orage je demandai ma compagne d'alors en mariage. Au lieu de me coller la dite main demandée en pleine poire, ce que toute femme de sexe féminin eut normalement osé sur un mode quasi réflexe, l'insouciante me l'accorda, signant là l'une des plus funestes décisions jamais prises par un être humain en ce siècle déjà traversé de mille et un malheurs.
Reste le souvenir de la nuit d'orage. Mille eaux à Millau, joli titre pour une histoire d'amour, en cette vallée de larmes.
Sinon, José Bové habite une région où l'on produit de merveilleuses charcuteries, et l'un des fromages les plus goûteux de la création.
L'homme est aussi à parvenu à s'attirer l'inaliénable sympathie d'un de mes amis parmi les plus chers. Un de ces authentiques idéalistes (je sais que ce mot-là l'énervera) qu'il me déplait de trop prendre à rebrousse-poils, tant notre affection mutuelle fait sens dans ma vie, au-delà des kilomètres.
Qu'il me pardonne néanmoins. Si j'avoue une tendresse naturelle pour les chanteurs à moustache, de Georges Brassens à Jean Ferrat, de Louis Chédid à Linda de Souza, je sais depuis Staline, Dodolf et Noel Mamère, qu'il ne faut en revanche jamais accorder sa confiance à un moustachu dès lors qu'il s'agira de politique.
Celui-là porte parfois des chemises à damner Vinvin.
Positionné entre Astérix, Mandrin et Lech Walesa, Bové donne l'illusion qu'un homme du peuple se lève face aux puissants, comme jadis on le faisait dans les campagnes au temps des jacqueries. Mais je ne parviens pas à distinguer, (ou je crains d'y arriver trop bien...) dans ses multiples croisades placées sous l'égide du principe de précaution, la part de démagogie populiste, d'obscurantisme a-scientifique, et parfois d'antisémitisme larvé. Quelque chose en son discours dégage un fumet qui me trouble. Qui n'a rien à voir avec son statut de paysan mais avec ses certitudes en tout trop bien ancrées, qui vont jusqu'à détruire sans vergogne les champs travaillés par un autre que lui, puis à se présenter en victime, si le dit travailleur a prétendu empêcher qu'on bousille sa récolte.
Désobéissance civile ou régression de nature pré-totalitaire?
Ce qui me gêne en Bové provient moins de ses convictions que de ses méthodes, et aussi de ses fréquentations : Mamère, encore... qui représente pour moi tout ce que la politique peut produire de pire quand Bruno Mégret est sous antibiotiques.
Roquefort ou pas, si j'osais José, j'aurais le sentiment d'octroyer ma confiance à un lepen de gauche, un de ces innombrables professeurs yaka qui vous font croire qu'un autre monde est aisément possible, qu'il suffit d'y croire et de le vouloir, ce qui m'apparait relever au pis du mensonge, au mieux d'une confondante naïveté.
Demain, ma folle idylle avec Arlette Laguiller.





