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28 mars 2007

Olivier Besancenot et moi

Besancenotolivier Si j'étais ce garçon, j'abandonnerais toute activisme politique, et j'enverrais prompto ma photo à Stephen Spielberg, celui-ci ayant acquis les droits d'adaptation des Aventures de Tintin pour le cinéma.

Non? Franchement!? Une petite houpette, un fute de golf, un polo bleu... ça le fait, non?

Au lieu de cela, cette tête de gendre idéal prône la Révolution contre l'exploitation de l'homme par l'homme, se plaçant en digne successeur d'Alain Krivine et Daniel Bensaïd, deux des pères fondateurs de Mai 68, mais aujourd'hui davantage tracassés par l'arthrite que par le retraite, aucun n'ayant encore dételé de la direction de cette LCR qu'ils portèrent eux-mêmes sur les fonts baptismaux léninisto-trotsko-franko-pablistes.

Voilà qui dément l'adage du cher Jacky Berroyer, qui jadis affirmait "le trotskysme c'est un peu comme le hard-rock. Aimer ça à vingt ans, c'est normal. A 40, c'est plus grave!..."

Je confesse écouter encore AC/DC. Mais là n'est pas la question.

J'ai moi-même vendu "le quotidien Rouge" à la criée, au marché de Gennevilliers, entre 9 heures et 12 heures, le dimanche Je vous confie qu'on ne faisait pas fortune. J'ai "diffé" des tracts, suivi "l'école de form", été "sympathisant en CR" (cercle rouge) puis adoubé "militant", une fois le temps d'apprentissage fini. Avec les honneurs dus à ce statut: droit de recevoir à la maison "les B.I." (bulletins intérieurs), où s'étendaient sur des dizaines de pages les contributions incompréhensibles de différents camarades des différents courants quant aux vertus stratégiques du "FUO" (front unique ouvrier, un classique de la théorie trotskyste); droit de m'inscrire dans une "tendance" avant le congrès (les sous-courants bien connus: moins on est de fous, plus y en a); droit de payer ma "cotise" (10% du salaire net), d'avoir un "pseudo", (au cas où il aurait fallu entrer dans la clandestinité, le fascisme ayant triomphé, ce genre de menace). Sans parler des gardes de nuit, à la librairie de l'impasse Guéméné, près la place des Vosges. (oui oui Guéméné est une impasse, criaient les salauds d'autonomes dans les manifs anti trotskes). Je me souviens quand même d'avoir vu The Clash à la Fête Rouge.

Voyez comme on savait rire, à cette époque. Je me souviens même d'un jeu de mot hilarant.

Certains camarades pensent que la Ligue a tort.

Oui...

Bon...

Je finis toutefois par trouver qu'ils poussaient un peu loin le bouchon, les dits camarades, quand la dénommée Khalija (en fait elle s'appelait Michèle, ou Jocelyne, ou Nicole, mais un pseudo arabe, ça montrait sa solidarité avec les femmes immigrées, faut-il tout vous expliquer?), la camarade khalija donc, me fit morigéner parce que je refusais d'obéir à l'injonction de rejoindre la "cellule instits" alors que je voulais continuer de "militer" à Gennevilliers. Refusant de céder à la discipline prolétarienne que m'imposait la fédé, - si tout le monde était comme moi, la révolution n'eut pas été pour demain, je vous le dis-, je proposai ma démission à ces bons petits soldats. Elle me fut refusée à l'unanimité des camarades de la cellule, où je ne remis naturellement jamais les pieds, achevant ainsi ma noble - quoique assez courte - période rouge.

C'était, dans la série "les belles histoires d'Onc' Resse vomissant sa jeunesse", notre épisode "T'as du bol, chévik".

Demain, qu'on se le dise, nous entrouvrirons le conséquent dossier Royal...

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