Un bon procès vaut mieux qu'une petite claque
Contrairement à la majorité des bonnes âmes qui souvent refusent la chronique de la "vraie vie" pour lui préfèrer l'affirmation abstraite des grands principes... Moi, j'aime les faits divers. C'est là, aussi, que se lisent les évolutions d'une société.
Lorsque j'étais petit garçon, ma môman (ma bonne vieille femme de mère, écrivait Frédéric Dard. La mienne n'eut pas trop le temps de devenir vieille, mais là n'est pas la question) avait posé ce principe éducatif intangible. "Si tu viens te plaindre à moi qu'un enseignant t'a mis une claque, je t'en collerai une deuxième, en manière de solidarité.... Ensuite, éventuellement, nous discuterons du bien-fondé de ta plainte".
A l'évidence, ça ne colle guère aux principes éducatifs en vigueur dans les pays scandinaves, qui sont désormais notre standard indépassable. Là bas, aucun parent n'a le droit de lever la main sur son môme, aucune différence n'y est faite entre authentique maltraitance à enfant et simple tape ou giffle permettant de marquer qu'une borne a été franchie.
Notre Grande et Belle Europe est Nordique et AngloSaxonne; tout à la fois puritaine et liberticide, hygiéniste et moralisatrice, judiciarisée, pasteurisée. Elle impose partout ses principes, y compris aux pays de culture latine où l'on a le sang plus chaud, et plus vif. Ce prof d'un collège du nord vient d'en avoir confirmation. En classe, un gamin de 11 ans le traite de "connard". A chaud, le prof lui colle une mandale. Rien que de très sain, vif, sincère, spontané. Mais l'insultant est fils de gendarme. Celui ci va se déplacer jusqu'à l'école, en uniforme, pour annoncer qu'il porte plainte. Pour violence aggravée envers mineur. En cerise offerte, le prof se verra, tel un vulgaire assassin, arrêté à la maison, et placé pour 24 heures en garde à vue.
A quelques pas de là (*), un journaliste informe que le lobby du sel vient de le traîner au tribunal pour diffamation, parce qu'il a dans un article affirmé que l'industrie agro alimentaire a la main trop lourde, et sale trop les plats cuisinés, faut bien fourguer la marchandise.
Hier, une dame homosexuelle s'est faite débouter de son exigence (**) à pouvoir disposer d'un congé de "paternité". Sa compagne si j'ai bien compris, est la mère biologique. Mais elle, qui est-elle?.. Bonne question. Plutôt que d'en débattre sur la place publique, ces braves gens entament la bonne vieille procédure judiciaire qui se terminera, évidemment, à Bruxelles, où la France sera condamnée et mise au ban de l'Ordre Nouveau Européen.
Aucun rapport, direz-vous, entre ces trois faits.
Moué.
(*): Discret hommage à Philippe Muray
Additif...
(**): L'excellent Yves me fait remarquer qu'à l''insu de mon plein gré, je donne dans l'adelphisme rempant: le français exige Hier, une dame homosexuelle s'est FAIT débouter de son exigence . et non pas "FAITE". Dont acte! Mais si j'avais écrit (ce qu'à Dieu ne plaise, je déplore fermement le recours à de telles extrémités, vous pensez bien) "la goudou l'a eu dans le fouignedé", n'aurais-je point à mon tour encouru les foudres de la Cour? Je suggère aussi qu'on repasse TOUTE l'oeuvre de San Antonio afin de l'expurger de toute ironie sexiste et/ou (***) homophobe. Ca devrait l'alléger d'un bon poids.
(***) "Et/ou".... Ca aussi, j'adore...











