Je suis, tu es, il est, animalement correct, warf
Comme dirait Jacques Brel, j'ai jamais tué de chat... ou alors y a longtemps. Je ne suis pas ennemi des bêtes, dès lors qu'elles se tiennent à distance respectueuse et ne viennent pas m'empuantir l'espace vital. Je les apprécierais à la campagne. A l'ancienne. Les vaches dans les champs. Les chevaux rebelles de Jean François Deniau trottant dans un sous-bois. Et le bon gros chien des Pyrénées dont l'aboiement massif s'entend d'une ferme au loin, tandis que le jour décline. Pour le reste, j'ai autant d'attirance spontanée pour l'animalitude frénétique du citadin que pour une conversion tardive à toute secte évangélique ou salafiste qui soudain m'aurait à la bonne.
En somme, pour répondre à la question posée sur de multiples sites où l'expression pullule, je ne suis guère "animalement correct".
Mais cette interpellation (L'êtes vous? Voulez-vous le mesurer grâce à notre test en ligne?) m'interpelle effectivement. Car pour autant que je comprenne encore la langue de mes pères, elle m'apparait curieusement construite. Non du fait qu'elle démarre avec un de ces néologismes dont l'époque est friande. Chaque attitude nouvelle, moderne, innovante, en rupture de ban, doit exister d'abord dans et par le langage. Par où s'affirmera la pertinence de son intention. Rompre avec...
Q'une langue doive s'ouvrir aux audaces et nouveautés, soit. Encore pourrait-on espérer qu'y demeure une vague logique de sens, si c'est pas trop demander. Ainsi, l'adverbe dérivé d'un adjectif, par ajout du suffixe "ment", est supposé renvoyer au sens de cet adjectif: intensément signifie de "manière intense"; aimablement, "de manière aimable". Vous avez saisi le principe.
Animalement ne dérive pas d'un adjectif mais d'un nom. Plus rare dans la langue française; le Grévisse, bible de grammaire parmi les plus sérieuses, note quelques cas, et signale du "chattement", "chiennement", chez certains auteurs.
Reste quà l'invention d'"animalement correct", la langue française, cette conne, appose une signification assez éloignée de celle imaginée par ses créateurs: se comporter "animalement", ne saurait vouloir dire qu'on se comporte BIEN, "comme il faut", AVEC les animaux. Mais qu'on se comporte COMME un animal; en tant que tel.
Personnellement, hors des alcôves où parfois s'entendrait telle femme vous demandant de la "prendre comme une chienne", invitation à nulle autre pareille (mais crois-je subodorer, plutôt rare aujourd'hui; et d'autant plus délectable), je n'ai, pour moi, guère d'entrain à contredire les principes darwiniens les plus élémentaires.
Bien sûr, les besogneux marquetteurs de la fondation "30 millions d'amis", promoteurs de cette funeste campagne, nieraient vouloir nous inciter à rejoindre la grande sarabande des pitbulls urbains, la fantasia des pigeons scrofuleux, la horde des chats moitié sauvages qui vident nos poubelles à la nuit tombée avec des cris de tigres en rut. Ils nous invitent, en réalité, à des comportements éthiques en direction de nos amis à 2 ou 4 pattes: à nous comporter comme de "bons maîtres", responsables. Les questions posées dans le test en ligne le confirment évidemment, - même si tout enfant de cinq ans devine à tout coup la "bonne" réponse attendue-. Genre d'item proposé? (je caricature, mais à peine)
Si je songe à des vacances en un lieu où mon animal n'est pas accepté:
A. J'abats ce foutu clebs d'une balle en pleine tête. (à déconseiller, passible de prison, Ndl'A)
B. Je le laisser crever attaché à un arbre sur l'autoroute.
C. Je l'enferme à la maison et demande à madame Nicoulot de venir le nourrir une fois par jour.
D. Je renonce à ma croisière, et réserve à la Tranche Sur Mer en campigne, comme tous les ans.
Je vous invite à faire le test pour voir si vous êtes aussi "correct" que moi. Ce dont je ne vous féliciterais pas.
Reste que les questions posées, j'insiste là-dessus, définissent -au mieux- un "maîtrement correct", mais aucunement un "animalement correct". Il faut donc de refaire les questions. Pour répondre à la vraie, noble et belle mission de ses inventeurs, évidemment trahis par leur inconscient dans ce choix de formule. Car il s'agit évidemment d'imposer aux 30 millions d'amis des 30 millions d'amis, ce principe: toute différence entre les espèces est à nier; l'homme est (n'est qu'...) un animal comme les autres; et célébrer dans un joyeux paganisme post-moderne et régressif notre animalité primitive.
Pour faire avancer le projet, je propose quelques items plus "animalement" caractérisés:
Quand je parle de nos chiens à mon fils, je lui dis:
Réponse A. Va faire pisser ces quatre foutus batards que ton père a insisté pour caser dans notre trois pièces, comme si on avait trop de place, avec déjà deux chiares et ma belle-mère?
B. Ton pitbull n'a plus faim, veux tu débarasser l'assiette, ou finir son plat?
C. As tu pensé à sortir tes quatre frères? (c'est la meilleure réponse, le chien est membre à part entière de la famille. C'est l'enfant adopté, le fils spirituel)
Autre item.
Quand je souhaite faire un besoin pressant:
A. Je fais dans le caniveau, proprement, on n'est pas des bêtes.
B. Je balance tout sur le trottoir, à la voyou, et tant pis pour les voisins.
C. Je fais à l'ancienne, dans les toilettes, (mauvaise réponse, il parait que tirer la chasse, c'est pas bien pour l'avenir de la planète).
D. Warf.
Ayant compris que l'animal est déjà l'avenir de l'homme, je me suis dit que la fête ne serait complête sans une célébration, en parallèle, du "chien citoyen", dont l'avènement m'apparaissait soudain tout proche, pour consolider ce pied d'égalité avec les misérables électeurs que nous sommes.
Saisi d'un doute, la réalité dépassant toujours la fiction, je suis allé vérifier sur le web. L'association "Chien Citoyen" existe bel et bien, et dans mon département, depuis lurette.
La boucle est bouclée. Le petit chat n'est pas mort, et c'est ainsi que votre fille est muette.




















Resse, couché! C'est pas possible, ce cabot, toujours un truc à dire...
;-)
Rédigé par: Ardalia | le 13 mai 2008 à 09:46
J'aime les chiens. Bien cuits.
Rédigé par: Boyington | le 13 mai 2008 à 09:51
Wouaf (Constructif au possible)
Et des bezouxes.
Rédigé par: Folie Privée | le 13 mai 2008 à 11:32
Je suis un peu déçu par cette note. Je m'attendais à quelque chose de plus méchant du genre :"Ton pitbull n'a plus faim... replace ce qui reste de la Mémé dans le cercueil !"
Rédigé par: yves | le 13 mai 2008 à 16:47