Chaque soirée d'une semaine pourrait virer vite au pensum. Ainsi quand la majorité des membres de ma famille décide de se brancher sur Denisot, sa clique de chroniqueurs cire-pompes, ses invités tellement imbus d'eux-mêmes qu'ils entendent à peine la litanie de poncifs qui leur tient lieu de pensée.
Mais il parait que le petit journal de Yann Barthès est drôle (c'est vrai, il l'est parfois) et qu'Omar et Fred sont à se tordre. Que de toutes façons c'est ça ou Ferrari sur la Une.
Dans le concert de propos attendus qu'est devenu ce talk-tiède, un couac salutaire vient parfois se glisser. Ainsi hier. Ca démarre mal, pourtant, avec en starounettes du soir une Lio plus maquillée qu'une mercédès partant vers la Lituanie, et la fille de Caunes héroïne d'un téléfilm, expliquant sans rire que ça n'est pas tous les jours facile d'être une fille de. Et elle vous lâche ça, benoite, sur ce plateau de Canal Plus précisément, qui est pour elle comme une seconde maison; où elle a son rond de serviette depuis la maternelle; où toutes les portes lui sont grandes offertes depuis la nuit des temps. Ca ne la trouble pas plus que ça, et pourquoi se priver? Denisot n'est pas du style à remettre à leur place les enfants gatées... Et quand passe un extrait de show pop, où fifille de joue aussi les présentatrices, Tonton Michou, moins mordant qu'un chihuahua à l'heure du thé, s'interdit tout a-parté taquin. On est à la télé. Entre soi.
La minute de plaisir viendra d'ailleurs. Du chanteur Seal, anglais vivant aux USA, également présent sur le plateau. Il est cette star r'n'b que dans l'extrait précédent, DeCaunes junior avait présenté, -obamania-nia oblige- comme un digne repésentant du "black power".
Je voulais vous dire, lui retourne le chanteur, les yeux dans les yeux, qu'il n'y a PAS de Black power. Pas plus qu'il n'y a de White Power, ou de "musique black". La victoire d'Obama, c'est une victoire du peuple. D'ailleurs il n'est pas noir, il est métis. Comme mes enfants... et ça me va tout aussi bien. Et s'il avait été plus que noir que ma veste, mais nul comme candidat, il n'aurait pas eu mon soutien.
Gueule de la DeCaunes! qui ne s'attendait pas à recevoir sur ses terres une leçon. En écho, vient la matrone Lio, toujours partante pour ce rôle de maraichère à qui on ne la fait pas. Bonne copine, elle tente le sauvetage express, et dans un anglais plus qu'approximatif, veut démontrer qu'Obama est quand même un sacré symbole universel. Qu'on lui laisse une minute, elle va nous raconter la douleur éternelle du peuple noir. Las, son terlocuteur la coupe aussi sec, en plein élan. Sourire charmeur, phrase assassine. Si vous voulez voir des noirs plus noirs que moi, je peux vous emmener dans le bush, si vous voulez, y en a plein...
Je ne sais pas ce que chante ce garçon d'habitude; je ne suis pas sûr qu'il soit ma tasse de thé, sa version de Change is gonna come ne vaut pas l'originale, et encore moins l'inégalable version d'Al Green. Mais en deux répliques, je me le suis quand même pris en sympathie.
Découvrez Seal!











