16 juin 2009

Censure et dérapages

J'ai voulu écrire une note, et je me suis censuré. Ca m'arrive parfois. C'est la pire des limites à l'exercice de blogging. Parfois je pense pouvoir aborder tel sujet en exprimant vraiment ce que je pense... J'espère alors qu'il suffira de mettre les bons mots aux bons endroits, pour que les gens comprennent ce que j'ai voulu exprimer. Et me relisant, je me rends compte que... ça ne marchera pas... Que nous sommes entrés dans une telle police de la pensée et de l'expression qu'on ne peut même plus prendre le risque d'être mal compris... Chacun est son propre flic.

Je me souviens de mon rédacteur en chef de la rubrique culture, du temps que je pigeais la rubrique rock de l'hebdo Politis. Je ne me retrouvais pas dans la ligne du canard, mais j'interviewais des groupes, et en attendant plus prestigieux comme je m'imaginais un avenir là-dedans, ça m'allait plutôt bien. Jacques Bertin tenait donc cette rubrique, étant par ailleurs ce chanteur poète plutôt ardu d'accès, bourru de tempérament, mais qui me réserva un accueil plutôt bienveillant. Ce dont je le remercie, rétrospectivement. Il quitta Politis après une tribune libre qu'on lui reprocha, parce qu'il avait évoqué de façon prétendument "incorrecte" l'évolution du quartier de Chateau Rouge où si je me souviens bien il habitait. Il y a des "tribunes libres" qui ne le sont qu'à condition de produire du consensus ou du prépensé. Reste à Politis, Bernard Langlois qui fut jadis présentateur du journal TV, et se fit renvoyer pour avoir ironisé à la mort d'une Princesse de Monaco.

Sur le web, on croise Langlois défendant le temps d'une tribune le très mal vu Eric Zemmour, qui cummule les désavantages comme d'autres roulent les mécaniques. Il a déjà cette vraie tête de fouine, du genre qu'on soupçonnerait de balancer en douce ses copains au surgé, ou de jouer les faux témoins contre un bon point. Une manière de délit de faciès pour ceux qui d'habitude en dénoncent le principe... C'est que Zemmour se déclare volontiers "de droite", ce qui est l'indécence même, et va jusqu'à préciser "réactionnaire", qui sonne presque comme une vantardise (mais en connaissant la saveur, je ne lui jette pas la pierre). Il renchérit pour moquer les féministes (il a pondu sur le sujet un petit pamphlet plutôt bien tourné, plus subtil, même si moins jubiliatoire, que celui de Soral du temps que celui-là n'avait pas encore rejoint le côté obscur de l'atroce.

Et donc Zemmour s'aventura voici quelques temps à revendiquer le droit de parler du mot "races", pour distinguer les individus, ce qui aussitôt fit frissonner la majorité pas du tout silencieuse, prompte à proposer qu'on le vire aussitôt du service public où il pige en sortant du Figaro. Car parler de "races" est nécessairement assimilable à du racisme. Et Langlois, (de Politis, vous suivez?) de se faire aussitôt tancer sur le sitedu journal; pour oser prendre la défense "de quelqu'un qui par ailleurs n'est pas [sa] tasse de thé".

La manière qu'ont ces gens de jouer au débat d'idées en clouant l'opposant au pilori pour non conformité est devenue pour moi la source d'une colère inépuisable. Comme hier, lorsque tel hiérarque socialiste en dénonce un autre pour "dérapages" intolérables. Il y a dans ce mot de dérapages tout ce que j'exècre, merci Libération, inventeur du mot pour désigner tout propos non conforme à la bienséance telle que l'entend le journal Libération. Ce mot de dérapage suppose perte de contrôle, de sa trajectoire, de son volant, de sa pensée... Il insinue qu'on ne se maîtrise plus soi-même, déniant à autrui le fait même de penser ce qu'il pense "en conscience"... quand bien même on ne serait pas d'accord. Ce mot de "dérapage" emporte avec lui toute la suffisance de ceux qui convaincus d'avoir raison, dénient à tout autre de penser différemment d'eux, fût-ce au nom du Bien en Marche. SURTOUT au nom du Bien en Marche.

C'est à cause de ceux là que je me suis ce matin censuré. Ce n'est pas grave, mais c'est assez énervant, au bout du compte.

25 mai 2009

Pixmania, suite et fin...

A plusieurs reprises, j'ai mis les rieurs de mon côté en vous narrant mes mésaventures avec le site en ligne pixmania. J'en parlai entre autres ici, ("Joies de la Hot Line, un autre épisode: aujourd'hui, Pixmania") ici, (épisode "Mais est-ce qu'ils lisent seulement les emails avant d'y répondre, chez Pixmania?"et ici (épisode "Pixmania, De Charybde en Scylla").

Pour vous la faire courte, ayant commandé un appareil, j'en avais reçu un pas compatible avec les normes françaises, mais je l'ignorais, et ne souhaitant pas l'essayer sans mode d'emploi EN FRANCAIS, j'en avais réclamé un qu'on promit par trois fois de m'envoyer, -mais qui évidemment n'arriva jamais-. Lorsque je découvris, via le fabricant, que l'appareil ne pourrait DE TOUTES FACONS jamais fonctionner en France, le vendeur me refusa d'abord de reprendre la machine, au motif "que j'avais dépassé le délai de quinze jours imposé pour le retour des produits"... S'en suivit une série de conversations proches de l'absurde, dialogues de sourds sur la Hot Line avec des dames charmantes mais parlant un français plus qu'approximatif, en tous cas insuffisant pour parvenir efficacement à un accord sensé, et emails d'explications auxquels on ne me répondait que par formules préparées tombant chaque fois à côté de la plaque. On me proposa ainsi de "télécharger le manuel sur le site", de réparer l'appareil... qui marchait très bien, mais outre-rhin exclusivement... ne manquait que de m'offrir un kilo de prozac pour prendre la vie du bon côté.

Ayant à l'arraché obtenu l'adresse de la société mère en France (personne ne peut la trouver sur le net, ils sont bien cachés, c'est le secret pour vivre heureux) j'envoyai donc un dossier en recommandé, menaçant de porter l'affaire au service de la répression des fraudes. J'obtins alors une réponse sous 8 jours, avec excuses de la personne, promesse de remboursement du matériel dès réception, remboursement des frais d'envois, etc. Bref, une attitude responsable et commerciale, enfin... mais un peu tard de 14 juillet.

Un mois plus tard, j'avais reçu les accusés de réception du matériel; j'avais été remboursé des 19,50 euros de frais colissimo... Mais pour le remboursement de la machine elle-même, makach woualou, comme on dit. Je dus donc rappeler mon correspondant, qui de nouveau s'excusa, de nouveau promit d'intervenir, pour réparer la bourde du service réception des marchandises, qui m'avait bien envoyé l'email de confirmation de la réception... mais avait juste oublié de transférer le dossier au service compta. Ils sont étourdis, au service réception.

En somme, commander par internet, c'est bien... tant que ça marche. Mais au moindre dérapage dans le protocole, ça tourne vinaigre: iIl m'aura fallu 3 mois, 3 appels infructueux à la hot line, 2 autres à la maison mère, 1 courrier avec accusé de réception et une bonne dizaine d'émails restés sans autre réponse que des formules types, pour qu'ils réparent tout à fait l'erreur leur incombant (confusion dans le référencement des produits). Les deux interventions décisives, j'entends celles me mettant en conversation avec un individu RESPONSABLE et PROFESSIONNEL, l'auront été par les voies classiques et anciennes, téléphone et courrier.

J'attends le questionnaire de satisfaction qui me permettrait d'exprimer mon insatisfaction sur la performance de l'enseigne, au plan de sa "relation clients". Mais apparemment il s'est perdu en route, lui aussi.

Merci tout de même, au monsieur du service contentieux qui a résolu mon souci. Trois mois plus tard, me voilà donc revenu au point de départ.

Je vais sans doute aller chez Darty!!

11 mai 2009

Humeur massacrante (et creuse)

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Renaud, l'ancien chanteur. Je m'en souviens bien, parce qu'en 1984, je l'avais interviewé peu avant qu'il fasse la "Grande Scène", à la Fête de l'Huma, la France avait un gouvernement de gauche, (mais plus de ministres communistes) et je lui avais demandé ce qu'il avait ressenti le soir du "10 mai 81", il m'avait répondu "j'étais heureux, c'était un beau cadeau d'anniversaire je suis né le lendemain". Comme j'ai une grosse mémoire, elle est encombrée par plein de trucs inutiles, dont celle-ci, qui finalement s'avéra utile 23 ans plus tard, mais ce serait trop compliqué à expliquer.C'est donc la fête à Renaud; qui parait-il habite mon quartier mais je ne l'ai jamais croisé à Monoprix (faut dire que j'y vais rarement); pas même chez Nicolas comme le suggéreraient les mauvaises langues.

C'est aussi le début du Festival de Carnes qui approche. Soit l'entrée dans une des périodes de l'année qui me colle le plus violent des cafards, continuera avec Roland Gras d'Os, se poursuivra avec la Vegan Pride, le défilé des fiertés LGBT qui m'apparait un autre moutonisme inquiétant, même dans sa "différence", et la soirée Voisins-Voisines qui chaque année contribue à ce que les habitants de mon immeuble me regardent avec un peu plus de mépris que les années précédentes.

J'avais le choix entre le talent de Léautaud, et sa mauvaise humeur. J'ai choisi la seconde, on ne peut pas toujours gagner.

Je vais ce matin au Service des Impôts déposer la déclaration que je devais rendre le 5 mai, mais j'ai oublié, comme quoi il est parfois plus facile de se souvenir des dates à la con, que de celles qui vous éviteraient 10% dans les gencives. Je crains que ma tentative d'amadouer la fonctionnaire de faction à l'accueil du Services des Entreprises soit aussi vaine que celle d'il y a vingt et quelques années en arrière (1984, si ça se trouve...)

J'avais jusqu'au 15 novembre dernier délai pour payer l'impôt. Le soir, j'étais en conseil de classes, j'oublie de passer à la Poste. Casse la Tienne, comme disait Bérurier, je file le 16 au matin dès l'ouverture, déposer mon obole dans le tronc prévu à cet effet. La dame du guichet souligne que j'en prendrai pour 10 pour 100, vu qu'il fallait le déposer "la veille au soir". Mais si je l'avais mis à la Poste, réponds-je à la Cérbère, vous n'auriez le chèque que demain au mieux... Voire peut-être le lundi suivant... Donc ma démarche est meilleure pour votre Trésorerie.

Elle le sera encore plus avec 10% de plus, répliqua l'Intraitable, mais avec moins de talent pour la répartie.

Dura lex sed lex. Nous verrons bien si ce matin, crise aidant, et avec quelque vague respect pour mes cheveux grisonnants,  je trouve un peu plus de compréhension chez la Dame du Trésor Public. Faute de quoi, mon humeur du soir restera je le crains, semblable à celle de l'instant présent...

Addendum: un peu plus de compréhension chez la Dame du Trésor Public, disais-je il y a deux heures, et mon ami Bruno de me répondre que bon, quoi que je fasse et dise, je reste quand même un "idéaliste positif". (Comprenez "naif", "utopiste", "rêveur").

Eh bien figurez que ouaip! je suis allé faire mon acte de contrition aux dames de l'accueil, avec un beau sourire (enfin, beau, à la mesure du gars qui le faisait quoi). Et elles m'ont souri, m'ont dit "bon... c'est la dernière fois, hein...) et elles ont accepté mon dossier avec promesse de le ranger sur la pile "arrivés à l'heure". Du coup, malgré la pluie, les saints de glace, et mes douleurs articulaires, je suis ressorti avec un peu plus de confiance en mes contemporains. Vous le croyez, ça? Les impôts qui mettent resse de bonne humeur? On verra de tout!

22 avril 2009

Boire jusqu'à l'ivresse...

Si même les vieux San Antonio, mes vieux San-A chéris, dont nombre en éditions d'époque, ne parviennent plus à me faire rire, est-ce à dire qu'il est temps de renoncer à tout, et au reste? J'en ai relu trois, en trois jours, de la période post 81 qui n'est certes pas la meilleure, Dard ayant eu cette idée saugrenue de transformer l'inspecteur Alexandre-Benoit Bérurier (dit l'Obèse, la Gonfle, l'Hénaurme) en directeur général de la Police apprécié du Président Tonton. Encore que... Saugrenue... Il en fit d'autres et des pas pires, au rayon nominations. Mais là n'est pas le sujet, je m'en suis respiré trois, des San-A, et j'ai du sourire une, deux fois, quand jadis je jubilais d'avance à leur lecture, engoncé dans mon plume, aux abonnés absents, mossieur est en déplacement, rappelez demain, laissez un message, il a rencart avec Le Dabe, Pinuche, toute l'équipe.

Je n'ai pas ri. Je crains, de même, de n'avoir plus la même jubilation le prochain soir que je relirai, pour la 317ème fois, le Secret de la Licorne, mon Tintin préféré. Je n'ai plus écouté Sergent Pepper's depuis des lustres, et la dernière fois que j'ai posé Get Yer YaYa's out sur la platine, c'était davantage pour vérifier que je pouvais encore chanter TOUTE la partie de gratte de Keith sur Sympathy for the Devil, suivi du solo de Master Taylor, et sans me gourrer. Mais pour le grand frisson, c'était rapé. Mémoire intacte, Hallzheimer repassera plus tard. Mais l'ivresse... Envolée, l'ivresse.

Je crois que c'est d'abord cela vieillir, ce désenchantement insidieux qui s'applique à vous coller ces méchantes petites claques alors que vous ne vous y attendez pas. J'ai retrouvé sur le net une vague trace de celle qui fut jadis "ma meilleure amie", et se pique encore de chanter. Le temps, des occupations trop différentes, ont fini par éloigner nos vies, nos voies, nos voix. Et je n'ai pas ressenti la moindre tristesse à constater qu'elle avait malgré le maquillage, pris quelques années, elle aussi. Comme dans la chanson de Brassens, la vraie vérité c'était celle-ci: c'est triste de n'être plus triste, sans vous. Même s'il n'était pas là question d'amour, mais d'amitié; et même si comme le prétendait (bien à tort à mon avis, avec les yeux du recul) cet autre chanteur d'envergure (Henri Tachan) même si entre l'amour et l'amitié il n'y a qu'un lit de différence, c'était un peu maussade, constater comme le temps finit par vous éloigner, sans rémission, de tant d'êtres ou passions qui vous étaient si chères, hier.

04 avril 2009

Hadopi m'a tuer, est-ce que ce sera-t-est-ce pour bientôt? et peut-être même avant?

Il parait que ça monde va de mal en peer-to-peer. Depuis mercredi, c'est fini, bien fini, de doubler sa discothèque en standard mp3 pour pas un flesch! Maintenant, télécharger est devenu un délit, à moinss que ce soit fait légalement, proprement, donc en faisant chauffer la Visa. La Visa, je te veux, si tu veux de moi ah.

A ce stade, bon citoyen précautionneux qui traverse dans les clous pour n'avoir pas à discuter avec le représentant de la maréchaussée (sauf quand je crois qu'on ne me voit pas, normal, français quand même...) je me pose quelques questions. Si vous êtes une pointure en répression hadé aisselle, merci d'éclairer ma lanterne vacillante.

1. Sur les sites de peer to peer, on peut "aussi" télécharger des fichiers non protégés par le droit d'auteur. Comment les flics du net vont-ils distinguer que je télécharge un film du commerce, ce qui n'est pas bien, ou que je suis juste attentif à constater de visu l'exhibition de cette cokine amatrice adorant diffuser ses ébats anonymes à tous les curieux, via sa petite caméra fouineuse, en standard avi?

2. Comment ces mêmes flics du net vont-ils repérer les connectés aux réseaux style bit torrent? Vont-ils mettre des appats, proposer leurs propres produits au téléchargement pour mieux voir qui mord à l'hameçon, un peu comme ces putes qui te font de l'oeil, dans certains états US, pour mieux te trainer au poste de police sitôt que tu parais céder à leur proposition, vu qu'elles sont en réalité d'aimables policières aguicheuses chargées de te faire entrer dans le chou que le bon citoyen puritain est celui qui en toutes circonstances SAIT RESISTER A LA TENTATION comme le lui a enseigné notre Seigneur Jésus? Vont-ils ENCOURAGER le délit, pour mieux faire des exemples?

3. Et tiens, à propos de z'appats, moi qui ai téléchargé illégalement l'album rigoureusement introuvable depuis 1966, du très inconnu Wild Man Fischer, produit en 65 par Frank Zappa, jamais édité depuis, encore moins en CD, (an evening with wild man fischer) donc sans aucune perte pour l'artiste et sa maison de disques, pourrai-je plaider l'irrépressible passion coupable... et m'en tirer avec le sursis??

30 mars 2009

30 millions d'amis, et moi et moi et moi...

Encore un enfant dévoré par les chiens de la famille.

Chaque fois, s'entendent les mêmes commentaires.  Il n'y a pas de méchant ou gentil chien, ou tout dépend de l'éducation que l'animal a reçue (notez bien qu'on ne dit pas "dressage", mais "éducation"); j'aime aussi le très fameux tel chien tel maître, qui en dit long sur l'évolution de la nature humaine chez les mordus de la gent canine. A l'occasion de l'incident de ce week-end, où la gamine fut mordue à mort par deux dogues allemands, j'entends sur RTL la précision apportée par cette vétérinaire avec qui je partagerais bien un moment: il n'y a pas de gentil ou méchant chien... chihuahua ou dogue allemand. Il y a deux façons d'entendre cette précision de l'expert. Comprendre qu'elle invite à la prudence par principe... ou considérer qu'un dogue allemand ne serait pas "plus méchant" qu'un autre. C'est curieux, j'ai vaguement l'impression qu'il faille pencher pour la deuxième hypothèse. Au vu de l'histoire, m'est avis humblement, que la petite de six ans aurait préféré, sur le coup, se faire mordre par deux chihuahuas, fussent-ils rendus soudain fous furieux. Mais il est vrai que je ne m'y connais guère, en matière de chiens...

... et de maîtres, gens souvent placides dont j'avais, il y a peu, le plaisir de goûter le sens de l'humour canophile et la bienveillance humaine à l'égard de leurs contemporains, après un article écrit pour Newzy on line.

 

01 février 2009

Comment pas taire les commentaires

Parfois le doute m'assaille, comme on dit chez les pygmées. Les commentaires, dans un blog, ont sur mon moral aux moments où celui-ci vacille, une étrange influence. J'avais dit dans une interview qu'ils étaient un peu comme le poisson qu'on lance, en récompense, à l'otarie ayant réalisé son numéro. De là à penser que la qualité d'une note se mesurerait au nombre de réactions suscitées, il y a moins qu'un pas. A l'inverse, je vois certaines notes ne susciter aucune réaction (ou fort peu). Ainsi, celle que je consacrais récemment aux voeux de Julien Dray, qui parut tomber à plat.

Je cherche alors à en tirer des conclusions, ce qui est probablement LA chose à ne pas faire. Je me souviens que "qui ne dit mot consent", et prends alors pour approbation pleine et entière ce qui pourrait tout aussi bien ressortir d'un silence désapprobateur, voire indigné. D'un autre côté... certains messages dits "flatulents" n'ont qu'un faible impact sur mon besoin de consolation. Tout ne se joue pas "au poids". Mais: oui, je suis de ceux pour qui le commentaire n'est pas qu'une réaction (positive ou négative) à ce que j'exprime, mais un indice palpable "qu'on m'aime encore". C'est con, je suis comme ça.

Je ne cache pas non plus une certaine "jalousie" lorsque je vois le nombre assourdissant de commentaires générés, en d'autres lieux, par des textes que je trouve bien moins intéressants que les miens, disons... toute modestie mise à part. Je remercie aussi cellezéceux qui préfèrent m'envoyer leur réaction en privé. Mais il est vrai que depuis que je m'adonne à cette coupable activité, soit quatre ans et plus, consistant à donner en parfait narcissique un point de vue sur le monde, comme s'il pouvait avoir quelque intérêt, je rebondis périodiquement sur la même interrogation: si les commentaires augmentent, est-ce un signe que je suis "meilleur"? S'il régresse, est-ce l'amorce d'une détresse, signifiant que Resse paresse?

 

13 janvier 2009

Dans la série les belles dénominations... aujourd'hui, "Commissaire à la Jeunesse".

L'idée de confier au très populaire Martin Hirsch le sulfureux dossier de la Jeunesse (Julien Dray s'étant excusé, hin hin) n'est pas forcément stupide. De même, l'ôter des patounettes de Laporte et Bachelot, cet impayable duo troupier qu'on imagine plus facilement faisant tourner les torchons chez Sébastien que prendre en main les soucis de la jeune classe, apparait frappé au coin du bon sens.

Reste qu'il semble toujours y avoir, dans l'ombre d'un gouvernement, d'un chef d'Etat, quelque sbire de la communication pour oublier d'officier, ou saloper le boulot en laissant une grosse tâche de gras au beau milieu. "Haut Commissaire à la jeunesse", sera  l'appellation officielle du responsable. Pourquoi pas Feldmaréchal, tant qu'on y était? Trop glamour? Pas faux. Va pour Haut Commissaire, alors.

Mais d'ailleurs à la réflexion, c'est peut être mieux. C'est moi qui débloque. Les lycéens, les étudiants, les précaires, les stagiaires à durée indéterminée, se sentiront probablement rassurés d'avoir désormais un "Commissaire" en charge de leurs petits soucis.  D'ordinaire on leur envoie des CRS.

 

 

12 janvier 2009

Ces jours où rien ne tourne dans le bon sens...

Venus_de_milo

03 décembre 2008

Rien

"Tous ces milliards de cons qui font la solitude..."

J'ai raté mon pari; rien de mieux en magasin, ce matin, que cette phrase de Léo. Et qui avait dit que j'allais le gagner, d'abord, ce pari. Et est ce qu'il avait gagné le sien, Blaise Pascal?

Perdre, ce n'est pas un si vilain mot, d'ailleurs. Perdre la tête. Ou la raison.

"Ne demande pas ton chemin à qui le connait, tu risquerais de ne plus pouvoir te perdre."

Et puis ça, aussi, quitte à avoir perdu...

Pour tes jeunes années à mourir chaque jour
Pour tes vieilles années à compter chaque année
Pour les feux de la nuit qui enflamment l'amour
Pour l'orgue de ta voix dans ta voix en allée

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