Sagan des banlieues et Pivot de quartiers
Voici une petite séquence triplement rafraichissante.
Elle sonne d'abord comme un pendant diversitaire au discours fumeux branchouille de la fille Mitterrand et de sa complice (au sens premier du terme), sévissant sur Europe 1 le samedi à l'heure où les lions vont boire.
En négatif de ces deux "femmes savantes", également "précieuses ridicules", découvrir Diam's en critiqueuse littéraire devient la plus savoureuse promesse. Revanche affirmée de de cellezéceux qu'une inculture crasse empêchait jadis de plastronner, et qui désormais peuvent s'en prévaloir comme d'une qualité, d'un atout décisif, pour briller sur la scène des médias et du discours.
En ultime avantage, ce petit clip dit clairement sur qui il faut désormais compter, pour l'avenir de la langue française. Et ça, franchement, je kiffe.
Mon amie Françoise a qui rien n'échappe, m'avait adressé cette "critique" du livre de la Sagan en question: j'en copie-colle (sans modification ni exagération) l'incipit, qui dit mieux qu'un discours. A savourer d'autant plus qu'il ne provient pas d'un blog individuel, mais d'une agence qui cible "les ladiz chic et urbaine" (sic), et lui parle "comme il convient".
//kiff kiff demain!!//
bonjours les filles ladyz et ladyz!!
sa fesai lonngtemps que je n'avais aps fais d'articles:D!!
mais voila je viens de finire le livre de faiza guéne!! j'en avais bcp entendue parler mais j'amais pris la peine de l'acheter et avant hier qqn me l'offre je me suis tiens on m'offre le livre pourquoi pas le lire!! apres tout le ""bien"" mais aussi tout le mal que j'avais entendue du livre je me suis di pouquoi pas!!!
en rélalite je l finis en journée pas parceque j'ai enormement aimer mais parceque je voulais une fin!!!
Voici l'occasion rêvée de revivifier quelques extraits d'un texte à haute densité; intitulé ma France à moi, il fit pâmer tout bon militant socialiste en quête de cause à défendre.
Elle fume des clopes et un peu d'shit, mais jamais de drogues dures,
Héroïne, cocaïne et crack égal ordures,
Souvent en guerre contre les administrations,
Leur BEP mécanique ne permettront pas d'être patron,
Alors elle se démène et vend de la merde à des bourges,
Mais la merde ca ramène à la mère un peu de bouffe, ouais.
-... Ma France à moi elle parle en SMS, travaille par MSN, Se réconcilie en mail et se rencontre en MMS,
-... Elle vit à l'heure Américaine, KFC, MTV Base Foot Locker, Mac Do et 50 Cent. Elle, c'est des p'tits mecs qui jouent au basket à pas d'heure, Qui rêve d'être Tony Parker sur le parquet des Spurs,
...- Non, c'est pas ma France à moi, cette France profonde... Alors peut être qu'on dérange mais nos valeurs vaincront... Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse, Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu'à ce qu'ils nous respectent.
"Nos valeurs vaincront? Celles plus haut évoquées, peut-on imaginer. Vaste programme. Tout ce que la crétinerie américaine lobotomisante fourgue d'anesthésiant, rebaptisé "valeurs". Le mass marketing en ultime ambition, la déification des gladiateurs modernes, le conformisme vestimentaire, le moutonisme érigé en système, le rejet du passé comme néfaste par nature, qu'on remplace par l'autocélébration du présent perpétuel, de préférence sans sens ni évolution. On attendrait presque, en conclusion, un "Ma France à moi, tu la kiffes ou tu la quittes"... Putain, si seulement j'avais le prix du billet...
Mais VOUS avez vaincu, chere Diam's! Allez donc trouver un enseignant qui ne vous citerait pas comme modèle! En contrechamp j'entendais jeudi, veille de grève, un prof fustiger les classes préparatoires "élitistes", forcément "élitistes". Il est certain que ma gamine, qui se lève à 6h15 six jours par semaine, saute dans le bus à 7h15, rentre des cours à 16 heures et bosse jusqu'à 23 pour passer en deuxième année, passe le dimanche à la bibliothèque de Beaubourg au lieu de maintenir debout le hall d'entrée, est vraiment une reine des gourdes. Comme "exemple à suivre pour s'en sortir", elle vaut pas un coup de Beaujolais, breuvage certes pas toujours excellent, que vous fustigez dans votre texte comme symbole de la France "profonde", à haïr.
PS: une lectrice de ce blog me demande, pour un sien travail créatif à forte connotation poétique, si les lecteurtrices pouvaient ici laisser quelques expressions "jeunes" actuellement en vogue (évitons le déjà surranné "c'est trop de la balle", et l'antédiluvien "sa race"). Vos contributions seront appréciées.










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