24 juin 2009

Mon édito politique à moua

Autant vous prévenir, ça vaut pas Duhamel, hein.

J'aime bien les remaniements ministériels. Chose qui était à la Défense passe à l'Agriculture où il ne connait rien, c'est à peine s'il sait distinguer une vache normande d'un chien de traineau. Il est remplacé par Truc, qui donnait toute satisfaction à l'Industrie, était passé par les Affaires Européennes sans qu'on s'en soit même rendu compte, et pourrait la prochaine fois hériter du Sport, des Personnes agées, ou des deux.

Dans celui d'hier je repère, au rayon cocasse, le gars du Modem qui finalement, tout bien pesé, se taille par la porte de derrière pour récupérer un maroquin tant qu'il est temps, vu qu'il est bien sympa, l'ami Bayrou, mais si c'est pour frôler dans trois ans les scores du PCF, merci. En quoi il n'est d'ailleurs pas certain qu'il fasse le bon calcul. Bayrou se fout comme d'une guigne d'avoir un parti politique structuré, des élus. Il veut juste une escouade de mordus à ses basques, qui le rassurent sur son charisme et sa capacité à nous jouer De Gaulle 2, version  sous-titré béarnais, sortie prévue printemps 2012. Je ne dis pas qu'il y parviendra. Je ne dis pas non plus que c'est impossible, voyez, je me mouille pas trop. Je dis que le Modem n'a que cette vocation: être un fan club. Et comme dans tout fan club, se trouveront toujours deux ou trois secrétaires un peu agités tentant de se rapprocher plus près de l'idole. Des fois que. Donc ce sera plus le cas de Michel Mercier, lassé d'imaginer un axe Sarko Bayrou.

J'ai un jour assisté aux Universités d'Eté du Modem, après les élections de 2007. Fallait pas sortir de Sciences Po pour comprendre. Pour y croire, il fallait cette candeur des militants généreux, plus ou moins naïfs et idéalistes; ou bien fallait-il savoir faire semblant. Surtout si la stratégie visait à en croquer un peu. Car pour le reste, on voyait comme deux yeux au milieu d'une figure que Cavada n'attendait qu'un prétexte pour se tailler à la première occase. Et qu'en dehors de Jean Lassalle, très sympa pour les chants basques en fin de soirée, mais moins crédible dans le rôle de Michel Debré, ou de Marielle de Sarnez en égérie bourge mais décontract', sympa comme tout, il y avait surtout un rassemblement sympathique de militants de base, dévoués et croyants, que ne demandaient qu'à cornaquer bientôt quelques intrigants, apprentis notables de sous-préfectures, ou dans le pire des cas, mégalomanes supposés portés par "une vision", "des valeurs", un désir "de faire de la politique autrement".

Je préfère encore Brice Hortefeux, tiens... Celui-là, toujours partant pour les sales boulots! Le voilà à l'intérieur, maintenant! Lui, Estrosi, et Lefebvre... De vrais méchants! Et au ciné, à tout prendre, je préfère les vrais salauds aux faux gentils. Les escrocs ont toujours des têtes d'honnête homme, tout le monde sait ça. Les faux gentils, c'est pareil. Dans la vie normale comme en politique, c'est la pire des engeances. 

Parole de cynique.

08 juin 2009

Un bien sale défaut

Je ne suis pas trop le mauvais cheval. J'ai comme toi et moi des qualités humaines et des défauts, faut ce qu'il faut. Mais je reconnais un travers qui peut me rendre odieux, mesquin, minable, petit, aigri, teigneux, vachard, intolérable, énervant, pitoyable, pathétique et antipathique: je suis rancunier. Et ma rancune me tient longtemps au coeur, comme ces déjections canines que vous attrapez de la semelle juste avant un important rendez vous de boulot, ou comme le mythique sparadrap du Capitaine Haddock. Quand j'estime qu'on m'a fait du mal, je peux être incapable de pardon. Et je perds toute hauteur de vue, qui aide à "passer l'éponge", souvent par mépris plus que par bonté d'âme. Je peux être une merde humaine, joyeux du malheur d'autrui à l'occasion, pour peu que cet autrui m'ait déçu ou que j'ai estimé son attitude à mon égard indigne. J'ai le sens du devoir, mais pas celui du pardon bienveillant ou princier, et sj j'accédais au statut de despote, je serais assez du genre à poursuivre mes ennemis jusqu'aux portes de l'Enfer pour qu'ils en bavent une dernière fois à ma santé, juste avant d'y aller rotir. En souvenir du bon vieux temps.

La soirée électorale m'a mis en joie parce que quelques représentants politiques ont essuyé un revers dont j'espère qu'ils feront le plus mauvais usage. J'ai fait un rêve, comme disait Martin Luther LeRoi. Que cette élection sonne le glas de quelques ambitions, renvoie certains apprentis à leurs chères études, et remette un peu de fond dans la forme, comme on dit.

Je trouve le succès des écolos pas immérité. Au moins Cohn Bendit, que je n'apprécie pas trop, a-t-il dans cette campagne "parlé d'Europe"... même si ce n'est pas celle qui me plait, et pour autant qu'il en y eut une qui me tentât. Du point de vue de l'esprit du jeu, cela n'est pas mal, comme il est juste que Federer l'ait emporté sur terre battue.

N'empêche. Il y a des tôles dont on se réjouit de les voir tomber sur la tête de ceux qui se jugent trop au dessus du lot. Et des beaux parleurs qu'on apprécie de voir un peu renvoyés à leurs miroirs.

Que Dieu me permette encore ce plaisir, savourer chaud ou froid, le goût mesquin de la vengeance.

Sans la rancune, la vie serait si fade.

02 mai 2009

Ah, Paris, je ne t'aime plus...

"Il faudrait obliger les architectes à habiter les maisons qu'ils imaginent et font construire".

Bidochon03 Voilà une sentence avec laquelle je suis tellement d'accord qu'il m'arrive de penser qu'elle est de moi. Il faut dire que l'une des premières habitations où j'ai grandi s'appelait "L'Etincelle", et détenait, à la fin des années 50, le record d'Europe de construction: 8 portes d'immeubles, 5 étages sans ascenseur, 2 logements par palier, de quoi loger 80 familles... le tout ficelé de la première pierre au premier tour de clé dans la porte, en 28 jours. Un mois de février standard. J'y ai vécu six à huit ans, c'était dirons-nous, convivial. Du premier étage, on n'ignorait rien des joies et peines de la famille du cinquième, les murs avaient l'épaisseur d'une pensée de Steevie Boulay, et la vie quotidienne ressemblait, case pour case et trait pour trait, au tome 3 de la série les Bidochon.

Ma mère appelait ces immeubles " cages à lapins". On comprend que dans le désarroi de l'après-guerre, on ait choisi la rationalité, inventant toutes ces merveilleuses cités inspirées des délires de Le Corbusier, où devait s'inventer la vie communautaire de demain, qui sont les riants ghettos d'aujourd'hui.

Si le Grand Architecte de l'Univers avait bossé comme ça, on l'aurait probablement viré, et d'ailleurs je me demande si ce n'est pas ce qu'on fait, mais c'est une autre histoire. Reste que si j'étais archi moi-même, ce qu'à Dieu ne plaise vu que je suis incapable de planter un clou sans désastre, je me ferais à présent discret. J'hésiterais à plancher sur l'avenir radieux de mes compatriotes. Je donnerais dans la réhabilitation de pavillon de banlieue exclusivement, au mieux je bâtirais des cabanes au fond du jardin, cases de l'oncle Tom-Tom, cabanons marseillais, sans plus d'ambition. Ma philosophie personnelle tenant dans un aphorisme de Brassens "gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro-saint, se borne à ne pas trop emmerder ses voisins", je m'appliquerais à ne surtout rien changer au monde, voire même à ma ville, considérant la masse immense des dégats engendrés par mes pairs et maîtres. Mais je ne suis pas architecte, et ceux qui le sont n'ont pas ma pudeur.

C'est ainsi q'il s'est trouvé des malfaisants pour répondre présents à l'appel (et à la pelle, aussi) du Président de la République (oui, celui-là, oui, celui de 2007) pour imaginer ce que sera le "Grand Paris" de dans 20 ans. Imaginez les gars. Tant que l'idée d'en venir aux réalisations concrètes ne vous traverse pas.

Quoi qu'au fond, je me tamponne du résultat. Dans vingt ans je serai mort, ou peu s'en faudra. Je croupirai au mieux dans un maigre jardinet du fond de quelque triste cambrousse, ou dans une maison du grand-âge où l'on m'aura enfermé avec d'autres grabataires de la génération post 68. N''empêche j'ai visité en 40 crobards sinistres les idées proposées pour le Grand Paris par Castro, Nouvel, Cantal Dupart et maints autres apprentis Haussman, chargés de nous réconcilier avec le Fleuve, de créer la ville poreuse de demain, d'imaginer le grand kaléidoscope social, d'inventer 40 nouvelles villes-nouvelles, comme si d'Evry à Marnes et Cergy, on n'avait pas assez de celles déjà bâties où s'écrit chaque jour la misère moderne...

Rien de tel que ces quarante photos pour vous confirmer que vous êtes de nature finie, mortelle... Juste de passage... Puisque ce Paris-là un jour existera, vivra, sans doute, et ni mieux ni pire que ceux de Villon, Potier, Michel Audiard, puisque les habitants s'adapteront, "feront avec"... 

Inutile de dire que je préfère n'être point là pour mesurer le résultat. Encore une note qui n'arrangera pas mon image. "Lire ce vieux réac de Resse?" s'indignait récemment l'ami blogueur d'un de mes amis blogueurs?? Ca non, alors!

Je ne sais pas si dans son esprit, réac était plus infâmant que vieux, ou l'inverse. Je ne sais pas qui est ce garçon, d'ailleurs. J'ai comme une vague idée qu'il trouve formidable l'extraordinaire créativité dont ont fait preuve les cabinets interrogés pour imaginer la vie riche et palpitante du Paris de demain. Celui où se forgeront les cauchemars d'après-demain.

23 mars 2009

"Politiquement incorrect", le nouveau label attrape gogo...

C'est peu dire que depuis des années nous sommes chloroformés, contrôlés dans nos vocabulaires, rééduqués par les mots, sommés de respecter tout et n'importe quoi, de reconnaître des vertus à toutes les avancées de la Korection Globale, gauche et droite étant là au diapason.

Les médias sont évidemment les premiers complices de cette dictature molle, et souvent les premiers promoteurs. Mais ils savent aussi que la cocotte-minute est en surchauffe. Qu'en cette période de crise, la parole cadenassée, verrouillée, pourrait se venger comme elle le fait chaque fois, dans le silence des urnes. On peut parier que les votes protestataires feront un carton aux prochaines Européennes, élection dont tout le monde et son voisin se contrefout allègrement, cf le taux souvent vertigineux des abstentions qu'on y constate.

Il faut donc lâcher un peu la bonde. Relacher un peu la pression. D'où la vogue actuelle du label "politiquement incorrect", qui nous conduit des pantalonnades radiophoniques de Guillon, Porte, Canteloup, Gerra, aux imprécations à fleurets mouchetés de Nolleau et Zemmour. Isabelle Adjani sort-elle un nouveau film un rien dérengeant sur les rapports profs élèves dans les zones sensibles, qu'il faut l'étiqueter "incorrecte". Le cynisme des patrons de la Générale s'octroyant des bonus en millions d'euros en pleine crise financière, serait lui aussi de cette nature, incorrecte, au lieu d'être simplement qualifiée d'authentique indécence. Et passions vite sur l'ancien comique Dieudonné, annonçant la création d'une liste électorale "anti sioniste" pour les prochaines européeennes, qu'un journaliste en mal d'épithètes qualifiera sûrement d'incorrecte également, qu'il oubliera de  faire rimer avec "abject".

A l'évidence, ce label cache misère, chargé d'accroitre encore un peu la confusion généralisée, où l'odieux cotoiera l'anecdotique, a de beaux jours devant lui. Pendant ce temps, la rééducation peut continuer. L'Europe sera orwellienne ou ne sera pas. Je crois qu'elle l'est déjà.

07 mars 2009

Les RTT de Mossieur Resse

Du temps de mon enfance, il y avait Gare Saint-Lazare un cinéma dit "permanent", on y entrait durant la séance, on prenait le film au milieu, on comprenait que dalle et il fallait reconstituer le puzzle de l'histoire en séance de rattrapage, au début de la suivante. Je trouvais cela très énervant, ce système, et ne l'ai par la suite repris que pour certains films qui passaient, toujours du côté de Saint-Lazare, je me souviens parmi d'autres d'un assez poignant Infirmières très spéciales, qui redorait singulièrement le blason du service public.

Ces jours-ci j'ai l'impression d'être au cinéma permanent. Je découvre la Nouvelle Star avec six ans de retard, et me dis que j'aurais considéré d'un autre oeil les étudiants à qui je donne chaque année des cours, si j'avais su à quels environnements culturels ils sacrifient une part de leur temps libre.

On m'a conseillé, pour ma chronique sur "LePost", de ne pas jouer les Eric Nolleau Naulleau. J'ai bien noté le conseil, tout en avouant que je n'avais pas la moindre idée de qui était ce type. J'ai depuis compris qu'il participe à un talk-show nocturne qu'on donne les samedis sur France 2 chez Ruquier. Trois belles raisons, en somme, d'en ignorer l'existence. On me dit qu'il y joue le rôle du vilain pas beau qui critique tout, et méchamment, de façon systématique. Il est savoureux de compter le nombre de méchants cathodiques pullulant dans cette France construite comme universellement bien intentionnée, en passe d'interdire tout ce qui ne sera pas rigoureusement obligatoire, pour le  bien du plus grand nombre. Ces méchants de théâtre devraient être appointés directement par les élites dirigeantes qu'ils font semblant de fustiger. C'est d'ailleurs le cas, s'agissant de ce Nolleau. Leurs piques à fleuret mouchetées ont mission de rendre un peu moins insupportable au bon peuple la dictature molle du Bien en marche, que le dit peuple est d'ailleurs le premier à réclamer.

J'apprends, toujours avec retard, que Marie-Ségolène Royal a posé un lapin à cette même émission la semaine dernière. En plus des déjà nommés Ruquier et Nolleau Naulleau, y sévit le très antipathique Zemmour, authentique réac que je soupçonne également de sérieux penchants maso, tant il m'a toujours semblé jouir de la détestation qu'il inspire. J'avoue une certaine tendresse pour les masos. Je suis par ailleurs surpris qu'on puisse s'étonner de l'indélicatesse de Manman Candidate. J'ai dans ma besace trois exemples savoureux, que je ne puis hélas raconter ici, où la Dame fit faux bond à son auditoire, sans prévenir, ni s'excuser. Quel dommage que je ne puisse vous les raconter. Comme disait Brassens: "ça nous aurait fait rire un peu".

Il eut d'ailleurs fallu se dépêcher, d'en rire. Demain c'est Journée de la Femme et donc, pas question d'ironies ou quolibets. J'entendais hier au soir la tristement inévitable Alonso commenter l'échéance. Le journaliste la présente de façon urbaine et polie, comme "écrivain féministe". Aussitôt la maritorne le reprend: Ecrivain-E! Le plaisir, avec les féministes, c'est 1. qu'elles n'arrêtent JAMAIS. 2. Que TOUT fait ventre pour nourrir leur obsession. 3. Que dans ce monde où tout est possible, personne n'osera la reprendre, jamais, chaque fois qu'elle affirme contre toute évidence que la cause féministe passe toujours au dernier plan, "ET JE SUIS BIEN PLACEE POUR EN PARLER". Longtemps appointée par le service public pour nous fourguer ses analyses à deux balles, elle peut se présenter en éternelle victime sans le moindre risque d'être jamais contredit-E. Il y a des victimes qui vivent une époque formidable.

Ailleurs je lis qu'un certain Elie Domota lance: "Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage". Voilà longtemps que les militants communautaires reprochent aux juifs d'avoir instrumentalisé la Shoah. L'esclavage mis à toutes les sauces, servi à tout propos, devient l'autre argument systématique de l'air du temps. Dieudonné a gagné sa partie. De cette époque formid', nous n'avons certes pas fini de profiter.

16 février 2009

Eloge de la désintégration en milieu post moderne...

Remettons-en une couche sur la question inépuisable de la diversité ethnique en République du 3eme millénaire. C'est pas que le sujet m'obsède. C'est qu'il est ces jours-ci impossible d'y échapper, donc je m'y intéresse un brin, et j'en cause ici, l'objet de ce blog étant de faire partager mes modestes points de vue aux 27 contemporains qui ont la faiblesse de s'y intéresser...

 Là-bas, entendez aux Antilles, la grève contre la vie chère s'oriente chaque jour vers la question des inégalités raciales, et non sociales... On n'en a pas tout à fait fini avec la décolonisation. Ici, des représentants autoproclamés des minorités dites visibles annoncent des révoltes imminentes des personnes de couleurs, lassées d'être écrasées par le pouvoir "leucocratique". On reviendra plus loin sur ce néologisme, promis à un avenir radieux.

Dans certains instituts de sondages, on cherche à contourner l'interdiction de catégoriser les individus selon des critères éthniques ou raciaux (étant entendu que les races n'existent pas, comment fait-on? on bidouille, on s'arrange), pour affiner la compréhension de leurs comportements spécifiques en termes de consommation. Ainsi, Libération publie-t-il un intéressant papier sur une initiative d'un cabinet Solis Conseil, qui prétend comptabiliser, pour les étudier ensuite, ces différentes minorités, originaires (dixit) d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, d'Afrique sub-saharienne, des Dom-Tom et de Turquie.

Le journaliste souligne en passant, mais sans s'attarder plus que ça sur le détail, que "manquent les Asiatiques pas présents dans cette enquête". Ca ne le dérange pas plus que ça et pas davantage n'est-il interpelé par la comptabilisation des personnes des DOM-TOM, qui sont pourtant françaises depuis plus longtemps que, par exemple, les Niçois ou les Savoyards (qu'on devrait correctement appeler Savoisiens, à ce qu'il parait).

Ce double paradoxe pose évidemment question. Ayant dans mon jeune temps tâté de la science statistique, je m'interroge sur cette tentative de dénombrement sous-tendu dans cette étude. S'intéresse-t-on aux "immigrés" en tant que tels? Non, sauf à considérer qu'un martiniquais est immigré de l'intérieur, et qu'un chinois de France y est quantité négligeable. Serait-ce alors une étude qui - sans le dire comme ça-, viserait plutôt des "populations posant problèmes", selon des critères de couleurs de peau?  De qui parle-t-on au juste, si l'on prétend agir de façon rationnelle? Des étrangers qualifiés comme tels -c'est à dire porteurs d'une carte de séjour, et non d'identité? De ceux arrivés en France après la naissance, fussent-ils aujourd'hui porteurs d'une carte d'électeur? De ceux issus de familles immigrées, fussent-ils eux-mêmes nés sur le territoire, donc français du fait du droit du sol? Et quel sens prétend-on donner à ce mot de "deuxième génération", qu'on utilisait déjà voilà quarante ans pour désigner mon copain Abdelhafid, marocain fils d'ouvrier de chez Renault... qui a aujourd'hui l'âge d'être grand-père?

Tout ceci n'a on le voit bien, pas la moindre rigueur. Il s'agit de tripatouiller des concepts fumeux (ou émotionnels et idéologiques) pour donner l'impression qu'on s'occupe du problème en société Obamaniaque. C'est en réalité désinformation pure, manipulation des consciences, qui permet à chacun, selon la posture qui l'arrange, de dire une chose ou son contraire. Ainsi, ayant affirmé que les typologies recensées représentent 10% de la population française globale, on pourrait tout aussi bien estimer juste et normale la proportion de leucodermes (représentant entre 85 et 88%, le reste pour les asiatiques) aux postes de pouvoirs. Prérogative du nombre, et de l'ancienneté sur le territoire (ceux que les Indigènes de la République désignent très gentiment comme "souchiens", avec ou sans jeu de mot douteux).

Les réactions des internautes à l'article de Libé sont contrastées. Les uns s'offusquent qu'on les classe parmi les immigrés, puisqu'ils sont français depuis deux siècles. Les autres s'en félicitent, arguant (pour faire court) que l'esclavage n'a en réalité jamais été vraiment aboli. Certains qualifient la France de "leucocratie", entendez fondée sur une domination des leucodermes. Du grec "leukos" , signifiant "blanc". Cette terminologie employée dans des certaines revues scientifiques d'anthropologie, connut surtout un grand succès dans certains discours racistes. Ainsi au bon vieux temps de Gobineau, auteur d'un traité sur l'inégalité des races humaines, qui inspira certains hurluberlus que je ne nommerai pas, de peur de prendre encore un "point Godwin" avant le franchissement du drapeau à damiers. Ces dérivés de "leukos" sont désormais utilisés par des militants radicaux, qu'il conviendra symétriquement de désigner comme "mélanodermes". Dont certains ont été interdits pour propos ouvertement racistes, notamment antisémites. A part ça, métissage et multiculturalisme sont en bonne voie, merci...

La balkanisation des cervelles commence par l'incapacité des individus à "se définir" eux-mêmes, sinon par des critères dont on s'est par ailleurs appliqué à proclamer l'inexistence. On agite alors des mots tel un fanion. "Diversité" j'écris ton nom. Puis l'on confie à quelques zélateurs de la société communautaire (Descoings de Science Po, Lozes du Cran, Yazid Sabeg) le soin de "transformer en profondeur" la société française, le seul communautarisme reconnu par ces apprentis-sorciers étant "le communautarisme blanc". La récente proposition de Lozes de "réserver l'attribution de certains marchés publics à des entreprises dirigées par des minorités visibles", semble un assez bon indice de ce que sera la société de demain. Un ensemble de territoires avec des chasses gardées, des pré-carrés confiés à telle communauté locale (sur quels critères? pour quelles durées?), terreaux parfaits pour que s'y développent en douceur, mais très efficacement, pressions, menaces, rackets,  clientélisme et corruption des élus. Guerres des gangs et plus si affinités.

Il faudra ensuite expliquer aux "pauvres" d'origines "leucodermes" qu'ils devront désormais "passer après". Et attendre les conséquences dans l'isoloir. Vous aviez détesté le terme de "préférence nationale"? Vous adorerez "préférence morpho-ethnique", concept positif nourri des plus belles intentions.

11 février 2009

Arroseurs, arrosés, arrosons en coeur...

Une amie m'envoie l'extrait Dailymotion ci-dessous, où Pierre Péan, - auteur du livre à charge contre Kouchner- est interrogé par Daniel Schneidermann sur l'utilisation du mot cosmopolitisme.

Désarçonné, (blessé), Péan s'étonne de se retrouver en position d'accusé, ce qui est certes moins confortable que de se réserver celle d'accusateur public.

A un moment, Schneidermann souligne "qu'il n'est pas dans le secret de l'âme" de son interlocuteur, pour trancher ou non sur l'accusation "d'antisémitisme" faite à Péan par Kouchner. Passons sur ce vocabulaire de « confesseur », révélateur du temps. Péan quitte le plateau.

On attend la suite. Qu'un dieu donné, par exemple, vienne suggérer que Schneidermann, c'est peut-être pas tout à fait français, comme nom...


Kouchner : Péan parle, et quitte le plateau d'@si
envoyé par asi

Ces dernières semaines, plusieurs spectacles d'Arthur, l'humoriste pas vraiment drôle, ont été empêchés par des manifestants pro-palestiniens, au motif que l'ancien patron d'Endemol financerait Tsahal. A bon droit, me semble-t-il, celui-ci se désole que la rumeur, lâchée n'en doutons pas par quelque ami bienveillant, place son spectacle comique au coeur de la guerre israélo-palestinienne; il rappelle que cette rumeur a été jugée nulle et non avenue au tribunal. Mais rétorqueront les plus acharnés, peut-être le tribunal est-il, comme la presse, vendu "au pouvoir juif" ?

Moi qui suis né métis, baptisé catholique, j’ai grandi, dès que j'ai pu, dans le rejet des dogmes et des églises. J'ai passé ma vie à douter, à chercher une hypothétique vérité. Pour comprendre presque trop tard qu'il n'en est aucune de structurellement satisfaisante (et pas d'avantage l'universalisme républicain, qui est un dogme aussi, voilà peut-être ce qui m'embête le plus...).

Ayant passé le demi-siècle, j'entends, depuis que je suis en âge d'écouter les actualités, la farandole des guerres, des tentatives de paix avortées, le regain des tensions, attentats, répressions, agressions, contre attaques, propagandes, fanatismes, vengeances, haines et misères. J'en suis las. Désespéré des hommes, et désormais fermé à tout discours émanant de convaincus. Tous ceux qui ont choisi UN camp, qui estiment savoir qu'il y a un terrain du "Bien", un autre du "Mal", sont désormais disqualifiés à mes yeux.

Je crains que ça ne devienne pareil ici. Elle s'avance peu à peu, mais assez sûrement, la balkanisation de ce pays. Concurrences des mémoires. Surenchères permanentes et pressions sur les politiques en mal de clientèles. Réduction de chacun à ses origines. Victimisation systématique des "communautés". Sensibleries tribales érigées en discours politiques... Dernier exemple : les Guadeloupéens ont-ils vraiment besoin de s'affirmer "blessés, "choqués", "humiliés", pour contester les méthodes politiques de leur ministre de tutelle ? Ne peuvent-ils pas rester sur le terrain de la lutte sociale, sans en appeler de façon terriblement prévisible, à la fibre émotionnelle ?

Chaque arroseur devient l'arrosé de l'autre, chaque accusateur montant à la tribune pour faire valoir "sa" vision du juste, de l'éthique, demain se retrouve accusé, victime... avant qu'un autre passe la rhubarbe à qui lui a tendu le séné. Et qu'on ne vienne pas me les briser avec le symbole pacificateur et fédérateur Obama, qu'on nous sert à présent à tout propos pour justifier les propositions les plus farfelues, en réalité clientélistes, ethnicistes, anti républicaines.

Je ne crois plus aux bonnes volontés. Je ne crois plus à l'universalisme et pas davantage au multiculturalisme, à une quelquonque capacité des hommes venus d'horizons divers à vivre ensemble en bonne intelligence. Il n'y a plus que des clients à satisfaire, des représentants autoproclamés qui veulent se récupérer pour eux les bonnes places, tant que la Tour de Babel tient debout. Il y a quelques années, je défendais l'idée qu'en fait de "modernité", nous étions entrés dans "un moyen-âge technologique". La balkanisation des cervelles est avancée qui préparer les nouvelles guerres de religion, qui ne seront plus de là-bas, d'ailleurs, mais d'ici, bien de chez nous. Sortez vos tuyaux d'arrosage, et n'oubliez pas vos parapluies.

07 février 2009

Tous ces morts qui s'accumulent...

Lux Interior avait donc soixante ans. Evidemment, pour quiconque a comme moi connu le grand frisson en découvrant le mini LP "Gravest Hits", à dix-sept ou dix-huit ans, ce constat à lui seul est terriblement insupportable. Comme de calculer que John Lennon aurait 69 ans cette année. Voir s'allonger la liste des héros de ma jeunesse appelés à pointer en enfer, me pousse chaque fois un peu plus vers la porte de sortie, même si la route est sans doute encore un peu conséquente. La mort des premières grandes stars du rock, qui défuntèrent en leurs jeunes années, ne me fit rien: j'étais trop jeune pour pleurer vraiment Hendrix, Brian Jones, Janis Joplin et Jim Morrison. Tous ceux là, je les découvris post mortem, comme Otis Redding, Eddie Cochran, Buddy Holly, Sam Cooke. Le premier grand choc, ce fut Elvis, en 77. J'étais sur une plage de Calvi où je m'appliquais à prendre les plus beaux coups de soleil de ma jeune existence. D'un autre côté, le King était tellement pathétique en ses dernières années, qu'on ne pouvait guère être surpris de sa disparition... ni même vraiment peiné. Il représentait alors le rock has-been dont on ne voulait plus trop. Il faudrait comme chaque fois que le temps fasse son oeuvre, pour redécouvir l'étendue de son talent.

Comme pour beaucoup de gens de ma génération, j'imagine, j'ai chialé comme une madeleine en apprenant que Mark Chapman avait descendu John Lennon en pleine rue. On ne peut pas dire que j'aie pleuré Sid Vicious. J'ai été beaucoup plus triste de la disparition du magnifique JohnnyThunders, ou de Steve Bators, des types que j'avais interviewés à l'occasion de leur passage à Paris.

J'ai été inconsolable à la mort de Brassens. Seul, en plein mois de juillet, j'ai erré des heures durant dans les rues de Paris, le soir où l'on apprit celle de Ferré. Mes larmes m'empêchaient de conduire le jour où j'entendis sur France Info la mort de George Harrison. Et puis, il y a eu Joe Strummer, héros de mes vingt piges... Et puis François Béranger, le plus scandaleusement sous-estimé de nos grands poetes chanteurs du siècle.

Tant d'autres géants partent. Certains à l'âge attendu (James Brown, Levi Stubbs), d'autres dans circonstances à la con (Jeff Buckley se noie dans le mississipi, Marvin Gaye est descendu par son père). Plus récemment, j'ai pris un coup au moral avec la mort prématurée de Fred Chichin. Ce putain de crabe... Qui avait déjà eu la peau de l'immense Frank Zappa, à tout juste 50 ans...

Ce blog pourrait donc peu à peu devenir une véritable rubrique nécro. Pour peu que le Boss nous pête une durite, que Dylan succombe à une AVC, que McCartney chope le ténia (non, ça risque pas il est vegan, Paulo), qu'un Stone ou un Who (enfin, ce qu'il en reste), s'écroule avant la ligne, qu'un des derniers rares chanteurs en qui je garde une totale confiance (Bashung, Fersen, Le Forestier) tire sa révérence, je pourrais facilement plonger dans une délectation morose bigrement néfaste à mon (frèle) équilibre. 

Il faut donc serrer les dents. Je n'accueillerai plus désormais ce genre de nouvelles à la con, d'autant plus insupportables qu'elles accélèrent mon propre vieillissement, que par un silence poli, une photo, et une chanson. Ne plus nourrir cette nostalgie- de souvenirs ou d'évocations forcément démoralisantes.

Juste écouter Brassens, sur ce thème, dans une de ses plus grandes chansons...


Découvrez Georges Brassens!

04 février 2009

Boue

Des fois j'aime bien le journal Marianne, qui sait s'offrir de salutaires colères (traduisez: des colères que je partage, fidèle au bon vieux principe d'Ambrose Bierce, est intelligent celui qui pense comme moi). D'autres fois, ce même Marianne m'insupporte, osant les mêmes coups tordus que ses confrères, visant à manipuler l'opinion par un choix pernicieux des mots et des accroches.

Ainsi cette semaine s'en prennent-ils à Bernard Kouchner, à l'occasion de la sortie d'un livre à charge que Pierre Péan lui consacre. Le journaliste conteste assez clairement, sinon l'honneteté même du ministre des Affaires Etrangères, du moins sa conception toute "personnelle" de l'indépendance et de la confusion des intérêts. N'ayant pas lu le livre, ni même "les bonnes feuilles" dont Marianne avait samedi la primeur, je me garderai bien de commenter la pertinence des attaques, et la virulence des démentis. Et pour tout vous dire, je m'en fous un peu, étant depuis longtemps convaincu que toutes ces choses, déontologie, rigueur, exigence, honnêteté, ramènent à cette vieille blague des trois suspects dans une histoire de meurtre, qui par ordre d'entrée en scène étaient : moi, Blanche-Neige, et un ministre socialiste honnête. La devinette était: qui est le coupable? Et la réponse: moi, évidemment, les deux autres étant des personnages de conte de fées.

Ce n'est pas, dis-je, le fond qui me fait tiquer. Juste le choix des mots employés. Samedi, en une, Marianne annonce "Le Livre choc qui fait tomber l'icône", et titre "L'affaire Kouchner". On n'est pas moins accrocheur, pour rester dans un registre mesuré; mais si raccoleur vous va mieux, servez-vous, c'est ma tournée. 

Aujourd'hui, Kouchner répond aux accusations qui lui sont faites, via Le Nouvel Observateur. On ne voit là rien que de très normal, et encore une fois, peu me chaut qui dit la vérité. S'attendait-on à ce qu'il tende la joue droite? Il conteste, il contre, et au passage dénonce un "coup d'édition" ce qui s'adressant à Péan, n'a rien d'une calomnie, le bougre étant coutumier du fait. En réponse, je reçois la newsletter de Marianne à laquelle je demeure abonné. [J'ai cessé de l'être à l'hebdomadaire, fatigué que 85% de ses couvertures fussent désormais dévolues aux seuls Sarkozy et Dati, je finissais par me croire abonné à la collection des Martine, le glamour en moins]. Pierre Péan, m'explique-t-on, est trainé dans la boue par le ministre et trois journalistes de la bande à Perdriel.  Et il l'est, rappelle-t-on, pour avoir égratigné le mythe Kouchner. Disproportion de l'attaque et de la riposte, donc?

Si le journaliste s'est contenté "d'égratigner le mythe", je doute qu'il y ait matière à publier un livre, à moins qu'il l'ait étoffé de souvenirs de vacances ou de photos coquines. Et je doute encore plus que ce soit en "l'égratignant" qu'on puisse se vanter de faire "tomber l'icône" préférée des français. 

A l'inverse, répondre à celui qui vous attaque serait selon Marianne le "trainer dans la boue"...

Je veux bien que l'hebdo soit pote avec Péan, qu'ils aient des accords de promo pour la sortie du livre, qu'il faille un peu monter la sauce en ces temps difficiles. Mais je reste attaché à une idée du journalisme intègre, impartial, et rigoureux dans le choix de ses mots. (je crois au Père Noel, oui, je sais). Ou bien, à l'opposé du spectre, à celle du polémiste incontrôlable, ruant dans les brancards, maniant l'excès et la fureur avec l'aplomb et l'audace qui conviennent à ce rôle. Mais les autres me font penser, selon les jours, à des garagistes, ou des arracheurs de dents.

Marseillaise obligatoire

Les noms qui suivent ont deux points communs: Jean-Claude GUIBAL, Pierre-Christophe BAGUET, Jacques Alain BÉNISTI, Roland BLUM, Valérie BOYER, Xavier BRETON, Patrice CALMÉJANE, Philippe COCHET, Jean-Pierre DECOOL, Daniel FASQUELLE, Jean-Michel FERRAND, Jean-Michel FOURGOUS, Gérard HAMEL, Denis JACQUAT, Patrice MARTIN-LALANDE, Jacques MYARD, Jean-Pierre NICOLAS, Bernard PERRUT, Laure de LA RAUDIÈRE, Jacques REMILLER, Marie-Josée ROIG, Francis SAINT-LÉGER, Guy TEISSIER, Jean UEBERSCHLAG et Michel VOISIN.

Le premier? Ils (et elles, où donc avais je la tête paritaire) font partie des 577 députés français dont on se demande parfois à quoi on les paye, mais vous allez voir qu'il y a des réponses. Le second de leurs points communs, c'est qu'ils sont pour l'essentiel, inconnus du grand-public, - hors peut-être leur circonscription-, mais ça ne va pas durer! Car nos zélés z'élus de la République ont pécho l'idée de génie qui leur permettra d'accéder aux cinq minutes de gloire jadis promises à toutes z'étous par Saint Andy Warhol.

La proposition de loi n°1394 est dotée d'un chouette article unique qui ne déplaira pas à Jean Marie LePen, Ségolène Royal, Eric Besson:

Article unique

Après le 2° de l’article L. 131-16 du code du sport, il est inséré un 3° ainsi rédigé :

« 3° Une Charte relative aux droits et aux devoirs des joueurs sélectionnés en équipe nationale, qui comprend notamment l’obligation de chanter l’hymne national pendant son exécution".

C'est à ce genre de gag qu'on n'oublie pas qu'on est en France. Voilà trente ou quarante ans que gauche et droite ont abandonné toute idée de "patriotisme" à l'extrême-droite et aux ringards, les uns par honte du passé colonialiste, les autres par crainte d'être comme fascisés par capillarité. Il n'y a guère qu'à l'heure des compètes internationales, rugby, foot ou handball, qu'il est conseillé d'agiter le drapeau, dans un magnifique élan moutonnier ignorant qu'ailleurs ce même étendard, et l'hymne qui va avec, accompagnaient dans leurs combats de libération les peuples opprimés.

L'identité nationale est désormais magnifiquement plombée par l'existence d'un Ministère du Renvoi aux Frontières, qui rend le mot synonyme d'égoïsme et d"inhumanité. Manière comme une autre d'oublier Voltaire défendant Callas et le Chevalier de La Barre, les Révolutions successives et La Commune, Zola sauvant l'honneur du Capitaine Dreyfus, Jean Moulin se tranchant la gorge plutôt que de faillir à son devoir de Préfet; tous ceux-là, et pas seulement Barrès, sont l'identité de ce beau pays qui sait aussi s'habiller, parfois, d'un soupçon de ridicule.

Quand nos agités du moment prétendent réhabiliter "les valeurs", notons que ce ne peut être que là où personne ne réfléchit. C'est-à-dire au stade. Ou bien aux plus belles heures du panurgisme triomphant; certains, ces jours là, préfèrent "rester dans leur lit douillet", mais Ségo proposait plutôt que chaque foyer (détenteur, probablement par décret, d'un fanion BBR sous peine d'amende) l'exhibe au 14 juillet, dans un bel élan spontané de fierté obligatoire.

En France quand on a une bonne idée, ou une idée tout court, voire même une idée extravagante, il faut qu'on l'impose par une loi; d'où celle-ci, qui a tout de même un défaut, elle ne précise pas dans un article 2 qui eut été bienvenu, si nos sportifs seront sommés de chanter "juste"... avec le sourire... ou s'ils auront le droit de fredonner l'une des multiples versions "alternatives", édulcorées de toute référence "au sang impur qui abreuve les sillons". Auquel cas on appellerait Noah en renfort et Mâme Boutin, avec ces deux-là la fête serait complète.

Moi la seule version différente que j'accepte est celle de Charlélie Couture, qui ne donne de leçons à personne, et n'est rien qu'une jolie chanson d'amour. (Etant entendu que La Marseillaise de Léo F. n'est pas une déclinaison de l'hymne, mais une chanson homonyme).

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