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juillet 2011

100 disques qui m'ont marqué à vie (40), "L'âme de la Bretagne"

Ame bretagne
Ce n'est, je le sais, qu'une de ces compiles un peu "faciles", qui reprennent à bon compte trois succès de Stivell, deux de Tri Yann, quelques Gilles Servat et un ou deux GlenMor en guise de caution "pure et dure". On trouve ça dans les paniers de n'importe quel supermarché de France ou Navarre. "Grand public". Pour peu qu'on aille se ressourcer dans l'Ouest, on le trouvera "en promo chez Leclerc", et tous les Philippe et Mathilde l'ont collé ou le colleront dans le panier. Hum. Je crains qu'à certains moments, nous soyons TOUS "des Philippe et Mathilde".

N'importe quel puriste de musique celte me rétorquera que ce genre de disques ne vaut que pour les ignares, les incultes... presque pire que le remake façon Nolwenn Leroy.

01 Suite Sudarmoricaine

Tout ceci est sans doute vrai. Reste que ce disque tourne souvent dans la voiture, au moins par  bribes, pas seulement les jours de départs en vacances, quand dans un instant de cafard il m'arrive de songer à ce qu'aurait pu être ma vie si je l'avais conduite en Finistère ou Morbihan.

Des disques bretons, j'en ai bien d'autres, plus "recommandables", Yann Fanch Kemeneur, Didier Squiban, Denez Prigent, Annie Ebrel, aussi (fille d'une des soeurs LeGoadec).

Mais c'est quand même vers ces chansons dites faciles que me ramène le plus souvent ma nostalgie. D'aucuns en tireront la preuve qu'il s'agit bien d'un ressenti "facile", bas de gamme et de plafond.  Malgré ce que pourrait laisser supposer mon prénom, je ne suis pas breton, ni du sol, ni du sang. Il est parait-il possible de l'être "du coeur"; disons alors que je le suis.  Je sais aussi des fanatiques qui m'empêcheraient de le prétendre.  Nulle part comme là-bas je me sens apaisé, quand  bien même la Bretagne est aussi l'origine de ma ruine, quand bien même elle synthétise cet échec cinglant qu'il me faut accepter, dépasser. Dix ans que je vis avec. Un calvaire (le mot est bien de circonstance) convoqué dans ma tête, jour après jour comme dit Delarue,. Vivre avec n'est pas chose facile, et cela dure longtemps. Ma consolation reste de pouvoir y retourner, en Bretagne. Quand même...

Je ne puis rien contre les fanatiques mais ce soir, comme dans la jolie chanson de Gilles Servat, -qui n'est pas né Breton, mais à Tarbes, -ce sera mon tour, qu'ils le veuillent ou non, de goûter l'apaisement.

01 Je dors en Bretagne ce soir(1)

=O=

Cette chronique des 100 disques prend 15 jours de repos. Je vous invite à relire les archives, à retrouver quelques plaisirs d'écoutes sur les 40 premiers albums de cette série de 100. Elle reviendra le 15 Aout.

Durant la quinzaine à venir, les visiteurs de blogs étant généralement discrets en août, je mets le speech en stand-by, mais proposerai chaque jour une chanson que j'adore, de quelqu'un que j'adore... mais jouée par quelqu'un d'autre.

Le quelqu'un, je crois que les habitués de ma monomanie ont déjà deviné de qui il s'agit... Chaque jour, ce sera donc lui... sans lui.


Reprenez un Pernaut, tant qu'y en a encore...

Sur mon Carnet de Bord ci contre, j'avais inséré le petit montage marrant à l'origine publié par Rue 89,  taquinant le présentateur de TF1 JPP (Jean Pierre Pernaut) qui n'est jamais avare de superlatifs pour fêter "nos belles régions" et les initiatives fantastiques, merveilleuses et superbes qu'on y rencontre.

Ce montage assez jubilatoire de 3'30 n'a pas eu l'heur de plair au présentateur, dont je me souviens qu'effectivement, il a de lui-même une opinion dirons-nous "sure de soi".

Il a obtenu que TF1 exige la suppression du montage disponible via You Tube. Le site a obtempéré. Pour l'heure, on le voit encore sur Dailymotion. Il faudrait que tous ceux disposant des outils de recopie (type reel player) le copient et le recopient, avant que Daily Motion ne cède à son tour à cette volonté de censure. Pour l'heure, remettons en une louche, toute attaque contre la liberté d'expression ayant plus que jamais le don de me mettre en rage. Et quand l'humour est visé, en plus du droit à la critique, ça commence quand même à faire beaucoup... comme disait mon ami Thierry.


Pernaut au pays des merveilles par bastienh


100 disques, 39 marches, et encore quelques choix déchirants...

La force de l'homme, c'est peut-être de s'appliquer à mener à bien des entreprises totalement inutiles en dehors du sens qu'il veut bien y mettre lui-même. Cette histoire des 100 disques qui m'ont marqué en est à son 39 épisode. Samedi viendra le 40ème, prélude à deux semaines de break, début août étant traditionnellement désert, côté fréquentation des blogs...

[J'ai concocté pour ceux qui voudront venir une petite promenade en 15 étapes autour d'un artiste majeur, suivez mon regard, ça commencera dimanche, une chanson par jour. Mais nous n'en sommes pas là.]

J'ai bien conscience que cette rétrospective est du genre parfaitement dispensable. Mais je l'ai prise à coeur et cherche à la conduire à son terme de la façon la plus précise possible. Je suis comme ça. Quand je dis "dispensable", je vois tout de même avec plaisir que certains viennent la consulter via scoop-it, facebook, ou sur le blog. Certains commentaires me laissent à penser que vous êtes nombreux à y trouver certaines petites joies simples: exhumations de pépites oubliées, confirmations que "nous" avons des chef d'oeuvres en commun.Peut-être aussi, certains font-ils des découvertes, valeur ajoutée de la transmission, pour celui qui reçoit comme pour celui qui transmet.

Un vieux copain, déjà là aux premières heures de mes premiers blogs (en 2004, donc!) me suggèrait ce dimanche que je ressasse un peu, puisqu'existait déjà à l'époque ce blog nommé RadioResse, où j'évoquais déjà mes enthousiasmes musicaux. C'est vrai que pour qui me connait un peu,  il y a quelque redondance. J'ai maintes fois exprimé, ici et ailleurs, ma fascination pour Dylan, mon adoration pour les Beatles, ma vénération pour Brassens et Ferré, ma jubilation pour Springsteen, et ma nostalgique fidélité au punk rock initial, au reggae des seventies... Mais après tout, il n'y a pas sur les blogs que des "fidèles" amis de 2004, et tout le monde ne me lit pas "quotidiennement", non plus!

Bref. 100 disques. Et voilà que je voulais revenir sur ceux qui n'en seront pas. Car il restera, à la reprise des hostilités, 60 places à prendre. Et j'ai éliminé "au moins" 50 galettes, qui auraient pu en être, mais ne franchissent pas le cap ultime. Sur les 40 déjà évoqués, peut-être en regrettai-je un ou deux qui auraient du sortir de la sélection, au profit d'un ou deux autres auxquels je n'avais pas songé de prime abord, et qui sont remontés à la surface, magie du souvenir. Il y a aussi cette idée que je veux parler de disques qui ont participé à l'élaboration de "mon moi personnel". Il en est de meilleurs, mais ceux que je choisis ont trouvé "un sens", ou "une raison" particulière dans ma petite existence sans intérêt. De sorte que je voudrais au bout du compte, inventer l'idée qu'une passion peut aussi comporter une dimension "spirituelle", voire "initiatique", au sens où un disque peut prendre une signification symbolique dans "mon chemin personnel".

Bon. 40 disques déjà chroniqués si l'on compte celui de samedi. 4 déjà prêts pour la rentrée. 56 places à prendre... Une cinquantaine ont déjà été mis au rencard. Et SIX albums encore à éliminer. 62 albums pour 56 places, et je ne sais plus du tout qui enlever. Evidemment, je pourrais tirer à la ligne et remplacer ce "100 disques" par "110". A moins que j'aille jusqu'à 111, ce qui ramènerait au triangle originel, puisqu'au bout du compte, tout est symbole. Bref, j'en suis là de mes déambulations personnelles, et à me lire, il est probable que nombreux seront ceux qui penseront que "j'ai vraiment du temps à perdre"... Ce qui nous ramène à la première phrase de cette note, et à Cyrano, et son fameux "c'est bien plus beau lorsque c'est inutile"...

Alors: 100? 110? 111?


100 disques qui m'ont marqué à vie (39), XTC, English Settlement

XTC english settlement
Nous entrons ici dans une des pièces les moins visitées du jardin secret...Dans un monde "normal", où le bon sens serait partagé, où l'on aurait le bon goût de cultiver le bon gôut par le bon bout, le quatuor X.T.C. (devenu trio par la suite), serait reconnu et considéré autant que les Beatles; et U2, au mieux condamnés à faire leurs premières parties. On ne parlerait de ses deux compositeurs ,  Andy Partridge et Colin Moulding, qu'avec cette émotion vibrante dans la voix qu'on réserve aux seuls grands alchimistes sonores.

Mais ces British ont -peut-être- eu la malchance d'éclore à l'époque punk, et pour peu qu'ils aient cru bon de se coiffer à l'ébourriffé, on les aura catalogués comme tels, alors qu'à l'inverse de la plupart, ils étaient d'authentiques "musiciens". Je veux dire, ayant ce sens mélodique approfondi et l'audace créatrice sans supplément d'investissement. Auteurs d'un méga hit avec riff de guitare original et acéré (Making plans for Nigel) on leur acolla tout aussi rapidement une deuxième étiquette: "new-wave". Cela n'engageait pas à grand chose, en ces moments confus où tout combo équipé d'une boite à rythme et d'un bontempi en état de marche pouvait sans rire se glisser dans le sillage... je ne dis pas spécialement cela pour Human League ou Orchestral Manoeuvres in The Dark, mais y a quand même quelques claques qui se sont perdues en chemin. Heaven 17, aussi, tiens. Et tant d'autres. Saleté d'époque, quand on y songe...

 13-Down in the cockpit

Toute étiquette a ce défaut de confiner les artistes authentiques dans une image figée, nécessairement réductrice. Le malheureux quatuor X.T.C.- par la suite réduit à l'état de trio, mais je crois l'avoir déjà dit- aura sorti une floppée d'albums tous insolents de talent, de maitrise, d'invention, qui ont fait le bonheur d'escouades de fans, qui jamais n'auront atteint la taille critique d'une véritable armée.

Voilà ce que dit l'article assez complet de Wikipédia, abordant la période 81-83, celle où sort ce qui demeure un des sommets du groupe, ce double LP nommé English Settlement. On ne saurait mieux résumer.

Pourtant au delà de cette diversité stylistique s’affirme plus que jamais une signature. XTC apparaît désormais comme un groupe pop majeur même si le succès commercial n’est pas à la mesure des espérances de leur maison de disques Virgin.

XTC C'est un pur joyau pop, où l'électrique et l'accoustique sont en parfaites symbioses, où les vagabondages (vers l'Afrique, la Jamaïque) sont toujours bien pensés, joyeusement dosés, où chaque morceau témoigne d'une exigence musicale rare à cette période. Manque de pot pour eux, c'est Police qui raflera la mise, nos amis d'X.T.C. s'habituant à cet injuste statut de seconds couteaux. Il feront d'autres albums superbes. Mummer... The Big Express... Des échappées psychédilisantes, aussi, sous le nom d'emprunt de Dukes of Stratosphear. Et même un morceau de Noel, signé The Three Wisemen (les Trois Rois Mages). Collector.

Jusqu'à l'année 2000, XTC a creusé son sillon d'artisans consciencieux, sans jamais recueillir la part de gloire qui aurait du leur revenir.

Celui qui sème ne récolte pas toujours les fruits de ses efforts.

XTC en est une parfaite illustration, pour autant qu'il soit question de pop-music. Ecoutez cela... Et votre ordi va exploser en un big-bang de bonheur bizarre...

 03-Senses working overtime