Titre : Chimes of Freedom
Version Originale: sur l'album Another Side of Bob Dylan (1964)
Interprète: Bruce Springsteen (introuvable en album, figure sur un single de 1987) Seule reprise de Dylan dans la disco "officielle" du Boss...
« juin 2011 | Accueil | août 2011 »
Version Originale: sur l'album Another Side of Bob Dylan (1964)
Interprète: Bruce Springsteen (introuvable en album, figure sur un single de 1987) Seule reprise de Dylan dans la disco "officielle" du Boss...
Rédigé à 10:00 dans bonheur, dylanesque | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)
Ce n'est, je le sais, qu'une de ces compiles un peu "faciles", qui reprennent à bon compte trois succès de Stivell, deux de Tri Yann, quelques Gilles Servat et un ou deux GlenMor en guise de caution "pure et dure". On trouve ça dans les paniers de n'importe quel supermarché de France ou Navarre. "Grand public". Pour peu qu'on aille se ressourcer dans l'Ouest, on le trouvera "en promo chez Leclerc", et tous les Philippe et Mathilde l'ont collé ou le colleront dans le panier. Hum. Je crains qu'à certains moments, nous soyons TOUS "des Philippe et Mathilde".
N'importe quel puriste de musique celte me rétorquera que ce genre de disques ne vaut que pour les ignares, les incultes... presque pire que le remake façon Nolwenn Leroy.
Tout ceci est sans doute vrai. Reste que ce disque tourne souvent dans la voiture, au moins par bribes, pas seulement les jours de départs en vacances, quand dans un instant de cafard il m'arrive de songer à ce qu'aurait pu être ma vie si je l'avais conduite en Finistère ou Morbihan.
Des disques bretons, j'en ai bien d'autres, plus "recommandables", Yann Fanch Kemeneur, Didier Squiban, Denez Prigent, Annie Ebrel, aussi (fille d'une des soeurs LeGoadec).
Mais c'est quand même vers ces chansons dites faciles que me ramène le plus souvent ma nostalgie. D'aucuns en tireront la preuve qu'il s'agit bien d'un ressenti "facile", bas de gamme et de plafond. Malgré ce que pourrait laisser supposer mon prénom, je ne suis pas breton, ni du sol, ni du sang. Il est parait-il possible de l'être "du coeur"; disons alors que je le suis. Je sais aussi des fanatiques qui m'empêcheraient de le prétendre. Nulle part comme là-bas je me sens apaisé, quand bien même la Bretagne est aussi l'origine de ma ruine, quand bien même elle synthétise cet échec cinglant qu'il me faut accepter, dépasser. Dix ans que je vis avec. Un calvaire (le mot est bien de circonstance) convoqué dans ma tête, jour après jour comme dit Delarue,. Vivre avec n'est pas chose facile, et cela dure longtemps. Ma consolation reste de pouvoir y retourner, en Bretagne. Quand même...
Je ne puis rien contre les fanatiques mais ce soir, comme dans la jolie chanson de Gilles Servat, -qui n'est pas né Breton, mais à Tarbes, -ce sera mon tour, qu'ils le veuillent ou non, de goûter l'apaisement.
01 Je dors en Bretagne ce soir(1)
=O=
Cette chronique des 100 disques prend 15 jours de repos. Je vous invite à relire les archives, à retrouver quelques plaisirs d'écoutes sur les 40 premiers albums de cette série de 100. Elle reviendra le 15 Aout.
Durant la quinzaine à venir, les visiteurs de blogs étant généralement discrets en août, je mets le speech en stand-by, mais proposerai chaque jour une chanson que j'adore, de quelqu'un que j'adore... mais jouée par quelqu'un d'autre.
Le quelqu'un, je crois que les habitués de ma monomanie ont déjà deviné de qui il s'agit... Chaque jour, ce sera donc lui... sans lui.
Rédigé à 10:00 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (20) | TrackBack (0)
Sur mon Carnet de Bord ci contre, j'avais inséré le petit montage marrant à l'origine publié par Rue 89, taquinant le présentateur de TF1 JPP (Jean Pierre Pernaut) qui n'est jamais avare de superlatifs pour fêter "nos belles régions" et les initiatives fantastiques, merveilleuses et superbes qu'on y rencontre.
Ce montage assez jubilatoire de 3'30 n'a pas eu l'heur de plair au présentateur, dont je me souviens qu'effectivement, il a de lui-même une opinion dirons-nous "sure de soi".
Il a obtenu que TF1 exige la suppression du montage disponible via You Tube. Le site a obtempéré. Pour l'heure, on le voit encore sur Dailymotion. Il faudrait que tous ceux disposant des outils de recopie (type reel player) le copient et le recopient, avant que Daily Motion ne cède à son tour à cette volonté de censure. Pour l'heure, remettons en une louche, toute attaque contre la liberté d'expression ayant plus que jamais le don de me mettre en rage. Et quand l'humour est visé, en plus du droit à la critique, ça commence quand même à faire beaucoup... comme disait mon ami Thierry.
Rédigé à 15:14 dans Colères, Médias | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
La force de l'homme, c'est peut-être de s'appliquer à mener à bien des entreprises totalement inutiles en dehors du sens qu'il veut bien y mettre lui-même. Cette histoire des 100 disques qui m'ont marqué en est à son 39 épisode. Samedi viendra le 40ème, prélude à deux semaines de break, début août étant traditionnellement désert, côté fréquentation des blogs...
[J'ai concocté pour ceux qui voudront venir une petite promenade en 15 étapes autour d'un artiste majeur, suivez mon regard, ça commencera dimanche, une chanson par jour. Mais nous n'en sommes pas là.]
J'ai bien conscience que cette rétrospective est du genre parfaitement dispensable. Mais je l'ai prise à coeur et cherche à la conduire à son terme de la façon la plus précise possible. Je suis comme ça. Quand je dis "dispensable", je vois tout de même avec plaisir que certains viennent la consulter via scoop-it, facebook, ou sur le blog. Certains commentaires me laissent à penser que vous êtes nombreux à y trouver certaines petites joies simples: exhumations de pépites oubliées, confirmations que "nous" avons des chef d'oeuvres en commun.Peut-être aussi, certains font-ils des découvertes, valeur ajoutée de la transmission, pour celui qui reçoit comme pour celui qui transmet.
Un vieux copain, déjà là aux premières heures de mes premiers blogs (en 2004, donc!) me suggèrait ce dimanche que je ressasse un peu, puisqu'existait déjà à l'époque ce blog nommé RadioResse, où j'évoquais déjà mes enthousiasmes musicaux. C'est vrai que pour qui me connait un peu, il y a quelque redondance. J'ai maintes fois exprimé, ici et ailleurs, ma fascination pour Dylan, mon adoration pour les Beatles, ma vénération pour Brassens et Ferré, ma jubilation pour Springsteen, et ma nostalgique fidélité au punk rock initial, au reggae des seventies... Mais après tout, il n'y a pas sur les blogs que des "fidèles" amis de 2004, et tout le monde ne me lit pas "quotidiennement", non plus!
Bref. 100 disques. Et voilà que je voulais revenir sur ceux qui n'en seront pas. Car il restera, à la reprise des hostilités, 60 places à prendre. Et j'ai éliminé "au moins" 50 galettes, qui auraient pu en être, mais ne franchissent pas le cap ultime. Sur les 40 déjà évoqués, peut-être en regrettai-je un ou deux qui auraient du sortir de la sélection, au profit d'un ou deux autres auxquels je n'avais pas songé de prime abord, et qui sont remontés à la surface, magie du souvenir. Il y a aussi cette idée que je veux parler de disques qui ont participé à l'élaboration de "mon moi personnel". Il en est de meilleurs, mais ceux que je choisis ont trouvé "un sens", ou "une raison" particulière dans ma petite existence sans intérêt. De sorte que je voudrais au bout du compte, inventer l'idée qu'une passion peut aussi comporter une dimension "spirituelle", voire "initiatique", au sens où un disque peut prendre une signification symbolique dans "mon chemin personnel".
Bon. 40 disques déjà chroniqués si l'on compte celui de samedi. 4 déjà prêts pour la rentrée. 56 places à prendre... Une cinquantaine ont déjà été mis au rencard. Et SIX albums encore à éliminer. 62 albums pour 56 places, et je ne sais plus du tout qui enlever. Evidemment, je pourrais tirer à la ligne et remplacer ce "100 disques" par "110". A moins que j'aille jusqu'à 111, ce qui ramènerait au triangle originel, puisqu'au bout du compte, tout est symbole. Bref, j'en suis là de mes déambulations personnelles, et à me lire, il est probable que nombreux seront ceux qui penseront que "j'ai vraiment du temps à perdre"... Ce qui nous ramène à la première phrase de cette note, et à Cyrano, et son fameux "c'est bien plus beau lorsque c'est inutile"...
Alors: 100? 110? 111?
Rédigé à 11:52 dans 100 disques, bonheur, Rock, Rêves | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)
Nous entrons ici dans une des pièces les moins visitées du jardin secret...Dans un monde "normal", où le bon sens serait partagé, où l'on aurait le bon goût de cultiver le bon gôut par le bon bout, le quatuor X.T.C. (devenu trio par la suite), serait reconnu et considéré autant que les Beatles; et U2, au mieux condamnés à faire leurs premières parties. On ne parlerait de ses deux compositeurs , Andy Partridge et Colin Moulding, qu'avec cette émotion vibrante dans la voix qu'on réserve aux seuls grands alchimistes sonores.
Mais ces British ont -peut-être- eu la malchance d'éclore à l'époque punk, et pour peu qu'ils aient cru bon de se coiffer à l'ébourriffé, on les aura catalogués comme tels, alors qu'à l'inverse de la plupart, ils étaient d'authentiques "musiciens". Je veux dire, ayant ce sens mélodique approfondi et l'audace créatrice sans supplément d'investissement. Auteurs d'un méga hit avec riff de guitare original et acéré (Making plans for Nigel) on leur acolla tout aussi rapidement une deuxième étiquette: "new-wave". Cela n'engageait pas à grand chose, en ces moments confus où tout combo équipé d'une boite à rythme et d'un bontempi en état de marche pouvait sans rire se glisser dans le sillage... je ne dis pas spécialement cela pour Human League ou Orchestral Manoeuvres in The Dark, mais y a quand même quelques claques qui se sont perdues en chemin. Heaven 17, aussi, tiens. Et tant d'autres. Saleté d'époque, quand on y songe...
Toute étiquette a ce défaut de confiner les artistes authentiques dans une image figée, nécessairement réductrice. Le malheureux quatuor X.T.C.- par la suite réduit à l'état de trio, mais je crois l'avoir déjà dit- aura sorti une floppée d'albums tous insolents de talent, de maitrise, d'invention, qui ont fait le bonheur d'escouades de fans, qui jamais n'auront atteint la taille critique d'une véritable armée.
Voilà ce que dit l'article assez complet de Wikipédia, abordant la période 81-83, celle où sort ce qui demeure un des sommets du groupe, ce double LP nommé English Settlement. On ne saurait mieux résumer.
Pourtant au delà de cette diversité stylistique s’affirme plus que jamais une signature. XTC apparaît désormais comme un groupe pop majeur même si le succès commercial n’est pas à la mesure des espérances de leur maison de disques Virgin.
C'est un pur joyau pop, où l'électrique et l'accoustique sont en parfaites symbioses, où les vagabondages (vers l'Afrique, la Jamaïque) sont toujours bien pensés, joyeusement dosés, où chaque morceau témoigne d'une exigence musicale rare à cette période. Manque de pot pour eux, c'est Police qui raflera la mise, nos amis d'X.T.C. s'habituant à cet injuste statut de seconds couteaux. Il feront d'autres albums superbes. Mummer... The Big Express... Des échappées psychédilisantes, aussi, sous le nom d'emprunt de Dukes of Stratosphear. Et même un morceau de Noel, signé The Three Wisemen (les Trois Rois Mages). Collector.
Jusqu'à l'année 2000, XTC a creusé son sillon d'artisans consciencieux, sans jamais recueillir la part de gloire qui aurait du leur revenir.
Celui qui sème ne récolte pas toujours les fruits de ses efforts.
XTC en est une parfaite illustration, pour autant qu'il soit question de pop-music. Ecoutez cela... Et votre ordi va exploser en un big-bang de bonheur bizarre...
Rédigé à 10:00 dans 100 disques, bonheur | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)
On aura beau dire, beau faire, prendre le problème Neil Young par tous les bouts, analyser en tous sens son abondante discographie, citer les albums fabuleux (On the Beach, Tonight's the night) saluer la longévité, la capacité à bousculer sa carrière en osant des trucs insensés (sa période bruitiste Arc-Weld), des sorties de route (son album rockabilly, joyeusement dispensable), rappeler les 2 premiers albums solos fondateurs (Everybody knows this is nowhere, et After The Gold Rush, tous deux énormes)... On aura beau dire, s'il ne faut garder qu'un chef d'oeuvre, c'est vers l'évidence que je me tournerai. Vers ce Harvest, un des dix plus grands disques jamais enregistrés depuis bientôt 60 piges qu'existe ce que je continue d'aimer appeler "pop music", parce qu'on peut y mêler ensemble tous les styles, électriques, accoustiques, électroniques, symphoniques, basiques, énergiques, pacifiques, énervés, calmés, mélodiques, rythmiques, psychédéliques, minimalistes, emphigouriques... les pré ceci et les post cela, les revivalistes et les puristes, les archivistes et les archéologues, les didactiques et les exégètes, noirs, whites, colorés, décolorés, métissés, caucasiens, de toutes obédiences et préférences, peuvent trouver leur juste place dans cette belle appellation de "Pop Music". Et si ce mot peut avoir un sens, qui serait de transcender les clivages, Harvest de Neil Young le résume à mes oreilles plus que bien d'autres.
Entendons-nous. Tous les disques de Neil Young déjà cités plus hauts sont largement recommandables, écoutables, pour certains recelant de sublimes joyaux, folk, rock, hard, soft. Tout ce qu'on veut, puisque Neil Young est ceci tour à tour et parfois... tout à la fois.
Je me fous qu'il ne soit plus "young", ce Young. Il a mille fois plus d'énergie en lui que la plupart de ses épigones. On lui doit sans doute la carrière de plein d'artistes éminement honorables d'aujourd'hui, en vrac Eliott Smith, Ryan Adams (sans le "B". Pas le Bryan Adams des eighties). On lui doit sans doute un peu de Jeff Buckley, un rien de John Wesley Harding, un soupçon du Rufus Wainwright, fils de Loudon III.
Donc, oui, je ne prends AUCUN risque en choisissant cet album comme pierre angulaire de toute son oeuvre. Ce qui ne signifie en rien que je renie les autres. Neil Young (que putain, je n'ai toujours pas VU sur scène, de fait j'aime mieux les disques que les concerts, souvent...) signe avec ce disque là un monument mélodique indépassable. Je ne sais pas ce qu'il prenait, à l'époque, pour soutenir sa créativité. Mais ça devait être de la très bonne, parce que bon sang, je connais peu de disques qui aient franchi aussi bien le cap des années.
Chef d'oeuvre, quoi. Le problème étant juste de décider du choix des deux morceaux, quand c'est tout l'album qu'il faudrait pouvoir passer en intégrale.
J'irais jusqu'à dire que toute discothèque qui ne le contiendrait pas serait inévitablement bancale.
C'est mon avis et je le partage.
Neil Young - Words (Between The Lines Of Age)(1)
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Davis ou Coltrane? Ou bien Bill Evans?
Coltrane? Ok. Blue Train, ou Love Supreme? Le label Blue Note, ou Impulse? Les années 50 bop, ou les 60 version "free"?
Je ne suis certainement pas un spécialiste de jazz. J'y ai quelques repères, solides, parce que deux de mes meilleurs potes, vers l'âge de dix-huit et vingt ans, -allez, disons "mes deux meilleurs potes"-, étaient littéralement tombés dans cette marmite et ne juraient plus que par tout un tas d'olibrius aussi intellos que noirs, parfois barrés dans des univers étranges, voire TRES étranges... et qui n'a jamais écouté en entier un disque d'Anthony Braxton ne peut savoir exactement de quoi je parle. J'ai quand même un soir réussi à m'endormir durant un de ses concerts!
Le jazz est une musique où parfois (je suis gentil) on se la pète un peu. On y prend volontiers des poses d'esthètes, on y fait des phrases, et parfois l'inaudible s'y pare de plumes de paon de l'avant-garde. Recherche, innovation... ou inventions absconces? Les débats s'ouvrent, et quiconque émet un doute au milieu d'un parterre de spécialistes, se verra vite convoqué au tribunal pour réactionnarisme musical aggravé. En ce sens, qui n'est pas à mes yeux un compliment, le jazz est bien "un art contemporain".
Ce n'est pas qu'il faille rejeter toute audace, toute innovation par principe. Mais il convient de reconnaitre que les voies nouvelles ont parfois des allures d'impasses. Ce qui n'enlève rien au talent, au génie, de Thélonius Monk, Dizzy Gillespie. Ce qui n'empêche pas Duke Ellington et Louis Armstrong de naviguer en haute mer à mes humbles côtés.
Ecouter le jazz, donc, mais avec discernement. J'avais déjà ce sentiment dans mes jeunes années, on ne pouvait m'accuser d'ostracisme ou de sectarisme à l'encontre de ces musiques: j'allais plus souvent voir des concerts de jazz avec mes deux amis, que ceux-ci, un brin dédaigneux, condescendans, m'accompagnaient dans mes sorties "rock", musique "commerciale". Les deux vrais sectaires du lot, c'était eux, en réalité. Prtis dans la construction d'une identité intello gauchiste qui leur permettait de s'affirmer et de prendre confiance en eux. Je ne leur reproche rien, à chacun sa voie. Et je leur suis même TRES reconnaissant de m'avoir ouvert les oreilles à quelques authentiques génies musicaux, Sonny Rollins, Bill Evans... ou plus encore, évidemment, Miles Davis et John Coltrane. Lesquels sont souvent cités comme les deux jazzmen préférés des rockers, probablement parce qu'ils sont toujours demeurés "ouverts" aux influences externes, quand souvent les jazzmen de cette période me paraissent à l'inverse, repliés sur eux-mêmes, ou exclusivement tournés vers l'Afrique, le berceau, les racines, et le discours militant black power qui allait avec.
Musique de schizos? Tout fan de jazz m'arracherait les oreilles et les yeux pour oser supputer de telles âneries. Le jazzman, souvent, déteste la contradiction. Schizos, je vous dis.
Ceci dit, mon intention n'est nullement d'instruire le procès des fans, et j'avoue que je m'égare un peu. L'intention initiale était plutôt de reconnaitre que quelques albums, dont celui-ci, m'ont servi de passerelle pour m'ouvrir "à d'autres musiques" que celles qui me faisaient spontanément vibrer. Ainsi, le Blue Train de Coltrane représente-t-il ici le Kind of Blue de Davis (là encore, j'ai longtemps hésité entre les deux), ou les enregistrements de Bill Evans au Village Vanguard. Ce sont des albums qui m'ont réellement aidé à m'ouvrir à d'autres sonorités.
Le souffle de Coltrane est comme Hendrix, il vous fait un oiseau sans limites.
Occasion de rappeler l'aphorisme de Saint-Exupéry : "Si tu diffères de moi, loin de me léser tu m'enrichis"...
Rédigé à 10:00 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)
Inutile de chercher ailleurs LE groupe selon moi le plus sous-estimé de la toute période punk-new-wave, sur tous les territoires concernés.
Parce qu'ils affichaient ces dégaines impossibles semblant tout droit sorties des pires navets de science- fiction fifties (pas de moyens, pas de scénar, pas de costumes), parce qu'ils arboraient ces chapeaux débiles et jouaient à fond durant leurs interviews la carte déconnante du concept de "dévolution" (une sorte de Darwinisme à l'envers: nous dévoluons. Trente ans plus tard, qui oserait leur donner tort?); parce qu'ils travaillaient un jeu de scène convoquant pour appuyer le propos, des gestuelles de mutants mongoliens, robots décadents, et autres androïdes, l'univers Devo, à mi-chemin entre Kraftwerk et le premier Roxy Music, entraina tout un chacun sur de fausses pistes. On les apprécia pour la dérision que suggéraient leurs look et gimmick, on les regarda avec sympathie et amusement, passant me semble-t-il à côté de l'inventivité musicale de leurs... disons... quatre premiers albums.
Devo - Q- Are We Not Men - 01 - Uncontrollable Urge
Après, reconnaissons que ça se relâche un peu. Ca se répête. Tout concept un peu trop récurrent finit par étouffer l'artiste. Il en devient prisonnier. Devo finit donc par ressembler à la caricature de Devo, et musicalement, l'affaire périclita. Un Matthieu Chédid ferait bien de s'en méfier: ce "M" finira par avoir sa peau.
Reste que si vous (ré)écoutiez les bandes ou maquettes enregistrées avant ce premier album officiel, produit comme par hasard par Brian Eno (ex Roxy Music), vous seriez surpris de l'audace, de l'inventivité du travail sur les sons. Captain Beefheart et Zappa n'étaient jamais bien loin. Robert Fripp non plus.
Avec son contretemps cassant la logique intérne du morceau, leur version de Satisfaction fut prise comme une clownerie bien envoyée mais anecdotique. Grave erreur. Cette façon de bousculer le tempo tellement connu à l'époque, relevait selon moi du trait de génie.
L'idée du Come Back Jonee était évidemment de mixer l'univers classique du rock, en gros relire Chuck Berry à la lumière des synthés et autres bidouilles électromachinchoses, tout en ne renonçant pas aux bonnes vieilles grattes.
Devo - Q- Are We Not Men - 09 - Come Back Jonee
Bref, ce premier album officiel (un autre enregistré avant, sortit après) des frères Cazale et Mothersbaugh demeure le lien le plus solide entre le punk rock et la new-wave, et comme tous les albums "classiques", il se réécoute aujourd'hui avec un bonheur intact.
Devo - Q- Are We Not Men - 06 - Jocko Homo
Rédigé à 09:45 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)
Dans mes délires de blogueur acerbe et ronchon, j'avoue prendre davantage de plaisir à stigmatiser les crétintines, les arrogangantes, les victimes professionnels et les donneuses de leçons de tous les genres, qu'à applaudir les bonnes personnes. Qui, faut-il le souligner, sont curieusement plus discrètes que chacun de ces autres-là, du moins à ce qu'il semble. Les obsédés de la pensée positive m'expliqueront non sans fiel qu'il est quoi qu'il en soit toujours plus facile de dénigrer que de saluer des mérites et vertus. C'est surtout que ça prend plus de temps. Or, il faut bien s'occuper, c'est la Loi terrible du Divertissement PAscalien, et plus encore quand on n'a plus la force d'escalader le Mont Ventoux ou le Col du Galibier en VTT par temps frais.
Il n'empêche, on trouve parfois sur les ondes ou les écrans des personnes "médiatisées", voire peoplisées, qui vous réconcilieraient presque avec le genre humain. Et j'ai depuis une semaine le plaisir de suivre, avec d'autres, le parcours en jaune du cycliste Thomas Voeckler, qui tient la dragée haute à des grimpeurs bien plus renommés que lui, de sorte qu'à une semaine de la fin du Tour de France, certains observateurs avisés se risquent à ce pronostic inimaginé il y a une semaine, de le voir gagner l'épreuve.
A toutes les questions que lui posent tous les journalistes, sans doute à l'affût d'une hypthétique déclaration teigneuse ou ramenarde, l'actuel leader du Tour répond avec la même douceur, la même précision, et la même politesse. Sérieusement, je ne me vois pas gagner cette épreuve. Non, je ne prends pas de plaisir particulier à être sous les feux de la rampe. J'accepte cette contrainte parce que c'est la rançon de la place que j'occupe. Je vais tout faire pour aller le plus loin possible, par respect pour mes équipiers et pour le public, mais quand je ne pourrai plus avancer, ça s'arrêtera là. Je n'ai pas l'étoffe du vainqueur.
Tout ceci, selon l'expression consacrée, "dit en substance". Mais affirmé avec le même calme, la même intelligence, la même maturité. Si rare dans le sport, si l'on se souvient des m'as tu vus du foot à Domenech, tous claironnant avant la compète mondiale "que oué forcément on y va pour gagner, quoa, voilà, c'est clair, on veut le titre", et infoutus sur le moment de mettre le moindre but... Puis revenant tous la queue entre les jambes, mais sans tirer pourtant la moindre leçon de vie de leur échec piteux...
Ce monde n'aime pas les humbles, ceux qui travaillent vaillemment sans la ramener, ce monde méprise les consciencieux, les modestes, les appliqués.Il adore les grandes gueules et les arrogants qui font les matamores pour les unes de journaux et les reportages tape à l'oeil. Alors, aucun doute que la presse est en son for intérieur décue que Thomas Voeckler parle avec sincérité, précision, modestie. Elle devine qu'une fois reposé son vélo, on ne sera pas certain de le voir en pub pour des déos, des rasoirs, des assurances-vie. Elle regrette qu'il ne la joue pas gros bras, annonçant une semaine à l'avance un triomphe improbable, qu'elle se ferait trois jours plus tard le plaisir de commenter sur le ton de "plus dure sera la chute".
Mais Voeckler ne leur ouvre pas cette porte-là. Il parle des jambes qui ont mal, de l'équipe qui le soutient, des efforts qui restent à accomplir. Il parle comme un artisan qui aime son établi, et parvient à ne tomber dans aucun des pièges qu'on lui tend. Autour de lui rodait l'autre jour un François Hollande en visite, qui venait commenter le courage du cycliste et espérait se faire prendre en photo avec le héros du jour. Et devant les caméras de France TV, Voeckler lui a filé entre les doigts, après une réponse en forme de pirouette qui laissa le Corrézien sur sa faim.
Pour moi, quel que soit le résultat final dans huit jours, Thomas Voeckler a DEJA gagné plus que le Tour du France. Il s'est affirmé comme une personne digne et courageuse, élégante et volontaire jusqu'à l'ultime coup de pédale. Moi qui ne saurait pas faire dix bornes à vélo sans défaillir, je lui tire mon chapeau comme à tous les autres qui se tapent les mêmes ascensions. Mais il me bluffe plus encore par sa qualité d'humain assumant à l'avance ses limites.
Rédigé à 21:13 dans bonheur | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)
Mesdames et messieurs, veuillez je vous prie saluer LE meilleur disque de rock anglais de la première moitié des sixties. Devant ceux des Beatles? Yes monsieur! Mieux que les Stones? A l'aise, mon grand. Plus fort que les Animals? Sans nul doute. Que les Who? ceux-là n'en sont à cette époque qu'à sucer la cuillère en plastique que maman leur a collé dans le bec (réécouter Substitute, pour saisir).
Ce premier album des Kinks, sorti en 64, est gigantesque . Sauvage comme les Ramones, et plus abouti que tous les groupes qui un peu plus tard feront le bonheur des collectionneurs et de la compile Nuggets. A ce moment, les Kinks emboiteront derrière les Beatles la grande et belle voie british pop vers 66 ou 67. Et ce sera fort bien, ils y écriront quelques pages magnifiques (sunny afternoon, waterloo sunset), et des albums à tomber (tous ceux qui vont de 67 à 71 sont des petits bijoux). Mods ou rockers, peu m'importaient les étiquettes, je n'en étais pas à me chercher une communauté d'appartenance. Je me suis penché sur ce bijou bien longtemps après sa sortie, au même moment que je découvrais par exemple, les américains Shadows Of The Knight. Ray Davies est un seigneur et son groupe annonce tout le rock anglais des 30 années à venir...
Nous avons souvent eu ce débat avec Damoiselle Ma Fille, qui n'a longtemps juré que par les Libertines et autres BabyShambles, sans oublier Paddingtons ou Franz Ferdinand. Faut dire que petite, je la berçais avec Oasis et Blur. Et que tremblante, elle découvrit à son heure dans l'armoire à malices les albums du Clash, des Jam ou Pretenders. Et souvent la discussion revint sur ce terrain. Tous ces groupes n'auraient été les mêmes (voilà ma théorie) sans les divins Kinks. Longtemps elle m'a juré ne voir AUCUN RAPPORT entre tous les groupes ci-dessus nommés et celui que je pointais comme grand inspirateur. Et puis je crois qu'elle a fini par saisir ce que je voulais dire. Les Kinks sont LE groupe anglais par définition. Même plus que les Beatles ou les Stones, qui sont "mondialisés" depuis l'origine, et plus que The Jam ou les Who qui sont avant tous Londoniens.
Tiens, prenons ce morceau, plus tard actualisé par Chrissie Hynde et les Pretenders.
Les Kinks sont l'Eternelle England telle je l'aime.
PS: Incidemment c'est oui, sur cet album, que figure You Really Got Me et son riff incommensurable.
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Je vous parle d'un temps que les moins de 45 ans ne peuvent pas connaitre. A cette époque, le prix des disques se lisait d'une lettre collée au dos de la pochette, et qui souvent dépendait du packaging, plus que du contenu.
Aujourd'hui encore, je me souviens des prix pratiqués à la FNAC:
Un album simple étiqueté "T" valait 20 francs. 23 si c'était un "U". Le "B" valait 26fr. Le "Y" était à 28, si je me souviens bien, et le "A" coutait 30 francs. Soit 50% de plus que le "T", pour un seul disque. Vu l'argent de poche dont nous disposions, comprenez bien que le choix de la lettre conditionnait souvent l'achat ou non de telle ou telle galette. Un "A" souvent, c'était un disque en import. Il y avait aussi des lettres "O" à 36 francs, mais qui généralement correspondaient à des albums -double. Donc au prix du vinyle, un O était parfois préférable à l'achat de 2 T. Vous me suivez??
C'est d'abord, qu'on me pardonne, cette raison délibérément triviale qui me poussa à l'achat du triple album Woodstock. C'était un 3XT, valant donc 60 francs, une somme! Mais pour le prix on avait à la fois, les Who, Jimi Hendrix, Sly & The Family Stone, Crosby Stills Nash & Young, Santana, Ten Years After.
Bon OK, il y avait aussi les moins excitants John B. Sebastian et Arlo Guthrie (fils de son père Woody) ainsi qu'une (trop) longue plage consacrée à Joan Baez. La perfection n'est pas de ce monde. Surtout si l'on se souvient que Janis J. avait également joué durant le festival. Ainsi que Creedence.
Disons qu'en réalité, sur ce putain de triple album, on écoutait toujours les mêmes morceaux.
Mais quand même, QUELS!!! Voici mes quatre préférés à moi. Et non, je n'ai pas mis Jimi Hendrix dont le passage constitue un concert "à part", dans le festival. "Autre chose".
En guise de hors d'oeuvre, il y avait le fameux "Give me a F"..., et cette comptine anti-guerre au Vietnam, balancée par ce good damn Commie de Country Joe. Je lui dois largement ma veste américaine achetée aux puces de Saint Ouen, qui fit l'agacement de mon père à l'époque. Le début d'une incompréhension qui durerait jusqu'à... On n'ose à peine à compter.
Il y aurait ensuite l'époustouflant Joe Cocker, qui à cette période, n'avait rien du laborieux fonctionnaire préposé aux reprises de tous les tubes de la planète, ce qu'il deviendrait plus tard. C'était ce pantin schizoide sorti de chez son plombier de patron, fascinant, qui chantait comme personne, s'impliquait comme personne et en deviendrait presque totalement fou, à l'issue de la légendaire tournée Mad Dogs & Englishmen, dont nous parlerons forcément ici... Et sa version du standard beatlesien était de nature à bousculer tous nos repères pépéres. A ce moment précis, ce mec était avec sa voix ce qu'Hendrix osait avec sa guitare. Il osait "se" et "nous" mettre en vrai danger. Avec Cocker on frôlait le précipice. Lui, finirait par tomber dedans.
Michael Shrieve, le batteur de Carlos Santana, avait quinze ans à Woodstock. Du moins c'est qu'on disait. Et ça suffisait à faire rêver, non? Il serait de bon ton, chez certains puristes, de dénigrer le jeu de guitare de Carlos Santana. Lyrique et chantant, c'est ce que j'en dirais. Mais écoutez Wikipédia sur le sujet, pour un genre de propos que jamais je ne saurai tenir au sujet de la musique:
Son jeu de guitare est reconnaissable dès les premières notes. Il est caractérisé par un jeu très lyrique, très chantant (jusque là, j'arrive), un son saturé rond et chaud, de nombreux effets de jeux caractéristiques de la guitare blues tels que le bend, le legato ou encore les glissés et tirés.
Là, accrochez-vous:
Son jeu est très expressif essentiellement fondé sur la gamme mineure pentatonique et plus spécifiquement sur le deuxième mode de la gamme majeure, le mode dorien (l'équivalent du mode aeolien, ou mineur naturel, dont la sixte est majeure). Sa musique est également agrémentée de gammes de musique traditionnelle mexicaine.
Si vous le dîtes...
Alvin Lee et son gang, enfin... Ce bon gros rock boogie échevelé. Terriblement mal filmé, on ne voit que les grimaces du guitariste alors qu'on voudrait suivre ses doigts courant le long du manche. Ten Years After était ce groupe qu'on appréciait "en secret" mais sans trop s'en vanter, parce qu'un peu trop "primaire" peut-être. Rentre dedans, mais tellement peu "intellectuel". N'empêche, ça continue de bien décoller. Et ce Goin'Home qui servit avec à propos de générique au film Le Péril Jeune, de Cedric Clapisch, racontant "mes" années lycée, "ma" période bab', reste une de ces putains de Madeleines qui dès les premières mesures vous propulse dans une autre dimension.
Evidemment, à l'époque, nous n'avions que le "son". Les images vinrent un peu plus tard, si j'ai bonne mémoire. Aujourd'hui les jeunes ont tout ça gratuit sur YouTube ou Dailymotion. Ah, mes drôles, de not'temps on n'avait pas tout c'que vous avez aujourd'hui...
Ta gueule, pépé.
Rédigé à 09:36 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (19) | TrackBack (0)
Bon. Avouons ici, toute honte bue, que ce titre un rien racoleur n'ajoute pas grand chose à ma renommée, mais sur le moment l'idée m'a paru séduisante.
C'est qu'un rapide coup d'oeil (mais attentif, tout de même, l'air de rien) au classement Wikio m'apprend que j'ai gagné plus de 800 places en un mois au classement général - et plus de 200 au classement "multithématiques, où je rode vers la 300 ème place. Ce n'est pas que je sois fanfaron, ou plus obsédé que cela par les classements et les hits, mais voyez vous je suis un être en réalité fragile, toujours en quête de reconnaissance, d'humanité et d'amour de mes prochains (à part Yannick Noah, Eva Joly, Cali, infernal trio que je prie de continuer de m'ignorer, ils me font peur, ces trois-là, l'idée qu'ils pourraient POUR DE BON fouiller dans mes poubelles me hante pour de VRAI, comme je l'avouais hier au soir).
Gagner 200 places au classement multiméthatique, m'apparait une nouvelle digne d'être signalée.
C'est d'autant plus vrai que je continue de faire ici l'exact contraire de ce qu'il faut quand on blogue. Je sais PERTINEMENT qu'il NE FAUT PAS fermer un blog pour en ouvrir UN AUTRE. On dilue son audience! On perd en efficience googleuse! On dilapide son patrimoine de personal brandign, et descend dans le gouffre de l'influence plus bas que le 500 ème sous-sol. Sauf que voilà, c'est mon côté Cyrano. Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès ! Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !
Sinon, j'ai quand même en ce 14 juillet, une pensée pour Léo, l'Anar qui mourut le jour de la Fête Nat', et l'on n'apprit la chose que plus tard, car ça faisait un peu désordre.
18 ans déjà...
Et tandis que l'on pleure la mort de cinq de nos soldats tombés en Afghanistan, je me crois autorisé à saluer les uns et les autres d'une petite salve pacifique (sinon pacifiste).
Si tu ne veux pas
Qu'on te foute un sac sur les ormeaux
Prends ton kolback
Un vieux rafiot et allegro
Demande au vent
De pousser au cul du bâtiment
Si tu ne veux pas
"Allez z'enfants de la Patrie"
Si tu ne veux pas
Qu'il pousse des glands à ton képi
Si tu ne veux pas
C'est peut-être ton droit...
Miss Guéguerre
T'as beau faire
T'as beau me faire du plat
Avec ton ra-ta-pla,
Miss Guéguerre,
N'y compte guère,
Je m'appelle Robinson,
Sacré nom de nom.
Ah! ça ira ça ira ça ira,
Ça ira ça ira ça ira
A la pêche
A la pêche.
Si tu ne veux pas
Qu'on te foute un flingue dans les dix doigts,
Sois pas si dingue,
Hisse ton pavois et puis crois-moi,
Demande à ceux
Qu'ont bien voulu, s'ils sont revenus,
Si tu ne veux pas
Que le fossoyeur te mette au rancart,
Si tu ne veux pas
Qu'il pousse des fleurs sur ton plumard,
Si tu ne veux pas,
C'est peut-être ton droit...
Miss Guéguerre,
T'as beau faire
T' as beau me faire du plat
Avec ton ra-ta-pla,
Miss Guéguerre,
N'y compte guère,
Je m'appelle Robinson,
Sacré nom de nom.
Ah! ça ira ça ira ça ira,
Ça ira ça ira ça ira
A la pêche
A la pêche.
Si tu ne veux pas
Qu'on te foute une croix sur ton buffet,
Si tu ne veux pas
Qu'on parle de toi au temps passé,
Si tu ne veux pas
Qu'on fasse des mômes à ta moitié,
Pendant que là-bas
T'es comme une paume à te mesurer,
Si tu ne veux pas
Qu'il pousse de l'atome dans ton quartier,
Si tu ne veux pas,
C'est peut-être ton droit...
Miss Guéguerre,
T'as beau faire
T'as beau me faire du plat
Avec ton ra-ta-pla,
Miss Guéguerre,
T'exagères,
Un jour nous irons,
Sacré nom de nom.
Ah! nous irons nous irons nous irons,
Nous irons nous irons nous irons
A la chasse
A la chasse.
Rédigé à 09:50 dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)
Chez nombre de passionnés de musique, le chapeau de cow-boy a mauvaise presse. La "country", dont ce couvre-chef serait le symbole, n'inspire que dédain. La country c'est le parent pauvre, miteux, et de surcroit guère fréquentable. C'est la zique des pequenots, celle des red knecks, tous ces types de l'Amérique profonde dont on se demande combien, à la nuit tombée, troquaient naguère le Stetson contre la cagoule blanche du KKK. Le blues a bonne presse, puisqu'il est de bon ton de reconnaitre bien des mérites aux coloured people. Mais il faudrait du même coup détester la country, ou presque pire, ne la toucher qu'avec des pincettes, parce que trop clairement estampillée musique de blancs-becs réacs. A force de vouloir choisir un camp, on rate de ces trucs, parfois.
Que la country soit souvent un repère de filous fachos racistes n'a pas toujours été faux. Mais ranger Hank Williams dans ce fatras serait une parfaite et cruelle injustice. Un peu comme comparer Maria Callas à cette serveuse de salade qui vous avait battu froid dans cette taverne à souvlakis, du côté de la Plaka.
N'y a-t-il pas un peu de bienveillance à offrir à un homme capable d'écrire une chanson au titre aussi déchirant que Mon fils appelle un autre homme "Papa"? Ou cet autre: je me sens si seul que je pourrais pleurer...?
Hank Williams est né 15 ans avant Presley, je ne sais pas grand chose de sa vie, sinon qu'il écumait les bars et les radios, chantait, souffrait mille douleurs au dos, qui le poussèrent assez vite dans les bras de la Petite Soeur Morphine, qu'il faisait passer ensuite par forces giclées d'alcools. Il mourut à moins de 30 ans, au début des Fifties, juste avant que du mariage mixte entre country et boogie-woogie naisse ce satané môme, appelé rock n'roll. Hank Williams n'en sut jamais rien, lui qui par ses chansons concises et ciselées annonçait cette prochaine explosion. Tous mes chanteurs préférés évoquent à un moment ou un autre l'influence d'Hank Williams. Costello lui a dédié un album ou presque. Roy Orbison l'a chanté. Springsteen... John Fogerty... tous lui doivent une chandelle. Il les annonce TOUS. Dylan à ses débuts le décortiquait autant qu'il étudiait les influences de Woody Guthrie.
Au hasard d'une promenade compulsive, dans quelque rayon de quelque supermarché culturel où s'entassent par milliers les foutues galettes emballées dans leur boitiers plastiques, j'ai fouiné jusqu'à tomber sur celle-là. Ou bien c'était lors d'une commande sur le net, quand CDNow faisait des promos sur les expéditions. Je ne sais plus. J'ai acheté ce disque-là comme j'aurais acheté autre chose, une vague curiosité, boucher un trou de méconnaissance, et parce que j'avais vu son nom sous la plume de quelques exegètes. Ou bien m'était restée cette image, signée guy peellaert, extraite de son fameux "rock dreams".
Peu importe. J'ai acheté cette double compile, et ne l'échangerais pas contre l'intégrale des Eagles. N'insistez pas. Hank Williams est le grand père spirituel de toute la maison rock américaine. On s'incline, et on dit merci.
Hank Williams n'enregistrait pas vraiment des albums. Il convient de se rabattre sur des compilations, et celle-ci est reconnue pour sa qualité. On y trouve ce qui est devenu "classique" du monsieur. Ceux qui voudront approfondir pourront aussi se tourner vers un coffret d'enregistrements radios nommé Unrealased recordings, sorti vers 2008.
My Son Calls Another Man Daddy(1)
Ah oui, j'oubliais: son fils, puis son petit-fils ont aussi fait carrière dans la country sous les noms de Hank Williams Jr, puis Hank Williams III. Le troisième a un joli brin de voix. Mais seul Papy est le numéro one.Rédigé à 10:00 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)
Choisir UN album de Bashung... parmi la vingtaine qui, depuis Gaby, m'entrainèrent, trente années durant, vers tant de rivages différents.
De tous les talents qu'on peut lui reconnaître, Mister B. en détenait un singulier, si rare: celui de savoir se remettre en cause, à chaque disque ou presque; se réinventer, casser les codes attendus, brouiller les repères... tout en demeurant chaque fois lui-même. Rarement pris en flagrant délit de "pose", il demeurait intègre et authentique, fidèle à ce principe de ne jamais se laisser piéger par la fidélité. Il eut pu faire marcher longtemps la machine à tubes concoctée avec le complice initial, Boris Bergman. Dans le prolongement de l'inattendu Gaby, puis du Vertige de l'Amour, réjouissant follow-up, aussi savoureux sinon meilleur que celui qui le précédait, il aurait pondu des hits... et fini par s'empêtrer dans des jeux de mots forcément plus faciles... pour finir par décevoir, forcément. Les petites entreprises à la cool sont condamnées à perdre leur clientèle. Tôt ou tard elle se lasse de toute routine, fut-elle celle du rock n'confort, et s'en va chercher ailleurs.
Le génie de Bashung, serait d'avoir toujours osé se prendre lui-même à revers, changement de ton, changement de sons, de partenaires, de climats. Ce ne fut pas toujours également convaincant. Je confesse n'avoir aucune nostalgie particulière pour ce sombre album intitulé Novice, que d'autres peut-être porteront au pinacle. Subjectivité du goût. Mais par-delà les vibrations plus ou moins positives qu'il faisait jaillir, - ou non-, chaque sortie d'un nouvel album obligeait à saluer la démarche; l'audace d'essayer des trajectoires nouvelles; le courage de remettres les habitudes et certitudes en question. Où se lisait ce respect sous-jacent du public. Toujours.
Ceci n'a évidemment rien à voir avec le fait de suivre des modes, de se vouloir dans l'air du temps, donc de changer de style. Prenons Johnny. Successivement, rock, twist, biker, hippy, révolutionnaire, réac, bluesman, madmax, hamlet, et s'il n'a pas donné dans le slam, il a débauché depuis longtemps Grand Cormoran pour lui pondre un ou deux couplets. Johnny n'a jamais fait que suivre l'air du temps. Jamais on ne l'a vu précéder qui que ce soit, ou quoi que ce fût. Sa longévité est certes sans égale, cette capacité du fauve à traverser toutes les époques impose s'il on veut une manière de respect. Mais Johnny n'a jamais rien inventé, jamais il n'a bousculé son public, ne fût-e que pour le taquiner, l'entrainer vers quelque rivage incertain.... juste pour voir.
Bashung à l'exact inverse, a toujours ouvert les portes, vers des sonorités, des ambiances, des arrangements inattendus, des territoires inédits. Pas seulement un rocker. Mais un poète des sons et des mots, qu'il les écrivît ou les inspirât. Sachant s'entourer des partenaires idoines, pour les amener à leur meilleur. Dieu sait que j'étais sceptique face à l'idée de le voir travailler avec un Gaetan Roussel (Louise Attaque). Ce fut pourtant un pari largement relevé.
Mais me direz-vous. Pourquoi cet album CI, précisément, "Fantaisie Militaire", et son oxymore sous-jacent? Je ne ferai pas la chronique de l'album, je n'y vois guère d'intérêt et puis les Inrocks sont là pour ça, qui le font très bien, en l'occurrence. Il se trouve qu'il y a sur ce disques deux titres plus particuliers. Deux chansons.
Mais QUELLES...
L'une me frappe par les paroles. Et la musique en conséquence m'envoute.
L'autre m'attire par sa mélodie. Et je crois du coup comprendre le sens insensé du propos.
Dire à quel point ces deux chansons me bouleversent encore et me donnent le regret de cet univers poétique aujourd'hui refermé. Bashung était le plus grand artiste français de cette fin de siècle. Je ne me console guère de sa disparition.
Rédigé à 09:56 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)
On me l'a racontée, et je la trouve meugnonne...
Rédigé à 23:44 dans Rire | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
On disait quoi, à son propos? Le Sergeant Pepper's "black". L'indépassable sommet. Un absolu de la musique soul- funk. Voilà combien d'albums que Little Stevie devenu grand frôlait chaque fois la perfection, presque atteinte par le What's Going On de Marvin Gaye? On le savait génial producteur, et multi-instrumentiste surdoué, Stevie avait fait la première partie des Stones. Stevie avait "presque" magnifié Blowin in the Wind de Dylan.
Ah... Stevie.
Je me souviens l'avoir vu une première fois au Palais des Sports. Cette tuerie.
Je me souviens l'avoir vu deux ou trois ans plus tard, au P.O.Bercy.
Arrivant sur scène.
- Y a des filles, ici? Je vois pas bien... Elles sont OU, les filles? Faites ooooohhh, le filles.
- Et les garçons, où sont les garçons? Faites ooooh yyeeeeahhhh, les garçons...
Et le public d'y aller sans souci. Public FRANCAIS.
- Alors les filles vous allez faire woo boo be doo we... et les garçons, quand je ferai signe, vous ferez di ba boop be doo doo ahhhh.
Ou quelque chose du genre.
Et tout Bercy se mettait à chanter sans que Stevie lui-même est encore lâché la moindre note. Jamais revu ça depuis. Stevie, y a que Bruce qui aura su m'épater plus que toi sur scène. Ou Prince, peut-être, à sa grande époque.
Stevie, mon frère, mon ami... Je suis un peu triste que tu aies viré "black muslim" dans la poursuite de l'islamo-facho Farrakhan... Toi qui a si joliment su, d'une chanson, imposer (mais sur un autre album) l'idée d'une journée dédiée à Martin Luther King, dans toute l'Amérique. Rien que cette évocation, d'une chanson capble d'imposer une noble idée au monde, me tirerait volontiers une larme. Mais je t'avoue que j'étais un peu pété au moment où j'écrivais ces lignes, alors pas sûr qu'il faille prendre cette confidence pour argent comptant. Mais il n'empêche..
Ce double-album où se succèdent les chansons splendides, sans le moindre faux pas... j'avoue, je l'ai volé à la FNAC Montparnasse. Mais depuis le temps, j'imagine qu'il y a prescription. A l'époque, taxer les skeuds était un jeu d'enfant, pas d'alarmes aux portes, pas de code-barres qui faisaient sonner le bouzin. C'était cool en fait d'avoir vingt piges C'était bien de pouvoir aimer à la fois Sir Duke et le punk rock (sans oublier Fernandel).
Y a personne qui parvienne à me tirer des larmes comme Stevie quand il part en vrille. Y a personne qui m'aie autant bouleversé le temps d'une chanson. Quand il sort son harmonica, dont le son est si reconnaissable dès qu'il en joue, il m'emmène "ailleurs". Et j'attends depuis vingt ans le titre qui viendrait prendre place avec tous ceux de cet album inoubliable, dans la longue liste de ses succès géniaux.
Mais Stevie, tu n'as peut être pas eu la force ou la ténacité de vieillir aussi brillamment que Sir Paul. Aussi férocement que Mister Bob. Aussi solairement que Big Boss Bruce. N'empêche, tu restes une des voix les plus hallucinantes de toute ma vie. Parfois je fonds en sanglots en t'écoutant. C'est con. Mais c'est vrai.
Love and long live for you brother Stevie.
Rédigé à 10:22 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
Je veux ce matin rendre un hommage particulier au travail de curation remarquable que fait mon amie Sophie Menart sur ce sujet de l'hypersexualisation des enfants (filles, à 99%).
Quelques précisions pour cadrer le débat. La curation, c'est le principe consistant à centraliser sur un même espace, des articles que VOUS sélectionnez, qui traitent d'un même thème. En allant sur cet espace, une page dédiée, vous retrouvez des liens visuels vers les articles, et pouvez ensuite les lire intégralement si ça vous chante. La curation est une sorte de partage de flux RSS autour d'un même thème, sur un espace distant (ce bon vieux "cloud").
Nous sommes nombreux, dans la petite sphère des blogs, à utiliser "scoop.it"comme outil de curation. A titre d'exemple, la fenètre en colonne de droite est une curation de ma rubrique "100 disques". Plus bas, vous en trouvez deux autres que je consacre, plus sérieusement, à la question de la liberté d'expression, et au travail des seniors, deux sujets qui me turlupinent.
Revenons à Sophie Ménart, blogueuse historique et pointure reconnue de tous les outils 2.0.... Son site se trouve ici, compte scoop-it, ici , compte witter, ici. Je n'ai pas son numéro de portable, comptez pas là-dessus.
Elle a su attirer mon attention sur un phénomène déjà ancien, dont j'avais identifié quelques manifestations (mamans qui instrumentalisent leur fille comme une poupée Barbie... défilés de mode pour prépubères jouant un peu trop la carte "glamour" ou "sexy"...), mais dont l'ampleur et la généralisation m'avaient totalement échappé... Sophie consacre une page scoop-it - on dit un "topic"-, à ce sujet de l'hypersexualisation, et je vous invite à le consulter pour prendre un peu la mesure du phénomène, ainsi que des dégats sous-jacents qu'ils peuvent annoncer...
Il s'y lit avec effarement une évolution du rapport parent/enfant, adulte/enfant, assez délirante, orchestrée souvent par des marques totalement amorales et irresponsables, (et je pèse mes mots), relayée par des mères immatures, hystériques, parfaitement névrosées (et je pèse mes mots). Pour la première fois de ma life, j'ai sur ce sujet signé une pétition ... des Chiennes de Garde, qui dénonçait cette dérive marketing incitant à regarder des gamines de 8 ans maquillées telles des voitures volées, telles des putes, fringuées comme leurs mères, ou des mômes de six ans, manipulées comme des pantins, se trémoussant façon actrices de peep show, sur des tubes de madonna ou lady gogo.
Comprenons moi bien. Il n'y a AUCUN puritanisme dans le fait de partager cette indignation. Je n'ai pas la moindre gêne par rapport à la sexualité (qui suppose des adultes, conséquents, et consentants). Il y a juste cet écoeurement total, que je partage avec Sophie, face à cette invitation des marques à instrumentaliser le corps et l'esprit d'enfants pour vendre; cette indécence, alors que la société survend quand ça l'arrange la pédophilie comme tabou suprème, à y inciter, à l'évidence, par l'exhibition des petites mômes réduites à l'état d'objet consommable. Il y a cette marchandisation de l'enfant par ses parents, qui probablement en tirent profit pour eux aussi, qui n'est pas loin d'une prostitution latente.
Il y a en somme une objective maltraitance dont on ne parle quasiment jamais, consistant à voler à l'enfant "son statut d'enfant"; à le propulser avant l'heure dans tous les travers qui rendent déjà ce monde invivable aux adultes (culte d'une perfection des apparences, du corps comme idéal, compétition acharnée entre les individus, glorification de la surenchère constante).
Et c'est ainsi que des mères que j'affirme maltraitantes (où sont les pères? absents? complices amorphes?) emmènent leurs gamines à la chirurugie esthétique, à l'épilation, les habillent en lolitatapins, pour combler dieu sait quel manque ou faille dans leur propre image.
Et il y a au bout du compte, la marchandisation de l'être humain que sous-tend cette dérive, à laquelle elles se soumettent bien volontiers, mettant leur progéniture en danger manifeste, à court ou long terme.
Evidemment, c'est dans un monde qui chante du soir au matin les vertus du féminisme niannian, un déni pour le coup total du respect de l'être humain femme. C'est dans un monde qui claironne "l'éthique et la morale" des apparences, un amoralisme objectif de la sphère économique, au nom de la peoplisation, médiatisation, starisation incensée de chacunéchacun, et de l'obsession de la marchandisation infernale.
Ce devrait être là un combat MAJEUR des organisations dites "féministes". Et si elles se préoccupaient un peu plus de sujets de société réels (comme de la condition des femmes dans les pays où elles sont objectivement maltraitées; comme de l'inégalité au travail), elles me trouveraient plus souvent à leur côté.
En attendant, allez regarder le scoop-it de Sophie. Je lui tire mon chapeau pour ce travail d'une belle intelligence.
Rédigé à 11:22 dans Colères, Morale, Web/Tech | Lien permanent | Commentaires (9) | TrackBack (0)
Bon Dieu que cette pochette est laide. Seigneur, que ce groupe est obscur. L'un des membres fit par la suite partie des très dispensables Uriah Heep. Et c'est à peu près tout ce qu'on peut dire de ce "Toe Fat", Gros Orteil. Mince de nom pourri. Juste un groupe de heavy-rock de la fin des sixties, comme il y en eut plein d'autres. Sacrément moins inspirés que Free (et leur indémodable All Right Now). Moins juteux qu'Humble Pie. Moins déchirés que Stones The Crows.
Ce disque signe pour moi le rappel d'une honte ancienne.
Lionel était un gars de notre classe de 4ème. Placide, bon camarade, il était encombré d'un embonpoint conséquent. Disons qu'il était déjà obèse. Passionné de foot, comme nous. Et de rock, comme nous. Pas vraiment un "bon copain", juste le gars qu'on accepte volontiers dans son entourage. Cette classe de 4ème, c'était le début des disques "qu'on se prêtait". Parfois "qu'on s'échangeait". Un moyen finalement astucieusement convivial de s'ouvrir à d'autres sonorités que celles déjà connues.
Un jour, Lionel nous parle de ces anglais, Toe Fat, et de leur disque. Il le prête à l'un des trois qui constituait ce trio inséparable, dont j'étais le benjamin. Le mercredi après-midi, chez moi, au lieu de bosser nos maths, ou le cours de géo de cette vieille vache de Madame Loisy (vous ferez jamais Polytechniques, qu'elle m'avait lancé, la méprisante mégère. Comme balayeur j'aurai peut-être ma chance, que j'y avais répondu. Toujours vouloir le dernier mot. Puisse-t-elle rotir en enfer à balayer le parquet de Belzébuth), le mercredi après midi, dis-je, nous écoutons l'album.
Pas terrible. Lourdaud. Un peu comme son propriétaire, quoi.
Va savoir ce qui nous a pris. Lequel des trois a commencé. Prendre le vinyle et graver dessus, au ciseau, un truc genre : c'est de la merde. Puis bousiller la pochette, aux feutres. Cracher dedans, y balancer de la farine. Quoi d'autre? Passer tout le vinyle à la paille de fer. Aucun esprit de vengeance. Gratuité pure et simple. Totale stupidité. Effet de groupe crétin. Certes inoffensif. Mais d'une débilité rare. Dès qu'on est plus de quatre, on est une bande de cons, disait Brassens. Je témoignr que ça peut commencer à trois.
Après nous être bien défoulés, il fallut, deuxième acte, rendre son disque à Lionel. A quoi nous ajoutâmes cette lâcheté du nombre, en nous payant sa tête, sûrs de nous, trois contre un. Totalement minable. Mais vu l'importance qu'avait dans la construction de nos identités individuelles l'objet "disque", ce qu'il affirmait de nos goûts, donc de ce que nous étions ou prétendions être, je crois qu'il y avait une vraie méchanceté de nos inconscients, dans cet acte de destruction futile et mesquin.
Je me souviens donc que Lionel avec son disque dans les mains nous regardait. Encaissait la série de sarcasmes sans mot dire, devant tout le groupe-classe. Je garde le souvenir d'un regard à la fois dépité (son disque niqué), peut-être désolé (ils font ça parce que je suis gros), et j'espère, bien que n'en étant pas certain, méprisant (en fait, je le sais, vous n'êtes rien qu'une bande de sinistres cons).
Je crois (disons... j'espère) avoir ressenti à certain moment un début de honte sous-jacente, la sensation de n'être vraiment rien de mieux que cet ado stupide et ricanant trop fort de sa stupidité. J'aimerais croire à l'hypothèse que j'aie ressenti un vrai malaise, dans ce rôle de baltringue à grande gueule. Une prise de conscience? J'aimerais croire que cet épisode navrant me servit pour la suite de leçon. Je n'ai pas en tous cas un souvenir ultérieur de m'être senti si petit, si lâche, si minable.
Peut-être l'ai-je été, sans m'en rendre compte...
Quoi qu'il en soit, quarante ans plus tard, force est de constater que ce disque était décidément pas terrible, comme l'atteste ce mp3 :)
01-Toe Fat - That's My Love for You(1)
Rédigé à 09:15 dans 100 disques | Lien permanent | Commentaires (14) | TrackBack (0)
Ah, mais dîtes... C'est que je n'avais PAS DU TOUT prévu ce disque-ci pour aujourd'hui, moi... Sauf que...
Evidemment, dès le départ, ils étaient du nombre, Morrison et sa clique. Mais dans cette farandole endiablée des 100, je les voyais venir un peu plus tard. Disons vers l'automne. Je pioche dans ma liste de pochettes, au petit bonheur, sans autre préséance que cette envie de l'instant. Pas de classement, pas de rétro planning, juste une douzaine de notes écrites d'avance, dans le petit matin blème, ou le soir, un peu pété au punch, ce qui peut arriver assez vite par ces temps de chaleur et fatigue...
Donc, ce disque était en stand-by, mais voilà que dimanche, écoutant d'un oeil distrait les dernières niouzes sur BFM-TV, histoire d'en savoir un peu plus sur les particularités du "room service Sofitel", j'apprends qu'il Y A QUARANTE ANS pile poil, nous quittait Jim Morrison. L'espace d'un instant, je croise même un vieil homme que je reconnais pour être Ray Manzareck (le plus fabuleux claviériste rock de la création, bien avant le Jon Lord de Deep Purple, ou tous ces virtuoses du "prog rock", par ailleurs vénérés par mon Cher ami Gilles C.). Notre homme à lunettes évoquait son acolyte disparu dans des circonstances, qui disait-il, demeurent mystérieuses et non élucidées.
The Doors - 08 - Crawling King Snake
Donc, 40 ans... Allez... Je vais pas donner "dans l'appel aux Morts", comme dit Gabin dans le Cave se rebiffe, mais quand même... Décaler un peu mon listing et faire dès aujourd'hui sa place à ce formidable album des Doors. L.A. Woman. De toute leur discographie, je choisis sans la moindre hésitation celui-ci, dont la production m'a toujours impressionné. Le son y trouve une densité émotionnelle rare. Et la place faite au blues rend le disque intemporel. Essentiel. Universel.
Certains voient en Morrison "LA" plus grande icône du Rock. Il en est, à commencer par Oliver Stone dans son film consacré à l'histoire du groupe, qui ont même cru judicieux d'en faire une sorte de Jésus Christ superstar pour de vrai, tant le bonhomme était "charismatique" bien au-delà du raisonnable.
Si on le relie à deux autres icônes mortes à la même période, Janis et Jimi, il faut reconnaitre que nous tenions là une Sainte Trinité hors norme, dont on se demande encore quelle étrange conjonction astrale autorisa leur naissance et leur éclosion en une période si rapprochée.
The Doors - 03 - Been Down So Long
Certain samedi, sortant du lycée fréquenté par ma fille à l'issue d'une réunion parents-profs, je me souviens d'être tombé sur deux élèves de classe terminale, qui tous deux portaient un T-Shirt Jim Morrison. Ce qui me parut, au vu de la distance temporelle, aussi incongru que m'imaginer à leur âge, affublé d'un T-Shirt à l'effigie de Bix Beiderbecke ou Scott Joplin (non, pas le père de Janis).
Je leur exprimai mon étonnement, et l'un des deux me répondit "ben oui, vous vous avez eu la chance de grandir avec autre chose que nos musiques de merde".
Je pris la réponse pour ce qu'elle était, mais sans en être vraiment convaincu. Il se trouve que Jim est mort tôt, comme on dit en Franche-Comté. Son aura n'en est que plus immense. J'en sais aujourd'hui un peu plus qu'hier sur les mythes et leur signification. Morrison est de l'ampleur des Rimbaud, des James Dean, de son contemporain Hendrix,de tous ceux qui mourant au sommet de leur génie, laissent entendre qu'ils auraient pu aller plus haut encore... Ce que les gens aiment, je crois, chez ces icônes, c'est davantage ce qu'ils n'ont pas eu le temps de réaliser, ni d'être. Cette potentialité qui ne s'est pas confrontés aux limites. Et puis, cette élégance de mourir jeune, dans la beauté, la grandeur, alors que nous sommes si nombreux à souffrir de voir Dylan vieillir à nos côtés... tout en remerciant la destinée de nous le garder vivant.
Mourir jeune c'est encore le meilleur moyen de ne pas vieillir. L'inverse est vrai aussi.
Dans mon petit film personnel, Jim Morrison ne joue ni le rôle d'un Dieu, ni même du Christ. Il n'est pas davantage cette voix figée qu'on entend off, dans Apocalypse Now. Il m'apparait juste comme le plus grand chanteur de blues blanc qui ait traversé cette drôle d'histoire, la pop musique. Et hormis les trois tubes planétaires que tout le monde connait sur LA Woman (Love Her Madly, L.A. Woman, Riders on the Storm) je dois à ce disque ma première empathie réelle et profonde avec le blues. Les guitares y étaient sublimes, (certaines jouées par Marc Benno, en plus de Robbie Kriegger) les claviers d'une moiteur rare. Rythmique à l'unisson. Je maintiendrais, la tête sur le billot, qu'il s'agit d'un des 10 plus grands disques jamais enregistrés sur cette planète. Si je n'en prenais que 10 pour le Grand Voyage, je crois qu'il serait du nombre.
God Bless You, Jim.
Rédigé à 08:52 dans 100 disques, Nostalgies | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
Comment l'album le plus joyeux, le plus dansant, le plus solaire de cette sélection de 100, me renvoie tout à la fois vers l'une des plus sombres périodes de ma vie, et à la joie des vacances à laquelle vous allez tous bientôt sacrifier..
... Tel est le petit paradoxe de la note de ce jour.
S'il y a un album dont je peux vous certifier l'année de la sortie, c'est bien ce Tropical Gangsters, de l'éxubérant August Darnell, A.K.A. Kid Creole, fils spirituel de Cab Calloway, alter ego du faux pataud Coati Mundi, avec qui il ensoleilla le début des années 80 de son groove funky jazzy. Il est assez navrant de les avoir vus plus tard s'égarer dans des reprises de la Lambada, ou pour quelque pub vantant les mérites de biscuits chocolatés... Pepito my corazon... Grandeur et décadence, quand tu nous tiens...
Les trois premiers albums de Kid Creole & The Coconuts sont tout simplement épatants. Celui-ci me semble le plus abouti, les plus commercial également. Mais les deux précédents, - Off The Coast of me, et Fresh Fruit in Foreign Places-, s'ils se trouvent encore, réjouiront petits et grands qui les (re)découvriront.
Disque sorti en 1982.
L'une des pires périodes de ma vie. Cela semblait un cauchemar. En fait c'en était un. Il dura plus d'un an, et je n'ai guère envie de casser l'ambiance en vous relatant l'histoire par le menu. Juste dire qu'il s'agissait d'un"vrai" drame. Le truc que vous ne souhaiteriez pas à votre ennemi, ou alors l'un de vous deux est VRAIMENT un PARFAIT salopard.
Une histoire qui vous plombe chaque jour, et vous fait croire que vous allez tourner maboule, finir en garde à vue, ou pis à la Santé.
Mais voyez comme la vie parvient toujours à reprendre ses droits. C'est à cette même période que je fis la connaissance de ce couple qui allait dans ma vie trouver sa place dans le premier cercle, celui des vrais proches. Les deux ne sont plus "ensemble" à présent, mais fort heureusement conservent l'un pour l'autre affection et chaleur, ça évite au moins à leurs amis de regretter trop fort le temps passé où on les connaissait "ensemble"...
Et donc, vint l'été. Il fallait respirer un peu, quand même. Evacuer le quotidien destructeur. La musique dans cette affaire jouait son rôle, fenètre entrouverte sur un monde un peu moins ... glauque. Et c'et ainsi que ce disque devint une double bénédiction.
D'abord parce que chacun des morceaux qu'on y trouvait vous filait aussitôt une pêche invraisemblable. Tant qu'on l'écoutait, on oubliait tout, pour de bon. Le big band du Kid était une machine à swing formidablement remise au gout du jour (c'est-à-dire le funk en plus), les Coconuts étaient glamour à souhait, les mélodies imparables, le moindre chorus tombait au poil. Et à moins d'être affligé d'une angine blanche à streptocoques gluants, il était totalement impossible de ne pas reprendre tous les refrains en beuglant.
01 - Annie (I'm not Your Daddy)
L'été 82 succéda à cet infernal printemps. Il nous offrit l'occasion de découvrir un peu mieux nos nouveaux amis, qui nous retinrent une semaine dans la maison familiale. Faisait beau. Faisait chaud. C'était Tropical. On avait la même passion pour le rock, l'envie de partager des coups de coeurs, découvertes, disques favoris... August et son gang furent un des liens qui nous réunit, sur le moment, et cela se prolongea les années suivantes, où l'un et l'autre rivalisions pour trouver "des versions inédites", des maxis improbables (j'en ai un en forme de noix de coco), des remix inattendus... Ah, les services marketing, en ces temps-là, ne renonçaient à rien pour nous rincer d'importance.
Ca va donc faire trente ans, l'an prochain, si je compte bien. Que ce disque est sorti. Que cette période sinistre est passée. Et l'an prochain, my old Kid E., nous pourrons nous revoyant nous dire "que nous sommes des amis de trente ans".
De son côté, l'album Tropical Gangsters n'a me semble-t-il pas pris la moindre ride. Et Oooops.... Tout le monde ne peut pas en dire autant.
Rédigé à 09:55 dans 100 disques, bonheur | Lien permanent | Commentaires (14) | TrackBack (0)
Je suis frappé d'un truc. Des fois les gens viennent sur des blogs, et n'étant pas d'accord avec vos arguments, en discutent le bien-fondé. On entre alors dans cette dynamique que Sa Sainteté Loic Le Meur, grand évangélisateur des Blogs au seuil des années 2000, résumait d'une formule habile "le blog fait naitre des discussions".
Sauf que d'autres fois les gens font mine qu'ils discutent vos arguments, alors qu'ils ne font en réalité qu vous attaquer, vous. Ce qui n'a guère d'intérêt, tant que je suis moins connu qu'un Yannick Noah sur lequel on peut s'acharner, médiatique qu'il est. Sans intérêt donc, du moins vu de ma fenêtre. Je me contrefous de savoir ce que les gens pensent de moi. Disons que je préfère qu'ils m'aiment, et me le disent, mais si ils me trouvent con, prétentieux, pénible, ergoteur, paranoiaque, caractériel, affectivement immature, réac, facho, raciste, misogyne, homophobe, (sentez la terrifiante progression), imbécile, idiot, cyclothimique, grincheux, ronchon, bavard, immodeste, jaloux, mesquin, futile, grognon, délirant, radoteur, ratiocinant, béjaune, cynique, arrogant, c'est leur problème. Ca m'agace, et je trouve cela bien injuste, mais c'est leur problème. On ne peut pas plaire à tout le monde et à son coiffeur.
Ce qui est intéressant, ce sont, ou ce devraient être, les idées, analyses, théories, supputations, hypothèses, dont l'échange permet de s'enrichir de points de vue divergents (ou divers jacques, si vous préférez, je ne suis pas regardant).
Mais pour approfondir ce que je crois être plus qu'un travers, une maladie du temps, il me semble que nous avons tendance à tout confondre : les mots et les actes. Dire que des mots peuvent être "blessants" au sens symbolique, n'implique pas qu'ils vous collent un hémataume "pour de vrai". Or certains propos étant à présent assimilés à des délits contre les personnes, la conviction que les mots "peuvent tuer", je veux dire "en vrai", est désormais partagée par beaucoup.
De même les opinions. Et ce que nous ressentons à leur évocation. Telle idée me semble choquante. Puis-je un instant mettre cette émotion "à distance"? et discuter de sa pertinence, de sa logique, de sa construction, avant de déclarer QU'ELLE EST (non que je la trouve) choquante, par nature?
S'il s'agit non plus de discuter des arguments mais de juger les personnes qui les tiennent, pourquoi diantre ne pas faire l'économie de la lecture de ces endroits où vous lirez des choses que vous détesterez? Je trouve étrange cette attitude. Pour moi, je n'aime pas, n'ai jamais aimé France Inter.
Ca commence par son son. Ca se poursuit par sa ligne éditoriale. Les voix. La façon d'aborder l'actu, dont je me doute, avec les temps, de savoir ce qu'on y dira avant que cela ait été dit. Ses éditorialistes.
Bref, l'idée d'aller m'y rendre chaque jour "juste pour vérifier que ce qu'on y dit me déplaira effectivement", m'apparaitrait une perte de temps terrible. Et je ne comprends donc pas qu'on vienne jusqu'à mon blog pour me répéter que ce que je suis (ou pas) m'agace, m'énerve, me déplait. Il y a des tas d'autres endroits où lire, rire, et s'amuser!
En résumé je ne force personne.
Sinon, demain, un disque chaud, dansant, joyeux, comme l'été qui s'avance. Un pur joyau funky.
Ceux qui veulent deviner peuvent toujours jouer. Résultat, demain samedi 10 heures, pour la mise en ligne.
Rédigé à 18:10 | Lien permanent | Commentaires (11) | TrackBack (0)


