... Je mentirais en disant que j'ai pleuré avec elle. Mais je n'ai pas ri. Il y avait sans doute, dans cette défaite légèrement humiliante, quelque chose de cruel pour cette femme qui voyait s'envoler pour de bon ses rêves de grandeur. Et qui reprenait d'un coup, contact avec le réel. Plus dure sera la chute. On ne frappe pas un homme à terre, dit la maxime. Mais alors, quand? rétorquait Woody Allen... Trop facile, en l'occurrence.
Dieu sait pourtant si j'ai ri, ici, et sur les blogs d'avant, de cette femme affligée d'une mégalowomanie, comme d'autres le sont d'un strabisme, ou moi d'obésité. Je sais bien que pour prétendre diriger un pays comme la France, qui s'honore d'une clé d'arsenal nucléaire en plus de 400 sortes de fromages, il faut nécessairement disposer d'un égo démesuré. Et que les féministes aux abois me pardonnent, mon machisme ne va pas jusqu'à lui reprocher davantage le sien "parce qu'elle est une femme". C'est juste que le sien a cette particularité: il l'aveugle, et obère son jugement. Ségolène, depuis 2005 qu'elle me fait rire et peur alternativement, aura multiplié ces phrases et postures irréelles, surréalistes, qui m'apparaissaient chaque fois, et sitôt qu'elles les avaient dites, révéler "une faille", quand la plupart de mes concitoyens trouvaient cela "normal".
Ce côté "Madone". Cette idée de se prendre pour Jeanne d'Arc, puis de s'offrir une envolée à la Jésus (aimez vous les uns les autres). De parler "d'autres victoires" un soir de défaite. De se présenter elle-même comme "une dirigeante de stature mondiale". Bien sûr que les autres (prétendants) en pensent autant d'eux-mêmes, voire plus. J'ai pu observer un François Bayrou a deux mètres de distance, on aurait juré qu'il s'en allait guérir les écrouelles... Je suggère seulement que dans le cas "précis" de Ségolène, cette estime de soi déraisonnable qui doit nécessairement accompagner quiconque aspire "aux plus hautes fonctions", s'accompagne d'un affaiblissement du jugement, qui me la rendait du coup incompatible avec les fonctions espérées. Rien que cette idée de comparer le travail effectué (si bon soit-il) en "Région Poitou Charentes", et celui qu'elle allait proposer pour la France... Parler de "son expérience de gouvernement", quand elle ne fut jamais que sous-ministre à l'instruction, et secrétaire d'état à la famille.
Donc, son heure a passé. Je doute que l'occasion revienne, et cette prise de conscience qui a du cette nuit l'empêcher de dormir est probablement cruelle. Je mentirais en disant que je ne suis pas soulagé. Je mentirais en disant que les deux qui se disputent désormais le leadership me rassurent davantage. Je mentirais en disant que "l'actuel locataire de l'Elysée" me parait plus à même de conduire le pays jusqu'en 2017.
Ségolène avait les larmes aux yeux, comme une ou un qui découvre son infortune. Je ne me moque jamais de quelqu'un qui pleure, j'ai bien pleuré hier en écoutant la voix du Renard, dans l'extrait du Petit Prince mis en ligne samedi. Et je pleure chaque jour au moins une ou deux fois, si vous voulez savoir.
Alors, pour le coup, n'attendez pas d'ironie facile. Quelqu'un qui prend une claque, ça ne me fait jamais rigoler.