J'aurais dit en direct à peu près ceci...
Plaisir de boire une bière avant, avec les vieux amis se retrouvant au pied du #POPB.
Jean-Jacques, Edgard, Bernard, trois timbrés dans leur genre qui ressemble au mien. Tous tombés dans la marmite à rock n roll quand ils étaient tout petits.
Gravir les marches en évoquant de vieux albums oubliés, Evidemment, nos déplacements au fil du temps font un peu troisième âge en goguette. Mais ma fille n'en a rien laissé paraitre, et patiente, nous écoute refaire l'histoire de la pop sans ironiser.
20h00. Sur place on retrouve Antoine, a.k.a. Senor @Dubuc64, arrivé par d'autres moyens.
20h11. Entrée de Mark Knopfler (ex Dire Straits pour qui n'aurait plus la mémoire des noms...) Guitariste brillant. Mais d'un bavard achevé.
Chaque morceau qui pourrait durer trois minutes en fait six, il délaye tout. Et son groupe à mi chemin entre Dire Straits et les Chieftains balance mollement un folk-pop celte manquant sérieusement de vitamine D.
Après trois morceaux, on s'ennuie ferme. Après cinq, on baille, on s'endort, pour éviter l'ennui on envoie quelques vannes au voisin,
et l'on se fait reprendre par un jeune #bobodemerde vous demandant sèchement "si vous pouvez parler un peu moins fort, s'il vous plait". Dans les concerts de rock, il faut désormais se tenir bien sage, comme à Pleyel. A la pause, débonnaire, je présenterai mes excuses.
Knopfler et sa petite bande nous pourrit ainsi la vie une bonne heure. Apparemment il a fait déplacer le fan club. Le public lui fait une ovation. Pas rancunier. 20 minutes d'entracte.
Après, je vais perdre le fil du temps. Ils sont arrivés à l'heure. Comme souvent, on cherche d'abord OU il se cache. Il est sur le côté au clavier. Je glisse à ma fille: c'est celui avec le chapeau. Ah!
Aux amis, j'affirme après un couplet: il est dans un grand soir. Ca s'entend à la voix. Il a ENVIE. Je n'ai pas identifié le premier morceau, mais à l'évidence il est à peu près dans sa mélodie. Ce ne sera pas le grand délire de déconstruction auquel il soumet parfois son public.
Mais Bercy est grand. Et nous sommes loin. Les zicos ont la taille d'une boite d'allumettes. La production n'a pas fait l'investissement de deux putains d'écrans pour qu'on lui voie la mine. Et du coup le public réagit mollement.
Mon Bob enchaine 3 titres magnifiques. Le très ancien "It's all over now Baby Blue". Ce "Things have changed" qui me bouleverse chaque fois que je l'écoute, un de ses meilleurs morceaux des dix dernières années... Et puis carrément, Tangled Up in Blue... Derrière, autant le dire nous aurons une set list assez royale. All along the Watchtower... Highway 61 Revisited... Une version hyper tendue de Desolation Row... Un Blind Willie Mc Tell éblouissant.
Bob passe de la guitare à l'harmo et s'amuse aux claviers. Là, il faudrait lui dire qu'il n'est ni Al Kooper, ni Garth Hudson. Son groupe assure. Mais ne décolle guère. On aimerait que les guitaristes prennent leur envol, on les sent comme bridés. Le batteur veille au grain, et doit, d'un coup d'oeil du maestro, casser le tempo pour mettre fin aux tentatives d'évasion...
La voix déconcerte ceux qui n'ont pas l'habitude. Sur certains titres, il ne chante plus, il récite ou psalmodie, il faut sans doute être inconditionnel pour s'en arranger. Sûr que le public ne va pas chanter avec lui. Pour la sortie des briquets et la reprise en choeurs des refrains de Blowin in the Wind ou Lay Lady Lay, faudra repasser.
Pas mal de gens se lèvent et s'en vont pendant le concert. Ils étaient venus pour Knopfler. Mes deux #bobosdemerde sont du lot. Bonsoir chez vous. Ils n'entendront pas Ballad of A thin man, à mon avis le sommet du concert, balancé avec écho sur le refrain "Something is happening here but you don't know what it is... DO YOU, MISTER JONES?". Ballad of a Thin Man... face B de Just Like Tom Thumb's Blues. Mon premier 45tours. Inutile de commenter davantage mon sentiment du moment. Si?
La setlist est donc excellente. Le concert est bon, mais le public un poil mollasson. Est ce ce qui va énerver l'Artiste? Le voilà qui marmonne deux trois mots pour présenter les musicos, moins showman que jamais. Il envoie les premières notes de Like A rolling stone. Version tempo moyen. On est chaud comme la braise. Ils saluent le public. Le public se lève... Attend le rappel...
Pas de rappel.
Les lumières se rallument, rentre chez toi. Coup de froid sur l'enthousiasme. Le fils de pute ne reviendra pas. Mon ami @Dubuc64 cache bien mal sa déception. Ma fille estime que c'est "déconcertant". Ben oui. Ca fait toujours comme ça, la "première fois". J'employais le mot hier.
Alors oui... Sortie. Achat de t-shirts. Pizza avec les potes. Ce goût d'inachevé. Sec.
Mais putain, moi j'étais heureux. J'ai pris la rencontre pour ce qu'elle pouvait m'apporter. Pour le reste, il y a les albums, les vidéos, les films.
En fait, j'avais autant rendez vous avec ma vie qu'avec Bob Dylan. J'ai croisé les deux. Et la vie continue.
CD3-06-Things Have Changed (live)
PS: pour être tout à fait franc, la version entendue hier était nettement moins bonne que celle-ci... The times... They are a changin...



