Donc, après les 111 albums qui m'ont marqué, 12 chansons qui me donneraient l'envie de devenir sourd...
Ce sont en somme mes 12 travaux de Recule.
Je ne dis pas que ce sont de plus mauvaises chansons que tant d'autres, tout aussi désespérantes. Il y aura même dans le lot quelques tubes adorés de la plupart. Je crains même qu'il n'y ait en réalité que cela. Mais ces 12 là m'insupportent vraiment. Chacune a ce petit détail qui me les rend détestables, un gimmick à gerber, une mélodie de scie égoïne, une voix à mériter des claques, un refrain à la con, quelque chose qui me aussitôt donne l'envie de tourner le bouton, si d'aventure et tout à trac elles viennent me polluer l'environnement sonore quand je me sens peinard. Tout seul peut-être... mais peinard.
Je commencerai par celle-ci. Qui me donne l'envie de préciser que je ne suis guère plus homophobe que la moitié de mes contemporains, la preuve, j'ai des disques de Bowie et Lou Reed, j'ai vu de nombreux films de Jean Marais et Jean Cocteau, et j'ai même chez moi, en disque, les deux inoubliables Charpini et Brancato dans "j'aime mieux mes moutons-on-ons" et poussez poussez l'escarpolette". En cherchant bien, ici ou là, on trouverait peut-être dans ma discothèque, un bout de Queen, un rien de Soft Cell. Et le générique d'une de mes émissions de radio fut même le Two Tribes de Frankie Goes To Hollywood, c'est dire si je n'ai pas de leçons de gay friendlytude à recevoir ici, merde.
Mais franchement, là franchement, Elton John j'ai jamais pu. Si. Deux fois, je l'ai toléré: quand il jouait le skinhead à platform boots géantes dans le film Tommy, et vous envoyait un Pinball Wizard de belle facture, poussé aux fesses par les riffs du petit gars Pete T. .
Et puis, plus par conviction lennonienne que par pur esthétisme, le duo "Whatever Gets You thru the Night", qui fit un 45Tours correct, du temps que Lennon errait loin de sa Yoko dans les brumes de la fête à tout crin. J'aurais préféré qu'il le fît avec son compère de beuverie, le trop oublié Harry Nillson. Il le fit avec Elton, et bon ça pouvait passer.
Hormis ces deux accidents de parcours, tout ce qu'a fait, fait ou fera Sir Elton de mes deux John m'horripile, me hérisse, m'agace, me patafiole (je ne sais pas ce que ça veut dire, mais le mot me va bien, là, d'un coup).
Je sais bien qu'il a pondu Your Song, assez joliment repris par le bien gentil Billy Paul. Mais franchement, s'il est un popounet british qui me les gonfle au-delà de toute raison, c'est bien ce porteur de lunettes grotesques, pianiste à mords moi le pompon, ici coincé en flagrant délit glam au-delà de toute bienséance. Son pire "standard". Ce refrain de fausset qui fait laaaaa la la la lala . Qu'il se soit trouvé des foules pour acheter ça sans broncher, me donne au bout du compte une piètre idée de la nature humaine.
De quoi s'engager pour dix piges dans la Grande Légion des Talibans, qui rêvent d'interdire toute forme de musique, et comment leur donner tort si c'est pour écouter cela?
ELTON JOHN - CROCODILE ROCK - TV SHOW HQ par THE-GRAND-WAZOO