Je veux ce matin rendre un hommage particulier au travail de curation remarquable que fait mon amie Sophie Menart sur ce sujet de l'hypersexualisation des enfants (filles, à 99%).
Quelques précisions pour cadrer le débat. La curation, c'est le principe consistant à centraliser sur un même espace, des articles que VOUS sélectionnez, qui traitent d'un même thème. En allant sur cet espace, une page dédiée, vous retrouvez des liens visuels vers les articles, et pouvez ensuite les lire intégralement si ça vous chante. La curation est une sorte de partage de flux RSS autour d'un même thème, sur un espace distant (ce bon vieux "cloud").
Nous sommes nombreux, dans la petite sphère des blogs, à utiliser "scoop.it"comme outil de curation. A titre d'exemple, la fenètre en colonne de droite est une curation de ma rubrique "100 disques". Plus bas, vous en trouvez deux autres que je consacre, plus sérieusement, à la question de la liberté d'expression, et au travail des seniors, deux sujets qui me turlupinent.
Revenons à Sophie Ménart, blogueuse historique et pointure reconnue de tous les outils 2.0.... Son site se trouve ici, compte scoop-it, ici , compte witter, ici. Je n'ai pas son numéro de portable, comptez pas là-dessus.
Elle a su attirer mon attention sur un phénomène déjà ancien, dont j'avais identifié quelques manifestations (mamans qui instrumentalisent leur fille comme une poupée Barbie... défilés de mode pour prépubères jouant un peu trop la carte "glamour" ou "sexy"...), mais dont l'ampleur et la généralisation m'avaient totalement échappé... Sophie consacre une page scoop-it - on dit un "topic"-, à ce sujet de l'hypersexualisation, et je vous invite à le consulter pour prendre un peu la mesure du phénomène, ainsi que des dégats sous-jacents qu'ils peuvent annoncer...
Il s'y lit avec effarement une évolution du rapport parent/enfant, adulte/enfant, assez délirante, orchestrée souvent par des marques totalement amorales et irresponsables, (et je pèse mes mots), relayée par des mères immatures, hystériques, parfaitement névrosées (et je pèse mes mots). Pour la première fois de ma life, j'ai sur ce sujet signé une pétition ... des Chiennes de Garde, qui dénonçait cette dérive marketing incitant à regarder des gamines de 8 ans maquillées telles des voitures volées, telles des putes, fringuées comme leurs mères, ou des mômes de six ans, manipulées comme des pantins, se trémoussant façon actrices de peep show, sur des tubes de madonna ou lady gogo.
Comprenons moi bien. Il n'y a AUCUN puritanisme dans le fait de partager cette indignation. Je n'ai pas la moindre gêne par rapport à la sexualité (qui suppose des adultes, conséquents, et consentants). Il y a juste cet écoeurement total, que je partage avec Sophie, face à cette invitation des marques à instrumentaliser le corps et l'esprit d'enfants pour vendre; cette indécence, alors que la société survend quand ça l'arrange la pédophilie comme tabou suprème, à y inciter, à l'évidence, par l'exhibition des petites mômes réduites à l'état d'objet consommable. Il y a cette marchandisation de l'enfant par ses parents, qui probablement en tirent profit pour eux aussi, qui n'est pas loin d'une prostitution latente.
Il y a en somme une objective maltraitance dont on ne parle quasiment jamais, consistant à voler à l'enfant "son statut d'enfant"; à le propulser avant l'heure dans tous les travers qui rendent déjà ce monde invivable aux adultes (culte d'une perfection des apparences, du corps comme idéal, compétition acharnée entre les individus, glorification de la surenchère constante).
Et c'est ainsi que des mères que j'affirme maltraitantes (où sont les pères? absents? complices amorphes?) emmènent leurs gamines à la chirurugie esthétique, à l'épilation, les habillent en lolitatapins, pour combler dieu sait quel manque ou faille dans leur propre image.
Et il y a au bout du compte, la marchandisation de l'être humain que sous-tend cette dérive, à laquelle elles se soumettent bien volontiers, mettant leur progéniture en danger manifeste, à court ou long terme.

Evidemment, c'est dans un monde qui chante du soir au matin les vertus du féminisme niannian, un déni pour le coup total du respect de l'être humain femme. C'est dans un monde qui claironne "l'éthique et la morale" des apparences, un amoralisme objectif de la sphère économique, au nom de la peoplisation, médiatisation, starisation incensée de chacunéchacun, et de l'obsession de la marchandisation infernale.
Ce devrait être là un combat MAJEUR des organisations dites "féministes". Et si elles se préoccupaient un peu plus de sujets de société réels (comme de la condition des femmes dans les pays où elles sont objectivement maltraitées; comme de l'inégalité au travail), elles me trouveraient plus souvent à leur côté.
En attendant, allez regarder le scoop-it de Sophie. Je lui tire mon chapeau pour ce travail d'une belle intelligence.
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