... Ca vient, l'espace d'un instant capté par les caméras du "Petit Journal" de Canal+, hier au soir. Toute la bêtise du monde paritaire ambiant.
Il y a cette ministre dont le patronyme rime avec le mien, qui s'approche d'un lutrin pour répondre aux questions des journalistes assis face à l'estrade. Elle porte une veste de tailleur dans les tons orangés. La scène passe trop vite pour que je porte le moindre jugement sur l'esthétique réelle de la veste en question. Mais parmi les journalistes, on entend une voix enjouée. Une voix de femme, en l'occurrence.
Cette voix dit d'abord "Bonjour, madame la ministre".
L'interpellée ne répond pas. Elle est pas venue pour la politesse, mais pour un "point presse".
La même voix dit : "elle est bien jolie, votre veste".
La porteuse de veste filmée de dos (didascalie: cinglante. cassante. glaçante) : penseriez-vous à dire la même chose à un homme?
Puis gros plan sur son visage, de face: un masque mortuaire. Dans le regard, deux kalachnikov. Le sourire d'un bouledogue montant à l'assaut.
Fin de séquence.
Dans le monde paritaire, ENFIN débarassé de tout sexisme, un compliment adressé à une femme est forcément proche de l'insulte. Il ne viendrait pas à l'idée de notre femme de pouvoir que si l'on ne songe pas à complimenter Fillon, Copé, Hollande, sur la joliesse de leurs vestes, ce n'est pas nécessairement parce qu'ils sont des hommes; mais parce qu'ils sont tous fringués PAREIL. Costards sombres, comme les perspectives qu'ils nous mitonnent. Fringués comme des croquemorts, on ne songe guère à leur faire cadeau d'un compliment. Mais voilà donc le monde auquel aspire notre féministe de droite, aussi décoincée que ses consoeurs (en un mot) de l'autre côté: un monde dont toute amabilité sera ENFIN bannie, au nom d'une correction politique expurgée de toute connotation souriante.
Tant de femmes pour qui l'égalité revient d'abord à revendiquer ce droit inaliénable : devenir aussi connes, mortifères, agressives, arrogantes, suffisantes, prétentieuses, vulgaires, grossières, que les pires de leurs congénères (en un mot là aussi) masculins. Et se comporter comme tels.
Revendiquons "haut et fort" le nivellement par le pire...
Hier, en contrepoint, moment d'amitié avec le Grincheux Grave. On trinque. On échange quelques confidences et considérations sur ce monde étrange. Le Chablis est bien frais, mais nous sommes graves, aussi, de mesurer l'aberration dont il est actuellement victime. Il me semble vivre là un moment "d'attention à l'autre".
Ce matin, je reçois d'un lecteur fidèle un long et beau message d'amitié , qui me colle les larmes aux yeux, dès six heures. Sa chaleur, l'émotion et la sincérité qui s'en dégagent, ses mots simples me bouleversent. On est loin des péroraisons aigres de certaines mégères en mal d'identité.
Dirons-nous que nous avons, dans ces deux cas, laissé s'exprimer "notre côté féminin"? Ou simplement que nous avons capté deux moments "authentiques"?
"La femme est l'avenir des cons et l'homme n'est l'avenir de rien"... (Renaud)
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