Jeudi, j'aurai passé les deux tiers de la journée dans des trains dont je me demande, au retour, où ils étaient supposés me conduire, ailleurs qu'à la rencontre des éternels paradoxes de l'incommunicabilité entre les êtres. Mais passons. Il est des bilans qu'il vaudrait mieux ne jamais tirer.
Je revenais donc avec dans mon sac les téléphones, le ipod, et le dernier roman d'Henri Loevenbruck, "L'Apothicaire", dont j'ai entendu dire le plus grand bien chez quelques critiques. Cela m'a réjoui... et pas du tout surpris. Henri, je l'ai rencontré grâce "au blog", il y a trois ou quatre ans, à la faveur d'un de ses précédents ouvrages. Nous avons sympathisé. J'avais aimé son livre. Mais sincèrement. Pas du tout par politesse, ou pour le "buzz". Etant au nombre de ses "amis facebook", on s'échange quelques messages de temps en temps.
J'ai acheté son nouveau roman la veille de mon départ, c'est à dire mercredi, après l'avoir cherché plusieurs semaines, semblant ne choisir que des librairies où il était manquant ou en rupture. L'Apothicaire parait délaisser les voies du thriller ésotérique que cet auteur à l'inspiration vive et nourrie d'imaginations secrètes a jusqu'ici empruntées. Ou pour être plus précis, disons qu'il en transporte les canons jusqu'au Moyen-Age, en cette période où le roi Philippe Le Bel règlait ses comptes aux Templiers. Après une centaine de pages, me voici totalement immergé dans les rues boueuses et puantes du quartier de la Rue Saint-Denis, là où se noue l'intrigue. Si "le style, c'est l'homme", celui du sieur Loevenbruck convie avec intelligence l'efficace rapidité du moderne et la poésie des tournures un peu alambiquées du français d'antan ... Modernité... Tradition... J'en suis là quand m'interrompt soudain certaine alerte "messenger". Tiens? C'est Henri, précisément. Qui m'envoie me dit-on une invitation... mais que je ne peux découvrir aussitôt, le TGV traversant une des rares portions où la loi du 3G s'avère inopérante. J'aime ces petites synchronicités souriantes qui m'arrivent parfois, ainsi ce message de l'auteur alors même que je viens d'ouvrir son livre. Je la lui transmets aussitôt, par SMS, cette fois, comme on fait un clin d'oeil. Se noue alors un bref dialogue à base de technologies de pointe, à propos d'un livre évoquant les mystères d'une science ancienne, nourrie de symboles et secrets alchimiques... Modernité et Tradition, là encore.
Reste l'invitation. Henri va faire en mai un Tour de France des Librairies indépendantes où il dédicacera son roman. S'il passe près de chez vous, ruez-vous y. L'homme est chaleureux, ses romans palpitants et surprenants.
Chaudement recommandé, donc.
Et en plus le garçon aime le rock...
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