On blogue, on écrit, on s'épanche on radote, on déblatère, on ratiocine. On se laisse aller, on y passe du temps, on ne sait pas trop pourquoi, mais ça fait du bien. C'est une fenètre ouverte sur autre chose. On se croit un média, on commente, on dit des bêtises ou des intuitions auxquelles on croit. On se prend au jeu. On y passe du temps. On devient addict. On croise des gens. On se fait des potes, des amis, des copains, des complices. Certains ne restent que virtuels. D'autres trouvent une place dans votre vie, au fil du temps, sans se presser. On boit des bières, on mange. On va à un concert. Parfois on s'engueule, on se fâche, on s'oublie, on s'ignore, on se méprise. Des histoires humaines, en somme. Il y en a même qui baisent. J'en connais qui se sont mariés, et qui même ont DES ENFANTS (ou un, pour commencer... )
J'ai quelques exemples en revanche étranges, de personnes qui à me lire semblent finir par se persuader qu'elles me connaissaient pour de vrai. Comme si on se croisait depuis des années. J'en ai lues qui pensaient savoir mieux que moi ce qui était bien pour moi. Evidemment, comme ces personnes là ne donnent rien d'elles même en retour ou très peu, un commentaire, une allusion, le plus souvent caché derrière un anonymat, on se retrouve un peu surpris face à ces personnes. Un peu démuni. Mais qui sont-elles pour venir vous parler comme ça?
Vous me direz, vous n'aviez qu'à pas commencer. Si l'on ramène ces incidents au nombre de lecteurs, et à ce que les "stars authentiques de la vraie vie" sont parfois amenés à connaitre, on se dit qu'il n'est pas étonnant que certaines reçoivent des menaces de mort, ou subissent le harcèlement de fans déjantés.
Quand se déchaine la colère de ces étranges lecteurs, ils peuvent vous régler votre compte en trente lignes. En tous cas, ils s'en persuadent. Ils défoulent sur vous un trop plein de bile, dont peut-être vous même êtes d'ailleurs la cause, tant les mots parfois peuvent nous entrainer "au-delà", bien au-delà du raisonnable... Mais tout de même... On se demande: qu'ont-elles, ou que n'ont-elles pas, dans la vie, ces personnes, pour s'en prendre ainsi à des gens qui ne leur ont rien FAIT? sinon des suites de mots éventuellement désobligeants...
J'ai pu lire certaines de ces personnes persuadées de lire entre mes lignes. Récemment, une de ces extralucides m'explique qu'elle sait que j'ai commenté sous un autre pseudo (quel autre? je n'utilise jamais de pseudo) sur un blog féminin. Elle le SAIT, elle m'a RECONNU. Et pour me prouver qu'elle le SAIT, elle s'appuie sur ce fait indiscutable: elle a "un QI" élevé. TRES élevé. Pas assez pour se rendre compte que personne dotée d'un QI hors norme ne trouve le besoin d'en faire état comme d'un argument. Mais quand même. TRES élevé.
Ah, L’intelligence... la chose la mieux répartie chez les hommes parce que, quoiqu’il en soit pourvu, il a toujours l’impression d’en avoir assez, vu que c’est avec ça qu’il juge.
Sacré Descartes.
Voyez, si c'était à refaire, -dans une autre vie-, je bloguerais sous pseudonyme, comme la plupart.
Vous en avez d'autres (ça peut être les mêmes, aussi. si, si) qui vous interpellent pour insister sur ce que vous devriez écrire. Etre plus comme ceci, moins comme cela. Ils vous parlent comme s'ils avaient acheté votre livre et vous conseillaient pour le prochain, histoire d'être un peu moins déçu... Ils oublient juste qu'un blog est gratuit, que c'est un acte gratuit aussi, qui n'a donc de justification à donner à personne, et n'est là que pour satisfaire son auteur (parlerait-il dans le vide, et trouverait-il la force de continuer, que ça ne regarderait personne d'autre que lui...) et naturellement ceux qui prennent plaisir à le lire, s'il y en a. Qui sont alors et toujours les bienvenus.
Comprenons bien. Je ne "me' justifie pas. J'essaie de saisir au vol le raisonnement de ces personnes qui d'un coup vous font basculer dans quelque chose d'irrationnel. Enfin. Pour peu qu'on les écoute. Il y aurait la solution de les envoyer chier tout de suite. Mais j'ai un côté psy qui me pousse à répondre, pour voir où ça ira, éventuellement. Parfois, ça fout les jetons. Internet cesse d'être un lieu ou support d'échange, pour devenir un moyen d'intrusion. Ou d'une implication affectivement malsaine. Ils veulent vous attirer sur leur terrain, dont je ne comprends pas de quoi il est fait au juste: de solitude, d'aigreur, de folie, de frustration, de colère, de haine soudaine?
Peu importe alors les mots qu'ils emploient, s'ils ont tort ou raison. Ils vous traitent comme si vous faisiez partie de LEUR vie, et qu'à cet égard ils étaient fondés à vous faire des reproches, à vous analyser, à vous juger, vous jauger, vous demander des comptes.
Moi il me semble que quand un blogueur ou une blogueuse cesse de me plaire, pour de bonnes ou mauvaises raisons, il me suffit de ne plus aller le lire. Non?
Je me souviens de cette personne qui m'envoya un soir plus de soixante emails en une demi heure. Je les vis arriver déferlant les uns derrière les autres à l'occasion d'un clic sur "nouveaux messages". Etrange sensation. Limite cela faisait peur.
MAJ: J'ai du fermer les commentaires pour cette note.
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